Le Tarn et Albi misent sur l’hydrogène, mais il y a de nombreuses mises en garde sur un faux Eldorado

Albi. La filière hydrogène pleine de promesses pour le Tarn

à la Safra, la production de Businova va monter en cadence.à la Safra, la production de Businova va monter en cadence. Photo DDM, Emilie Cayre

Industrie,  Albi,  TarnPublié le 21/04/2021 à 05:10 , mis à jour à 08:07

https://www.ladepeche.fr/2021/04/21/la-filiere-hydrogene-pleine-de-promesses-pour-le-tarn-9500740.php#=

l’essentiel

Le Tarn est déjà très bien placé sur l’hydrogène, une filière d’avenir prometteuse pour le développement industriel local. Les initiatives se multiplient pour structurer un écosystème favorable.

Le Tarn est déjà en pole position sur la grille de départ de la filière hydrogène. Que ce soit la production de la matière première avec Trifyl, la recherche, développement et la certification avec l’IMT Mines, la Sem Eveer’Hy’Pôle positionnée sur le circuit d’Albi ou l’usage de l’hydrogène avec le bus hydrogène Businova développé et produit par la Safra à Albi, l’hydrogène est déjà une réalité dans le Tarn. La preuve ? La première réunion du conseil national de l’hydrogène s’est tenue dans les locaux de la Safra à Albi en février dernier. Une déjà belle reconnaissance alors que le gouvernement a annoncé un plan de 7 milliards d’euros de soutien public d’ici 2030, dont 2 milliards d’euros d’ici 2022, dans le cadre de France Relance et des investissements d’avenir.

Une filière prometteuse

Les initiatives se multiplient pour accompagner le développement et la structuration de la filière dans le Tarn et plus largement dans la région Occitanie.

Safra et Symbio, filiale de Michelin et Faurecia, ont signé un contrat portant sur le développement de 1 500 bus, dotés d’un système hydrogène optimisé et d’une gamme de services adaptée aux usages de ces véhicules. « Nous avons lancé une première phase pour accélérer notre montée en cadence, avec l’agrandissement de notre outil de production, en moyens matériels, technologiques et humains. Cette première étape va nous permettre de produire rapidement 140 bus par an. L’étape suivante sera encore plus ambitieuse puisque nous prévoyons en tout un investissement de 100 millions d’euros sur 10 ans, pour produire plus et plus rapidement afin de générer une baisse notable des coûts » indique Vincent Lemaire, président de Safra.

L’entreprise albigeoise travaille actuellement à une levée de fonds de 26 millions d’euros et son usine dédiée au Businova va grandir de plus de 7 000 m2 avec à la clé un investissement de 7 millions d’euros.

Mobilités nouvelles

De son côté, la communauté d’agglomération du Grand Albigeois continue de travailler sur son projet de centre européen des mobilités nouvelles. Dans cette perspective, le Grand Albigeois va adhérer à l’association « France Hydrogène », pour comme l’a rappelé Roland Gilles lors du conseil communautaire « peser dans le paysage national, gagner en expertise et développer de nouveaux partenariats avec les acteurs clefs du domaine. »

Dans le même temps, la Sem Eveer’Hy’Pôle va être racapitalisée à hauteur de 100 000 €. Basée sur le circuit d’Alble, elle est spécialisée et reconnue dans les essais constructeurs, les études techniques R & D, les formations et la maintenance de véhicules et d’applications hydrogène. La Sem doit investir pour continuer à grandir. Des investissements de près de 100 000 € qui portent sur l’évolution de la station-service, les bancs de test pour la formation, les logiciels et le matériel informatique.

« Un écosystème de l’hydrogène »

Des initiatives que le conseil départemental du Tarn souhaite accompagner dans une dynamique régionale. 

« Notre territoire a la chance de bénéficier d’entreprises performantes, de bénéficier de l’ingénierie de l’école des Mines. Notre objectif est de travailler avec toutes les collectivités territoriales, les chambres consulaires, tous les porteurs de projets pour se fédérer et créer un écosystème de l’hydrogène. un hydrogène vert mais surtout un hydrogène créateur d’emplois dans le département » explique Christophe Ramond, le président du Conseil départemental.

Le Département travaille actuellement avec les chambres consulaires et les collectivités à la création d’une structure dédiée aux énergies renouvelables dont l’hydrogène. Un support dont la forme juridique est encore à l’étude (SEM, SEMOP, autre ?). Son objectif ne serait pas de produire mais d’accompagner la croissance de la filière en investissant notamment dans des sociétés de projets. On parle de la participation de la caisse des dépôts de consignation. « On est en train de définir la meilleure stratégie avec les élus locaux et les consulaires. Si demain on doit créer une structure, on le fera » précise Christophe Ramond qui indique que « cette filière de l’hydrogène est essentielle dans le département. À nous d’arriver à combiner à la fois la production d’hydrogène vert (Trifyl), la distribution et les usages en essayant d’être tout simplement des facilitateurs. Il s’agit de créer des emplois à moyens et longs termes. »

Arnaud Paul

*Première commande de trains à hydrogène en France

Douze TER à hydrogène vont circuler dans quatre régions de l’Hexagone à partir de 2023. 

Par Eric BéziatPublié aujourd’hui à 07h59  

Temps de Lecture 1 min. 

https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/04/08/premiere-commande-de-trains-a-hydrogene-en-france_6075972_3234.html

Le montant de cette commande s’élève à environ 190 millions d’euros.
Le montant de cette commande s’élève à environ 190 millions d’euros. PATRIK STOLLARZ / AFP

La SNCF a officialisé, jeudi 8 avril, auprès du constructeur ferroviaire Alstom, la première commande française de trains à hydrogène pour le compte de quatre régions : Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est et Occitanie. Partiellement dévoilée le 5 mars par la région Bourgogne-Franche-Comté, cette commande porte sur douze trains (trois par région), pour un montant total d’environ 190 millions d’euros, indique le communiqué commun à Alstom, à la SNCF et aux régions concernées.A

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Les rames (dites « bimodes », car elles peuvent aussi se brancher sur une caténaire, lorsque la voie est électrifiée) sont composées de quatre voitures embarquant jusqu’à 218 passagers, à 160 kilomètres/heure, avec une autonomie de 400 à 600 kilomètres. Elles circuleront à partir de 2023 sur des lignes régionales dont l’électrification n’a pas été achevée (par exemple, Laroche-Migennes-Auxerre, dans l’Yonne) ou destinées à être rouvertes (Montréjeau-Bagnères-de-Luchon en Haute-Garonne), évitant ainsi l’utilisation de trains diesel.

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Six des quinze sites français d’Alstom participent au projet, dont Reichshoffen (Bas-Rhin) pour la conception et l’assemblage, et Tarbes (Hautes-Pyrénées), pour la technologie de traction hydrogène. Ce mode énergétique, dans lequel une pile à combustible fabrique de l’électricité à partir d’un réservoir d’hydrogène et rejette de l’eau, suscite un fort engouement depuis plusieurs mois. La filière hydrogène française est soutenue par un plan d’Etat de 7,2 milliards d’euros lancé en septembre 2020.

Eric BéziatContribuer

Note de Loïc Steffan suit au dernier Conseil Municipal:

#Albi#ConseilMunicipal.

Il y a eu une passe d’arme sur l’hydrogène. On avait l’impression d’un eldorado. 500 emplois chez le communiste (au passage Safra le principal intéressé parle de 400 emplois dans une hypothèse haute), l’élu de la majorité de 150 000. Les rapports disponibles parlent de 50 000 à 150 000 mais il a choisi d’emblé l’hypothèse haute.

Sur l’hydrogène, je ne voudrai pas doucher les espoirs mais je voudrai que l’on garde raison. Ce n’est pas le cas dans ce que je lis. Surtout à Albi qui souhaite devenir un champion de ce process parce qu’un industriel fait déjà des bus avec PAC.

On peut faire de l’hydrogène mais il faut aussi avoir quelques ordres de grandeur en tête.

Première élément : L’hydrogène n’est pas une énergie mais un vecteur d’énergie. Il faut d’abord le produire avec une énergie de base parce qu’il n’existe pas à l’état naturel. Si l’électricité utilisée n’est pas décarbonnée ça n’apporte pas grand chose. Ensuite l’hydrogène peut avoir deux usages principaux. – la mobilité – le stockage d’énergie

Deuxième élément : 97 % de l’hydrogène émet du CO2 car il est produit à partir du crackage du méthane.

Commençons par le stockage de l’énergie. A partir de l’électricité initiale, il y a une perte de 50 % d’énergie pour obtenir de l’H2 sous pression à 700 bars et jusqu’à 60% pour obtenir de l’H2 liquide. Puis, au minimum, une nouvelle perte de 50% intervient pour transformer l’H2 en électricité dans une PAC. Le rendement final est inférieur à 25 %.

Pour 100 kWh d’électricité à stocker, le “système hydrogène” n’en restitue que 25 kWh.

Imaginons maintenant qu’on fasse de l’hydrogène à partir de l’eau car c’est beaucoup plus propre A la pression atmosphérique, trois mètres cubes (m3) d’H2 (3000 litres) contiennent l’équivalent en énergie d’un litre d’essence (9 kWh). Il a fallu utiliser 2,5 m3 d’eau. (c’est un problème niveau seconde une mole de H pèse 1 g et une mole de O pèse 16 grammes : comme c’est H2 il y a 1g de H pour 8g de O.

Donc à partir de 1kg d’eau on obtient 1/9 de H2 et compte tenu de la masse volumique à partir de 1 m3 d’eau on obtient 1,2 m3 d’H2).Donc pour remplacer 1 litre d’essence il faut 2500 litres d’eau. On consomme déjà énormément d’eau et la ressource est en tension. Entre le refroidissement des centrales, l’industrie et l’irrigation et nos usages les nappes souffrent. On consomme 256.785.000 litres d’essence par jour en France. Imaginons qu’on ne remplace que 10 %, il faudrait 64 millions de M3 d’eau par jour. On la trouve où cette eau ? Ca n’interpelle personne ? Quelqu’un a étudié ou parle des conflits d’usage déjà très présents si on rajoute de la pression à la pression sur cette ressource qui devient compliquée avec le réchauffement climatique? Au passage cette question va aussi se poser avec les centrales nucléaires et thermiques qui consomment déjà des quantités très importantes.

Pour remplacer l’essence, on comprime donc généralement l’H2 à 200 fois la pression atmosphérique (200 bars), ou à 700 bars, ou on le liquéfie, ce qui consomme de plus en plus d’énergie à chaque étape. Il ne faut alors plus que 7 litres d’H2 à 700 bars ou 4 litres d’H2 liquide (à – 253°C dans un contenant isolant et volumineux) pour disposer de l’équivalent énergétique d’un litre d’essence.

Par rapport à l’essence, pour parcourir 600 km, aujourd’hui le meilleur compromis est le réservoir d’hydrogène sous pression à 700 bars qui est près de dix fois plus gros que le réservoir d’essence (400 litres au lieu de 42 litres) et six fois plus lourd (240 kg au lieu de 40 kg).

Je ne parle même pas des milliards pour développer un réseau de recharge (il faut autant de point de charge que de station essence soit environ 10 000). Au prix de la station hydrogène c’est un investissement à 10 milliards.

Donc oui il y aura des usages pour l’hydrogène mais ce n’est pas l’eldorado promis avec des milliers d’emplois à la clef. Au passage les rapports parlent de 50 à 150 000 emplois à la clef si (et le si est fondamental) si toutes les planètes sont alignées, c’est à dire si tous les goulets d’étranglements actuels sont levés (amélioration des rendement coût des électrodes, industrialisation des process, etc). Or les thuriféraires de l’hydrogène prennent toujours l’hypothèse haute et optimiste.

C’est comme pour la promesse du million d’emploi dans la restauration contre la TVA à 5,5 %. Très beau sur le papier mais irréaliste dans la vraie vie. D’ailleurs, il n’y a pas eu d’emplois créés ou si peu à la suite de cette mesure. A vouloir survendre une technologie on ne peut aller que vers des déceptions.En fait la solution est d’être sobre et de revoir nos mobilités. Mais ça on n’a pas trop envie.

Voir aussi un dossier sur l’hydrogène et les mises en garde:

Voir aussi: https://jeansantepolitiqueenvironnement.wordpress.com/2021/04/09/a-trop-demander-a-lhydrogene-on-ne-rend-pas-forcement-service-a-la-transition-energetique/

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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