Les « conséquences catastrophiques » d’un manque d’ambition en matière d’agroécologie de la politique agricole commune.

Climat et biodiversité : « Les petits pas de la politique agricole commune ne suffisent plus »

TRIBUNE

Collectif

Alors que la nouvelle PAC est discutée à Bruxelles, un collectif de plus de 700 scientifiques en recherche publique alerte, dans une tribune au « Monde », sur les « conséquences catastrophiques » d’un manque d’ambition en matière d’agroécologie.

Publié aujourd’hui à 18h00    Temps de Lecture 5 min. 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/05/03/climat-et-biodiversite-les-petits-pas-de-la-politique-agricole-commune-ne-suffisent-plus_6078952_3232.html

Tribune. Le gouvernement est sur le point de définir la déclinaison nationale de la politique agricole commune (PAC) qui scellera le futur de l’agriculture française à l’horizon 2030. Ses propositions seront débattues les 4 et 5 mai au Sénat puis à l’Assemblée nationale. Nous alertons sur les conséquences catastrophiques qu’un manque d’ambition aurait pour la biodiversité et le climat, mais aussi pour les agriculteurs et agricultrices et la société.

Agriculture, biodiversité et climat sont intimement liésLa vague récente de gel a généré des pertes considérables dans les vignes, vergers et cultures. Une situation exceptionnelle ? Malheureusement non. En accélérant la croissance des plantes lors des épisodes de chaleur précoce en fin d’hiver, le changement climatique va rendre ces gels tardifs de plus en plus destructeurs. Les agriculteurs en sont les premières victimes, comme ils sont victimes de l’exposition aux pesticides qui nuit à leur santé, du déclin de la biodiversité qui favorise les ravageurs des cultures et de la course à l’agrandissement des exploitations agricoles et à l’endettement qui accélèrent la disparition des agriculteurs.

Changement de régime alimentaire

Le secteur agricole a amorcé une prise de conscience et des changements de pratiques ; mais, pour garantir la pérennité économique des exploitations, limiter le changement climatique et enrayer le déclin de la biodiversité, des transformations de bien plus grande ampleur doivent avoir lieu. La PAC, qui assure l’essentiel du revenu moyen des agriculteurs français et oriente directement leurs pratiques, est un levier majeur pour la transition attendue des systèmes agricoles et alimentaires.

Les petits pas de la PAC ne suffisent plus.

Depuis celle de 1992, introduisant les mesures agroenvironnementales, les réformes successives de la PAC ont très insuffisamment pris en compte les enjeux sociaux et environnementaux. Le « verdissement » de la PAC de 2013 s’est révélé un échec total* selon la Cour des comptes européenne.

En 2020, 3 600 scientifiques lançaient un appel dans la revue académique People and Nature pour des actions fortes afin que la PAC relève les défis de la durabilité

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La nouvelle PAC, actuellement discutée à Bruxelles, est loin de répondre aux attentes exprimées par ces scientifiques. Néanmoins, elle demande aux Etats membres de définir un plan stratégique national, qui offre des marges de manœuvre pour accélérer la transition agroécologique. La France doit s’en saisir sérieusement, en évitant la tentation du « greenwashing » .

Le plan stratégique national doit mobiliser les connaissances scientifiques. Un changement de régime alimentaire avec une réduction importante des produits animaux, en priorité ceux issus de l’élevage industriel, est nécessaire tant pour le climat que pour la biodiversité et le bien-être animal. Un lien plus direct entre producteurs et consommateurs doit aussi être encouragé pour réduire la part d’aliments ultratransformés dans notre alimentation et mieux partager la valeur ajoutée entre les agriculteurs et les autres acteurs des filières.

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Cela implique une réorientation des productions, qui doit impérativement être accompagnée par les politiques. Par ailleurs, sans politiques volontaristes, les tendances actuelles à l’agrandissement, à la simplification et à l’intensification vont se poursuivre et évincer la diversité des exploitations et des productions.

Les exploitations qui mettent en œuvre des pratiques agroécologiques valorisent la biodiversité et les régulations naturelles : diversification des cultures, élevage extensif, association entre productions végétales et animales, valorisation et entretien des prairies, diminution de la taille des parcelles. Les études scientifiques montrent que ces pratiques sont indispensables pour réduire l’usage des engrais, des pesticides et des antiparasitaires et antibiotiques vétérinaires, qui ont des impacts négatifs sur l’environnement et la santé humaine. Elles tendent également à développer l’emploi.

Haies pérennes

Les milieux semi-naturels jouxtant les parcelles agricoles (haies, bandes enherbées et prairies naturelles) permettent de stocker du carbone, de contrôler l’érosion des sols, d’épurer l’eau et de maintenir la biodiversité, dont les pollinisateurs et les ennemis des ravageurs des cultures. La littérature scientifique montre qu’il est nécessaire de les maintenir en bon état sur, au minimum, 20 % de la surface des paysages pour garantir leur bon fonctionnement agroécologique.

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Les prochains jours seront décisifs pour l’agriculture française. Toute la question est de savoir quelle place sera donnée à l’agroécologie dans le plan stratégique national.

Premièrement, les aides directes doivent favoriser l’installation en agroécologie de nouveaux agriculteurs et limiter la course à l’agrandissement. Pour cela, le soutien aux premiers hectares des exploitations agricoles doit être amplifié et les aides aux grandes exploitations, plafonnées.

Deuxièmement, les aides dites « écorégimes » (qui visent à rémunérer les pratiques vertueuses) doivent être basées sur des critères d’attribution ambitieux. Il est nécessaire d’exiger, à l’échelle de l’exploitation, un nombre important de cultures diversifiées, un taux élevé de haies et de bandes enherbées pérennes et une grande part de prairies non labourées pour l’élevage herbivore.

Dans le cas où l’écorégime est lié à une certification, le soutien doit être proportionnel au niveau d’exigence du cahier des charges (par exemple, l’agriculture biologique bannit l’usage des pesticides de synthèse, ce qui n’est pas le cas du label haute valeur environnementale). Enfin, compte tenu de la nécessité de jouer simultanément sur les pratiques et la présence de milieux semi-naturels, les agriculteurs doivent pouvoir cumuler les différents types d’écorégimes.

Troisièmement, le budget alloué aux écorégimes doit être consolidé, mais sans l’être au détriment de celui des mesures agroenvironnementales qui est déjà particulièrement peu élevé.

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Nous appelons le gouvernement à définir un plan stratégique national ambitieux, qui soit un réel outil pour la transition agroécologique, et à rendre des arbitrages justes, qui reposent sur les bénéfices sanitaires, sociaux et environnementaux des pratiques et non sur le seul poids des parties prenantes dans les négociations.

Premiers signataires : 

Jacques Baudry, écologue (Institut national de la recherche agronomique – Inrae) ; Bernard Chevassus-au-Louis, écologue (association Humanité et biodiversité) ; Denis Couvet, écologue (Muséum national d’histoire naturelle) ; Marion Desquilbet, économiste (Inrae et Toulouse School of Economics) ; Sophie Devienne, professeure d’agriculture comparée (AgroParisTech) ; Julien Fosse, inspecteur en chef de santé publique vétérinaire ; Eve Fouilleux, directrice de recherches en science politique (Centre national de la recherche scientifique – CNRS) ; Bernard Hubert,écologue (Inrae) ; Jean-Marc Meynard, agronome (Inrae) ; Clélia Sirami, chercheuse en agroécologie (Inrae) ; Pablo Tittonell, chercheur en agroécologie (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement – Cirad) ; Sandra Lavorel, écologue (CNRS)…

Liste complète des signataires de la tribune sur la politique agricole commune et l’agroécologie by LeMonde.fr on Scribd

https://fr.scribd.com/embeds/505972855/content?start_page=1&view_mode=scroll&access_key=key-FYFDlh09CplXw9jHEL04

*La Commission européenne « surestime » les dépenses consacrées à la biodiversité, selon la Cour des comptes de l’UE

Dans un rapport publié vendredi 5 juin, la Cour des comptes européenne affirme que la politique agricole commune, la PAC, n’a que des résultats « limités » sur la préservation de la biodiversité. 

Par Perrine MouterdePublié le 05 juin 2020 à 09h30 – Mis à jour le 05 juin 2020 à 09h52  

Temps de Lecture 3 min. 

https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/06/05/la-commission-europeenne-surestime-les-depenses-consacrees-a-la-biodiversite-selon-la-cour-des-comptes-de-l-ue_6041849_3244.html

C’est un document qui rappelle à quel point la politique agricole commune (PAC) doit être profondément modifiée si l’on veut espérer enrayer le déclin massif de la biodiversité. Et à quel point, jusqu’à présent, cela n’a pas été le cas. Dans un rapport publié vendredi 5 juin, la Cour des comptes européenne affirme que la PAC n’a eu un effet positif que « limité » sur la préservation de la biodiversité et que l’évaluation des dépenses en la matière par la Commission n’est « pas fiable ».

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L’enjeu est pourtant conséquent : sur les 86 milliards d’euros que la Commission a prévu de consacrer à la biodiversité entre 2014 et 2020 (soit 8,1 % du budget de l’UE), 66 milliards proviennent de la PAC. L’agriculture intensive est l’une des principales causes de la perte de biodiversité et de la dégradation des écosystèmes en Europe. Depuis 1990, les populations d’oiseaux des champs et de papillons des prairies ont ainsi diminué de plus de 30 %.

Manque de données

« La PAC n’a pas suffi à contrer le déclin de la biodiversité des terres agricoles, qui représente une grave menace pour l’agriculture et l’environnement », regrette Viorel Stefan, chargé du rapport. Dans sa stratégie adoptée en 2011, la Commission s’était notamment engagée à renforcer la contribution de l’agriculture et de la foresterie à l’amélioration de la biodiversité d’ici 2020. Le 20 mai, elle a publié sa feuille de route pour 2030 en matière de biodiversité ainsi que sa stratégie « De la ferme à la fourchette », qui encourage une agriculture plus durable.

Les résultats seront-ils plus probants dans dix ans ? Dans son rapport, la Cour des comptes souligne d’abord qu’il est difficile de mesurer les progrès accomplis en raison du manque de données, la majorité des indicateurs existant en matière de biodiversité n’ayant pas été mis à jour par la Commission depuis au moins six ans. Les dernières données disponibles concernant la « diversité génétique du bétail », par exemple, datent de 2005 et ne sont disponibles que pour cinq Etats membres.

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Pour mettre en œuvre le volet agricole de sa feuille de route en matière de biodiversité, la Commission et les Etats membres disposent de deux leviers d’action principaux : les aides directes aux exploitations agricoles et les programmes de développement rural. Pour assurer le suivi du budget annuel, la Commission applique des coefficients – de 0 % si la contribution de l’aide au maintien de la biodiversité est insignifiante, 40 % si elle est modérée ou 100 % si elle est importante – aux différentes dépenses.

Toutefois, avec cette approche, la Commission « surestime » les montants consacrés à la biodiversité, affirme la Cour des comptes. « Elle attribue des coefficients de 100 % à des lignes de budget dont l’objectif premier n’est pas la protection de la biodiversité, expliquent les auteurs de l’audit. Et elle se base sur des projections, pas sur les résultats obtenus. Ce mode de calcul ne reflète pas la réalité. »

Races de bétail en voie d’extinction

Selon leur rapport, la grande majorité des aides directes – plus de 40 milliards d’euros en 2019, soit plus de 70 % de l’ensemble des dépenses agricoles de l’UE – n’a pas d’impact sur la biodiversité des terres agricoles. Ces aides sont associées à des exigences en termes de respect des réglementations environnementales et de « verdissement » – maintien des prairies permanentes, diversification des cultures et préservation des surfaces d’intérêts écologiques. Mais « les effets de ces exigences sont limités, voire inconnus », affirme la Cour.

Sur les cinq Etats membres dans lesquels se sont rendus les auteurs de l’audit, seule l’Allemagne a été en mesure de démontrer l’existence d’un impact concret : les interdictions de fauchage y ont été bénéfiques pour les oiseaux nicheurs.

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Les programmes de développement rural ont plus de chance que les paiements directs de contribuer à l’amélioration de la biodiversité mais, là encore, les indicateurs fiables permettant d’en mesurer les résultats font défaut.

La Cour des comptes déplore aussi que l’UE ne dispose toujours pas de stratégie en matière de conservation de la diversité génétique et dénonce une « uniformité croissante des systèmes de production alimentaire ». Près de la moitié des races de bétail européennes, par exemple, sont menacées ou en danger critique d’extinction. « Un appauvrissement des ressources génétiques est synonyme de diminution de la résilience naturelle à l’égard des organismes nuisibles, des maladies et des modifications radicales de l’environnement », écrivent les auteurs du rapport.

Leurs conclusions et recommandations influeront-elles sur la future PAC, en cours d’élaboration pour la période 2021-2027, et sur la mise en œuvre de la stratégie « Biodiversité 2030 » ? « Ces deux textes doivent permettre à la PAC d’être plus réactive face à des défis tels que la perte de biodiversité ou le changement climatique tout en continuant à aider les agriculteurs européens », insiste Viorel Stefan.

Perrine Mouterde

**Agriculture : « La PAC doit accompagner à la fois la transition économique et la transition environnementale »

TRIBUNE

Luc Vernet – Analyste

La politique agricole commune doit être porteuse d’un rapprochement entre les Européens et leurs agriculteurs, plaide Luc Vernet, expert du groupe de réflexion Farm Europe, dans une tribune au « Monde ».

Publié le 22 février 2019 à 14h15    Temps de Lecture 3 min. 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/02/22/agriculture-la-pac-doit-accompagner-a-la-fois-la-transition-economique-et-la-transition-environnementale_5426924_3232.html

Manifestation d’agriculteurs à Bruxelles, en décembre 2018.
Manifestation d’agriculteurs à Bruxelles, en décembre 2018. ARIS OIKONOMOU / AFP

Tribune. Nous ne ferons pas de l’agriculture au XXIe siècle comme nous l’avons fait aux siècles précédents. La connaissance des écosystèmes et de leurs interactions, les progrès de la génétique associés à des outils, notamment numériques, à même de diffuser à grande échelle une agronomie de précision, révolutionnent peu à peu l’ensemble des filières. Ils sont prometteurs pour l’environnement, comme pour le revenu agricole.

Pour autant, rien n’est écrit de ce que sera l’agriculture de demain. Allons-nous sauver le modèle d’une agriculture majoritairement familiale d’exploitations de taille humaine, où l’agriculteur occupe une place centrale ? C’est à ce modèle que nous devons une alimentation d’une diversité et d’une qualité remarquables, où chaque consommateur peut construire un régime répondant à ses capacités budgétaires, à ses choix diététiques ou idéologiques. Chaque agriculteur peut y développer ses spécificités – avec à la clé une multitude de filières.Lire aussi  La réforme de la politique agricole commune attendra

Ou bien, à l’inverse, va-t-on vers une fragmentation des métiers, la propriété du sol étant l’apanage de sociétés de placements, les opérations dans les champs l’exclusivité de spécialistes de l’achat de machines et la commercialisation celle de traders, les agriculteurs étant cantonnés à la coordination et aux choix de production ? L’alimentation resterait sûre, sans doute. Elle serait moins diversifiée, concentrée dans quelques zones, moins ancrée dans nos territoires, au-delà de quelques niches haut de gamme qui, elles, naturellement, survivraient.

Dynamiques complexes

La réponse à ce choix de société tient en trois mots : la politique agricole commune (PAC). Depuis 1992, son budget n’a cessé de se rétrécir, alors que le nombre de bénéficiaires a été multiplié par deux, du fait des élargissements successifs de l’Union européenne. La PAC – notre alimentation et nos agriculteurs – mérite mieux. Et le choix de l’actuel Parlement de résister à la pression de la Commission, qui souhaite boucler au pas de charge une refonte administrative de la PAC, est une excellente nouvelle. Saisissons ce temps de réflexion pour lui donner un nouveau souffle.

L’agriculture est un secteur aux dynamiques complexes. Economie et écologie y sont les deux facettes d’une même pièce. Pour faire entrer notre agriculture dans le XXIe siècle, la PAC doit accompagner à la fois la transition économique et la transition environnementale. Dans les champs, opposer « mesures vertes » et « mesures économiques » n’a guère de sens.

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De plus, ceci doit se faire à travers une politique structurée à l’échelle européenne, pour éviter les écueils d’une politique excessivement décentralisée qui tomberait dans le clientélisme, le saupoudrage et les distorsions de concurrence. Malgré une commercialisation en circuits courts, l’économie des produits agricoles doit être envisagée, a minima, à l’échelle du marché européen. La transition ne peut se faire que collectivement, faute de quoi, elle sera vite rattrapée par la réalité des marchés. Même si un certain nombre de flexibilités est nécessaire pour adapter localement les leviers d’action en s’appuyant sur les Etats et les régions, des garanties que l’effort environnemental sera partagé doivent être fortement sécurisées.

Plan européen

Un socle d’aide aux revenus est nécessaire, qui doit être bien réparti et prendre en compte les difficultés grandissantes des zones intermédiaires. Ce premier filet de sécurité doit être accompagné d’outils de mutualisation des risques à adapter à chaque filière, pour faire face aux aléas climatiques et économiques de plus en plus fréquents. Ils doivent donner des assurances aux agriculteurs que les risques seront gérés rapidement, avec des mécanismes de déclenchement prévisibles. Mais ces outils ne résisteront aux soubresauts les plus graves qu’à la condition d’être accompagnés d’une force de frappe européenne – une partie du budget doit être sanctuarisée pour faire face aux crises graves – seul gage du retour des investissements dans le secteur.

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En parallèle, un nouvel outil d’accompagnement de la transition des exploitations doit être mis en place, afin d’encourager le déploiement de systèmes performants économiquement et environnementalement. Tout changement de pratiques agricoles comporte des risques, qui doivent être accompagnés. Au même titre que les aides existantes à la conversion bio, des mesures doivent soutenir d’autres systèmes tels que l’agriculture de conservation des sols ou l’agriculture numérique. Les gains économiques et écologiques à la clé sont considérables et à notre portée d’ici à dix ans. Les investissements pour franchir les marches de ces modes d’exploitation, qui restent souvent inaccessibles, doivent être financés par un grand plan européen.

Ces outils doivent permettent de consolider des filières puissantes et bien organisées, mettant à la disposition de chaque agriculteur les dispositifs d’accompagnement pour positionner au mieux son exploitation en fonction de ses marchés locaux, nationaux, européens ou mondiaux. Avec cet équilibre entre protection et transition des systèmes agronomiques, sans œillères idéologiques, la PAC sera porteuse à la fois d’un renouveau de notre modèle agricole et d’un rapprochement entre les Européens et leurs agriculteurs.

Luc Vernet est secrétaire général du groupe de réflexion Farm Europe (Bruxelles)Du champ à l’assiette, une révolution nécessaire

« La construction d’une filière alternative, du champ à l’assiette, est en train de s’ébaucher », par Sophie Michel, enseignante-chercheuse au laboratoire Humanis de l’EM Strasbourg Business School

« Comprendre pourquoi l’usage de produits chimiques ne baisse pas », par Cécile Aubert, professeure à l’Ecole d’économie de Toulouse, et Eric Giraud-Héraud, directeur de recherche INRA

« La PAC doit accompagner à la fois la transition économique et la transition environnementale », par Luc Vernet, expert du groupe de réflexion Farm Europe (Bruxelles).

« Nous devons sortir de la guerre entre défenseurs de l’environnement et promoteurs de l’agriculture productiviste », par Pascal Canfin, directeur général du Fonds mondial (WWF France)

« La permaculture tire le meilleur parti possible des interactions naturelles entre les êtres vivants », par Ricardo Azambuja (Rennes School of Business et Fundação Dom Cabral, Brésil), Anahid Roux-Rosier (Institut de Recherches Philosophiques de Lyon, université Jean-Moulin-Lyon-III) et Gazi Islam (Grenoble Ecole de management)

« Les modèles agro-écologiques ont fait leurs preuves », par un collectif regroupant 35 organisations de défense des paysans et de protection de l’environnement

Luc Vernet(Analyste)

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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