Enfin des mesures pour contrer les variants brésiliens et sud-africains

Covid-19: quarantaine pour les voyageurs du Brésil, d’Argentine, du Chili et d’Afrique du Sud

Les voyageurs venant de ces quatre pays devront désormais se soumettre à un isolement de 10 jours.

Par Le Figaro avec AFPPublié hier à 22:29, mis à jour il y a 6 heures

https://www.lefigaro.fr/flash-eco/covid-19-une-quarantaine-pour-les-voyageurs-du-bresil-d-argentine-du-chili-et-d-afrique-du-sud-20210417?utm_source=CRM&utm_medium=email&utm_campaign=%5B20210418_NL_ACTUALITES%5D&een=8aa4833201a408e8a5d776ac0b844bbc&seen=6&m_i=Mf2h4Sj7iy5LpLx%2BqcFSbbV7DQMphu_byxYMpgHFwZf3CJBMtfUa7WyGfR9I7BLAuVnBLpW7HZ7dmvEjK_bAMt543S1W64TPMP

Le dispositif de test avant l’embarquement sera renforcé. Francois Bouchon / Le Figaro

La France va instaurer une quarantaine obligatoire de dix jours pour les voyageurs en provenance du Brésil, d’Argentine, du Chili et d’Afrique du Sud, face à l’inquiétude sur les variants du Covid-19, a annoncé Matignon samedi. Les vols avec l’Argentine, le Chili et l’Afrique du Sud sont maintenus, alors que Paris avait annoncé dès mardi la suspension des liaisons aériennes avec le Brésil pour limiter la propagation d’un variant local, baptisé P1, réputé plus contagieux et dangereux. Cette suspension sera prorogée jusqu’au vendredi 23 avril inclus.

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Pour justifier le maintien des vols avec l’Argentine, le Chili et l’Afrique du Sud, Paris dit que la présence de variants n’y atteint «pas les niveaux observés au Brésil». Mais les voyageurs venant de ces trois pays, ainsi que du Brésil, devront désormais se soumettre à un isolement de 10 jours, accompagné de restriction des horaires de sortie, avec un renforcement des amendes. Cette mesure, qui sera progressivement mise en œuvre jusqu’à sa pleine entrée en vigueur samedi 24 avril, s’appliquera également aux voyageurs en provenance de Guyane et des tests antigéniques systématiques seront mis en place à l’arrivée pour les trajets de la Guyane vers les Antilles.

«Un système de vérification sera mis en place, avant l’embarquement puis à l’arrivée, de l’existence d’un lieu de quarantaine adapté aux exigences sanitaires et des contrôles du respect de la quarantaine seront effectués au domicile par la police ou la gendarmerie nationales, accompagnés d’un renforcement des amendes en cas de non-respect de l’isolement», a précisé Matignon.

La liste des motifs de voyages restreinte

En outre, pour les personnes arrivant de ces quatre pays, et à compter du samedi 24 avril, la liste des motifs et des catégories de personnes autorisées à venir en France sera restreinte, pour l’essentiel, aux seuls ressortissants nationaux, leurs conjoints et enfants, et aux ressortissants de l’Union européenne ou d’un pays tiers ayant leur résidence principale en France.

Le dispositif de test avant l’embarquement sera également renforcé: un test PCR négatif de moins de 36h (au lieu de 72h), ou un PCR négatif de moins de 72h accompagné d’un test antigénique négatif de moins de 24h seront désormais nécessaires. La réalisation d’un test antigénique sera rendue systématique à l’arrivée en France, avant de quitter l’aéroport.

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Ces nouvelles mesures interviennent «alors que la situation épidémique se stabilise sur le territoire national», selon Matignon. Elles seront discutées avec les partenaires européens «en début de semaine» et d’autres pays pourraient encore venir grossir la liste, sur la base des critères identifiés par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).

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Réactions:

  • séracle 18/04/2021 à 15:37Mettre en place une quarantaine pour les vols en provenance d’Afrique du sud et de quelques pays d’Amérique du sud (Brésil, Argentine, Chili, Guyane) est une bonne décision, mais on a oublié l’Inde, où la progression de l’épidémie est terriblement exponentielle, à en juger par les données de Worldometer. 13 avril 185 248 cas et 1026 morts
    14 avril 199 569 cas et 1037 morts
    15 avril 216 850 cas et 1183 morts
    16 avril 233 943 cas et 1338 morts
    17 avril 260 778 cas et 1495 morts Et toujours pas trace de variant indien dans les médias, pas le moindre signal de fumée.
  • Nono 974le 18/04/2021 à 15:34Il aurait fallu le faire appliquer depuis Janvier 2020 et pour toute personne arrivant sur le sol français . C’est quand même pas bien compliqué à comprendre ! Pas besoin de faire l’ENA ! C’est ce qu’on fait les australiens et les new-zélandais et ils sont libres chez eux avec zéro Covid .
  • berser87le 18/04/2021 à 14:49Nos dirigeants sont incompétents et dangereux, il faut imposer une vraie quarantaine en hotel et aux frais des voyageurs, comme dans de nombreux pays qui ont réussi à neutraliser l ’expansion de l’épidémie .

Covid-19 : quarantaine obligatoire pour les voyageurs venant de Guyane, du Brésil, d’Argentine, du Chili et d’Afrique du Sud

Les voyageurs arrivant de ce territoire ultra-marin et de ces quatre pays devront observer dix jours d’isolement, sous peine d’amendes.

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/covid-19-quarantaine-obligatoire-pour-les-voyageurs-venant-du-bresil-d-argentine-du-chili-et-d-afrique-du-sud_4376181.html#xtor=CS2-765-%5Bautres%5D-

Article rédigé par 

franceinfo avec AFP

France TélévisionsPublié le 17/04/2021 22:20

Mis à jour le 18/04/2021 11:21 Temps de lecture :  2 min.

Au terminal 2E de l'aéroport parisien Roissy-Charles-de-Gaulle, le 18 mars 2021. (ERIC PIERMONT / AFP)
Au terminal 2E de l’aéroport parisien Roissy-Charles-de-Gaulle, le 18 mars 2021. (ERIC PIERMONT / AFP)

Une quarantaine de dix jours sera désormais obligatoire pour tous les voyageurs venant de Guyane, du Brésil, d’Argentine, du Chili et d’Afrique du Sud, a annoncé Matignon, samedi 17 avril. Cet isolement fera l’objet d’arrêtés préfectoraux et sera accompagné de restrictions des horaires de sortie, dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de Covid-19.

Il y a trois jours, l’exécutif avait déjà suspendu « jusqu’à nouvel ordre » tous les vols entre le Brésil et la France, dans les deux sens, en raison des inquiétudes autour du variant P1 du Covid-19, identifié dans le pays. La suspension des vols entre la France et le Brésil est prolongée jusqu’au vendredi 23 avril. Après cette date, il faudra présenter un test négatif de moins de 36 heures pour monter dans l’avion. Les vols avec l’Argentine, le Chili et l’Afrique du Sud, eux, sont maintenus en cas de motif impérieux – Paris estimant que que la présence de variants préoccupants n’y atteint « pas les niveaux observés au Brésil ».

Cette mesure, qui sera progressivement mise en oeuvre jusqu’à sa pleine entrée en vigueur samedi 24 avril, s’appliquera également aux voyageurs en provenance de Guyane et des tests antigéniques systématiques seront mis en place à l’arrivée pour les trajets de la Guyane vers les Antilles.

Le dispositif de tests également renforcé

« Un système de vérification » sera mis en place afin de veiller, avant l’embarquement et à l’arrivée, que le voyageur dispose d’un « lieu de quarantaine adapté aux exigences sanitaires », poursuit Matignon. Des contrôles de police ou de gendarmerie seront effectués à ce domicile, avec un renforcement « des amendes en cas de non-respect de l’isolement ». En outre, à partir du 24 avril, et depuis les quatre pays concernés, la liste des motifs et des catégories de personnes autorisées à venir en France sera restreinte aux seuls ressortissants nationaux, leurs conjoints et enfants, et aux ressortissants de l’UE ou d’un pays tiers ayant leur résidence principale en France.

Le dispositif de test avant l’embarquement sera également renforcé : un test PCR négatif de moins de 36 heures (au lieu de 72 heures), ou un PCR négatif de moins de 72 heures accompagné d’un test antigénique négatif de moins de 24 heures seront désormais nécessaires. La réalisation d’un test antigénique sera rendue systématique à l’arrivée en France, avant de quitter l’aéroport.

Covid : pourquoi le variant brésilien pourrait devenir problématique cet été

Menace

Par Margot Brunet

Publié le 20/04/2021 à 6:00

https://www.marianne.net/societe/sante/covid-pourquoi-le-variant-bresilien-pourrait-devenir-problematique-cet-ete?utm_source=nl_quotidienne&utm_medium=email&utm_campaign=20210420&xtor=EPR-1&_ope=eyJndWlkIjoiOGFhNDgzMzIwMWE0MDhlOGE1ZDc3NmFjMGI4NDRiYmMifQ%3D%3D

Dans un avis rendu public le dimanche 18 avril, le Conseil scientifique a listé une série de mesures pour limiter le risque d’extension du variant brésilien pendant l’été en France.

Il est sur toutes les lèvres depuis quelques jours. Pourtant, le variant brésilien, appelé P1, est loin d’être en tête de la course des variants en France. Il ne représentait que 0,3 % des contaminations le 30 mars. Aucun cluster n’a été identifié en métropole. Mais la situation dramatique du Brésil inquiète : le pays compte désormais 373 000 décès. Les premières semaines d’avril, le bilan quotidien a plusieurs fois dépassé les 4 000 morts.

Le gouvernement a ainsi décidé de suspendre les vols provenant du Brésil au moins jusqu’au 23 avril inclus. Une quarantaine devrait également être imposée aux voyageurs en provenance du Brésil, comme c’est déjà le cas pour l’Argentine, le Chili et l’Afrique du Sud. Objectif : éviter que la souche ne se répande en France. Car dans son avis rendu public le 18 avril, le conseil scientifique pointe le risque que le variant P1 ne s’étende pendant l’été, et liste une série de mesures restrictives pour éviter ce scénario.

UNE CIRCULATION CONTRÔLÉE PAR CELLE DU VARIANT ANGLAIS

Paradoxalement, pour l’instant, sa propagation semble contrôlée par… celle du variant britannique. Comment l’expliquer ? Les trois variants considérés comme problématiques par l’OMS, c’est-à-dire le brésilien, l’anglais et le sud-africain, portent tous les trois une même mutation, appelée N501Y. Celle-ci entraîne une hausse de la transmissibilité : les trois sont donc plus contagieux. Dans ce contexte, les variants sont en compétition les uns avec les autres.  « C’est celui qui a la meilleure affinité pour l’Homme qui gagne, et qui se répand », explique Jean-Paul Stahl, professeur de maladies infectieuses et tropicales au CHU de Grenoble. De plus, le conseil scientifique observe que le niveau de transmission du variant brésilien est « un peu moins élevé » que celui du variant britannique, lequel se répand donc plus rapidement.

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Mais le brésilien et le sud-africain ont un autre argument. Une autre mutation, E484K, leur permet d’échapper en partie à la protection immunitaire conférée par la vaccination ou bien une première infection par le variant historique.  « Les vaccins ARNm (Pfizer et Moderna, N.D.L.R.) ont une efficacité conservée mais diminuée », écrit le conseil scientifique, avant d’ajouter que l’efficacité reste plus élevée contre le variant brésilien que contre le sud-africain. « On parle d’une baisse de l’efficacité, mais les vaccins à ARN seraient toujours fiables à plus de 80 % : ce n’est pas un drame non plus », tempère l’infectiologue Jean-Paul Stahl. Plus problématique pour les vaccins à adénovirus, AstraZeneca et Johnson & Johnson : si les données manquent encore, leur réussite paraît davantage réduite.

UN RISQUE À L’ÉTÉ 2021 ?

Ces deux variables expliquent que le variant brésilien puisse rattraper son retard pendant l’été.  « Un risque d’extension (…) doit être pris en compte durant l’été 2021 », lit-on dans l’avis du conseil scientifique. En effet, si le taux de circulation du variant anglais diminue, et qu’il n’est plus en tête de la course, le variant brésilien a alors le champ libre. Plus encore, si trop peu de personnes sont vaccinées, le P1 pourrait « en profiter » pour se répandre chez les personnes pas protégées. D’autant plus que ses mutations lui permettent, au moins en partie, d’infecter des personnes ayant déjà reçu une injection.  « C’est pour cela qu’il faut vacciner vite, accompagner la campagne d’autres mesures de restriction, et lever les mesures uniquement lorsque la circulation sera basse », explique Yves Buisson, épidémiologiste et président de la cellule Covid-19 de l’Académie nationale de médecine.

« Ce qui est important, c’est que celui qui prend le dessus ne soit pas le plus dangereux », décrit Jean-Paul Stahl. Sur ce point aussi, les données fiables manquent encore.  « Les premières estimations suggèrent que la mortalité associée aux infections par levariant P1 serait de 10 % à 80 % supérieureà celle observée avec le virus historique », souligne l’avis du Conseil scientifique. Mais le comité se veut prudent : impossible, à ce stade, de savoir si cette augmentation de mortalité est due au variant lui-même, ou au stress mis sur les services de santé par cette nouvelle vague épidémique. « On ne peut pas prévoir ce qui se passerait si ce variant devenait majoritaire en France : au Brésil, ils ne bloquent pas la propagation, ils font n’importe quoi, cela joue sur le système de santé », continue le médecin.

UN NOUVEAU VARIANT… EN INDE ?

Alors, le conseil scientifique veut anticiper. Notamment en suivant de près sa circulation, et en gardant à l’ordre du jour la suspension des vols avec le Brésil tant qu’il n’y a pas de « procédure générale sur les modalités d’arrivée ». Les experts préconisent untest PCR 48 heures avant le vol, un isolement strict après l’atterrissage, et deux tests PCR ou antigénique ensuite : un 24 heures après l’arrivée, un autre 8 jours après. Des restrictions à étendre dans les autres pays concernés par la présence de variants problématiques.

« Cet avis du conseil scientifique souligne le risque d’introduction du variant brésilien par des voyageurs, c’est important. Mais il n’est peut-être pas le plus dangereux », assure Yves Buisson. L’Inde connaît en effet également une vague particulièrement violente du Covid-19. Ce lundi 19 avril, le pays a connu un nouveau record de contaminations, avec 273 810 nouveaux cas en 24 heures. La situation pourrait être liée à l’émergence d’un nouveau variant, comportant un nombre important de mutations.

« Il faut donc avoir le courage de prendre des mesures nécessaires contre d’autres variants qui pourraient également poser problème », soutient Yves Buisson, expliquant que « les variants émergent principalement dans les pays où l’épidémie n’est pas contrôlée : c’était le cas en Afrique du Sud, au Brésil, en Inde. Il faudrait que la quarantaine à l’arrivée, avec un test au début et à la fin, soit élargie aux régions où la circulation est importante ». Ces zones sont en effet celles où le risque de voir un variant émerger est le plus élevé : le scénario envisagé par le conseil scientifique pour le variant brésilien pourrait concerner d’autres variants si des mesures ne sont pas prises.  « Il est possible que le variant brésilien pose problème cet été, mais honnêtement, je ne crains pas plus ce variant qu’un autre, conclut Yves Buisson. Il ne faut pas limiter les mesures à ce dernier : d’autres posent, ou pourront poser problème rapidement ».

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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