A défaut de fermer nos frontières avec le Brésil, ou pourrait au moins mettre en quarantaine controlée les voyageurs à l’arrivée à Roissy, mais la France ne fait que des contrôles aléatoires comme avec ceux en provenance de WUHAN en Février 2020 !

Des membres d’équipage (au premier plan) à l’arrivée des derniers vols autorisés en provenance du Brésil, à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, le 14 avril.
Des membres d’équipage (au premier plan) à l’arrivée des derniers vols autorisés en provenance du Brésil, à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, le 14 avril. JULIEN DANIEL / MYOP POUR « LE MONDE »

La France suspend « jusqu’au 19 avril » tous les vols entre le Brésil et la France

Annoncée par le premier ministre à l’Assemblée nationale, la mesure répond aux inquiétudes liées au variant du Covid-19 apparu au Brésil et qui a aggravé la situation sanitaire du pays. 

Le MondePublié le 13 avril 2021 à 16h09, mis à jour hier à 09h57  

Temps de Lecture 3 min. 

https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/04/13/la-france-suspend-jusqu-a-nouvel-ordre-tous-les-vols-entre-le-bresil-et-la-france-annonce-jean-castex_6076627_3244.html

La France a décidé de suspendre tous les vols entre le Brésil et la France en raison des inquiétudes liées au variant dit brésilien du Covid-19, a annoncé le premier ministre, Jean Castex, mardi 13 avril. « Nous constatons que la situation s’aggrave et nous avons donc décidé de suspendre jusqu’à nouvel ordre tous les vols entre le Brésil et la France », a expliqué le chef du gouvernement lors de la séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.

Le décret, paru au Journal officiel mercredi matin, précise que « les déplacements de personnes en provenance de ce pays vers le territoire de la République sont (…)interdits jusqu’au 19 avril 2021 à zéro heure ».

La situation sanitaire n’a cessé de s’aggraver au Brésil depuis février en raison de l’émergence d’un variant local du virus, appelé P1 et considéré comme plus contagieux et plus mortel, mais encore très minoritaire en France. Alors que la vaccination avance lentement au Brésil, ce sont à ce jour près de 92 nouvelles souches du coronavirus qui y ont été identifiées, faisant du pays une gigantesque« usine à variants ».

Lire aussi  Covid-19 : le gouvernement se résigne à suspendre « jusqu’à nouvel ordre » les vols en provenance du Brésil

Lundi, le ministre délégué aux transports, Jean-Baptiste Djebbari, avait expliqué que la France avait « gardé quelques lignes » avec le Brésil, en justifiant le maintien des liaisons aériennes par le respect du droit, dans la mesure où le Conseil d’Etat avait disposé que les ressortissants français, « au nom de la liberté de circulation, devaient pouvoir continuer à venir ».

En réponse aux critiques de l’opposition, le premier ministre s’est défendu de toute inaction, rappelant que les voyageurs en provenance du Brésil devaient jusqu’alors produire un test PCR négatif et s’isoler pendant dix jours.

Les vols Air France pour l’instant annulés seulement mercredi

A la suite de l’annonce du gouvernement, Air France a déclaré avoir annulé ses liaisons entre la France et le Brésil prévues mercredi. En revanche, la compagnie, qui exploitait jusqu’ici onze rotations hebdomadaires entre les deux pays, n’a pas formellement annulé les vols des jours suivants. « Le programme de vols au-delà du 14 avril 2021 sera ajusté en fonction des instructions gouvernementales », a-t-elle ajouté, en soulignant que « les clients concernés sont avisés individuellement ».

De source proche de la compagnie, deux vols de nuit entre le Brésil et la France, dont le départ est prévu mardi soir, se dérouleront comme convenu. Les procédures d’accueil des passagers avaient déjà démarré lorsque les nouvelles restrictions ont été annoncées.

Il s’agit des vols reliant respectivement Sao Paulo et Rio de Janeiro à Paris-Charles-de-Gaulle. Le premier, code AF457, doit décoller mardi à 15 h 10 heure locale (18 h 10 GMT) et est attendu mercredi à 7 h 35 (5 h 35 GMT) à destination, et le second, AF443, est prévu à 15 h 25 (18 h 25 GMT) et est censé arriver mercredi à 7 h 40 (5 h 40 GMT) en France.

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« Echappement immunitaire »

Le variant brésilien préoccupe médecins et scientifiques, en raison surtout de sa plus grande résistance aux vaccins existants contre le Covid-19. Les spécialistes parlent d’« échappement immunitaire » « En clair, alors que l’on sait que la vaccination marche très bien sûr le mutant [britannique], on voit une perte de protection avec les variants brésilien et sud-africain », explique dans Le Parisien le virologue Bruno Lina, membre du conseil scientifique.

De nombreux responsables de l’opposition, surtout à droite, ont réclamé mardi la suspension des vols avec le Brésil, ou encore une mise en quarantaine plus stricte. « La fermeture des frontières est utile et absolument nécessaire, et je ne vois pas comment, au moment où l’on confine les Français, l’on p[eut] maintenir cette liaison aérienne », a affirmé sur la radio RFI le président du groupe Les Républicains (opposition de droite) à l’Assemblée nationale, Damien Abad.

Le numéro deux du Rassemblement national, Jordan Bardella, a quant à lui rappelé que « le gouvernement laiss[ait] entrer mille passagers par semaine en provenance du Brésil, où l’épidémie est hors de contrôle, avec un variant résistant »« Après tout ce que notre pays a subi, et alors que l’on continue d’enfermer les Français, comment cette dinguerie est-elle encore possible ? », s’est-il demandé.

Publié le 12/04/2021

Faut-il fermer les frontières avec le Brésil ?

Paris, le lundi 12 avril 2021

https://www.jim.fr/medecin/actualites/pro_societe/e-docs/faut_il_fermer_les_frontieres_avec_le_bresil__187214/document_actu_pro.phtml

– Les voyages entre la France et le Brésil ne font pour l’instant l’objet d’aucune restriction spécifique, alors même que le pays sud-américain est actuellement l’épicentre mondial de l’épidémie.
7h00 du matin ce jeudi. La valse des avions bat son plein sur le tarmac de l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle. Deux appareils en provenance de Rio de Janeiro et de Sao Paulo viennent d’atterrir à Paris. Les centaines de passagers qu’ils contiennent ne seront soumis à aucune restriction spécifique et pourront bientôt circuler presque librement en France. Parmi eux, peut être certains sont-ils porteurs du variant brésilien P1, considéré comme plus contagieux et plus létal que la souche « originelle » et plus résistant à certains vaccins.

Le Brésil, « laboratoire de variants à ciel ouvert »

Si la pandémie recule ou stagne dans la plupart des régions du monde, elle est en revanche en plein essor au Brésil, qui est depuis deux mois l’épicentre de l’épidémie. On compte environ 90 000 contaminations quotidiennes (mais ce chiffre dépend du nombre de tests effectués pour 100 000 habitants probablement moins élevé qu’en Europe) et surtout près de 4 000 décès par jour en moyenne. 

Une situation dû à la fois au variant P1, à la lenteur de la vaccination mais aussi à l’attitude très laxiste du président Jair Bolsonaro.

Malgré le bilan particulièrement meurtrier (350 000 morts au total), le leader d’extrême-droite continue de qualifier la Covid-19 de « grippette » et se refuse à mettre en place un confinement national. Dernièrement, il a même appelé les gens à se rassembler comme si de rien n’était pour le week-end de Pâques.
Cette situation de circulation active du virus est propice à l’apparition de nouveaux variants.

« Le Brésil pourrait se transformer en laboratoire de variants à ciel ouvert qui peuvent compromettre la lutte contre la pandémie dans le monde entier »

explique le neuroscientifique brésilien Miguel Nicolelis. Face à cette situation, plusieurs pays du monde ont décidé de limiter drastiquement leur contact avec le Brésil. C’est le cas du Portugal, qui a suspendu tous ses vols avec l’ancienne colonie, ainsi que du Royaume-Uni, qui l’a placé sur sa liste rouge, synonyme de quarantaine obligatoire pour les personnes en provenance de ce pays.

Des contrôles aux frontières très laxistes

Rien de tout cela en France, qui n’a toujours pas tiré les conséquences de la situation brésilienne. Pour le moment, les passagers en provenance du Brésil sont soumis aux mêmes restrictions que ceux venant de n’importe quel pays non membre de l’Union Européenne. Seul sont autorisés à entrer en France les citoyens européens et les personnes justifiant d’un motif impérieux. Les voyageurs doivent présenter à l’arrivée une attestation de déplacement et un test PCR négatif datant de moins de 72h. Ils doivent également attester qu’ils ne présentent aucun symptôme et s’engager sur l’honneur à respecter un isolement volontaire de sept jours.

L’isolement n’est cependant obligatoire et contrôlé que dans le cas où le voyageur ne dispose pas d’un test PCR négatif. La frontière terrestre entre la Guyane et le Brésil est totalement fermé, mais située dans la forêt tropicale elle est bien difficile à contrôler.
A ces règles sanitaires s’ajoutent des contrôles aléatoires, lors desquels tous les passagers d’un avion sont soumis à un test antigénique. Ces tests, qui concernent 8 à 10 avions par jour dans les aéroports parisiens, sont censés être menés en priorité dans les avions en provenance de régions où l’épidémie est particulièrement virulente. Pourtant malgré ces règles, le 25 mars dernier, les passagers d’un avion en provenance d’Israël, pays leader mondial en termes de vaccination, ont été soumis à un dépistage collectif.
Le contrôle des frontières est depuis le début de l’épidémie l’un des angles morts de la politique sanitaire française. Le 12 mars 2020, le président Emmanuel Macron déclarait que le virus « n’avait pas de passeport » une semaine seulement avant de fermer l’intégralité des frontières françaises. Depuis la réouverture partielle des frontières en juin 2020, la France n’a jamais mis en place de système d’isolement obligatoire des voyageurs, contrairement à beaucoup de ses voisins européens.

Quentin Haroche

Voir aussi:

https://jeansantepolitiqueenvironnement.wordpress.com/2021/04/15/les-mesures-concernant-le-variant-bresilien-sont-notoirement-insuffisantes-le-gouvernement-encore-une-fois-a-la-traine/

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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