Des étudiants formés à la détection du mal-être, à la place des psy !

Covid-19 : à Metz, des étudiants formés à détecter les signes de mal-être chez leurs camarades

De nombreux étudiants vivent mal les cours à distance et l’isolement en cité universitaire. Quatre universités françaises proposent une formation aux premiers secours en santé mentale.Article rédigé par  France Info

Alexis MorelRadio FrancePublié le 24/04/2021 19:36Mis à jour le 25/04/2021 06:32 Temps de lecture :  2 min.

A l'Université de Lorraine, une formation en "premiers soins de santé mentale" (ALEXIS MOREL / FRANCE-INFO)
A l’Université de Lorraine, une formation en « premiers soins de santé mentale » (ALEXIS MOREL / FRANCE-INFO)

Peu de monde ce matin-là sur le campus de l’Université de Lorraine, à Metz. De nombreux cours se font à distance. Mais pas tous : au centre de santé universitaire, une petite dizaine d’étudiants suivent une formation aux premiers soins en santé mentale. Elle n’existe que depuis 2019 en France et est proposée dans quatre universités françaises. Des outils importants dans un contexte de détresse croissante des étudiants, lié à l’épidémie de Covid-19.

Il s’agit d’une formation sur le modèle des gestes de premiers secours classiques. Les étudiants apprennent à repérer les premiers signes de mal-être, de dépression, les troubles anxieux chez leurs camarades, mais aussi à gérer les crises. « Pour dire qu’il y a une dépression, il y au moins deux symptômes, dont l’humeur triste persistante », indique la formatrice.

Les trois quarts des troubles psychiques apparaissent avant 25 ans

Nina, une participante venue par le bouche-à-oreille, explique que dans sa promotion, « on sait tous que chacun a un peu ses problèmes ». L’étudiante explique : « Entre nous, quand on en parle, on se dit ‘tu n’as pas l’impression que cette personne-là ne va pas bien ?’. On se dit ça, mais cinq minutes après, on change de sujetOn ne va pas vraiment aller voir la personne. Et si ça se trouve, elle est dans une détresse totale. » Nina juge que la formation « permet vraiment d’aller vers les gens. »

L’enjeu est primordial à cet âge-là, selon Viviane Millot, médecin et formatrice, qui rappelle que « les troubles psychiques apparaissent à 75% avant 25 ans ». « Plus une prise en charge est rapide, plus le rétablissement sera rapide et meilleur, explique-t-elle. C’est donc déjà important que des étudiants puissent savoir approcher la personne, l’évaluer, pouvoir la conseiller jusqu’à ce qu’elle ait une aide adaptée. » 

« On n’a plus aucun sens dans notre vie d’étudiant »

À Metz, cette formation existait avant la pandémie de Covid-19, mais elle prend encore plus d’importance avec la crise sanitaire. Margaux en témoigne : « On n’a plus aucun sens dans notre vie d’étudiant et toutes les choses qu’on avait avant ne sont plus là. Donc la santé mentale en pâtit. Il y a par exemple des personnes qui avaient réussi à soigner leur dépression, mais la crise les a tellement pris de court qu’ils se sont retrouvés à redévelopper des symptômes. »

« C’est la catastrophe. J’ai un ami qui traversait des moments vraiment difficiles lors du premier confinement et qui m’a envoyé un SMS pour me dire qu’il avait envie de se suicider. Je me suis senti incapable, je ne pouvais rien faire parce que je n’avais pas les aptitudes. »Dexter, étudiant qui suit la formation 

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Dexter, qui vit en cité universitaire, suit cette formation pour lui-même et « pour apporter de l’aide » autour de lui. « Parce qu’aujourd’hui les étudiants en ont besoin. » À l’issue de cette formation, ces étudiants deviennent en quelque sorte des « vigies », des relais santé mentale sur le campus.

A Metz, des étudiants formés à détecter les signes de mal-être chez leurs camarades:

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Commentaire de la Docteure Nathalie Ferrand:

« Franceinfo 22h42 : Dans un contexte de détresse croissante des jeunes, quatre universités françaises proposent une formation aux premiers secours en santé mentale. L’objectif : apprendre aux étudiants à repérer les premiers signes de mal être, de dépression, les troubles anxieux chez leurs camarades, mais aussi leur permettre de gérer les crises ».

Finalement, pourquoi s’embêter à former des psys ? Il suffit d’étudiants formés aux premiers secours en santé mentale pour leur permettre de gérer les crises de leur camarade. Et ça ne coûte rien à la sécu !

Ca me fait penser à l’idée en vogue il y a qq temps du « voisin bricoleur » : plus besoin d’appeler un plombier, le voisin fera l’affaire.

Une suggestion d’autodérision personnelle : pour le prochain coup, nous sommes bons pour la prière à « Marie qui dénoue les noeuds » (si, si, ça existe).

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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