« Le chèque psy » pour les étudiants: la mesure d’urgence du gouvernement est ralentie par des lourdeurs administratives, un tarif peu attractif pour les psychologues…

Les « chèques psy » pour étudiants, un dispositif jugé « bancal », souvent « très complexe », parfois « indécent »

La mesure d’urgence du gouvernement est ralentie par des lourdeurs administratives, un tarif peu attractif pour les psychologues… Au 10 avril, seuls 905 rendez-vous avaient été pris. 

Par Léa IribarnegarayPublié aujourd’hui à 01h05, mis à jour à 15h12  

https://www.lemonde.fr/campus/article/2021/04/13/le-laborieux-demarrage-des-cheques-psy-pour-les-etudiants_6076535_4401467.html

ANNA WANDA GOGUSEY

Le 21 janvier, Emmanuel Macron annonçait la création du « chèque psy » le 1er février, pour que tous les étudiants heurtés par la crise puissent consulter un psychologue sans avoir à débourser un centime. Cette mesure doit notamment permettre aux jeunes qui n’ont pas accès aux consultations des services de santé universitaires (SSU) – soit parce qu’ils sont loin, soit qu’ils n’y sont pas rattachés, ou que les délais d’attente sont trop longs – d’obtenir une prise en charge gratuite à proximité, en libéral.

Trois mois plus tard, les professionnels impliqués continuent de se débattre avec un dispositif qu’ils jugent tantôt « bancal », souvent « très complexe », parfois « indécent ». Lourdeurs administratives, système peu attractif pour les praticiens, communication balbutiante : le « chèque psy » peine à prendre son essor. Au 10 avril, 905 étudiants dans toute la France avaient pris rendez-vous avec un psychologue via le dispositif.

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« Sur le fond, c’est toujours utile. Sur la forme, euh, comment dire… », esquisse Laurent Gerbaud, président de l’Association des directeurs des services de santé universitaire et médecin directeur du pôle santé handicap étudiants à l’université Clermont-Auvergne.

Tentons un résumé. L’étudiant doit commencer par prendre rendez-vous – soit chez son médecin généraliste, soit dans son service de santé universitaire – pour se faire prescrire un suivi psychologique. Son ordonnance en poche, il a le droit à trois consultations gratuites en libéral, renouvelables une fois.

Pour trouver un psychologue près de chez lui, l’étudiant se connecte ensuite sur la plate-forme en ligne « Santé psy étudiant » : opérationnelle depuis le 10 mars, elle recense à ce stade 1 360 psychologues préalablement validés par la Fédération française des psychologues et de psychologie et par le service de santé universitaire le plus proche (il en existe 58 en France), avec lequel ils signent une convention. Une fois la séance faite, le psychologue renseigne les informations sur la plate-forme pour pouvoir être payé par l’université dont il dépend. En fin d’année, c’est l’Etat qui remboursera aux universités les sommes dépensées, à raison de 30 euros par consultation.

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A entendre les différents directeurs et directrices de SSU, la procédure serait extraordinairement lourde. A Bordeaux, six gestionnaires ont été réquisitionnés, d’abord pour déclarer les cinquante psychologues conventionnés avec l’université, puis pour effectuer le paiement.

« On est la troisième université de France, et, même avec une immense volonté, on a du mal à assumer tout ça », fait valoir Christophe Tzourio, directeur du centre de santé de l’université de Bordeaux. Pour Laurent Bensoussan, directeur du service de la médecine préventive d’Aix-Marseille Université, « le dispositif est bon, mais le vecteur pas adapté : cela aurait été plus simple de passer par l’Assurance-maladie, qui, contrairement à l’université, sait payer des prestations de santé ».

Peu de psychologues candidats

Avec peu de moyens et dans un temps record, il a fallu créer une plate-forme sur laquelle transitent des données de santé confidentielles. Vérifier un à un les numéros « Adeli » des psychologues – le répertoire national qui recense les professionnels réglementés –, s’assurer qu’ils aient au minimum trois années d’expérience…

Mais, pour l’instant, on ne peut pas dire que les candidats se bousculent. Dans une dizaine de départements, aucun praticien ne s’est encore présenté. « Au départ, seuls six psychologues ont accepté pour toute la Picardie. J’étais désespérée !, raconte Delphine Guérin, directrice du SSU de l’université de Picardie Jules-Verne, à Amiens, qui bataille tant bien que mal dans un désert médical. On a fait du mailing téléphonique pour en trouver dix-neuf de plus. Le projet est important pour une zone rurale comme la nôtre. »

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Au-delà des disparités territoriales, le montant de la consultation fait polémique. « La réaction de l’ensemble des professionnels a été extrêmement violente : la tarification à 30 euros est inacceptable », tranche Patrick-Ange Raoult, secrétaire général du Syndicat national des psychologues (SNP) et maître de conférences à l’université Grenoble-Alpes. En plus de s’opposer au modèle de la prescription médicale, le SNP prône des séances à 60 euros et défend le remboursement total des consultations – récemment annoncé par les complémentaires santé à ce même tarif, mais testé depuis deux ans par l’Assurance-maladie à hauteur de 30 euros dans quatre départements.

Psychologue clinicien installé en libéral à Angers, David Alglave a tout de même fait le choix de s’inscrire dans le dispositif. « Le prix ne me dérange pas, parce qu’on est vraiment dans une clinique de l’urgence. Pour moi, c’est dérogatoire et temporaire. Je vois des étudiants au bord de la décompensation : c’est un crève-cœur de les voir en si grande difficulté, déclare cet enseignant à l’Université catholique de l’Ouest.

Baisse de l’humeur, syndrome anxieux, sentiment d’abandon, idées suicidaires… Le praticien découvre des symptômes aigus chez les jeunes qui entrent dans son cabinet. « Pour certains, le maigre fil qui tenait est en train de casser. On risque des catastrophes », poursuit l’Angevin.

Pour Patrick-Ange Raoult, à l’inverse, « on ne peut pas utiliser l’oblativité d’une profession pour la culpabiliser et négocier n’importe quoi ». Laurie Amalric, psychologue à Amiens, trouve « rageant que le tarif soit borné à ce point » mais, connaissant « le budget serré des étudiants », elle « préfère les aider pour 30 euros que ne pas les aider du tout ».

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Reste une question qui préoccupe les personnes interrogées : après les six consultations, où iront ces étudiants ? « Il est difficile de commencer à raconter son histoire. Si vous arrêtez au bout de quelques séances, vous interrompez la rencontre. Il y a des effets pervers à introduire une rupture dans le parcours de soin », s’inquiète le psychiatre Jean-Christophe Maccotta, responsable du pôle de prévention et d’orientation psychologique de l’université PSL, à Paris. « Que va-t-il se passer quand je vais les lâcher ? », s’alarme ainsi David Alglave, qui réfléchit déjà à leur proposer de maintenir « le lien de confiance » pour une somme modique. « Il y a un nouvel effet d’abandon qui me dérange », dit-il.

Une réponse d’urgence

Face au contexte exceptionnel de la pandémie, le gouvernement mise d’abord sur le désengorgement des SSU, aujourd’hui débordés. Le « chèque psy » – ou « santé psy étudiant », comme il a été renommé – « est une réponse d’urgence qui n’a pas vocation à durer ni à remplacer l’existant. On prend en charge la phase aiguë de la crise », indique le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, précisant que le relais sera pris par des dispositifs du ministère de la santé.

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Le « chèque psy » est ainsi venu en complément du recrutement, cette année, de 80 psychologues en équivalent temps plein (ETP) dans les universités, afin de réduire des délais d’attente qui ont explosé depuis la rentrée.

Selon une étude publiée en novembre 2020 par l’association Nightline, la France compte un psychologue en équivalent temps plein pour 30 000 étudiants. Aux Etats-Unis, c’est un pour 1 500 étudiants. Ainsi, à Clermont-Ferrand, le SSU gère en temps normal une liste d’attente de cinq à huit étudiants ayant besoin d’une consultation en santé mentale. Mi-septembre, celle-ci était passée à vingt étudiants. Mi-octobre, à 80. « Aujourd’hui, on absorbe mieux. Notre liste d’attente s’est réduite à moins de dix personnes, constate le directeur. C’est surtout parce qu’on a pu recruter. »

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Selon la dernière enquête publiée en mars par la MGEN, 41 % des étudiants ont déjà renoncé à se soigner ou à consulter un professionnel de santé au cours de l’année – pour des questions d’argent (38 %) ou parce que les rendez-vous étaient trop longs à obtenir (31 %). Laurent Gerbaud prévient : « En pleine tempête, on essaie de colmater des ruines… mais il faudra bien aller au chantier naval après ! »Où trouver de l’écoute et de l’aide ?

– Fil Santé Jeunes : écoute, information et orientation des jeunes dans les domaines de la santé physique, psychologique et sociale. Anonyme et gratuit 7 jours sur 7, de 8 heures à minuit. 
Tél. : 01-44-93-30-74 (depuis un portable). Filsantejeunes.com

– Suicide Ecoute : écoute des personnes confrontées au suicide. Permanence d’écoute téléphonique 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. 
Tél. : 01-45-39-40-00. Suicide-ecoute.fr.

– Nightline France : service d’écoute par et pour les étudiant·e·s, nocturne et gratuit. 
Tél. : 01-88-32-12-32 et service de tchat. Nightline.fr

– Soutien étudiant info : recensement par l’association Nightline de tous les soutiens psychologiques gratuits disponibles dans les 30 académies de France. Soutien-etudiant.info

– En cas de risque suicidaire avéré, se rapprocher des services d’urgence : appeler le SAMU 15 ou le 112 (numéro européen).

Léa Iribarnegaray

Covid-19 : un forfait psy pour les enfants et adolescents en détresse, annonce Emmanuel Macron

Les faits 

Emmanuel Macron a annoncé mercredi 14 avril la mise en place d’un forfait de prise en charge de dix séances de psychologue prépayées pour les enfants et adolescents de 3 à 17 ans.

  • La Croix (avec AFP), 
  • le 14/04/2021 à 18:34 
  • Modifié le 15/04/2021 à 09:32

Lecture en 2 min.

https://www.la-croix.com/Covid-Macron-annonce-forfait-psy-enfants-detresse-2021-04-14-1301151003

Covid-19 : un forfait psy pour les enfants et adolescents en détresse, annonce Emmanuel Macron
Le président français Emmanuel Macron (c) parle à des soignants lors d’une visite au service pédopsychiatrique du CHU de Reims, le 14 avril 2021.POOL/AFP

Troubles alimentaires, refus d’école, dépressions… Face à une montée de la détresse due à la crise du Covid-19 chez les enfants et les adolescents, Emmanuel Macron a annoncé mercredi 14 avril la mise en place d’un forfait de prise en charge de dix séances de psychologue prépayées.iPourquoi lire La Croix ?La Croix choisit dans le flot de l’actualité des pépites à mettre en lumière, en privilégiant le recul et l’analyse.+

« Nous avons aujourd’hui un problème de santé qui touche nos enfants et adolescents, qui se rajoute à l’épidémie », a déclaré le chef de l’État au cours d’une rencontre avec des soignants dans le service de pédopsychiatrie au CHU de Reims.

→ ENQUÊTE. Gestes suicidaires, dépressions : des chiffres alarmants sur la santé mentale des enfantsNewsletters La Croix iEdition Sciences & Ethique

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Le forfait permettra le remboursement à 100 % de dix séances de psychologue en ville pour des enfants et adolescents de 3 à 17 ans, a précisé la présidence. Il sera activable tout au long de la crise, auprès de psychologues partenaires identifiables sur une plateforme et dans le cadre d’un parcours de soin passant par tout médecin, qui prescrira ce forfait d’urgence.

4 parents sur 10 ont observé des signes de détresse chez leur enfant

Emmanuel Macron a échangé pendant plus de trois heures avec des soignants et des patients, dont une adolescente hospitalisée pour dépression. « Qu’est-ce que vous redoutez le plus ? », lui demande-t-il. « Un nouveau confinement », répond-elle. « On fait tout pour »l’éviter, tente de la rassurer le chef de l’État. « Oui, j’aimerais bien sortir, voir mes amis, car rester enfermée à la maison, c’est pas facile du tout », témoigne la jeune fille.À lire aussiLes débuts balbutiants de Santé psy étudiant

« On voit monter quelque chose qu’on n’avait pas connu au premier confinement, une anxiété et des angoisses chez les plus jeunes qui se sont traduites dans les chiffres », a souligné Emmanuel Macron, en citant une hausse de 40 % des urgences pédiatriques.

Quatre parents sur dix ont déclaré avoir observé des signes de détresse chez leur enfant lors du premier confinement, en raison notamment de la contrainte d’enfermement et de l’absence de relations sociales liée à la fermeture des écoles.

Les services de pédopsychiatrie débordés

Face à cette demande, les services de pédopsychiatrie, en manque d’effectifs depuis longtemps, sont débordés. « Il faudrait doubler, voire tripler les effectifs » des soignants, a alerté la cheffe du service de pédopsychiatrie, Anne-Catherine Rolland, qui lui a précisé que les demandes de consultations avaient doublé depuis septembre.

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Au-delà du forfait d’urgence, Emmanuel Macron a promis que des réponses plus structurelles seront débattues lors des Assises de la santé mentale prévues cet été. Sera ainsi abordé le manque d’attractivité de la profession de pédopsychiatre.

Selon les enquêtes menées par Santé publique France depuis un an, la proportion de Français rapportant des états anxieux ou dépressifs a fortement augmenté depuis le premier confinement et se maintient à un niveau élevé depuis, touchant près d’un tiers (31 %) de la population.

A l’université, une formation pour apprendre à aider les étudiants en détresse

Dispensée sur deux jours, la « formation aux premiers secours en santé mentale » permet aux étudiants de repérer des symptômes de détresse chez leurs camarades. 

Par Léa IribarnegarayPublié le 13 avril 2021 à 07h30  

Temps de Lecture 3 min. 

https://www.lemonde.fr/campus/article/2021/04/13/a-l-universite-une-formation-pour-apprendre-a-aider-les-etudiants-en-detresse_6076561_4401467.html

Seize étudiants volontaires se forment aux premiers secours en santé mentale, dans l'amphithéâtre Gustave Roussy de Sorbonne Université, à Paris, le 31 mars 2021.
Seize étudiants volontaires se forment aux premiers secours en santé mentale, dans l’amphithéâtre Gustave Roussy de Sorbonne Université, à Paris, le 31 mars 2021. LÉA IRIBARNEGARAY

Dans l’amphithéâtre Gustave-Roussy, sur le campus des Cordeliers de la Sorbonne, à Paris, des étudiants dessinent le visage d’une personne qui souffre d’anxiété. Perles de sueur, cernes prononcées, nuages apocalyptiques au-dessus du front, enchevêtrement de spirales menaçantes et colorées… Ils ne manquent pas d’inspiration. Ce groupe entame sa deuxième journée de formation aux premiers secours en santé mentale (PSSM) : la veille, les seize volontaires – filles et garçons – ont déjà exploré les troubles psychiques, les crises suicidaires et autres symptômes de la dépression.

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Au terme des quatorze heures de formation, tous deviendront « secouristes en santé mentale ». Car si certains sont initiés aux gestes qui sauvent en cas d’arrêt cardiaque ou d’étouffement, que faire en cas d’attaque de panique ou de conduite agressive liée à une prise de substances ? « Il ne s’agit pas de se substituer aux soins, mais plutôt de se rendre compte de changements de comportements dans leur entourage, détaille le formateur Maxime Lacoche, coordinateur des actions de prévention au Service universitaire de médecine préventive et de promotion de la santé (SUMPPS) de Sorbonne Université. Les étudiants s’entraînent à repérer des signes pour apporter une première aide. »

« Je change de regard »

Loin de trouver le rendez-vous plombant, Amine Benslimane, 23 ans, y voit plutôt « une grande bouffée d’oxygène ». Originaire de Béjaïa, en Algérie, l’étudiant a posé ses valises en France en septembre pour suivre un master d’informatique et, depuis, il tourne en rond dans sa résidence à Cergy (Val-d’Oise), frôlant l’overdose de cours en visio. « J’ai bien apprécié de sortir de chez moi, et ça motive d’autant plus de voir des gens en vrai ! », lâche-t-il, admettant quelques baisses de moral, seul depuis des mois dans son studio. « On tient quand même le coup », répète le jeune homme, marqué notamment par le suicide d’un de ses amis, étudiant algérien comme lui, à La Rochelle fin août 2020. « On n’a rien vu, on ne s’y attendait pas. Cette histoire a peut-être joué un rôle dans mon choix de m’inscrire à cette formation. J’aurais aimé être sensibilisé plus tôt à ce genre de trucs. »

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Agrémentée de vidéos, jeux de rôle, œuvres d’art et autres challenges par équipes, la formation alterne mises en situation et apports théoriques. Calquée sur un programme australien standardisé, l’association PSSM France a été créée en 2018, accréditant ses premiers formateurs en 2019. Même si le contenu se veut universel – donc pas spécifiquement adapté à la population étudiante – quatre services de santé universitaires ont d’abord été retenus pour expérimenter le dispositif. En plus de la Sorbonne, les universités de Lorraine, Bordeaux et Clermont-Auvergne ont mis le pied à l’étrier, avec le soutien de leurs agences régionales de santé.

Depuis le début de la crise sanitaire, ces formations prolifèrent, la santé mentale des étudiants n’ayant cessé de se dégrader. Tous les volontaires présents ont d’ailleurs côtoyé, de plus ou moins près, quelqu’un qui n’allait pas bien. Isolement, perte de repères et de motivation, décrochage, précarité… La jeunesse continue de subir les conséquences multiples de la pandémie. « Avant, j’aurais eu tendance à minimiser la chose, à dire c’est rien, ça va passerreconnaît Iraj Khalid, étudiante de 23 ans en master de neurosciences. Après ces deux journées, je change de regard. » 

Questions directes

Prendre le temps de comprendre la dépression ou de déceler des idées noires, c’est aussi dédramatiser, déstigmatiser des sujets embarrassants et tabous. « On ne m’avait jamais parlé de tout ça » regrette Félix Tournès, 20 ans, qui termine sa licence en sciences de la vie avant de retenter médecine. Pour sa part, il garde précieusement « tous les numéros utiles », alors qu’il aurait aimé pouvoir aider un ami « accro aux jeux d’argent ». 

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Dans une logique d’empowerment, chacun apprend ainsi à se soucier de l’autre. Futures vigies, les jeunes secouristes pourront faciliter l’accès aux soins en orientant un camarade fragile vers des structures adaptées. A ce stade, 144 étudiants ont été formés à Sorbonne Université, à raison de 16 participants par session.

« As-tu déjà pensé à la mort ? » ; « Est-ce que tu as des idées suicidaires ? » Comme les autres, Fiona Samba, 21 ans, n’aurait jamais imaginé qu’il fallait poser des questions aussi directes. « Quand on a un doute, on ne doit pas passer par quatre chemins », explique désormais l’étudiante en sociologie. Pour venir se former, elle a dû faire une croix sur une flopée de cours et une journée de baby-sitting : « Mais ça valait le coup. »

Léa Iribarnegaray

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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