L’hôpital va avoir un nouveau service d’urgences et s’est doté d’un service de chirurgie ambulatoire, mais combien de lits pérennes vont fermer ?

Tarn : l’hôpital d’Albi se dote d’un nouveau service de chirurgie ambulatoire

Le service de chirurgie ambulatoire est désormais composé de box individuels ultramodernes.Le service de chirurgie ambulatoire est désormais composé de box individuels ultramodernes. DDM, MPV.

Hôpital,  Albi,  TarnPublié le 17/04/2021 à 05:12 , mis à jour à 08:51

https://www.ladepeche.fr/2021/04/17/lhopital-se-dote-dun-nouveau-service-de-chirurgie-ambulatoire-9493140.php

l’essentiel

D’ici 2024, le Centre Hospitalier d’Albi fera peau neuve. Urgences, nouveau plateau de consultations, extension des blocs opératoires… et un nouveau service de chirurgie ambulatoire opérationnel dès lundi.

Malgré la situation sanitaire (voir ci-contre), le centre hospitalier d’Albi continue sa modernisation. La reconstruction complète des urgences, la restructuration de l’hospitalisation, un nouveau parking et la création d’un plateau centralisé des consultations (avec une surface globale multipliée par 2,5) sont notamment au programme.

Les travaux devraient débuter en novembre 2021 pour une livraison du chantier à l’été 2024. Le coût global est estimé à 18 millions d’euros. « Dans un an, il n’y aura plus un seul secteur qui n’aura pas été modernisé au centre hospitalier d’Albi », avance son directeur Serge Foursans.

Mais dès lundi, un nouveau service de chirurgie ambulatoire sera opérationnel. Créé en 2015, ce service, qui comprenait 8 box, est devenu la référence en termes de chirurgie et son activité n’a cessé d’augmenter à ce jour. Rien qu’en 2019, le centre hospitalier a vu 3 350 personnes passer dans cette unité.

Par chirurgie ambulatoire, on entend des opérations de type prothèses du genou, de la hanche, opération du canal carpien, etc. Des interventions qui ne nécessitent pas d’opérations lourdes, le patient pouvant sortir dans la journée. C’est d’ailleurs pour cela que ce service comprend aussi une unité pré opératoire (UPO) qui a pour vocation d’accueillir le jour de l’intervention, l’ensemble des patients nécessitant une chirurgie qu’elle soit conventionnelle ou en ambulatoire.

12 box individuels

Installé au 3e étage, dans des locaux flambant neuf, ce service de chirurgie ambulatoire, ouvert 5 jours sur 7, sera désormais organisé autour de 12 box individuels ultramodernes, avec un nombre de 30 à 40 passages par jour à l’UPO. Une infirmerie centrale a été pensée pour améliorer l’outil de travail et l’ergonomie des équipes médicales et paramédicales. « Nous souhaitions favoriser une unité fonctionnelle sur le principe de la marche en avant », souligne Alexandra Faure Munoz, cadre supérieure de santé. Le coût de travaux s’élève à 668 000 euros. D’ici 2023, ce service sera intégré dans un projet de plateau de chirurgie de 50 lits.

Covid : « un seul mot d’ordre, vaccinez-vous ! »

À Albi, depuis le début de la crise sanitaire en mars 2020, 670 patients ont été hospitalisés, avec 122 séjours en service de réanimation et 97 décès. « Il y a eu une pause entre juin et octobre 2020, explique le docteur Cariven, président de la CME.Aujourd’hui nous sommes plutôt dans un prolongement de la deuxième vague même si on observe une légère des baisses des cas. » Le Centre hospitalier ne parle pas de saturation mais de phase de tension. « Tous nos repères ont volé en éclat avec cette crise, souligne Serge Foursans. L’anticipation est de 24 à 48h. Ça fait un an que nous sommes sous tension. » Et le directeur de saluer l’investissement de tout le personnel de l’hôpital. « Il y a un phénomène d’épuisement du personnel, c’est une réalité, avance le docteur Cariven. L’activité d’urgence s’impose à nous comme l’activité Covid, il est hors de question que l’on déprogramme tout. Notre prochain défi, c’est de faire une hiérarchisation des interventions tout en prenant en compte la santé de notre personnel. Si je n’ai qu’un seul mot d’ordre, vaccinez-vous ! »

Commentaire Dr Jean SCHEFFER

L’hôpital se restructure, c’est une bonne chose surtout pour les urgences, opération qui aurait du se faire avant le choix, certes rentable, du Pet-Scan mais moins urgent. Encore faudra-t-il éviter d’y mettre les urgences psychiatriques qui n’ont rien à y faire. En effet aux dernières nouvelles il ne s’agira pas d’une unité indépendante confiée à du personnel médical et paramédical spécialisé (une simple astreinte d’un psychiatre qu’on a des chances de ne jamais voir si cela fonctionne comme c’était le cas avant la création au Bon Sauveur des urgences psychiatriques).

Un service de consultation centralisé, c’est une source d’économies, mais c’est une catastrophe dans les relations praticien hospitalier-patient et praticien hospitalier-médecin traitant, c’est « le docto-lib impersonnel » intra-hospitalier. Les secrétaires du service connaissaient les malades, les médecins traitants, les habitudes du praticien hospitalier, bref c’était la courroie de transmission, l’huile dans les rouages, la personne de confiance, un pion indispensable, une relation humaine venant au secours de nombreuses situations difficiles.

Ce que demandent les usagers, c’est d’avoir le libre choix entre le secteur public et le secteur lucratif. Il y a trop des spécialités ou ils sont confrontés aux dépassements d’honoraires trop systématiques dans les cliniques: ophtalmologie, stomatologie-odontologie, chirurgie vasculaire, urologie, rhumatologie, …Il faut aussi un vrai service de diabétologie-endocrinologie, défusionner neurologie-endocrinologie, un vrai service de réadaptation et récupérer les 20 lits de SSR. La coronarographie et la néphrologie-hémodialyse étant définitivement perdues au profit du secteur lucratif.

Concernant ces restructurations, on aimerait savoir si cela se fera comme au Bon Sauveur avec de nombreuses suppressions de lits pérennes (en particulier en chirurgie avec ce service de chirurgie ambulatoire).

Peut-on refaire l’histoire des occasions perdues ?

Afin d’avoir une surface suffisante, pour les urgences et pour un parking digne de ce nom, il aurait fallu pouvoir récupérer toute la surface consacrée aux personnes âgées de la Berchère. Pour cela, il était nécessaire de récupérer les emplacements que possédaient l’Hôpital à la Renaudié pour y créer un pôle de gérontologie. Merci à Mr Bonnecarrère et à Madame la Maire d’Albi d’avoir préférer l’implantation de Leroy Merlin malgré une opposition importante des Albigeois concernant ce choix d’implantation. Leroy-Merlin pouvait fort bien s’implanter ailleurs, sur des friches industrielles.

Mais le mieux était le projet d’un hôpital neuf à la Renaudié qui a failli se faire du temps du Maire Michel Castel et de Jack Ralite ministre da la santé, le pôle de gérontologie aurait été en centre ville dans le site hospitaliers actuel ce qui était parfait pour ne pas isoler les sujets âgés en périphérie. C’est en pratique le maire précédent, Maître Laurent Mathieu, qui du temps des 30 glorieuses aurait pu couronner de succès ce projet (1959-1977), alors que le projet de Michel Castel (1977- 1995) s’est effondré au moment du tournant de la rigueur de Pierre Mauroy en Mars 1983.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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