Les installations de parcs éolien rencontrent de plus en plus d’oppositions contradictoires entre elles.

Le gouvernement lance le projet de parc éolien flottant au large de Groix et de Belle-Ile-en-Mer

Le débat public lancé en 2020 avait mis au jour les divisions entre pêcheurs, industriels et riverains sur la localisation du futur champ offshore. 

Le Monde avec AFPPublié aujourd’hui à 12h03  

https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/05/22/le-gouvernement-lance-le-projet-de-parc-eolien-flottant-au-large-de-groix-et-de-belle-ile-en-mer_6081145_3244.html

Temps de Lecture 2 min. 

A Belle-Ile-en-Mer, dans la ville du Palais, le 19 mai 2021.
A Belle-Ile-en-Mer, dans la ville du Palais, le 19 mai 2021. LOÏC VENANCE / AFP

La décision était très attendue dans le Morbihan, tant c’est un sujet de discorde. Le gouvernement a donné son feu vert au projet d’implantation d’un parc éolien flottant au sud de la Bretagne, au large de Groix et de Belle-Ile-en-Mer, selon une décision parue au Journal officiel, vendredi 21 mai.

« La procédure de mise en concurrence lancée en 2021 pour l’attribution d’un projet éolien en mer flottant d’une puissance d’environ 250 mégawatts, au large du sud de la Bretagne est poursuivie »peut-on lire dans cette décision, signée par Barbara Pompili, ministre de la transition écologique.

Un débat public sur le sujet a permis la distribution du dossier d’information à 110 000 foyers et l’organisation de vingt rencontres, avec près de 1 800 participants, selon la décision signée de la ministre, qui estime que le débat public « a atteint son objectif d’information et de mobilisation de la parole citoyenne ».

Pendant cinq mois, du 20 juillet au 21 décembre 2020, citoyens, associations et usagers ont été appelés à se prononcer sur le premier projet de parc éolien flottant à grande échelle. Le débat public a mis au jour les divisions entre pêcheurs, industriels et riverains sur la localisation du futur champ offshore.

 Lire aussi  En Bretagne, l’emplacement d’un projet de parc éolien flottant sème la discorde

Dans ses conclusions publiées en février, la Commission nationale du débat public a ainsi noté que le débat s’était révélé « beaucoup moins consensuel qu’annoncé » par les maîtres d’ouvrage – l’Etat et Réseau de transport d’électricité (RTE) –, témoignant d’« une conflictualité latente ». L’enjeu de l’atteinte aux paysages a notamment provoqué une importante mobilisation. « Les réactions vives et nombreuses du public sur l’impact visuel des parcs, très peu anticipées, ont été une des principales révélations du débat », insiste la commission.

Un second projet de 500 mégawatts

D’après la décision gouvernementale publiée vendredi, la zone retenue est située au sud de l’île de Groix et à l’ouest de Belle-Ile. « La superficie de cette zone de 130 km2 sera progressivement réduite au cours de la procédure de mise en concurrence en tenant compte des résultats des études techniques et environnementales qui vont y être menées par l’Etat et RTE et de la poursuite de la concertation avec les usagers de la mer, en particulier les professionnels de la pêche », selon le même document.

Toujours selon cette décision, le projet répond « au double objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de diversification du bouquet électrique français, pour le rendre plus résilient, participant ainsi à la transition énergétique française et à l’atteinte des objectifs de neutralité carbone ».

Par ailleurs, « une seconde procédure de mise en concurrence a vocation à être lancée ultérieurement pour un second projet éolien en mer flottant d’une puissance maximale d’environ 500 mégawatts ».

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Le Monde avec AFP

En Bretagne, l’emplacement d’un projet de parc éolien flottant sème la discorde

Le débat public a mis au jour les divisions entre pêcheurs, industriels et riverains sur la localisation du futur champ offshore prévu au large de Groix et de Belle-Ile-en-Mer. 

Par Perrine MouterdePublié le 23 février 2021 à 00h40 – Mis à jour le 24 février 2021 à 10h00  

Temps de Lecture 4 min. 

https://www.lemonde.fr/energies/article/2021/02/23/en-bretagne-l-emplacement-d-un-projet-de-parc-eolien-flottant-seme-la-discorde_6070845_1653054.html

Des bateaux de pêche dans le port de l’île de Groix (Morbihan), le 11 mai 2020.
Des bateaux de pêche dans le port de l’île de Groix (Morbihan), le 11 mai 2020. LOIC VENANCE / AFP

Des riverains qui veulent repousser les parcs loin des côtes pour que les éoliennes soient le moins visibles possible. Des industriels qui privilégient les enjeux économiques. Des pêcheurs de Bretagne et des Pays de la Loire qui entendent protéger leur activité. Sans parler des plaisanciers, qui souhaitent continuer à naviguer des Glénan à la pointe des Poulains. Pendant cinq mois, du 20 juillet au 21 décembre 2020, citoyens, associations et usagers ont été appelés à se prononcer sur le premier projet de parc éolien flottant à grande échelle, prévu au sud de la Bretagne. Deux champs, l’un d’une puissance de 250 mégawatts (MW) et le deuxième pouvant aller jusqu’à 500 MW, pourraient voir le jour au large de Groix et de Belle-Ile-en-Mer.

Où exactement ? La Commission particulière du débat public (CPDP), qui a rendu ses conclusions lundi 22 février, n’est pas en mesure de le dire. L’un des principaux objectifs de la concertation était pourtant d’identifier une zone de 600 km2 au sein d’un territoire prédéfini de 1 330 km2« Les pêcheurs de Bretagne ont identifié un espace d’environ 250 km2 et déclaré que leur proposition était non négociable, explique Laurent Pavard, le président de la CPDP. Or, elle ne se superpose pas avec les propositions des autres parties prenantes. A ce stade, nous ne sommes pas parvenus à résoudre l’équation et à identifier une zone qui fasse consensus. »

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Au-delà de ces points de vue irréconciliables concernant l’épineuse question de l’emplacement des parcs, la Commission nationale du débat public (CNDP) note que le débat s’est avéré « beaucoup moins consensuel qu’annoncé » par les maîtres d’ouvrage – l’Etat et Réseau de transport d’électricité (RTE) –, témoignant d’« une conflictualité latente ». Malgré l’épidémie de Covid-19, qui a pesé sur l’organisation des discussions, plus de 9 000 contributions ont été formulées, la CNDP observant « une forte appétence » pour le débat. L’enjeu de l’atteinte aux paysages a notamment provoqué une importante mobilisation. « Les réactions vives et nombreuses du public sur l’impact visuel des parcs, très peu anticipées, ont été une des principales révélations du débat », insiste la commission.

Insuffisance des données scientifiques

Au total, depuis 2010, la CNDP a organisé quatorze procédures participatives concernant l’éolien en mer, flottant ou posé. Cette fois encore, une grande partie du public s’est interrogée sur l’opportunité même du projet. Environ 40 % des personnes ayant participé se sont dites favorables aux champs éoliens flottants au sud de la Bretagne, contre 45 % d’avis défavorables. « Est-ce que ce projet répond à l’objectif de la transition écologique ? Cette question revient lors de tous les débats, note Chantal Jouanno, qui préside la CNDP. Il est vraiment dommage que l’on n’arrive toujours pas à avoir une sorte de consensus, sur le bilan carbone complet des parcs, par exemple. »

Ce débat a également permis de souligner, une nouvelle fois, l’insuffisance des données scientifiques concernant les poissons et crustacés, les mammifères marins, les oiseaux ou les habitats, même pour une zone de taille restreinte et identifiée depuis 2018. Des études environnementales solides, complètes et ambitieuses sont nécessaires pour faciliter les choix. « Il y a un énorme manque en France sur ce point, qu’il faudra absolument que l’on arrive à résoudre », insiste Mme Jouanno.

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Les organisateurs ont également observé, plus encore que lors du dernier débat en Normandie, une certaine défiance à l’égard de l’Etat, liée notamment à une série d’incohérences. D’abord, ces parcs éoliens à échelle industrielle vont être lancés sans attendre le retour d’expérience de la ferme pilote de trois éoliennes flottantes de Belle-Ile-en-Mer et Groix, dont la mise en service n’est prévue qu’en 2023. Ensuite, les citoyens sont invités à discuter de la localisation du projet, alors même que le choix d’une zone a déjà été longuement discuté dans le cadre de concertations régionales. Enfin, le débat porte sur un projet de deux parcs, mais sans définir d’horizon clair pour les années suivantes.

Après ces 750 MW, d’autres parcs seront-ils implantés dans cette même zone ? « Il y a une vraie inquiétude concernant la planification. Il est nécessaire que le gouvernement clarifie ce point-là », souligne Laurent Pavard. « On promet une procédure claire et on s’aperçoit qu’il y a des anicroches, déplore également Chantal Jouanno. Or la question de la confiance est déterminante pour la suite des projets. »

L’Etat et RTE ont désormais trois mois pour dire quels enseignements ils tirent de ce débat et quelles réponses ils apportent aux neuf recommandations formulées par la commission. Si le projet était confirmé, le premier appel d’offres, portant sur un parc de 250 MW, devrait être lancé cette année. Alors que la France ne compte encore aucune éolienne commerciale au large de ses côtes, la feuille de route énergétique prévoit l’attribution de 1 000 MW par an, pour atteindre 5 200 MW à 6 200 MW d’éolien en mer en activité en 2028. Sept parcs d’éolien posé doivent notamment être mis en service entre 2022 et 2027.

Lundi, EDF Renouvelables, Enbridge et WPD ont annoncé le démarrage des travaux de construction de celui de Courseulles-sur-Mer, dans le Calvados, après la signature de l’ensemble des accords de financement. Ce site, composé de 64 éoliennes et situé à plus de 10 kilomètres des côtes normandes, doit être mis en service à l’horizon 2024 et produire l’équivalent de la consommation annuelle en électricité de 630 000 personnes.

Lire aussi  A Saint-Brieuc, les pêcheurs réclament l’abandon d’un projet de champ éolien

Perrine Mouterde

Voir aussi:

Eolien posé et éolien flottant:

http://www.journal-eolien.org/tout-sur-l-eolien/eolien-en-mer-pose-eolien-en-mer-flottant/

https://www.lemonde.fr/blog/oceanclimat/2020/04/20/eoliennes-en-mer-quel-impact-sur-lecosysteme/

https://iles-yeu-noirmoutier.eoliennes-mer.fr/?gclid=Cj0KCQjw16KFBhCgARIsALB0g8Lx-IBg_3pT9tgJ_6uQklt9Azb4jfTCu0XzA4QbvcZfN7Md0rmS5YQaAqMtEALw_wcB

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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