Covid-19 : il faudra en France un « déconfinement extrêmement prudent », conseille la Fédération hospitalière
Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France, appelle mercredi sur franceinfo à un « déconfinement extrêmement prudent », car la décrue de l’épidémie de Covid-19 en France est encore « très fragile ».00’0007’00
franceinfoRadio France
Mis à jour le 21/04/2021 | 20:35
publié le 21/04/2021 | 20:35

« La décrue est très fragile. La pression sur l’hôpital reste très forte », a insisté Frédéric Valletoux, président de la Fédération Hospitalière de France, invité de franceinfo mercredi 21 avril. Le maire de Fontainebleau invite tout le monde à se montrer patient, alors que le gouvernement table pour un début de déconfinement le 3 mai.
Une situation différente d’il y a un an
Alors que les premières mesures d’allégement sanitaire auront donc lieu dans deux semaines, Frédéric Valletoux rappelle le niveau actuel de l’épidémie : « 31 000 personnes hospitalisées, on est au même niveau qu’au pic du printemps dernier. 6 000 personnes en réanimation, on n’est pas loin du pic du printemps dernier. Sauf qu’on s’installe à des niveaux élevés depuis déjà plusieurs semaines et on voit que la décrue est tellement faible que la sortie du tunnel, c’est pour plusieurs semaines encore. »
« C’est une situation qui est très différente du printemps dernier, assure le président de la Fédération Hospitalière de France. Le printemps dernier, on est monté très vite et on est descendu à nouveau quasi aussi rapidement. Là, on voit que depuis janvier, on n’est jamais descendu plus bas que 25 000 patients Covid pris en charge à l’hôpital. À l’été dernier, on était descendu à moins de 5 000. Donc, on est à des niveaux d’occupation par les patients Covid très élevés. Et les décrues que l’on évoque sont vraiment minimales »,s’inquiète-t-il.
Déprogrammations massives, une bombe à retardement
Les décisions liées aux mesures sanitaires sont « une équation à multiples entrées » avec « la question de l’éducation », reconnaît Frédéric Valletoux. « Néanmoins, si on se place du point de vue de l’hôpital, j’appellerais à un déconfinement extrêmement précautionneux et prudent, peut-être par territoire, pour ne pas relancer l’épidémie ».
« La contrepartie de cette situation, ce sont des déprogrammations massives, rappelle Frédéric Valletoux (…) Tout ce qui est programmé est reporté. Et on sait que derrière ça, il va y a des problèmes de santé publique majeurs. »
Déconfinement : aucune raison pour que le calendrier ne soit pas tenu, selon l’Élysée

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Publié le 21/04/2021 07:52Mis à jour le 21/04/2021 09:22 Temps de lecture : 1 min.

À quatre jours de la réouverture des écoles, même s’il faut attendre encore quelques jours pour savoir si une tendance baissière est vraiment enclenchée, il n’y a aucune raison, à l’instant T, pour que le calendrier ne soit pas tenu, martèle l’Élysée, selon nos informations. Un nouveau conseil de défense sanitaire se réunit mercredi 21 avril au matin.
Les crèches, maternelles et écoles primaires vont faire leur rentrée lundi 26 avril en présentiel. Pour les collèges et lycées, la rentrée est également prévue le 26 avril, mais en cours à distance : les établissements doivent ouvrir le 3 mai. À la mi-mai, selon la promesse formulée le 31 mars, le moment sera venu de rouvrir les terrasses et certains lieux de culture. À partir de maintenant, Emmanuel Macron entend donc dérouler son calendrier.
Le président de la République réfléchit au moment opportun pour s’adresser aux Français. Les quatre semaines de mesures de freinage imposées dans tout l’Hexagone arrivent à terme le 1er mai. Et selon une source gouvernementale, l’allègement des restrictions de circulation dès le début du mois de mai est ouvertement évoqué en réunion.
Des réouvertures à partir du 10 mai
Les commerces, les terrasses des restaurants et des cafés, les musées commenceront à rouvrir entre le 10 et le 20 mai. Des réouvertures peut-être à plusieurs vitesses, selon les régions, en fonction de la dynamique de l’épidémie. Le président n’a pas tranché.
L’autre question étant de savoir s’il faut ou non enjamber le long week-end de l’Ascension, qui débute jeudi 13 mai. L’allègement des restrictions sera de toute façon progressif, échelonné, rappelle un conseiller, au moins jusqu’à la mi-juin, quand tous les Français qui le souhaitent pourront en théorie avoir accès au vaccin.
Covid-19 : malgré une baisse fragile de l’incidence, l’exécutif laisse espérer des réouvertures à la mi-mai
Si le premier ministre Jean Castex a noté jeudi soir une « amélioration » de la situation sanitaire, l’incidence reste à un niveau très élevé, avec 337 nouveaux cas pour 100 000 habitants.
Par Elisabeth Pineau, Camille Stromboni et Delphine Roucaute
Publié le 22 Avril 2021 à 22h31, mis à jour à 10h04
Temps de Lecture 4 min.

Donner des motifs d’espoir sans crier trop vite victoire. Le premier ministre, Jean Castex, a esquissé des perspectives de levée progressive des restrictions, jeudi 22 avril, lors d’un point sur la situation sanitaire aux côtés des ministres de la santé, de l’éducation et de l’intérieur. « La situation s’améliore dans notre pays. Depuis dix jours, nous constatons une baisse réelle de la circulation virale », a résumé le chef du gouvernement, estimant que le pic de la troisième vague de Covid-19 semblait « derrière nous ».
La baisse de l’incidence se confirme en effet au niveau national mais sans certitude encore sur sa vitesse : le nombre de personnes allant se faire tester diminue plus vite, depuis le début du confinement, que le nombre de nouvelles contaminations, alors qu’en parallèle, le taux de positivité augmente. Cela signifie que l’incidence reste à un niveau très élevé et diminue certainement moins vite que ce qu’affichent les courbes. Le premier ministre a évoqué une baisse de 17 % du taux d’incidence en une semaine, qui se situe désormais à 337 nouveaux cas pour 100 000 habitants, contre 410 la semaine du 29 mars. Quinze départements ont toujours une incidence supérieure à 400.
Quelque 32 000 nouveaux cas sont enregistrés par jour, soit le niveau atteint à la fin mars, quand le gouvernement avait décidé de confiner une partie du territoire. Dans certains départements affichant des taux d’incidence inférieurs à la moyenne nationale, comme le Finistère, la Creuse et la Corrèze, le nombre de nouvelles contaminations est même désormais supérieur à celui précédant la fermeture des établissements scolaires. Les écoles maternelles et primaires rouvriront cependant bien comme prévu dès le lundi 26 avril. A partir du 3 mai, les contraintes de déplacement en journée, c’est-à-dire le rayon de 10 km autour de son domicile imposé depuis le 5 avril, seront levées.
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Dans les zones où les mesures de confinement sont en place depuis bientôt cinq semaines et qui affichaient des taux d’incidence très élevés, comme l’Ile-de-France, les Hauts-de-France et les Alpes-Maritimes, « on commence à observer un effet franchement plus net qu’ailleurs, on est sur un plateau très élevé avec une tendance baissière, plus lente toutefois que ce que l’on a observé au premier ou au deuxième confinement », résume Philippe Amouyel, professeur de santé publique à l’université de Lille. Mais à ce stade, « on n’a pas assez de recul et de modélisations des actions mises en place, il est trop tôt pour faire des projections », nuance-t-il.
Tension toujours forte dans les hôpitaux
Sur le front des hôpitaux, la tension reste forte avec près de 6 000 patients atteints du Covid-19 hospitalisés en soins critiques sur le territoire. Un chiffre qui ne progresse plus depuis plusieurs jours, sans pour autant que la décrue apparaisse encore clairement. Jean Castex a évoqué un « plateau » au niveau national, et des modélisations de l’Institut Pasteur laissant penser que « le haut de la vague » a été atteint, permettant d’« espérer le début du reflux d’ici à quelques jours ».
En raison du délai entre le moment où l’on prend les mesures restrictives qui doivent freiner la circulation virale, et celui où l’on peut en juger l’efficacité, « l’impact souhaité sur la réanimation au niveau national ne s’observe pas encore, il faut attendre une semaine ou deux », avance le professeur Philippe Amouyel. Une absence de perspective qui inquiète les médecins, au vu du surrégime des établissements et du niveau très élevé de déprogrammation de l’activité chirurgicale des autres patients dans plusieurs régions.
Sur le terrain, cette stabilité ne se fait pas encore ressentir partout, avec des situations hétérogènes selon les régions. A l’hôpital Avicenne de Bobigny, on n’a « pas du tout l’impression que le pic soit passé, pour l’instant, la pression ne redescend pas, constate Yves Cohen, chef du service de réanimation. On est plein : dès qu’un lit se vide, il est rempli dans la minute avec un autre patient et l’on doit encore refuser et transférer des patients ».
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Même impression dans les Bouches-du-Rhône. « C’est encore le rush, les hospitalisations continuent d’augmenter ; or, on sait qu’il y a une répercussion sur la réanimation une dizaine de jours après… Donc on sait que ça va continuer à monter chez nous », décrit Sabine Valéra, infirmière en réanimation à l’hôpital Nord de Marseille, qui espère arriver à un plateau d’ici une dizaine de jours.
« Sas sanitaire »
Si Jean Castex a réaffirmé l’objectif de réouverture « du plus grand nombre possible de lieux et d’activités autour de la mi-mai », à commencer par les commerces, certaines activités sportives et culturelles et les terrasses, il a dans le même temps insisté sur la nécessité de l’organiser par étapes, « de manière prudente et progressive » en fonction des indicateurs épidémiologiques, et, le cas échéant, « sur une base territorialisée ». Pour le moment, aucun calendrier n’a encore été fixé.
Quant à la circulation des variants brésilien et sud-africain – plus contagieux –, elle reste négligeable sur le territoire puisque ceux-ci ne représentent que 4,4 % des cas positifs, une proportion qui a tendance à se réduire depuis quelques semaines. « Il faut tout faire pour que cela ne s’inverse pas », a insisté le premier ministre, mettant en avant la menace du variant indien.
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A partir de samedi, un « sas sanitaire » sera ainsi instauré pour les voyageurs en provenance du Brésil, d’Argentine, du Chili, d’Afrique du Sud et d’Inde – une mesure également appliquée à ceux venant de Guyane. Chaque passager fera l’objet d’une mise en quarantaine « décidée par arrêté préfectoral », quel que soit le résultat du test, positif ou négatif : sa stricte observance sera contrôlée par les forces de l’ordre, qui pourront délivrer aux contrevenants des amendes allant de 1 000 à 1 500 euros.
Elisabeth Pineau, Camille Stromboni et Delphine Roucaute
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