« Covid-19 : les variants sud-africain et brésilien ont-ils vraiment « tendance à régresser » ? »


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Le Parisien remarque qu’« en déplacement à Roissy ce dimanche, Jean Castex s’est voulu rassurant sur la propagation de ces deux variants, «très peu nombreux sur le territoire national». Leur proportion augmente néanmoins légèrement depuis dix jours, notamment en Île-de-France ».
Le journal cite ainsi le Premier ministre, qui a déclaré que « «toutes les précautions sont prises» vis-à-vis des voyageurs, […] avant d’indiquer que ces deux souches avaient «tendance à régresser».
«Un risque d’extension du variant brésilien P1 doit être pris en compte durant l’été 2021», alerte de son côté le Conseil scientifique dans son dernier avis », continue Le Parisien.
Jean Castex a observé que « les variants notamment sud-africain et brésilien non seulement sont très peu nombreux sur le territoire national, mais ont même tendance ces dernières semaines à régresser ».
Le Parisien précise que « ces 2 variants […] font partie des 4 variants les plus suivis en raison de leurs caractéristiques. Tous deux échappent notamment en partie à l’immunité conférée par la vaccination ou par une précédente infection, rapportent Santé publique France et le Centre national de référence des virus des infections respiratoires ».
Le journal souligne que « ces deux variants sont traqués conjointement lors du «criblage» des tests positifs car une mutation commune est recherchée. Leur part parmi tous les prélèvements criblés en France est toujours restée assez faible, autour de 5%, d’après les données de Santé publique France. De mi-mars à mi-avril, elle est même passée de 5% à moins de 4% ».
« Néanmoins, Cette proportion est toujours faible, comme l’indique Jean Castex, mais la hausse est continue jour après jour. On ne peut donc plus parler de tendance à la baisse », relève le quotidien.
Il ajoute que « les données du séquençage, qui permettent d’identifier tel ou tel variant plus précisément, ne sont pas communiquées aussi régulièrement. La dernière enquête Flash dont les résultats sont connus a été menée le 30 mars. La proportion du variant «sud-africain» et celle du variant «brésilien» parmi les quelque 2000 prélèvements séquencés étaient alors «globalement stables» par rapport à la précédente enquête, menée deux semaines plus tôt ».
Le Parisien indique en outre que « la situation varie évidemment selon les territoires. En Île-de-France, par exemple, le pourcentage de variants «brésilien» ou «sud-africain» a quasiment doublé en dix jours, passant de 4,5 à 8,4% ».
« Le taux atteint désormais près de 13% dans le Val-de-Marne. En métropole, au niveau départemental, le trio de tête est constitué de la Haute-Saône (23,4%), de la Creuse (20,9%) et de la Moselle (16,1%). Dans ces départements moins peuplés et moins denses, les indicateurs risquent cependant d’être biaisés si un cluster important est recensé, par exemple. Les proportions y sont d’ailleurs en baisse depuis quelques jours », continue Le Parisien.
Le quotidien précise par ailleurs qu’« en Guyane, à Mayotte et à la Réunion, ces deux variants sont largement majoritaires. Leur part parmi les tests positifs criblés dépasse même 85% dans le territoire frontalier du Brésil, un taux stable depuis 15 jours ».
Le journal note que selon Matignon, « Jean Castex se basait sur des données plus anciennes de quelques jours et contenues dans le rapport de Santé publique France paru jeudi. Les taux n’avaient augmenté «que» jusqu’à 4,2% en France et 6,5% en Île-de-France ».
Libération titre de son côté : « Castex voit les variants régresser, mais où regarde-t-il ? ».
Le journal relève aussi que « le Premier ministre a affirmé ce dimanche que les variants sud-africain et brésilien «régressent» en France. Les données publiques sur le sujet disent plutôt le contraire. […]
Quelques heures après sa sortie, Rémi Salomon, président de la commission médicale d’établissement de l’AP-HP, cassait l’ambiance dans un tweet, évoquant une «inquiétante évolution des variants brésilien (P1) et sud-africain en Ile-de-France». Sur son graphique, on voit bien la part des variants augmenter légèrement au niveau national et fortement dans la région francilienne ».
Le quotidien relève cependant que « cette courbe à la hausse, tirée du site de partage des données de Santé publique France appelé Géodes, est elle-même contredite par le dernier point épidémiologique du 22 avril, dans lequel il est écrit que la proportion des «suspicions de variant 20H /501Y.V2 [sud-africain, ndlr] ou 20J /501Y.V3 [brésilien]» est stable et représente «4,2%» des échantillons ».
Libération continue : « Pour avoir un autre point de vue, on peut se tourner vers les données de Gisaid, le site sur lequel les scientifiques publient les séquences des virus qu’ils analysent, comme le fait le site covariant. Les proportions de variants sud-africain et brésilien y apparaissent faibles, mais avec des dynamiques inverses : une lente décroissance pour le premier et une apparition rapide pour le second. Des données à prendre avec des pincettes puisque la France tarde à partager ses séquences, quand elle le fait. Ainsi, pour avril, l’analyse porte sur 132 séquences seulement, contre plus de 2400 en mars ».Date de publication : 26 avril 2021