Le collectif de 31 citoyens tirés au sort a rendu un rapport au Conseil d’orientation sur la stratégie vaccinale.

Covid-19. Le Collectif citoyen réclame plus de clarté pour rétablir la confiance envers les vaccins

https://www.ouest-france.fr/sante/vaccin/covid-19-le-collectif-citoyen-reclame-plus-de-clarte-pour-retablir-la-confiance-envers-les-vaccins-73e0278e-a98c-11eb-82d9-72606db5a979

Chargé de faire « remonter » les questions sur la vaccination, le collectif de 31 citoyens tirés au sort a rendu un rapport au Conseil d’orientation sur la stratégie vaccinale, réclamant davantage de transparence et de clarté pour rétablir la confiance des Français pour se faire immuniser contre le coronavirus.

This photograph shows patients in a Covid-19 vaccination centre in Sainte-Genevieve-des-Bois, outskirts of Paris, on April 24, 2021. (Photo by Raphael Lafargue / POOL / AFP)

Le Collectif citoyen chargé de formuler des recommandations au gouvernement pour améliorer la stratégie vaccinale contre le Covid-19 a remis un rapport, mardi 27 avril, à Alain Fischer, chargé de coordonner la stratégie vaccinale de l’État contre la pandémie en France, rapporte Le Parisien .

En janvier, 31 citoyens ont été tirés au sort pour « partager les préoccupations et les interrogations de la société française » dans le cadre des travaux du Conseil économique, social et environnemental (CESE).

Le Collectif citoyen a ainsi remis, selon le quotidien, un rapport de 42 pages à Alain Ficher qui préside le Conseil d’orientation sur la stratégie vaccinale, réclamant notamment davantage de transparence et de clarté pour rétablir la confiance des Français pour se faire immuniser.

Pour une communication plus claire

Le Collectif citoyen recommande plus de clarté en misant sur « une information qui ne change pas du jour au lendemain » pour permettre aux professionnels de s’organiser et aux Français de savoir qui peut ou non se faire vacciner. Les membres du collectif mettent aussi en garde contre des « décisions purement politiques non comprises par la population » qui « discréditent l’État ».

Ils déplorent que la parole soit d’ailleurs accaparée par les politiques et des experts qui se contredisent, rapporte Le Parisien ; et réclament que les Français soient davantage entendus. Le collectif propose par exemple de répondre directement aux questions des citoyens, ou en rapportant davantage l’expérience des personnes vaccinées. « Bien être informé et comprendre les informations scientifiques reste une condition clé pour atteindre l’immunité collective et individuelle », peut-on lire dans le rapport, relaie le quotidien.

Les membres du collectif appellent également à davantage de clarté de la part des conseillers qui répondent à la ligne téléphonique de la vaccination, au 0 810 130 000, et qui ne sont pas toujours « compétents ». Ils soulignent aussi la nécessité de relayer les informations sur l’efficacité et les complications des traitements : « Il faut le dire ».

AstraZeneca : « On a fait tout ce qu’il ne fallait pas »

Ce qu’il ne faut pas faire, c’est reproduire la communication qui a été faite au sujet du vaccin AstraZeneca, alerte le collectif. « On a fait tout ce qu’il ne fallait pas », expliquent les citoyens au sujet du vaccin qui a fait couler beaucoup d’encre. « On a entendu tout et son contraire », déplore Franck, 30 ans, membre du collectif. Ce n’était pas une bonne idée de changer le nom de ce vaccin, rebaptisé Vaxzevia,estiment notamment les citoyens, qui déplorent aussi une communication « disproportionnée » sur les effets secondaires, rapporte le quotidien. Concernant la limite d’âge, le collectif souhaiterait que les pays de l’Union européenne adoptent une position commune car « la cacophonie génère de la suspicion », indique Le Parisien.

Les membres du collectif recommandent de placarder partout des affiches renseignant sur les bénéfices des vaccins et sur la prise de rendez-vous que ce soit dans les halls d’immeuble ou les entreprises, mentionnant des slogans tels que « Je choisis la vie, je me vaccine », ou « Une petite piqûre pour l’Homme, un grand pas pour la liberté ».

« Tous concernés »

Le Collectif conseille aussi de davantage communiquer avec les personnes qui sont prioritaires et de ne pas donner l’impression que les autres soient des « laissés pour compte », en les informant qu’eux aussi seront vaccinés : « Nous recommandons de leur faire passer le message dès maintenant », pour éviter notamment qu’il « y ait ensuite trop de doses et que, cet été, on ne trouve pas preneurs ». 

Il recommande une large campagne de communication, comme l’envoi de courrier par la Sécurité sociale et d’afficher les informations dans les lieux de transports, les salles de classe, de mettre des brochures dans les salles d’attente des médecins, de réaliser des spots à la télé, sur le modèle de E = M 6, avec des professionnels de santé ; ou encore mobiliser les coiffeurs, restaurateurs, et libraires pour véhiculer les bons messages, liste Le Parisien.

Cibler les jeunes

Le Collectif citoyen interpelle par ailleurs sur la situation des jeunes, et encourage à rassurer cette tranche de la population particulièrement touchée par la crise du Covid-19. Il conseille de davantage communiquer sur les perspectives de sortie de crise et d’un retour à la normale au moyen d’une campagne de publicité véhiculée par des « ambassadeurs jeunes », et la présence sur les campus universitaires de personnes pour renseigner notamment sur les vaccins : « Ne pas oublier les jeunes, leur donner une information transparente, c’est ce dont ils ont besoin, explique Lilia, 25 ans, l’une des citoyennes tirées au sort. Cet été, il sera trop tard, ils seront en vacances, et leur réflexion ne sera pas construite. Les intégrer maintenant est primordial, » relaye Le Parisien.

Le Collectif citoyen prêche par ailleurs pour une campagne de vaccination qui aille davantage vers les citoyens, pour qui se rendre à un centre de vaccination serait plus difficile, notamment en vaccinant les gens sur les marchés, dans les déserts médicaux, ou dans le cadre de maraudes.

De son côté, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a remercié le collectif, soulignant son « engagement » et « la qualité du travail transmis » ajoutant que ses « retours de terrain et avis nous sont très précieux », a rapporté sur Twitter le Conseil économique, social et environnemental.

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Efficacité, effets secondaires… Vous sentez-vous suffisamment informés sur les vaccins ?Débattez !

Après la remise de ce rapport, les travaux du Collectif citoyen ne s’arrêtent pas là. Selon le site du Cese, le collectif doit accompagner la campagne de vaccination grand public jusqu’à la fin juillet, après quoi il sera chargé de faire un suivi et un bilan de la campagne de vaccination.

Le Collectif citoyen chargé de formuler des recommandations au gouvernement pour améliorer la stratégie vaccinale contre le Covid-19 a remis un rapport, mardi 27 avril, à Alain Fischer, chargé de coordonner la stratégie vaccinale de l’État contre la pandémie en France, rapporte Le Parisien .

En janvier, 31 citoyens ont été tirés au sort pour « partager les préoccupations et les interrogations de la société française » dans le cadre des travaux du Conseil économique, social et environnemental (CESE).

Le Collectif citoyen a ainsi remis, selon le quotidien, un rapport de 42 pages à Alain Ficher qui préside le Conseil d’orientation sur la stratégie vaccinale, réclamant notamment davantage de transparence et de clarté pour rétablir la confiance des Français pour se faire immuniser.

Pour une communication plus claire

Le Collectif citoyen recommande plus de clarté en misant sur « une information qui ne change pas du jour au lendemain » pour permettre aux professionnels de s’organiser et aux Français de savoir qui peut ou non se faire vacciner. Les membres du collectif mettent aussi en garde contre des « décisions purement politiques non comprises par la population » qui « discréditent l’État ».

Ils déplorent que la parole soit d’ailleurs accaparée par les politiques et des experts qui se contredisent, rapporte Le Parisien ; et réclament que les Français soient davantage entendus. Le collectif propose par exemple de répondre directement aux questions des citoyens, ou en rapportant davantage l’expérience des personnes vaccinées. « Bien être informé et comprendre les informations scientifiques reste une condition clé pour atteindre l’immunité collective et individuelle », peut-on lire dans le rapport, relaie le quotidien.

Les membres du collectif appellent également à davantage de clarté de la part des conseillers qui répondent à la ligne téléphonique de la vaccination, au 0 810 130 000, et qui ne sont pas toujours « compétents ». Ils soulignent aussi la nécessité de relayer les informations sur l’efficacité et les complications des traitements : « Il faut le dire ».

AstraZeneca : « On a fait tout ce qu’il ne fallait pas »

Ce qu’il ne faut pas faire, c’est reproduire la communication qui a été faite au sujet du vaccin AstraZeneca, alerte le collectif. « On a fait tout ce qu’il ne fallait pas », expliquent les citoyens au sujet du vaccin qui a fait couler beaucoup d’encre. « On a entendu tout et son contraire », déplore Franck, 30 ans, membre du collectif. Ce n’était pas une bonne idée de changer le nom de ce vaccin, rebaptisé Vaxzevia,estiment notamment les citoyens, qui déplorent aussi une communication « disproportionnée » sur les effets secondaires, rapporte le quotidien. Concernant la limite d’âge, le collectif souhaiterait que les pays de l’Union européenne adoptent une position commune car « la cacophonie génère de la suspicion », indique Le Parisien.

Les membres du collectif recommandent de placarder partout des affiches renseignant sur les bénéfices des vaccins et sur la prise de rendez-vous que ce soit dans les halls d’immeuble ou les entreprises, mentionnant des slogans tels que « Je choisis la vie, je me vaccine », ou « Une petite piqûre pour l’Homme, un grand pas pour la liberté ».PUBLICITÉAvec le printemps revient le beau temps !J’en profiteRendez-vous vite en magasin pour découvrir nos offres, préparer vos plantations, aménager de nouveaux espaces jardin et potager.Inspired by

« Tous concernés »

Le Collectif conseille aussi de davantage communiquer avec les personnes qui sont prioritaires et de ne pas donner l’impression que les autres soient des « laissés pour compte », en les informant qu’eux aussi seront vaccinés : « Nous recommandons de leur faire passer le message dès maintenant », pour éviter notamment qu’il « y ait ensuite trop de doses et que, cet été, on ne trouve pas preneurs ». 

Il recommande une large campagne de communication, comme l’envoi de courrier par la Sécurité sociale et d’afficher les informations dans les lieux de transports, les salles de classe, de mettre des brochures dans les salles d’attente des médecins, de réaliser des spots à la télé, sur le modèle de E = M 6, avec des professionnels de santé ; ou encore mobiliser les coiffeurs, restaurateurs, et libraires pour véhiculer les bons messages, liste Le Parisien.

Cibler les jeunes

Le Collectif citoyen interpelle par ailleurs sur la situation des jeunes, et encourage à rassurer cette tranche de la population particulièrement touchée par la crise du Covid-19. Il conseille de davantage communiquer sur les perspectives de sortie de crise et d’un retour à la normale au moyen d’une campagne de publicité véhiculée par des « ambassadeurs jeunes », et la présence sur les campus universitaires de personnes pour renseigner notamment sur les vaccins : « Ne pas oublier les jeunes, leur donner une information transparente, c’est ce dont ils ont besoin, explique Lilia, 25 ans, l’une des citoyennes tirées au sort. Cet été, il sera trop tard, ils seront en vacances, et leur réflexion ne sera pas construite. Les intégrer maintenant est primordial, » relaye Le Parisien.

Le Collectif citoyen prêche par ailleurs pour une campagne de vaccination qui aille davantage vers les citoyens, pour qui se rendre à un centre de vaccination serait plus difficile, notamment en vaccinant les gens sur les marchés, dans les déserts médicaux, ou dans le cadre de maraudes.

De son côté, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a remercié le collectif, soulignant son « engagement » et « la qualité du travail transmis » ajoutant que ses « retours de terrain et avis nous sont très précieux », a rapporté sur Twitter le Conseil économique, social et environnemental.

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Efficacité, effets secondaires… Vous sentez-vous suffisamment informés sur les vaccins ?Débattez !

Après la remise de ce rapport, les travaux du Collectif citoyen ne s’arrêtent pas là. Selon le site du Cese, le collectif doit accompagner la campagne de vaccination grand public jusqu’à la fin juillet, après quoi il sera chargé de faire un suivi et un bilan de la campagne de vaccination.

Covid-19 : ce qu’il faut retenir du rapport du collectif citoyen sur la stratégie vaccinale du gouvernement

Trente-et-un Français et Françaises tirés au sort ont rendu leurs recommandations à Alain Fischer, chargé de coordonner la campagne de vaccination en France. Article rédigé par 

franceinfoFrance TélévisionsPublié le 03/05/2021 15:04Mis à jour le 03/05/2021 15:06 Temps de lecture :  4 min.

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/vaccin/covid-19-ce-qu-il-faut-retenir-du-rapport-du-collectif-citoyen-sur-la-strategie-vaccinale-du-gouvernement_4605879.html#xtor=CS2-765-%5Bautres%5D

Un centre de vaccination contre le Covid-19 à Nice, le 23 avril 2021. (ARIE BOTBOL / HANS LUCAS / AFP)
Un centre de vaccination contre le Covid-19 à Nice, le 23 avril 2021. (ARIE BOTBOL / HANS LUCAS / AFP)

« Peut mieux faire. » Dans un rapport rendu public lundi 3 mai, les membres du collectif citoyen sur la stratégie vaccinale contre le Covid-19 dressent un bilan sans concession de la campagne de vaccination française. Trente-et-une personnes tirées au sort avaient été chargées de réfléchir à des pistes pour améliorer l’adhésion à la campagne de vaccination. Franceinfo fait le bilan des principales recommandations, remises le 27 avril à Alain Fischer, le président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale.

Rendre la communication plus claire

Dans leur rapport, les membres du collectif citoyen critiquent le manque de clarté dont ont pu faire preuve les autorités. Pour renforcer la confiance vis-à-vis de la campagne vaccinale, le collectif juge qu’il est nécessaire d’avoir « une information qui ne change pas du jour au lendemain ».

« Il y a eu trop de revirements en termes de communication, explique à franceinfo Gilles Duhamel, l’un des membres du collectif. Ça peut s’expliquer par le travail dans l’urgence avec des infos scientifiques qui arrivent au fur et à mesure. Mais ça ne donne pas confiance aux gens. »

Le rapport critique notamment les réponses apportées par certains conseillers du 0 810 130 000, le numéro mis en place pour répondre aux interrogations sur la vaccination. Les membres du collectif demandent au gouvernement de s’assurer d’avoir des conseillers compétents, « ce qui ne paraît pas toujours le cas selon les remontées ».

Privilégier la communication non gouvernementale

Les communications venant du gouvernement « risquent d’être mal perçues », soulignent les membres du collectif, qui expliquent que les opinions des spécialistes et des ministres s’opposent parfois et ne permettent pas de renforcer la confiance. Pour la rétablir, le collectif invite l’exécutif à penser à de nouvelles formes de communication, par exemple par le biais d’une émission dans laquelle des spécialistes répondraient à des questions de Français tirées au sort.

Brochures dans les salles d’attente, spots publicitaires télévisés, les membres du collectif citoyen insistent sur l’importance d’une couverture large. Ils encouragent également à faire appel aux coiffeurs, aux restaurateurs ou encore aux libraires pour transmettre les bons messages et inciter leurs clients à se faire vacciner. « Avoir un message dans la boulangerie où l’on va tous les jours aura plus d’impact, résume Gilles Duhamel. On évoque aussi une émission de télé hebdomadaire, mais avec des scientifiques, parce qu’aujourd’hui, la voix des politiques n’est plus crédible. »

AstraZeneca, « une erreur à ne pas reproduire »

En matière de raté de communication, le constat du collectif citoyen est sans appel au sujet du vaccin britannico-suédois : « On a fait tout ce qu’il ne fallait pas. » Les membres du collectif mettent notamment en cause le changement de nom, devenu Vaxzevria, ainsi que les positions contradictoires des Etats européens, car « la cacophonie génère de la suspicion« , commentent-ils.

Mettre en place des mesures spécifiques pour cibler les plus jeunes 

Passer par TikTok, YouTube et les réseaux sociaux… Le collectif insiste sur la nécessité de convaincre les jeunes et d’utiliser les bons canaux pour leur parler. « Les membres les plus jeunes du collectif travaillent en direct avec Alain Fischer et la cellule de communication du gouvernement, pour des messages à destination des jeunes », explique Gilles Duhamel.

« Il est important d’inclure les jeunes dans les campagnes d’information sur la vaccination car lorsque l’on va communiquer auprès d’eux cet été, il sera trop tard, ils auront la tête à voyager, bouger, souligne à franceinfo Lilya Gueddiche, elle aussi membre du collectif. Les jeunes sont hyper connectés et, par ce fait, sont vecteurs d’informations auprès de leur entourage. Ils peuvent informer leurs parents et leurs grands-parents qui sont aujourd’hui directement concernés par la vaccination. »

Rendre les lieux de vaccination plus proches des gens

Se faire vacciner sur un marché ou lors de maraudes pour les personnes sans domicile fixe ? C’est ce que préconise le collectif citoyen, pour ne laisser personne à la marge de cette campagne. « Il faudrait aller vacciner avec des bus, faire ce qu’il se passe avec le don du sang, suggère Gilles Duhamel. Les vaccinodromes, c’est bien, mais tout le monde n’y va pas. On évoque aussi des maraudes pour les SDF ou la vaccination des saisonniers. »

Le rapport souligne également l’importance de cibler « les populations cachées ». « Par exemple pour les migrants à Calais, ce seraient les associations qui pourraient s’occuper de leur vaccination, souligne Gilles Duhamel. Ce sont des candidats idéaux au Janssen, car il suffit d’une seule dose. »

Faciliter la prise de rendez-vous et la gestion des listes d’attente

Pour le collectif, « le système de prise de rendez-vous ne fonctionne pas correctement ». Pour y remédier, il propose notamment « de demander l’inscription du numéro de Sécurité sociale dans les demandes de prise de rendez-vous, et connecter les différentes bases de prise de rendez-vous pour éviter les doublons et le gaspillage de doses », de « mettre à disposition dans les mairies des ordinateurs pour la prise de rendez-vous via Doctolib » ou encore de développer « un dispositif très réactif » au niveau des départementsavec « des remontées quotidiennes » d’informations sur les doses disponibles ou les problèmes rencontrés.

Les débuts difficiles du comité citoyen sur les vaccins contre le Covid-19

Cet exercice de démocratie participative imaginé par le gouvernement, « gadget délirant » pour ses opposants, s’interroge sur le sort réservé à ses recommandations. 

Par Raphaëlle Besse DesmoulièresPublié le 17 mars 2021 à 11h20 – Mis à jour le 17 mars 2021 à 18h11  

Temps de Lecture 5 min. 

https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/03/17/les-premiers-pas-difficiles-du-comite-citoyen-sur-les-vaccins-contre-le-covid-19_6073451_3244.html

Isabelle Micholet-Constantin, 68 ans, attend en compagnie de son mari après sa vaccination dans une pharmacie parisienne, le 15 mars.
Isabelle Micholet-Constantin, 68 ans, attend en compagnie de son mari après sa vaccination dans une pharmacie parisienne, le 15 mars. BRUNO FERT POUR « LE MONDE »

Quand ils ont décroché leur téléphone, début janvier, beaucoup ont cru à une blague. La voix au bout du fil leur précise qu’ils ont été tirés au sort pour rejoindre un collectif citoyen vaccins dont la mise en place a été annoncée un mois plus tôt par le premier ministre, Jean Castex. Rares sont ceux qui en ont entendu parler, mais l’aventure leur paraît suffisamment intéressante pour donner de leur temps. « S’investir dans ce genre de mission, c’est quelque chose de formidable ! », s’exclame Philippe Hartmann, un conducteur de car de 59 ans, habitant à Gap (Hautes-Alpes).

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Au final, ils ont été 35 à être sélectionnés, 18 femmes, 17 hommes, de tout âge, citadins, ruraux, issus de milieux socioprofessionnels différents. L’objectif : qu’ils formulent des « propositions relatives aux questionnements, peurs, résistances et questions éthiques que peut susciter la vaccination contre le Covid-19 », selon la lettre de mission du 9 décembre 2020, envoyée par le chef du gouvernement à Patrick Bernasconi, président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), chargé d’organiser cette nouvelle expérience de démocratie participative.

Arrivé sous les quolibets – « foutage de gueule », « comité Théodule », « gadget totalement délirant et antidémocratique », s’est déchaînée l’opposition –, le collectif citoyen a pris le temps de s’installer. En janvier et février, les sessions ont été consacrées à une formation en accéléré avec des experts : médecins, pharmaciens, chercheurs, logisticiens, élus locaux… Ce n’est que la semaine dernière, lors de leur troisième rencontre, qu’ils ont commencé à élaborer leurs premières recommandations.

« Enorme problème de communication »

Alain Fischer, le président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale qui chapeaute ce comité citoyen, leur avait demandé de réfléchir à plusieurs thématiques : la communication à l’égard du grand public, le dialogue avec les professionnels de santé ainsi que les difficultés d’accès à la vaccination en fonction de critères géographiques et sociaux. Pendant trois jours, aidés par des animateurs dont le rôle est de cadrer le débat, les 35 volontaires ont planché pour dégager des premières propositions. Parmi les pistes de réflexion dévoilées mardi 16 mars, qui doivent être affinées d’ici à la fin du mois : la mise en place d’une « communication positive, adaptée à chaque catégorie de la population », la multiplication des lieux de vaccination et la systématisation des « unités mobiles » dans le but d’« aller vers le public », ou le fait d’évoquer plus fréquemment « les recherches sur les traitements » contre le Covid.

Le travail n’est pas simple. Tout se fait en visioconférence, le contexte sanitaire ne permettant pas de se retrouver en présentiel. Les journées sont longues derrière son écran et ce n’est pas l’idéal pour créer une émulation collective, mais le dialogue se noue. Certains poursuivent les discussions sur des groupes WhatsApp, d’autres se nourrissent des conversations avec leur famille, leurs voisins, des professionnels de santé. « Les gens sont tellement désemparés, ils viennent chercher qui ils peuvent, souligne Marjorie, qui habite une petite commune de la Drôme et préfère, comme la plupart des participants interrogés, ne pas donner son nom de famille. Là, au moins, on sent une légitimité à faire partie de ce collectif. »

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L’actualité imprègne les échanges. Les nouveaux déboires du vaccin AstraZenecca, dont l’utilisation a été suspendue dans plusieurs pays européens, dont la France, après une suspicion de graves effets secondaires, ne sont pas de nature à rassurer ceux qui étaient déjà sceptiques. Dans le comité, on les appelle les « frileux », comme Valérie, qui dit ne pas avoir « confiance pour le moment ». A 48 ans, cette assistante commerciale en recherche d’emploi ne se définit pas comme une « antivax », mais considère que l’« on ne doit rien imposer et laisser aux gens le temps d’accepter ». Pour cette habitante d’un village des Côtes-d’Armor, « tout cela a été fait très vite » et il y a « besoin de plus de recul et de transparence ».

L’argumentaire agace Philippe Hartmann, qui le juge « un peu léger ». Lui qui a subi un triple pontage il y a quelques années a eu « un coup de bol énorme » en ayant déjà reçu ses deux injections contre le Covid-19. Marjorie aussi est favorable à la vaccination, mais cette mère de famille de 45 ans précise ne pas être « là pour dire aux 44 % de Français qui sont réticents d’aller se faire vacciner ». Avant d’intégrer le collectif citoyen, Henri avait, lui, un « sentiment mitigé » face à « un vaccin tout neuf, développé extrêmement rapidement », mais il a depuis changé d’avis. Ce sont les informations reçues au fil des auditions qui ont fait basculer ce retraité breton de 70 ans. Ce qui lui fait dire qu’il y a aujourd’hui « un énorme problème de communication » de la part des pouvoirs publics. « Les infos changent tout le temps, on entend tout et son contraire », renchérit Lilya, une thésarde de 25 ans qui vit dans les Hauts-de-Seine.

« Dans le temps long »

Leur cheminement est rendu plus complexe par la décision prise de coupler leur travail à celui d’une commission temporaire vaccination, composée de 31 membres du CESE et présidée par Marie-Andrée Blanc, présidente de l’UNAF (Union nationale des associations familiales). Des réunions communes alourdissent le processus au risque de le rendre moins lisible. Autre obstacle : la mandature du CESE, qui doit être renouvelé, prend fin le 31 mars. A cette date, la commission temporaire aura disparu. « Le CESE ne ferme pas pour autant ses portes, déclare Mme Blanc. Tout sera mis en œuvre pour assurer la continuité et le passage de relais sera fait. »

Alain Fischer, le président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, chapeaute le comité citoyen. Lors d’une conférence de presse à Paris, le 25 février 2021. STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Mais la principale difficulté est ailleurs. A peine le comité installé, une course contre la montre s’est engagée. Réclamé dès le printemps 2020 par le Conseil scientifique, le collectif citoyen a débuté son activité « très tardivement », déplore le politiste Yves Sintomer, alors que la campagne de vaccination avait déjà commencé. « En soi, l’initiative pouvait être positive, mais la temporalité et les conditions dans lesquelles il a été mis sur pied en font un peu un pétard mouillé, analyse-t-il. Ce n’est pas du tout le même exercice qui était demandé à la Convention citoyenne climat, qui avait une marge de manœuvre plus large par rapport à la question posée. »

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Jean-Christophe, 59 ans et cadre chez Enedis dans la métropole du Grand Nancy (Meurthe-et-Moselle), reconnaît s’être « posé la question de l’intérêt du collectif à date »« Autant je voyais l’intérêt plus en amont, en novembre par exemple, autant, là, ça me semble moins évident », poursuit-il. Pour lui, ces réunions « ne débouchent pas suffisamment vite ou au fil de l’eau concernant une problématique mouvante et qui s’inscrit dans l’urgence ». Un avis que ne partage pas Marjorie : « On est là pour travailler sur la campagne grand public » quand les vaccins seront disponibles à plus large échelle. Raison pour laquelle Lilya veut s’atteler « dès maintenant » aux recommandations concernant les jeunes, qui seront probablement parmi les derniers à être vaccinés.

Un axe que partage Alain Fischer. L’état d’avancement des travaux est « tout à fait normal, estime-t-il. Le collectif citoyen est dans le temps long contrairement au temps politique qui est aujourd’hui dans un temps beaucoup plus court au vu de l’évolution rapide des connaissances scientifiques. » Reste à savoir ce que le gouvernement retiendra, le moment venu. « Quand ça remonte, souvent, ce n’est pas pris en compte, on l’a vu avec la convention citoyenne pour le climat »,s’inquiète Jean-Christophe. A l’exécutif aussi de démontrer que ce nouvel exercice de démocratie participative n’est pas qu’un énième « comité Théodule »

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Raphaëlle Besse Desmoulières

Voir aussi:

https://jeansantepolitiqueenvironnement.wordpress.com/2021/03/17/le-comite-citoyen-sur-les-vaccins-contre-le-covid-19-sinterroge-sur-son-utilite/

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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