Régions et santé – Les Contrepoints de la Santé – Débat intégral – Mars 2021
https://www.youtube.com/watch?v=1bLuHlce2aY
Voir à partir de la 17mn
Sortie le 25 mars 2021
Les élections régionales 2021 devraient avoir lieu les 13 et 20 juin, à moins qu’elles ne soient décalées, Covid-19 oblige. Nous ne le saurons que le 1er avril prochain. Quoi qu’il en soit, la santé sera au cœur des élections comme elle a été au centre du Grand débat organisé dans les régions par le Président de la République en 2019.
Certes la santé ne fait pas partie des compétences des Régions. Mais La crise sanitaire a rebattu les cartes et se repose ainsi avec force la problématique de l’organisation des soins et de la santé dans les territoires et le rôle de chacun, avec un objectif de clarification et d’efficacité. Pour en débattre, le Président délégué de « Régions de France », François Bonneau, qui représente ainsi toutes les régions et qui est aussi le Président de la Région Centre-Val de Loire, également membre du Parti socialiste.
Les sujets sont nombreux : la gestion de la crise sanitaire dans toutes ses composantes bien sûr mais aussi les déserts médicaux, l’hôpital, la dépendance, la santé publique et la prévention.
Quel rôle pourraient jouer les collectivités territoriales et les régions en particulier ? Quelles compétences pour les Régions ? Quelle place pour les Régions et les départements, pour les ARS ? Faut-il une déconcentration ou une décentralisation ? Les Régions doivent-elles co-piloter les ARS ?
Le sondage BVA* réalisé pour les Contrepoints et détaillé par Odile Peixoto, directrice de BVA Santé, montre bien que les Français sont plein de bon sens… ils souhaitent que tout le monde travaille ensemble.
https://www.veille-acteurs-sante.fr/2021/03/25/12855/
Avec Philippe Leduc, Pascal Maurel, Renaud Degas, Françoise Millet et Nathalie Ratel, nous vous proposons ce débat sur la Chaine You Tube des Contrepoint de la santé, avant de nous retrouver physiquement.
Ce débat a été enregistré dans les conditions du direct jeudi 25 mars 2021 dans la matinée.
Merci à nos partenaires BVA, Carte blanche, Groupe Pasteur Mutualité, MSD, Point Vision et La Veille Acteurs de Santé.
Les Contrepoints de la Santé sont des petits-déjeuners-débats mensuels co-organisés par les journalistes Pascal Maurel (Ortus), Philippe Leduc (LDC Santé) et Renaud Degas (La Veille des acteurs de la Santé, Presse Infos +). Tous les mois, des personnalités de premier plan débattent ainsi des sujets qui font l’actualité de la santé !
Commentaires Dr Jean SCHEFFER
Commentaire Dr Jean SCHEFFER:Je suis très sensible à la demande de François Bonneau qui a obtenu du Doyen et des médecins du CHU la nomination de chefs de clinique-assistants en médecine générale, dans les différents territoires de la région.
Je suis très agréablement surpris par la proposition du Président Bonneau de faire nommer par le CHU dans les territoires, des Chefs de clinique-Assistants en Médecine générale (24’40), afin d’encadrer sur place les internes dans les hôpitaux généraux et autres lieux de formation et en priorité auprès des généralistes formateurs. Bien entendu il faut féliciter le Doyen et les professeurs du CHU d’avoir accepter de se délester ou d’avoir créé ces postes.
Il suffirait qu’il aille un peu plus loin, et qu’il propose mon « Clinicat-Assistanat pour tous » afin de résoudre tous les manques de médecins à tous niveaux et en premier lieu pour solutionner les déserts médicaux en millieu rural, dans les quartiers mais aussi pour résoudre les déserts hospitaliers (Voir ma note ci-dessous).
Je voudrais aussi insister sur sa volonté de créer, après les 100 maisons de santé libérales polydisciplinaires, une trentaine de centres de santé avec médecins salariés, non pas pour les opposer, mais pour répondre aux désirs d’une partie des internes souhaitant ce type d’activité et pour compléter les manques dans les territoires laissés par les maisons de san té libérales. (21’30 – 47’50)
A propos des déserts médicaux et hospitaliers: une solution miracle acceptable par tous.
https://1drv.ms/w/s!Amn0e5Q-5Qu_rkx-Y8s_aYGXF2h_?e=ZjYvsy
Plusieurs rapports démontrent que toutes les mesures pour inciter les jeunes médecins à s’installer dans les déserts médicaux, si elles ont pu ponctuellement être une solution, elles ont globalement échoué. Il en sera de même pour cette nième proposition.
La multitude des aides n’a pas solutionné les déserts sauf cas particulier et la gabegie financière a été dénoncée par la cour des comptes (cf la carte des installations en 2016, la quasi-totalité des installations a eu lieu en dehors des zones à pourvoir)
https://1drv.ms/p/s!Amn0e5Q-5Qu_rkt0or-uf-q1Y87L?e=XgKU9C
Seule une régulation de l’installation des généralistes et spécialistes avec l’augmentation du numerus clausus, pourra avec le maintien de ces mesures, modifier la donne.
Elle est réclamée depuis de nombreuses années, y compris par l’Ordre des médecins en Août 2012 (qui s’est rétracté par la suite), par les Doyens de faculté, par les Maires des petites villes et des villes moyennes, par 90% des Français, par de multiples organismes:
http://coordination-defense-sante.org/wp-content/uploads/2017/08/Remise-en-cause….pdf
Mais elle demeurera insuffisante pour résoudre les déserts hospitaliers et autres postes médicaux vacants dans tous les domaines d’exercice quelles que soient les spécialités.
Les déserts médicaux ne sont pas qu’en zone rurale ou dans les quartiers défavorisés des grandes villes, ils sont aussi dans nos hôpitaux y compris psychiatriques (plus de 40% de postes vacants) et c’est l’argument principal des fermetures de service en hôpital local, en centre hospitalier et même en CHU ! Mais les postes vacants sont aussi en nombre en PMI, en médecine scolaire et universitaire, dans les CMP, en médecine du travail, en santé publique…
Il faut donc résoudre la mauvaise répartition des médecins tant celle des spécialistes que celle des généralistes.
La moindre contribution en remerciement des études payées par la société, de la part de nos jeunes collègues, serait d’accepter une mission de service public de 2 ou 3 ans, généralistes, comme spécialistes et il n’y aurait ainsi aucune discrimination par l’argent comme c’est le cas actuellement avec les bourses données à ceux qui acceptent d’aller s’installer quelques années dans les déserts médicaux.
La solution c’est un clinicat-assistanat pour tous, en fin d’internat, obligatoire pour les futurs généralistes et les futurs spécialistes. Ainsi seront rapidement résolus déserts médicaux dans les quartiers et en milieu rural, mais aussi les 40% des postes vacants surtout dans les hôpitaux généraux, en PMI, en médecine scolaire, dans les CMP, en médecine du travail…. Les postes pourraient être partagés pendant les 3 années entre gros et petits hôpitaux , entre villes et milieu rural., entre Hôpital général ou CHU et PMI ou CMP, ou centre de santé et maison de santé, ou médecine scolaire, ou médecine du travail…Il faut résoudre l’ensemble des postes vacants avec une seule solution et chacun ne tirera plus la couverture à lui. Il n’y aura plus de ségrégation entre étudiants de milieu modeste acceptant une bourse pour aller en désert médical et les autres mieux nantis. C’est une excellente façon de découvrir autre chose que la ville universitaire et de prendre gout à une toute autre qualité de vie, et donner envie de la partager après son assistanat, comme moi Toulousain quand je suis arrivé en 1970 sur Albi. J’y suis resté et je m’en félicite.
En qui concerne la médecine génarale, il s’agirait d’assistanat partagé entre Hôpitaux généraux, et centres de santé public ou maisons de santé libérales.Il ne manque plus que la volonté politique pour inverser une mécanique allant tout droit vers un clivage « médecine des riches et médecine des pauvres », avec des territoires abandonnés