Levée progressive et en ordre dispersé des restrictions dans plusieurs pays – « Le miracle de Madrid »

Covid-19 dans le monde : l’Espagne lève partiellement ses restrictions sanitaires

Les Espagnols peuvent désormais sortir de leur région. Toutefois, la fin de l’état d’urgence ne signifie pas la fin des restrictions dans le pays. 

Le Monde avec AFPPublié aujourd’hui à 03h43, mis à jour à 10h30  

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https://www.lemonde.fr/international/article/2021/05/09/covid-19-dans-le-monde-l-espagne-leve-partiellement-des-restrictions-sanitaires_6079615_3210.html?xtor&&M_BT=53496897516380#x3D;EPR-32280629-%5Ba-la-une%5D-20210509-%5Bzone_edito_1_titre_3%5D

L’Espagne a levé, dans la nuit du samedi 8 au dimanche 9 mai, l’état d’urgence sanitaire, en vigueur depuis octobre, permettant à ses habitants de sortir de leur région ou de retrouver des proches qu’ils n’avaient pas vus depuis des mois.

L’Espagne est l’un des pays les plus touchés en Europe par la pandémie de Covid-19, avec près de 79 000 morts et 3,5 millions de cas. La maladie a fait au moins 3,2 millions de morts dans le monde depuis la fin de décembre 2019, selon un bilan de l’Agence France-Presse à partir de sources officielles, samedi.

  • En Espagne, un casse-tête pour les régions
Des habitants célèbrent la fin de l’état d’urgence sur la place de la Puerta del Sol, à Madrid, dans la nuit du samedi 8 au dimanche 9 mai. SUSANA VERA / REUTERS

Excepté à Noël, où les restrictions avaient été assouplies durant quelques jours pour permettre les réunions familiales, les Espagnols n’ont pas pu quitter leur région depuis le début de l’état d’urgence, à la fin d’octobre. La levée de ce dernier, dans la nuit de samedi à dimanche, est un véritable casse-tête pour les régions, compétentes en matière de gestion de la crise sanitaire. Car, depuis octobre, elles avaient pu imposer des couvre-feux et bloquer l’entrée ou la sortie de leur territoire sans avoir besoin de l’autorisation de la justice, grâce à la limitation des libertés fondamentales permise par ce régime d’exception.

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Si elle est synonyme de levée du couvre-feu et d’ouverture des régions, la fin de l’état d’urgence ne signifie toutefois pas la fin des restrictions dans le pays. Les dix-sept communautés autonomes peuvent, par exemple, toujours limiter les horaires ou la capacité d’accueil des bars, des restaurants et des commerces. Elles peuvent aussi demander le rétablissement d’un couvre-feu ou le bouclage de leur territoire, mais ont désormais besoin pour cela de l’aval d’un tribunal.

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Et c’est là que le casse-tête commence. Si l’archipel touristique des Baléares ou la région de Valence ont obtenu le feu vert pour maintenir un couvre-feu, le Pays basque (nord), l’une des régions les plus touchées par la pandémie, a vu sa demande de bouclage de la région et de couvre-feu rejetée par la justice. Plusieurs régions avaient mis la pression sur l’exécutif ces dernières semaines pour qu’il prolonge l’état d’urgence mais celui-ci a refusé, arguant qu’il ne pouvait faire durer indéfiniment un régime d’exception et mettant en avant l’amélioration de la situation sanitaire et l’avancée du programme de vaccination. Le gouvernement a permis aux régions de faire appel devant le Tribunal suprême, la plus haute juridiction espagnole, si des tribunaux locaux retoquaient leurs mesures.

  • L’Allemagne assouplit les restrictions pour les personnes vaccinées

En Allemagne, les personnes complètement vaccinées bénéficient, depuis dimanche, d’assouplissements des strictes règles sanitaires. Ces nouvelles mesures, entrées en vigueur après une adoption express par le Parlement, concernent également les personnes considérées comme guéries après avoir été infectées par le virus.

Plus de sept millions de personnes ont déjà reçu deux doses d’un vaccin contre le Covid-19 et bénéficient ainsi de ces assouplissements. Elles peuvent entrer dans n’importe quel magasin sans avoir à présenter de résultat de test négatif, comme c’est actuellement le cas pour le reste de la population, à l’exception des commerces dits « essentiels », comme les supermarchés ou les pharmacies. Elles n’ont plus à respecter le couvre-feu (de 22 heures à 5 heures) et peuvent se réunir à plusieurs et sans restrictions en privé.

Ces nouvelles mesures au niveau fédéral entrent en vigueur après que plusieurs Etats régionaux ont déjà franchi ce pas.

  • L’Italie veut mettre fin à la quarantaine pour des voyageurs

De son côté, l’Italie souhaite relancer le tourisme. « L’objectif est d’autoriser à nouveau les visiteurs de pays étrangers qui ont atteint un haut niveau de vaccination, en relâchant certaines mesures dès la mi-mai, a déclaré le ministre des affaires étrangères italien, Luigi Di Maio, après un entretien avec le ministre de la santé, Roberto Speranza. Nous travaillons sur la façon de lever la miniquarantaine pour les personnes en provenance de pays européens, du Royaume-Uni et d’Israël, si elles ont un test négatif, une preuve de vaccination ou ont guéri du Covid-19 dans les six derniers mois. »

Les restrictions actuelles concernant les arrivées du reste de l’Union européenne arrivent à expiration le 15 mai. M. Di Maio a ajouté que l’Italie travaillait à augmenter le nombre des vols « exemptés de Covid-19 » en provenance et vers les Etats-Unis, pour lesquels l’obligation de quarantaine serait levée en juin.

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L’Italie se déconfine prudemment depuis le 26 avril après des mois de restrictions sanitaires, les bars et restaurants pouvant désormais servir leurs clients en extérieur.

  • Nouvelle-Zélande : reprise de la bulle aérienne avec Sydney

Les autorités sanitaires néo-zélandaises ont annoncé, dimanche, la reprise des vols sans quarantaine en provenance de Sydney, estimant la situation épidémique désormais jugulée en Nouvelle-Galles du Sud. Les vols avaient été suspendus, jeudi, après l’apparition de deux cas de Covid-19 à Sydney.

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Cette interruption était la troisième depuis le lancement, le 18 avril, de la « bulle » aérienne entre la Nouvelle-Zélande et l’Australie, près de quatre cents jours après la fermeture de leurs frontières internationales en raison de la pandémie. Les précédentes interruptions de vols, qui n’avaient duré que quelques jours, avaient concerné l’Australie-Occidentale. Les autorités sanitaires de Nouvelle-Galles du Sud ont reconnu que, malgré des enquêtes approfondies, la manière dont les récents cas ont été contaminés n’avait pas été identifiée.

  • Le variant indien fait flamber le nombre de cas en Inde, selon l’OMS

Malgré ces allégements, l’inquiétude demeure sur les variants. Le B.1.617, appelé « variant indien », est plus contagieux et semble résister aux vaccins, contribuant à la flambée galopante de l’épidémie en Inde, a averti, samedi, la scientifique en chef de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Soumya Swaminathan. Pour la première fois, samedi, l’Inde a enregistré la mort de plus de 4 000 personnes due au Covid-19 en vingt-quatre heures et plus de 400 000 nouvelles contaminations, mais les experts estiment que les chiffres officiels sont largement sous-évalués.

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Le variant B.1.617 pourrait être classé par l’OMS dans la liste des variants considérés comme plus dangereux que la version originelle du virus en raison de leur plus grande contagiosité, leur capacité à surmonter les défenses que procurent la vaccination et le taux de mortalité des patients atteints, a estimé la scientifique.

Mais le variant seul ne peut être incriminé pour la hausse spectaculaire des cas en Inde, qui semble avoir baissé la garde trop tôt, avec de « grands rassemblements de masse », a-t-elle relevé. L’Inde, qui est le plus grand producteur mondial de vaccins, n’a jusqu’à présent administré deux doses qu’à 2 % de sa population de 1,3 milliard d’habitants. « Cela va prendre des mois, si ce n’est des années, pour atteindre un taux de 70 à 80 % » de la population immunisée, selon la chercheuse.

Le Monde avec AFP

Voir aussi:

*https://jeansantepolitiqueenvironnement.wordpress.com/2021/05/04/un-confinement-strict-au-portugal-debouche-sur-un-deconfinement-reussi-jusqua-present/

Publié le 03/05/2021

L’Europe toujours en ordre dispersé 

Paris, le lundi 3 mai 2021

https://www.jim.fr/medecin/actualites/pro_societe/e-docs/leurope_toujours_en_ordre_disperse__187522/document_actu_pro.phtml

– Nous étions pourtant prévenus. Partout en Europe, le calme trompeur des mois de février et début mars devaient être les prémices d’une véritable vague liée au variant britannique et qui devait submerger tous nos systèmes de santé.  En Allemagne, malgré un quasi-confinement marqué par la fermeture depuis plusieurs mois des établissements scolaires, l’institut Robert Koch prévoyait une hausse des cas de Covid qui devait conduire le pays à connaitre un taux d’incidence de plus de 300 cas pour 100 000 habitants. Finalement, le taux d’incidence, en baisse depuis plusieurs jours, n’est « que » de 153 cas pour 100.000 habitants.

Comment expliquer cette soudaine éclaircie ? Partout en Europe de l’Ouest (les pays baltes et la Biélorussie ne suivent pas la même tendance) la moyenne des cas de Covid est en forte diminution et ce même dans des pays qui, comme l’Espagne, n’ont pas procédé à un nouveau confinement de la population.

En Allemagne : les modèles se sont (pour l’instant) trompés !

Après avoir fait figure de modèle durant la première vague de Covid au printemps dernier, la gestion de la crise sanitaire de cette nouvelle phase de l’épidémie a tourné en Allemagne au psychodrame politique. Face à la pression des Länders, Angela Merkel a éprouvé le plus grand mal à coordonner la réponse face à la propagation d’une maladie que l’on estimait, il y a quelques semaines, inexorable et exponentielle.

Comme le souligne le journaliste Vincent Glad, plusieurs facteurs, exposés par la presse allemande, peuvent être avancés pour expliquer cette baisse surprise. Si les mesures annoncées par le gouvernement pour faire face à l’épidémie (instauration d’un frein d’urgence) ne sont pas encore entrées en vigueur, il n’est pas impossible que cette menace ait eu un impact psychologique sur les comportements. Surtout, la vaccination, le climat et la généralisation des autotests sont également susceptibles d’avoir eu une influence sur la circulation virale.

Aux Pays-Bas : la levée des restrictions sur pause

Après avoir annoncé la levée des restrictions malgré une situation dégradée, les Pays-Bas ont dû se résoudre à faire marche arrière en repoussant les prochains assouplissements des mesures.

Les prochains changements, soit l’étape 2 du plan de déconfinement, pourraient donc avoir lieu à partir du 18 mai. On ignore si la troisième étape (prévue pour le 26 mai) sera elle aussi reportée.

L’énigme espagnole

Dans ce contexte où les appels à la fermeture continuent à se multiplier, en dépit des légères embellies, le cas espagnol fait figure de véritable énigme. Après avoir subi une première vague particulièrement meurtrière, le pays semble préservée de l’émergence du variant anglais (là où son voisin portugais a dû se résoudre à un confinement strict pour juguler un tsunami hospitalier). En moyenne, moins de 10 000 cas par jour sont recensés dans le pays, ce dernier connaissant un plateau stable depuis bientôt deux mois.
Dans le pays, l’ouverture des restaurants en terrasse mais aussi d’un certain nombre d’activités en intérieur (musées, cinémas) ou en extérieur (stades) n’a pas entrainé une flambée des cas (contrairement à l’Italie qui, en février dernier, avait dû se résoudre à un quatrième confinement en catastrophe).
Pour le Professeur Rémi Salomon (AP-HP) l’explication provient peut-être d’une meilleure adhésion à des mesures moins fortes et à une meilleure communication des autorités. Ainsi, « il serait préférable de respecter des règles plus souples et bien comprises, que d’avoir des règles strictes qui seront contournées », analyse-t-il. Une version peut-être plus audible du « dedans avec les miens, dehors en citoyen ».

C.H.

Publié le 05/05/2021

Madrid, la ville qui a dit non au confinement

Manifestation à Madrid contre les mesures restrictives en janvier 

Madrid, le mercredi 5 mai 2021 –

https://www.jim.fr/medecin/actualites/pro_societe/e-docs/madrid_la_ville_qui_a_dit_non_au_confinement_187554/document_actu_pro.phtml

La capitale espagnole a refusé la plupart des mesures sanitaires mises en place en Europe, avec l’assentiment de la population.
Ce mardi, Isabel Diaz Ayuso, candidate du Parti Populaire (droite conservatrice), a été réélu triomphalement présidente de la région de Madrid avec 44,7 % des voix. Notre journal se fait rarement l’écho d’élections locales, mais ce scrutin en dit long sur le rapport des madrilènes à l’épidémie de Covid-19.

On notera tout d’abord que, contrairement à ce que craignaient certains de notre côté des Pyrénées, il est tout à fait possible d’organiser une élection par temps de Covid-19. Malgré l’épidémie, 76 % des Madrilènes se sont rendus aux urnes ce mardi, soit 12 points de plus que lors des élections de 2019 (avant la Covid-19 donc).
Ensuite et surtout, les habitants de la région de Madrid ont, par ce vote, plébiscité l’approche très libérale d’Isabel Ayuso vis-à-vis de l’épidémie de Covid-19. La candidate de droite a d’ailleurs fait campagne sur le rejet des mesures de restrictions sanitaires strictes, défendues par le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez, ralliant ses partisans aux cris de « Liberté ! Liberté ! ». Hier soir, à l’annonce de sa victoire, elle a dit espérer que « les taverniers ont passé une belle journée » en référence à sa décision controversée de garder les bars de la capitale ouverts.

Si l’Espagne avait opté comme tous ses voisins européens pour le confinement généralisé lors de la première vague, le gouvernement central a finalement laissé les mains libres aux régions pour gérer la suite de l’épidémie. Dans ce patchwork de mesures sanitaires, Madrid aura toujours été la plus libérale des provinces ibériques. Depuis octobre 2020, les bars, les restaurants et les lieux culturels sont toujours restés ouverts. Tout au plus les autorités locales auront accepté d’avancer le couvre-feu à 22h au lieu de 23h et de fermer les bars à 21h au pic de la troisième vague en janvier-février. Madrid est ainsi devenu une destination touristique de choix pour des millions d’Européens désirant revivre le temps d’un séjour « la vie d’avant ».

Le miracle de Madrid

Sans grande surprise, Madrid affiche un bilan sanitaire plus lourd que les autres régions d’Espagne, même si la différence n’est pas très nette. La région de la capitale compte ainsi pour 19 % des morts Espagnols du Covid-19 alors qu’y habitent que 14,5 % de la population du pays. A Madrid, 45 % des lits en soins critiques sont occupés par des patients atteints du Covid-19, contre 23 % en moyenne dans le reste du royaume. Mais globalement, Madrid et le reste du pays n’ont pas à rougir de leur bilan par rapport aux autres pays européens. Sans jamais reconfiner et en gardant ses écoles ouvertes, l’Espagne a déploré 45 000 morts du Covid-19 depuis octobre 2020. Par comparaison, sur la même période, malgré des restrictions sanitaires bien plus sévères, la France a déploré 73 000 morts, l’Allemagne 75 000, l’Italie 86 000. A tel point que le journal italien Corriere de la Serra parlait le 9 avril dernier d’un « miracle de Madrid ».

A partir du 9 mai prochain, l’état d’urgence prendra fin en Espagne et les régions n’auront plus l’obligation de mettre en place de couvre-feux. Sans surprise, Madrid a annoncé que le sien prendrait fin immédiatement. Son libéralisme semble contagieux.
En Catalogne, où les autorités ont toujours opté pour une politique bien plus stricte que dans la rivale madrilène, le gouvernement local a finalement renoncé à maintenir le couvre-feu.

Quentin Haroche

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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