Un déconfinement « à petit feu » décidé par Macron tandis que le variant indien est déjà sur notre pays (sa dangerosité n’est pas confirmée)

Covid-19 : le déconfinement en quatre étapes sous conditions d’Emmanuel Macron

Le président de la République a annoncé, jeudi, un calendrier de levée des restrictions s’étalant du 3 mai au 30 juin. Après cette période, il entend ouvrir une « grande concertation » destinée à « tourner la page de ce moment de la vie de la nation ». 

Par Olivier Faye

Publié hier à 19h46, mis à jour à 09h52  https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/04/29/le-deconfinement-sous-conditions-d-emmanuel-macron_6078549_823448.html?xtor&&M_BT=53496897516380#x3D;EPR-32280629-%5Ba-la-une%5D-20210430-%5Bzone_edito_1_titre_1%5D

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Il faut toujours regarder les astérisques au bas des contrats. En annonçant son calendrier de déconfinement dans un entretien accordé à l’ensemble de la presse régionale, jeudi 29 avril, Emmanuel Macron a pris soin de placer sous condition la réouverture progressive de la France.

Certes, les paliers successifs de décompression décrits par le chef de l’Etat – le 3 mai, le 19 mai, le 9 juin et le 30 juin – concernent en théorie l’ensemble du pays. Mais l’expérience de plus d’un an de crise du Covid-19 a conduit l’exécutif à faire l’apprentissage de la prudence. Une attitude renforcée par les conditions dans lesquelles débute ce troisième déconfinement, avec encore près de 26 000 nouveaux cas par jour et 5 804 patients hospitalisés dans les services de réanimation.

Lire aussi  Un déconfinement en quatre étapes, du 3 mai au 30 juin, sous réserve de l’évolution de la situation sanitaire dans chaque département

« Est-ce que je peux vous dire, les yeux dans les yeux, qu’on ne sera plus jamais débordés par ce virus ? C’est impossible, convient Emmanuel Macron, tout en assumant le fait de redonner de la liberté au pays. Dans l’humain, il n’y a pas que la gestion sanitaire, mais aussi tout ce qui fait la vie des femmes et des hommes. La vie de la nation ne se réduit pas à l’évolution des courbes. » Plusieurs garde-fous sont néanmoins placés sur la route de l’été, que le locataire de l’Elysée espère dégagée, afin de pouvoir, ensuite, se projeter vers la campagne présidentielle de 2022.

Astérisque présidentiel

La première salve de changements survient donc le 3 mai, avec la levée des restrictions de circulation, que ce soit autour de chez soi ou entre les régions. Collèges et lycées pourront accueillir comme prévu la moitié de leurs élèves simultanément.

Mais il faudra attendre mercredi 19 mai pour opérer le virage le plus marquant. A cette date, le couvre-feu sera décalé à 21 heures. Les terrasses des cafés et des restaurants pourront rouvrir, avec six personnes par table au maximum. Il en ira de même pour les commerces, les établissements culturels – musées, cinémas, théâtres, salles de spectacle avec public assis, monuments – ou les établissements sportifs. Ces lieux devront néanmoins se soumettre à des jauges et protocoles spécifiques.

« Les mesures seront nationales, mais nous pourrons actionner des freins d’urgence sanitaires dans les territoires où le virus circulerait trop », prévient Emmanuel Macron

Surtout – c’est là où se niche l’astérisque présidentiel –, ces réouvertures seront conditionnées à la situation sanitaire de chaque département. « J’ai bon espoir que la France entière pourra passer à l’étape du 19 mai. Les mesures seront nationales, mais nous pourrons actionner des freins d’urgence sanitaires dans les territoires où le virus circulerait trop », prévient Emmanuel Macron. Une liberté est donc laissée au gouvernement pour éventuellement « bloquer les réouvertures ».

Lire aussi  Covid-19 : réouverture des bars et restaurants en trois temps à partir du 19 mai

Les critères retenus sont relativement flous : le chef de l’Etat évoque un taux d’incidence départemental dépassant 400 cas pour 100 000 habitants ou « une augmentation très brutale de ce taux et une menace de saturation des services de réanimation »« Ce n’est pas binaire, il y a plusieurs paramètres, comme la durée de ce taux d’incidence, etc. », explique-t-on dans l’entourage de M. Macron. A l’heure actuelle, huit départements – dont Paris, la Seine-et-Marne et les Bouches-du-Rhône – dépassent ce seuil de 400 cas.

Le recours au passe sanitaire, une innovation

La troisième étape du déconfinement a été fixée au 9 juin. Le couvre-feu doit alors être décalé à 23 heures. Les salles des cafés et des restaurants pourront rouvrir – en se conformant à des jauges –, tout comme les salles de sport. Une innovation majeure est alors censée entrer en application avec le recours au passe sanitaire. « Ce passe, qui sera papier ou numérique, par l’application TousAntiCovid, permettra de montrer qu’on est vacciné ou testé négatif dans les deux jours qui précèdent », a insisté Emmanuel Macron.Lire aussi  Passe sanitaire : Emmanuel Macron veut ce système pour « les stades, les festivals, les foires et les expositions »

Sa présentation sera obligatoire pour pénétrer dans des lieux « où se brassent les foules, comme les stades, festivals, foires ou expositions », a précisé le chef de l’Etat, qui ne veut pas entendre parler de ce document, en revanche, pour les « lieux de la vie de tous les jours ». Les touristes étrangers devront eux aussi présenter ce passe afin de pouvoir entrer en France à compter du 9 juin. Selon un cadre du quai d’Orsay, seuls les Européens seraient concernés à cette date. Et encore, « le champ du passe doit être précisé car le 9 juin le dispositif européen ne sera pas complètement en place », ajoute-t-on de même source.

La dernière étape du déconfinement, enfin, est censée commencer le 30 juin. « Fin du couvre-feu », promet M. Macron, après plus de huit mois de restrictions. Les jauges dans les établissements recevant du public seront abolies, même si le gouvernement compte sur le maintien des gestes barrières. La participation à tout événement rassemblant plus de 1 000 personnes, en intérieur ou en extérieur, sera de nouveau autorisée sur présentation du passe sanitaire. De quoi retrouver un air de vie d’avant.

L’exécutif mise sur la vaccination

Pour accomplir ce pari – même si Emmanuel Macron récuse le terme –, l’exécutif mise sur la vaccination. « La grande différence avec le mois d’octobre, c’est qu’aujourd’hui, nous avons un vaccin qui donne une perspective de sortie durable de la crise », estime le président de la République. Ce dernier a annoncé que la campagne de vaccination serait ouverte à partir du 1er mai à l’ensemble des personnes majeures souffrant d’obésité, ce qui représente un total de 2,3 millions de personnes. « Nous avons des doses en stock », assure M. Macron.

L’heure est venue, aux yeux du président de la République, d’insuffler un vent d’optimisme

Pas question, pour autant, d’offrir dès maintenant la possibilité à toute la population française de se faire vacciner. Et ce, malgré les images de vaccinodromes en partie vides. « On peut optimiser le fonctionnement de nos 1 700 centres de vaccination. On va continuer à prioriser par âge, parce que c’est le plus efficace. La vaccination des plus vulnérables fait baisser la pression sur les services hospitaliers », affirme le chef de l’Etat.

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Selon un participant du dernier conseil de défense sanitaire, seulement 30 centres de vaccination auraient « plus de cent rendez-vous disponibles à court terme ». La même source assure que la perspective d’une ouverture de la vaccination en population générale continue de se situer autour de la mi-juin, contre le 1er juin en Allemagne.

« Grande concertation »

Sur le plan économique, enfin, les dispositifs d’aides seront prolongés en mai avant de commencer à s’éteindre peu à peu « à partir du 1er juin », a annoncé M. Macron. « L’accompagnement se fera au prorata de la reprise d’activité. On aura une réponse adaptée par secteur. Ce sera du cousu main », assure-t-il.

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Cette période doit représenter pour M. Macron l’occasion de commencer à se projeter sur la prochaine élection présidentielle à travers une « grande concertation » destinée à « tourner la page de ce moment de la vie de la nation »« Dès le début du mois de juin, grâce au retour à une vie aussi normale que possible, je veux reprendre mon bâton de pèlerin et aller dans les territoires pour prendre le pouls du pays », annonce le chef de l’Etat, qui entend, « en lien avec les maires et forces vives de la nation, inventer un deuxième temps de la relance » économique du pays. Celle-ci ne passera pas par une taxation des plus riches – « tant que je serai là, il n’y aura pas de hausses d’impôts en sortie de crise » – ni par une augmentation du volume du plan de relance.

L’heure est néanmoins venue, aux yeux du président de la République, d’insuffler un vent d’optimisme. « Nous avons une nouvelle décennie française à bâtir, qui sera la décennie de notre jeunesse », veut croire M. Macron. Une promesse à laquelle l’épidémie de Covid-19 risque encore d’imposer quelques astérisques en bas du contrat.

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Olivier Faye

Covid-19 dans le monde : l’Europe lève progressivement les restrictions, malgré la menace du variant indien

« Une personne sur deux soumises à des tests à Calcutta et sa banlieue est positive, a fait savoir l’administrateur en chef de la ville. Les corps s’entassent également dans les crématoriums ». 

Le Monde avec AFPPublié hier à 19h44, mis à jour à 06h46  https://www.lemonde.fr/international/article/2021/04/29/coronavirus-dans-le-monde-l-europe-leve-progressivement-les-restrictions-malgre-le-spectre-du-variant-indien_6078548_3210.html?xtor&&M_BT=53496897516380#x3D;EPR-32280629-%5Ba-la-une%5D-20210430-%5Bzone_edito_2_titre_4%5D

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Des proches descendent le corps d’une personne morte des suites du Covid  dans une tombe, à New Delhi, en Inde, le 29 avril 2021.
Des proches descendent le corps d’une personne morte des suites du Covid  dans une tombe, à New Delhi, en Inde, le 29 avril 2021. ADNAN ABIDI / REUTERS

La pandémie de Covid-19 s’est aggravée, jeudi 29 avril, en Inde, avec un nouveau record quotidien de décès, tandis que, en Europe, certains pays annoncent une levée progressive des restrictions anti-Covid, malgré une situation sanitaire très fragile.

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  • Inquiétudes autour du cas indien

Le pays de 1,3 milliard d’habitants bat des records mondiaux de contaminations, avec près de 380 000 nouveaux cas au cours des dernières vingt-quatre heures. Rien qu’en avril l’Inde a dénombré plus de six millions de nouveaux cas. Le pays est également devenu le quatrième pays le plus frappé par le nombre de morts (derrière les Etats-Unis, le Brésil et le Mexique), déplorant plus de 204 000 décès dus au coronavirus, dont 3 645 sur les dernières vingt-quatre heures.

Les hôpitaux submergés manquent de lits, de médicaments et d’oxygène, et l’aide internationale annoncée a commencé à arriver. Jeudi, un premier avion militaire américain chargé d’une partie de l’aide d’urgence de plus de 100 millions de dollars annoncée par Washington devait atterrir à New Delhi. « Une personne sur deux soumises à des tests RT-PCR à Calcutta et sa banlieue est positive », a fait savoir Firhad Hakim, administrateur en chef de la ville. Les hôpitaux sont à court de lits. Les corps s’entassent également dans les crématoriums. »Lire aussi  En images : l’Inde dans l’enfer du Covid-19

  • Réouvertures progressives en Europe, malgré l’arrivée du variant indien

En Europe, une majorité de pays relâchent progressivement leurs restrictions.

Les Pays-Bas ont rouvert leurs terrasses mercredi et supprimé le couvre-feu.

En Italie, le sous-secrétaire d’Etat à la santé italien, Andrea Costa, a pour sa part annoncé jeudi soir que la finale de la coupe entre l’Atalanta et la Juventus, prévue le mois prochain à Reggio d’Emilie, pourrait se disputer devant des spectateurs, mais avec une jauge limitée à 20 % du stade. Le sous-secrétaire d’Etat à la santé s’est aussi dit favorable à la présence de fans, en nombre limité, lors de la finale de tennis du Masters 1000 de Rome, le 16 mai.

L’Allemagne a annoncé qu’elle retirerait, pour sa part, le département français de la Moselle des zones à haut risque à partir de dimanche, assouplissant, de fait, les contrôles frontaliers, a annoncé, jeudi, la région de Rhénanie-Palatinat.

Le Portugal rouvrira samedi 1er mai sa frontière terrestre avec l’Espagne et entrera le même jour, quarante-huit heures plus tôt que prévu, dans la quatrième et dernière phase de son plan de déconfinement commencé à la mi-mars, a annoncé jeudi soir le premier ministre, Antonio Costa. Avec les mesures sanitaires actuellement en vigueur, seuls les citoyens et les résidents permanents sont autorisés à revenir au Portugal, en plus des flux de marchandises.

La présence du variant indien inquiète cependant en Europe, alors que les autorités sanitaires allemandes ont précisé, jeudi, en avoir identifié plusieurs cas. En Italie, 10 % des passagers et membres d’équipage d’un avion arrivé à Rome, mercredi soir, en provenance d’Inde ont été diagnostiqués positifs au Covid-19, ont annoncé les autorités locales, sans pouvoir préciser s’il s’agit du variant indien. Jeudi, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a mis en garde l’Europe quant à l’assouplissement des restrictions, rappelant que « la situation en Inde peut se produire n’importe où ».Lire aussi  En Autriche, les tests du Covid-19 partent en sucettes pour les enfants

  • L’Allemagne dépasse le million d’injections en une journée

L’Allemagne, elle, a administré, mercredi, 1,1 million de doses de vaccins contre le Covid-19, un record national, devenant le premier pays européen à dépasser le million d’injections en vingt-quatre heures. Le plus grand pays de l’UE a aussi, pour la première fois, vacciné plus de 1 % de sa population en vingt-quatre heures, a annoncé le ministre de la santé, Jens Spahn. Dans le monde, seuls la Chine, les Etats-Unis et l’Inde, qui sont nettement plus peuplés, ont déjà fait mieux en vingt-quatre heures. Le précédent record européen avait été établi par le Royaume-Uni, le 20 mars, à quelque 874 000 doses en une journée. La France a, pour sa part, culminé à 513 000 le 9 avril. En Allemagne, 26 % de la population a reçu au moins une dose et 7,5 % sont complètement vaccinés, contre respectivement 22 % et 9 % en France.Article réservé à nos abonnés Lire aussi  Covid-19 : l’Allemagne promet la vaccination pour tous « en juin au plus tard »

  • Québec et Ontario vont ouvrir la vaccination aux plus de 18 ans

Les provinces de l’Ontario et du Québec, les plus peuplées du Canada et les plus touchées par la pandémie, vont ouvrir la vaccination générale aux plus de 18 ans en mai, ont annoncé jeudi leurs gouvernements respectifs. L’âge de la vaccination générale, réservée jusqu’à maintenant aux plus de 60 ans, sera progressivement abaissé dans ces deux provinces au cours des prochains jours et semaines.

Dernière tranche d’âge à se faire vacciner, les adultes de plus de 18 ans pourront prendre rendez-vous pour une première dose de vaccin le 14 mai au Québec, et le 24 mai en Ontario. Au Québec, la tranche d’âge sera abaissée de cinq ans tous les deux jours à partir de vendredi, a dit le ministre québécois de la santé, Christian Dubé, lors d’une conférence de presse.

  • Le Brésil a dépassé les 400 000 morts du Covid-19

Le Brésil a dépassé jeudi le seuil des 400 000 morts du Covid-19, selon les chiffres du ministère de la santé qui font état de 401 186 morts dans le deuxième pays le plus endeuillé derrière les Etats-Unis. Le Brésil a enregistré 3 001 décès supplémentaires du coronavirus au cours des dernières 24 heures et près de 70 000 nouveaux cas de contamination, des niveaux très élevés en cette fin du mois d’avril qui, avec celui de mars, aura été le plus meurtrier en 14 mois de pandémie dans ce pays de 212 millions d’habitants.

  • Moscou enregistre une forte hausse des cas

La capitale russe, principal foyer de l’épidémie de Covid-19 en Russie, a enregistré, jeudi, une hausse des nouveaux cas de contamination de 75 % par rapport au jour précédent, ont déclaré les autorités sanitaires. Jeudi, 3 215 nouveaux cas de coronavirus ont, en effet, été recensés dans la capitale russe, contre 1 840 la veille. Cette flambée survient alors que le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, s’est inquiété la semaine dernière d’une dégradation de la situation épidémiologique, sans toutefois imposer de restrictions supplémentaires. Face à l’amélioration de la situation en début d’année, la capitale avait levé la quasi-totalité des quelques restrictions existantes.

La Russie mise sur son principal vaccin, Spoutnik V, pour vaincre l’épidémie, même si la campagne d’immunisation est plombée par la défiance d’une partie de la population. Pour encourager les personnes de plus de 65 ans, considérées comme les plus vulnérables, à se faire vacciner, le maire de Moscou a annoncé leur offrir une carte-cadeau de 1 000 roubles (11 euros) qu’elles peuvent utiliser dans différents magasins de la capitale si elles reçoivent une injection.

Les chiffres de la mortalité, eux, divergent fortement selon les sources : le gouvernement reconnaissait, jeudi, près de 110 000 décès, quand l’agence des statistiques Rosstat en recensait au moins 224 000 à la fin de février, ce qui place le pays parmi les plus meurtris au monde

s Lire aussi  Alexeï Rakcha, le démographe qui conteste les chiffres de mortalité du Covid-19 en Russie

  • New York s’apprête à rouvrir complètement le 1er juillet

Aux Etats-Unis, après des mois d’extrême prudence face à une deuxième vague de Covid-19, la ville de New York prévoit de « rouvrir complètement » au 1er juillet, a déclaré jeudi son maire, Bill de Blasio. « Nous sommes prêts pour une réouverture des magasins, des entreprises, des bureaux, des théâtres », a-t-il précisé sur la chaîne MSNBC. Le maire n’a pas précisé ce que cette réouverture impliquait en termes de levée des restrictions. Il a souligné qu’il y avait encore « du travail à faire » pour tenir cet objectif.

« La clé est de faire vacciner tout le monde », a-t-il souligné. Quelque 6,4 millions de doses de vaccin ont déjà été injectées à New York, frappée de plein fouet par la première vague de l’épidémie au printemps 2020, avec quelque 32 000 morts du Covid-19. Environ 2,4 millions de New-Yorkais – sur 8,5 millions – sont désormais complètement vaccinés, selon les chiffres de la ville.

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Covid-19 : trois cas de variant indien détectés en France, dans le Lot-et-Garonne et les Bouches-du-Rhône

Cette mutation du coronavirus a été détectée sur des patients qui revenaient d’Inde, a annoncé le ministère de la santé. 

Le Monde avec AFPPublié hier à 20h56, mis à jour à 00h35  

Temps de Lecture 2 min. 

https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/04/29/covid-19-un-premier-cas-de-variant-indien-detecte-en-france-dans-le-lot-et-garonne_6078563_3244.html?xtor&&M_BT=53496897516380#x3D;EPR-32280629-%5Ba-la-une%5D-20210430-%5Bzone_edito_2_titre_3%5D

Trois cas de variant indien du Covid-19 ont été détectés en France métropolitaine, a annoncé, jeudi 29 avril, le ministère de la santé dans un communiqué. Un premier cas, dans le Lot-et-Garonne, avait déjà été annoncé en fin d’après-midi par l’agence régionale de santé (ARS) de Nouvelle-Aquitaine, tandis que selon le ministère, « deux autres cas ont été détectés dans les Bouches-du-Rhône ».

Le ministre de la santé, Olivier Véran, avait déclaré mardi qu’« aucun cas de variant d’origine indienne » n’avait été détecté « en France métropolitaine », seuls deux cas en Guadeloupe ayant jusqu’ici été confirmés.

Ce variant B.1.617, détecté pour la première fois en Inde, soupçonné d’être plus contagieux que les souches précédentes du coronavirus, est jugé en partie responsable d’une deuxième vague épidémique dévastatrice en Inde.

« On a identifié que c’était le variant indien » à propos du cas en Lot-et-Garonne d’« un patient revenu d’Inde », a annoncé Benoît Elleboode, directeur général de l’ARS de Nouvelle-Aquitaine, à BFM-TV et CNews.

« Le séquençage a été fait à Toulouse sur un patient qui était revenu d’Inde et qui refaisait un test parce qu’il devait repartir à l’étranger. On a identifié que c’était le variant indien et donc tout le dispositif de “retrotracing” [traçage des cas contacts], d’isolement et de protection de toutes les personnes a été mis en place vis-à-vis de ce variant indien. »Lire aussi  En images : l’Inde dans l’enfer du Covid-19

« Il s’agit d’une femme résidant dans le département »« symptomatique », qui « a été testée positive le 9 avril, et s’est isolée avec sa famille à son domicile », précise le communiqué du ministère de la santé. « Seul l’un des contacts à risque identifié est devenu positif pendant son isolement », précise-t-il.

Plusieurs autres suspicions

Les deux cas dans les Bouches-du-Rhône concernent « deux personnes arrivant d’Inde, sans lien l’une avec l’autre »« mises en quarantaine immédiatement après leur arrivée » et « testés positives au tout début de leur quarantaine respectivement le 19 et le 27 avril ».

« A ce jour, plusieurs autres suspicions d’infection par le variant B.1.617 ont été signalées en France chez des personnes ayant séjourné en Inde. Des investigations renforcées par les ARS et le séquençage des prélèvements (…) sont en cours », ajoute le ministère.

Sur CNews, M. Elleboode a indiqué qu’un cas à Bordeaux était suspecté. « Le virus est en train d’être séquencé au CHU de Bordeaux et on aura la réponse normalement demain » vendredi, a-t-il ajouté.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait annoncé mardi que cette mutation du virus avait été identifiée dans 17 pays, dont plusieurs en Europe.

En France, la souche responsable de l’écrasante majorité des contaminations est le variant d’origine britannique (82,7 %), tandis que les variants dits sud-africain et brésilien représentent 5 % des cas, selon les derniers résultats de criblage publiés jeudi par Santé publique France dans son point épidémiologique hebdomadaire.

Lire aussi  Un déconfinement en quatre étapes, du 3 mai au 30 juin, sous réserve de l’évolution de la situation sanitaire dans chaque département

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Le Monde avec AFP

Covid-19 : le rôle du variant B.1.617 dans la catastrophe sanitaire en Inde reste incertain

Généticiens et épidémiologistes soulignent que ce variant reste minoritaire dans le pays par rapport au variant anglais et ne provoque pas de symptômes spécifiques. 

Par Guillaume Delacroix(Bombay, correspondance)Publié aujourd’hui à 09h54, mis à jour à 11h08  

Temps de Lecture 2 min. 

https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/04/30/covid-19-le-role-du-variant-b-1-617-dans-la-catastrophe-sanitaire-en-inde-reste-incertain_6078610_3244.html

Un patient atteint de Covid reçoit des soins à l’hôpital de la Sainte-Famille, à Delhi, le 19 avril.
Un patient atteint de Covid reçoit des soins à l’hôpital de la Sainte-Famille, à Delhi, le 19 avril. DANISH SIDDIQUI / REUTERS

Même si le gouvernement Modi en fait un bouc émissaire pour masquer son incapacité à anticiper la deuxième vague du Covid-19, le rôle joué par le variant B.1.617 dans la catastrophe sanitaire actuelle en Inde n’est pas démontré. « Les données disponibles sont encore très limitées, son potentiel de transmission est impossible à estimer, mais il est tout à fait clair que le B.1.617 se propage plus rapidement que les autres variants préexistants », affirme ainsi l’un des généticiens travaillant pour l’Etat, Partha Majumder, membre de la chaire scientifique nationale.

 Lire aussi  En Inde, le Covid-19 marque le pas à Bombay mais flambe partout ailleurs

Un point de vue contesté par de nombreux épidémiologistes : si le variant indien était plus contagieux que les autres, affirment-ils, la deuxième vague de Covid-19 aurait décollé dès le mois de novembre, puisque la première identification de ce variant remonte au 5 octobre 2020, dans la ville de Nagpur.

Le généticien Rakesh Mishra, directeur du Centre de biologie moléculaire et cellulaire d’Hyderabad, est sûr de lui. « La deuxième vague n’est pas liée à l’apparition du B.1.617. Celui-ci est peut-être plus contagieux que d’autres variants, mais il l’est assurément moins que le variant anglais », explique-t-il.

Lire aussi  En images : l’Inde dans l’enfer du Covid-19

Si la prévalence du B.1.617 est estimée à 60 % dans certains districts de l’Etat du Maharashtra, elle est « minoritaire partout ailleurs en Inde ». A Delhi, la capitale, elle est « de 40 % , contre 50 % pour le variant anglais ». Dans les Etats du Sud, tels que le Kerala ou le Telangana, « elle n’est toujours que de 10 % ». Au Pendjab, c’est encore le variant anglais qui domine très largement, « avec une prévalence de 90 % ».

Non résistant aux vaccins

En revanche, la létalité du variant indien est la grande inconnue. « En ce moment, en Inde, les gens ne meurent pas du Covid, mais du manque d’oxygène dans les hôpitaux », fait remarquer le docteur Mishra, qui ne voit « rien de particulier »dans les symptômes causés par le B.1.617 : « Ils sont très similaires à ceux provoqués par les autres variants, ainsi qu’à ceux observés durant la première vague, en 2020. »

Lire aussi  « La crise du Covid-19 reflète les contrastes et les contradictions de l’Inde »

Par ailleurs, ce variant ne résiste pas aux vaccins administrés en Inde. Le 23 avril, le laboratoire du docteur Mishra, qui fait partie des dix établissements de séquençage du génome, chargés par le gouvernement de surveiller l’évolution des variants du SARS-CoV-2, a annoncé que le vaccin AstraZeneca protégeait efficacement, d’après des résultats « préliminaires ».

Le variant n’a pas résisté, non plus, lorsqu’il a été mis en contact avec des anticorps prélevés sur des patients ayant déjà contracté le Covid-19. Des résultats équivalents ont été trouvés avec le vaccin Covaxin de la société Bharat Biotech.

Guillaume Delacroix(Bombay, correspondance)

Voir aussi:

https://jeansantepolitiqueenvironnement.wordpress.com/2021/04/27/les-scientifiques-et-le-pr-salomon-contredisent-le-premier-ministre-a-propos-des-variants-qui-progressent-en-france/

https://jeansantepolitiqueenvironnement.wordpress.com/2021/04/27/message-urgent-de-la-direction-generale-de-la-sante-pour-lutter-contre-la-variant-indien-en-raison-dun-risque-dechappement-immunitaire-post-infection-et-post-vaccinale/

https://jeansantepolitiqueenvironnement.wordpress.com/2021/04/26/le-faible-sequencage-en-france-ne-permet-pas-dapprecier-correctement-levolution-des-variants-bresilien-et-sud-africain-augmentation-en-ile-de-france/

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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