Une hausse des rémunérations des personnels de santé paramédicaux de la fonction publique hospitalière – Communiqué du Collectif Inter-Urgences – Une journée avec les sages-femmes –

Ségur de la santé : une revalorisation de carrière pour les soignants paramédicaux

Une hausse des rémunérations des personnels de santé paramédicaux de la fonction publique hospitalière est prévue à compter du 1er octobre 2021. Pour déployer la mesure, une enveloppe de 740 millions d’euros est prévue. 

Par Camille StromboniPublié hier à 17h00, mis à jour à 10h23  

Temps de Lecture 2 min. 

https://www.lemonde.fr/sante/article/2021/04/12/segur-de-la-sante-une-revalorisation-de-carriere-pour-les-soignants-paramedicaux_6076502_1651302.html

Service de réanimation de l’hôpital Sainte-Camille. Bry-sur-Marne, le 1er avril 2021.
Service de réanimation de l’hôpital Sainte-Camille. Bry-sur-Marne, le 1er avril 2021. BRUNO FERT POUR « LE MONDE »

Il s’agit d’une nouvelle étape dans la revalorisation des métiers des soignants. Le ministre de la santé, Olivier Véran, l’a annoncée lundi 12 avril, à l’occasion d’une réunion du comité de suivi du Ségur de la santé, le plan pour l’hôpital lancé par le gouvernement à l’été 2020. Les personnels paramédicaux de la fonction publique hospitalière vont voir leurs grilles salariales revues à la hausse à compter du 1er octobre 2021. 500 000 infirmiers, aides-soignants, cadres de santé, professionnels médicotechniques et de la rééducation, et auxiliaires de puériculture sont concernés.

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Une progression qui doit permettre de « donner des perspectives aux soignants déjà dans le système de santé », indique-t-on au cabinet du ministre de la santé, mais aussi d’« améliorer l’attractivité de ces métiers », pour lesquels l’hôpital peine souvent à recruter. Une enveloppe de 740 millions d’euros est prévue en année pleine pour déployer la mesure – dont 200 millions d’euros pour l’année 2021, avec une application à compter du mois d’octobre.

Cette révision des grilles, prévue dans les accords du Ségur, s’ajoute à l’augmentation de 183 euros nets par mois pour les personnels paramédicaux et non médicaux des établissements de santé et des Ehpad (1,5 million de personnes), mise en œuvre en deux temps en septembre puis en décembre, avec une enveloppe de 7,6 milliards d’euros.

D’autres revalorisations en cours de discussion

Selon le ministère, pour les 153 000 infirmiers en soins généraux de catégorie A, cette revalorisation représentera par exemple 107 euros nets de plus par mois après un an de carrière, 152 euros nets après cinq ans ou encore 278 euros nets après vingt ans. Leur salaire de fin de carrière passera de 2 863 euros à 3 398 euros par mois, en combinant la première augmentation de 183 euros ainsi que la revalorisation.

Pour 200 000 aides-soignants de catégorie B, il s’agira d’une progression de 45 euros nets après un an en exercice, 78 euros après cinq ans, et 468 euros en fin de carrière, pour atteindre un salaire de 2 954 euros.

« Il était grand temps que les arbitrages sur cette revalorisation actée lors du Ségur soient rendus, réagit Didier Birig, secrétaire de la fédération FO des personnels des services publics et de santé. Au vu de la situation extrêmement tendue dans les établissements de santé et de la pandémie qui redouble d’intensité, les personnels étaient dans l’attente de voir ce que le gouvernement allait mettre sur la table en termes de reconnaissance. »

Pour le responsable, dont le syndicat est signataire des accords du Ségur, le protocole de revalorisation comporte de « bonnes nouvelles », mais il reste encore à expertiser dans le détail. « Les exemples de revalorisation donnés par le ministère concernent des nouveaux arrivants dans la fonction publique hospitalière, mais il faut savoir quelle technique de reclassement, c’est-à-dire de passage d’une grille à l’autre, va être employée pour les soignants déjà en poste, c’est extrêmement important. »

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Prochaine étape : des revalorisations vont également être discutées avec les acteurs concernant les personnels paramédicaux des fonctions publiques d’Etat et territoriale (15 000 à 20 000 « équivalents temps plein »), ainsi que du secteur privé lucratif et non lucratif, soit 250 000 « équivalents temps plein ». Elles s’appliqueront à compter du début de l’année 2022, prévoit-on au ministère de la santé.

Camille Stromboni

« Véran revalorise les carrières des soignants »

Le Figaro
Le Parisien
Les Echos

https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=dd53bcd85f8cc27e8ff72fef96a9d901&id_newsletter=14604&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=14604&from=newsletter

 Le Figaro indique en effet qu’« Olivier Véran a lancé ce lundi le deuxième étage de sa stratégie de revalorisation des rémunérations des personnels soignants ».
Le quotidien explique qu’« après un premier chèque de 7,6 milliards d’euros, qui s’est traduit par une réévaluation de 183 € net par mois pour l’ensemble des sages-femmes et personnels non médicaux du public (soit 1,8 million de personnes), puis en février pour les agents du secteur social et médico-social rattachés à un établissement public et les salariés du privé, le ministre de la Santé a annoncé une révision générale des carrières des soignants ».
Le journal cite l’entourage du ministre, qui fait savoir que « l’objectif est de donner des perspectives aux professionnels en poste et d’attirer de nouveaux talents ».
Le Figaro relève que « plus d’un demi-million de professionnels paramédicaux de la fonction publique hospitalière vont ainsi voir leur salaire fortement rehaussé au 1er octobre, et ce à chaque niveau d’ancienneté. Soit une enveloppe globale de 740 millions d’euros en plus, en année pleine, sans compter le budget qui sera dédié début 2022 à la revalorisation des carrières des personnels soignants des fonctions publiques d’État et territoriale, qui comptent quelque 20.000 agents de plus, ainsi que des 200.000 salariés du secteur privé (lucratif et non lucratif) pour lesquels les négociations avec les syndicats sont toujours en cours ».
Le journal livre cet exemple : « Un infirmier en soins généraux […] touchera au 1er octobre prochain 290 € de plus, net par mois, au bout d’un an d’ancienneté, pour atteindre un salaire […] de 2026 €. Cette hausse – qui ne concernera pas les contractuels – intégrera les 183 € de complément de traitement indiciel (CTI) octroyés fin 2020, plus 107 € de revalorisation de salaire à ce premier niveau d’ancienneté ».
« Et ainsi de suite au fil de la carrière : un infirmier touchera 335 € de plus, net par mois par rapport à l’été 2020 et hors prime, au bout de 5 ans de métier, 461 € après 20 ans et 536 € en fin de carrière pour atteindre, juste avant sa retraite, 3400 € net par mois. Soit des hausses, au final, allant de 17% par mois en début de carrière à 19% en fin… »,
 retient le quotidien.
Le Parisien constate également que « plus d’un demi-million d’infirmiers, aides-soignants et autres personnels paramédicaux des hôpitaux publics bénéficieront d’une revalorisation de leurs grilles de salaires à compter du 1er octobre ».
Le journal relève que « les nouvelles grilles de salaires profiteront en premier lieu aux 200.000 aide-soignants titulaires de la fonction publique hospitalière, qui toucheront 45 € net de plus par mois après un an de carrière et jusqu’à 468 € en fin de carrière ».
« Idem pour les 153.000 infirmiers en soins généraux, qui gagneront 107 € net de plus avec un an d’ancienneté et jusqu’à 353 € au dernier échelon.

La revalorisation concernera aussi les infirmiers spécialisés (Iade, Ibode, IPA), les cadres de santé, les auxiliaires de puériculture, ainsi que les professions médico-techniques (manipulateurs radio) et de rééducation (masseurs-kinés) », continue Le Parisien.
Le quotidien observe que « les syndicats ont accueilli ces annonces avec un mélange de satisfaction et de prudence. Ainsi, FO-Santé «note certaines ouvertures» mais préfère mener «une analyse minutieuse» avant de «conclure favorablement ou non» »


Les Echos aborde aussi ce « nouveau coup de pouce pour les soignants ». Le journal souligne que « l’enjeu déborde la seule reconnaissance de leur travail. L’objectif est d’«améliorer l’attractivité et [de] dynamiser les carrières» de ces personnels, a insisté Olivier Véran. Avec pour objectif de lutter contre les difficultés de recrutement et de fidélisation auxquelles sont confrontés les hôpitaux ».
Le quotidien note que « pour mesurer l’impact de la revalorisation, qui sera réservée aux seuls fonctionnaires et ne bénéficiera pas aux contractuels, le ministère a élaboré des cas type qui montrent une amélioration significative de la progression des rémunérations à partir de 5 ans d’ancienneté. A l’exception des infirmiers en soins généraux ou masseurs-kinésithérapeutes, qui dès la première année passée bénéficieront d’une centaine d’euros nets en plus des 183 € net par rapport à la grille actuelle et, dans une moindre mesure, des aides-soignants (45 €) ».

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EN BREF

« L’attractivité se travaille », le Collectif Inter Blocs réagit aux annonces sur la revalorisation des carrières 

14.04.21 Mise à jour le 14.04.21

https://www.infirmiers.com/actualites/revue-de-presse/l-attractivite-se-travaille-le-cib-reagit-aux-annonces-sur-la-revalorisation-des-carrieres.html

À la suite des annonces du Comité de suivi du Ségur de la Santé sur la revalorisation des carrières, le Collectif Inter-Blocs (CIB), association représentante des IBODE, a réagi dans un communiqué à ce qu’il estime constituer un affront de trop pour une spécialité indispensable dans les blocs opératoires. En cause, une revalorisation jugée insuffisante. Celle-ci s’élève ainsi en début de carrière à 16 euros nets par mois au titre de la revalorisation des grilles indiciaires de catégorie A, qui s’ajoutent aux 183 euros nets mensuels accordés à l’ensemble des personnels du système de santé. Le CIB s’étonne également de la faible différence de revenu qui sépare le salaire post-Ségur d’un infirmier en soins généraux après un an de carrière (2 026 euros nets par mois) de celui d’un infirmier spécialisé (2 039 euros nets par mois). Pointant ce qu’il considère être un mépris du gouvernement envers les infirmiers spécialisés, le CIB rappelle que, en cette période d’épidémie et de saturation hospitalière, les IBODE demeurent extrêmement sollicités : ce sont entre autres les IBODE qui sont partis augmenter le capacitaire dans les réanimations et les services en tension et ce sont également eux qui doivent rattraper toute la déprogrammation organisée par le gouvernement pour absorber l’activité due au Covid-19. Et d’appeler l’ensemble des associations représentatives à faire convergence pour défendre la profession. L’attractivité ne s’invente pas, elle se travaille, revendique le communiqué.

Une journée avec les sages-femmes de l’hôpital d’Arpajon : « Ce qui se passe dans les maternités, ce n’est pas tout rose »

Par  Brice Laemle

Publié le 05 avril 2021 à 10h00 – Mis à jour le 05 avril 2021 à 13h03

REPORTAGE

https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/04/05/une-journee-avec-les-sages-femmes-de-l-hopital-d-arpajon-ce-qui-se-passe-dans-les-maternites-ce-n-est-pas-tout-rose_6075599_3224.html

Déçues par le Ségur de la santé, elles se mobilisent pour demander une reconnaissance du caractère médical de leur profession, une hausse des salaires et davantage d’effectifs.

« Cigognes mais pas pigeonnes ». L’affiche accrochée dans l’entrée de la petite maternité du centre hospitalier d’Arpajon (Essonne) sonne comme un cri de cœur. Voilà plusieurs mois que les sages-femmes hospitalières se mobilisent partout en France pour demander une reconnaissance du caractère médical de leur profession, une hausse des salaires et davantage d’effectifs… avec l’impression de ne pas être entendues par le gouvernement. « Code rouge ! », ont-elles écrit en majuscules pour signifier leur colère et alerter les futurs parents sur leurs conditions de travail. Pour cette profession très majoritairement féminine, ces deux mots disent l’urgence de la situation : il s’agit d’une césarienne à réaliser en cas de menace immédiate de pronostic vital maternel ou fœtal. L’ultime recours.

Dans le hall d’accueil de la maternité du centre hospitalier d’Arpajon, le 19 mars. CAMILLE GHARBI POUR « LE MONDE » 

Peu avant 8 heures, Fouzia Berbere descend au bloc obstétrical, situé au moins un, et enfile sa blouse violet clair. Elle commence sa garde de douze heures. Epaulée par deux infirmières et deux aides puéricultrices, la sage-femme de 34 ans est briefée sur les dossiers médicaux des trois patientes en salle de naissance ce vendredi matin. Le relais fait avec l’équipe de nuit, il faut vérifier que le « respirateur néonat » fonctionne correctement, tout en surveillant l’écran qui réunit les « monitos »(lesquels mesurent à la fois le rythme cardiaque du bébé et les contractions de l’utérus). Sa jeune collègue sage-femme, Catherine Albagli-Curiel, actualise les tableaux Veleda des patientes avec le nombre de semaines de grossesse, la dilatation, la ou les méthode(s) de déclenchement s’il y a, dans les chambres Lilas, Jonquilles et Mimosas.

A cela s’ajoute la paperasse à remplir à la main : le futur logiciel de centralisation des dossiers ne sera pas mis en place avant juin. Tout en répondant aux inquiétudes des trois femmes enceintes, il faut s’occuper du codage des actes et des entrées-sorties sur ordinateur, tandis que pour les certificats de naissance et surtout des dossiers périnataux, il est nécessaire de recopier des informations sur la santé de la mère et de l’enfant à venir, sur deux, voire trois autres documents manuscrits.

Dans l’îlot central, entre les salles de naissance, de réanimation et le bloc opératoire, le 19 mars. L’équipe en service de jour fait le point sur l’évolution des quatre accouchements en cours ce jour-là. CAMILLE GHARBI POUR « LE MONDE » 

Autour de l’îlot central – la « tour de contrôle » située au croisement des différentes salles de naissance –, on prépare dans la bonne humeur les bracelets de naissance, on parie sur le poids des enfants à venir, les vannes fusent et des rires éclatent : l’équipe est soudée pour traverser les épreuves. « Contrairement à ce qu’imagine la société, ce qui se passe dans les maternités, ce n’est pas tout rose. Il y a des fausses couches, des enfants mis en danger par leur mère en post-partum, des femmes qu’il faut détecter comme victimes de violences conjugales », raconte Fouzia, diplômée en 2010. Mais « ici, on sait qu’on peut compter les unes sur les autres. »

Préparation des bracelets de naissance par l’une des deux auxiliaires de puériculture de l’équipe de jour. CAMILLE GHARBI POUR « LE MONDE » 

Toutes les sages-femmes rencontrées ce vendredi de mars évoquent leur vocation, mais surtout la force du collectif qui les fait tenir, malgré le peu de reconnaissance de ce métier stressant, et la fatigue de semaines allant jusqu’à soixante heures, sans compter les week-ends et les nuits de garde. Après cinq ans d’études, le salaire moyen d’une sage-femme est de 1 750 euros net en début de carrière, une rémunération bien inférieure à celle des médecins et chirurgiens-dentistes, classés dans la même catégorie selon le code de la santé publique.

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Des sages-femmes dans le service maternité du centre hospitalier d’Arpajon, le 19 mars. CAMILLE GHARBI POUR « LE MONDE » 

Sur vingt postes de sages-femmes à Arpajon, deux restent à pourvoir et ne trouvent pas preneur. En attendant, des heures supplémentaires pallient le manque de personnel. Les effectifs n’ont pas bougé depuis 1999 dans cette maternité où se déroulent environ 1 450 accouchements par an, mais les patientes sont devenues plus exigeantes. La libération de la parole autour des violences obstétricales (touchers vaginaux sans avertissement, péridurales ou épisiotomies non désirées, « point du mari », cette suture supplémentaire douloureuse « clandestine » effectuée par certains obstétriciens, etc.) a marqué les consciences. Les jeunes mères demandent moins de médicalisation pendant l’accouchement et davantage d’accompagnements pendant et après leur grossesse : « De plus en plus de femmes veulent être des mères parfaites, on les aide, bien sûr, mais on les déculpabilise aussi, notamment sur l’allaitement », raconte Véronique, aide-puéricultrice de 54 ans.

Justine, étudiante auxiliaire de puériculture, prépare la salle de réanimation bébé, qui est maintenue prête en permanence. CAMILLE GHARBI POUR « LE MONDE » 

En juin 2020, l’association le Collège national des sages-femmes de France (CSNF) dressait un bilan inquiétant dans une enquête sur la santé au travail : 40 % des cliniciennes salariées disaient souffrir de burn-out, jusqu’à 66 % pour les sages-femmes coordinatrices. A l’issue du Ségur de la santé, les sages-femmes ont obtenu une revalorisation de 183 euros net par mois au printemps 2021, une prime similaire à celle accordée aux paramédicaux. Un nouvel affront, selon elles, car les sages-femmes sont souvent amenées à gérer un accouchement de bout en bout, le médecin intervenant seulement en cas de complications. « On sait déléguer la pathologie, nous, on fait de la physiologie. Il n’y a pas de concurrence, on collabore ! », explique Nathalie, 49 ans, dont vingt et un d’ancienneté à la maternité d’Arpajon.

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Nathalie, sage-femme est chargée du suivi de Leïla, 29 ans, et de son fils Isaac. CAMILLE GHARBI POUR « LE MONDE » 

La maïeuticienne rend visite à Leïla, 29 ans, qui vient de mettre au monde le petit Isaac, né il y a moins de quarante-huit heures, par césarienne. Nathalie a su trouver les mots pour la convaincre qu’il n’y avait pas d’autres options, alors que le nourrisson avait le cordon ombilical doublement enroulé autour du cou, sans brusquer la jeune femme, au summum de sa vulnérabilité. « Elle m’a écoutée, m’a convaincue de la nécessité de procéder ainsi pour préserver la santé de mon bébé et m’a rassurée », raconte Leïla, reconnaissante. Créer une relation de confiance, percevoir une angoisse à travers un simple regard, c’est l’essence de leur métier. « Elles écoutent nos maux et nos mots, avec empathie, bienveillance, bonté, humanité », ajoute Elisa, 30 ans, qui a déjà eu un premier enfant dans la maternité et s’apprête à accoucher du second, d’ici quelques jours.

Aux urgences de la maternité, les sages-femmes prennent en charge les demandes et appels émanant des patientes suivies, en plus des accouchements en cours. CAMILLE GHARBI POUR « LE MONDE » 

Les conditions d’exercice habituellement délicates le sont d’autant plus dans le contexte sanitaire lié à l’épidémie de Covid-19. Contrairement à ce qui se fait dans certaines maternités depuis le début de la crise, le ou la conjointe de la future mère peut l’accompagner en salle de travail, à condition de porter un masque. Mais pour les consultations pendant la grossesse, cela n’est pas encore possible : autant de tensions supplémentaires à gérer. Ce matin-là, un mari, bipolaire selon le dossier médical de la patiente, tente d’imposer sa présence lors d’une consultation. L’homme paraît à cran et la situation pourrait dégénérer. « Il faut discuter, expliquer, il n’y a que ça pour calmer et désamorcer les colères et incompréhensions », témoigne Fouzia Berbere, d’une voix ferme et rassurante à la fois, une fois la tension retombée.

La maternité d’Arpajon, de niveau 2A , pratique en moyenne 1 457 naissances par an. CAMILLE GHARBI POUR « LE MONDE » 

Lorsque les contractions se rapprochent et que les femmes doivent « pousser », les sages-femmes de la maternité d’Arpajon leur proposent d’enlever le masque. Une mini-entorse au protocole, nécessaire dans ce moment physiquement éprouvant. D’autant qu’avant tout accouchement dans le service, les femmes doivent se soumettre à un test RT-PCR. Si une patiente est positive au Covid-19, la sage-femme d’astreinte est appelée et restera à ses côtés pendant tout le travail et l’accouchement. Pour faire passer plus vite ces longues heures en tête à tête, un « kit de survie » l’attend dans une boîte à chaussures sur laquelle sont dessinés des cœurs. A l’intérieur, des jeux de cartes, des biscuits et des sachets de thé. Dans quelques minutes, l’équipe du soir prendra le relais. Pour 9,87 euros net de prime par nuit.

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Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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