Rétractation de Takieddine: la piste de l’argent
6 AVRIL 2021 PAR KARL LASKE, FABRICE ARFI, NADA MAUCOURANT ATALLAH ET JEANNE BOUSTANI
Selon des témoignages recueillis par Mediapart à Beyrouth et à Paris, la rétractation de l’intermédiaire dans l’affaire libyenne est liée à des promesses financières venues d’intermédiaires proches des réseaux sarkozystes, mais aussi à un climat de menaces entretenues autour de lui.
«La vérité éclate enfin », avait écrit Nicolas Sarkozy, le 11 novembre dernier, dans un texte diffusé sur Twitter aussitôt après l’annonce par Paris Match et BFMTV de la rétractation de Ziad Takieddine dans l’affaire libyenne. Rien ne semblait plus douteux pourtant que ces propos chaotiques, improvisés par l’intermédiaire, et mal filmés par le photographe Sébastien Valiela sur un banc à Beyrouth, fin octobre 2020.
Finalement interrogé par les juges le 14 janvier, à Beyrouth, où il s’est réfugié après sa condamnation à cinq ans de prison ferme dans l’affaire Karachi, Ziad Takieddine a confié que ses propos avaient été « déformés » par Paris Match. « N’oubliez pas que Paris Matchappartient à un ami de Sarkozy », a-t-il fait remarquer.
Ziad Takieddine, en octobre 2020, au Liban. © DR/BFMTV
Un pas en avant, deux pas en arrière, un pas sur le côté. Les juges ont bien du mal à trouver la moindre « vérité » dans la rétractation de l’intermédiaire, qui, c’est désormais prouvé, a reçu sept millions d’euros de virements de l’État libyen avant la présidentielle de 2007, et en a reversé au moins une partie sur un compte secret aux Bahamas d’un proche de Nicolas Sarkozy. L’ancien président de la République ainsi que les anciens ministres Claude Guéant, Brice Hortefeux et Éric Woerth sont aujourd’hui mis en examen dans cette affaire.
Selon des éléments recueillis par Mediapart à Beyrouth et à Paris, l’étrange rétractation de Takieddine est liée à des promesses financières venues d’intermédiaires proches des réseaux sarkozystes, et aussi à un climat de menaces dirigées contre lui. Des témoins retrouvés par Mediapart font ainsi état d’une promesse d’un versement de cinq millions d’euros et d’une offre de rachat de sa résidence parisienne de l’avenue Georges-Mandel pourtant saisie par les juges.
Arnaud de la Villesbrunne, publicitaire et ancien directeur associé de l’agence Publics, l’un des prestataires de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012, a pris part à l’opération ayant abouti à la rétractation de Takieddine en finançant des voyages à Beyrouth et en mettant à disposition des fonds par l’émission de factures douteuses à hauteur de 320 000 euros, selon des documents en notre possession. Et ces factures et déplacements ont été effectivement réglés par un homme d’affaires proche d’Alexandre Djouhri (également mis en examen dans l’affaire libyenne), le marchand de biens Pierre Reynaud.
- Un « négociateur » à Beyrouth.
L’homme qui s’est rendu à Beyrouth pour y porter des promesses à Takieddine et négocier avec lui s’appelle Noël Dubus. Il a un parcours jalonné d’escroqueries, d’enregistrements clandestins et de condamnations pénales récemment résumé par Libération, et dont Mediapart a déjà fait état (ici et là). Dès 2012, il déclarait aux policiers être « allé au culot voir Takieddine » pour lui proposer d’investir dans une société de détection d’explosifs.
À l’époque, Dubus avait introduit plusieurs escrocs chez l’intermédiaire. L’un se prétend mandaté par le nouvel État libyen pour rechercher les biens de l’ancien régime, le second lui vend pour 200 000 euros un faux passeport diplomatique dominicain qui vaudra à Takieddine d’être incarcéré pour la première fois (lire ici).
Mais cet épisode n’empêche pas Noël Dubus de réapparaître, avec assurance, en 2019, à la porte de Takieddine. En août 2019, l’intermédiaire s’en plaint dans une longue note au juge Tournaire, évoquant des « craintes pour [sa] sécurité », et des « avertissements par des personnes bien intentionnées ». Ainsi, Takieddine mentionne « le ressurgissement [sic] soudain de ce Noël Dubus » : « [Il] se présente à mon domicile et demande à ma gardienne si je suis là, le jour même de mon arrivée, alors que je me trouve absent depuis de longues périodes de mon domicile. »
Noël Dubus en 2018, alors qu’il s’apprête à partir en Libye pour la société de communication ESL. © DR« Pour qui roule ce personnage, un indic qui [lui] a tendu des pièges », « notamment en bidouillant un faux passeport dominicain », questionne alors Takieddine, qui accuse l’entourage d’Alexandre Djouhri, et l’un de ses frères, « qui est ami de Dubus » de chercher à « l’intimider », pour « le liquider à petit feu », ou « en finir d’une manière ou d’une autre avec [sa]personne ». « Si nécessaire chez moi dans ma baignoire avec de l’acide, et l’affaire sera réglée. Personne va pleurer sa perte à ce bâtard libanais », aurait fait savoir à Takieddine une « source proche de Djouhri ».
« Je prends ça au sérieux, en souvenir de l’accident qui a failli me coûter la vie sur l’île Moustique », résume l’intermédiaire, s’adressant au juge : « Si aujourd’hui vous ne changez pas de stratégie en mettant les moyens de me protéger comme il se doit […], je devrais opter pour le zéro risque, et ne plus m’impliquer, en me retirant totalement de ce dossier avec tous mes témoignages. »
Ziad Takieddine rejoint le Liban dès le mois de juin 2020, peu après sa condamnation dans l’affaire Karachi. Et dès lors, son entourage à Beyrouth est informé des offres qui lui sont faites pour qu’il modifie son témoignage. L’un des avocats à qui Takieddine confie le soin de recouvrir ses fonds dans les banques libanaises, Me Hani Murad – qui déposera plainte contre lui en septembre (lire ici) –, se souvient « des appels d’un certain Noël ». « Il lui disait qu’il allait lui apporter cinq millions d’euros s’il changeait son témoignage, ainsi que la levée de la saisie sur ses propriétés », déclare Me Murad à Mediapart.
- Une interview sous surveillance
Noël Dubus s’est déplacé à deux reprises à Beyrouth pour y rencontrer Takieddine. La première fois en octobre, au moment de l’interview de Paris Match et BFMTV ; la seconde en décembre, lorsque l’intermédiaire consent à signer devant notaire une rétractation écrite. Dubus se déplace avec une assistante, Lisa H., qui lui sert d’interprète.
« Ils ont convaincu Ziad qu’ils lui donneraient de l’argent »
« Les négociations ont commencé avant que Ziad ne quitte Paris, explique une proche de Takieddine qui a requis l’anonymat vu la sensibilité du sujet. Ils ont commencé à travailler sur cet accord peut-être deux mois avant de venir au Liban pour l’interview. Noël est venu au Liban en octobre au moment de l’interview de Ziad, le 22 ou le 23 je pense. »
Un journaliste de Paris Match, François Delabarre, est envoyé à Beyrouth, où il rejoint un photographe, Sébastien Valiela, collaborateur régulier de l’agence de Michèle Marchand, Bestimage. Les amis de Takieddine disent que « Michèle » a été « en charge de la publication de l’article ». Michèle Marchand, elle, dément. « Je n’ai rien à voir dans cette histoire, explique-t-elle à Mediapart. Valiela travaille pour moi de temps en temps, mais il a sa propre agence. Il était parti pour essayer de faire un sujet paparazzi sur Carlos Ghosn, et, paraît-il, l’autre [Takieddine – ndlr] lui aurait sauté dessus. Il voulait des photos… Valiela me dit qu’il a eu Gattegno [le directeur de Paris Match – ndlr], qui lui a tout de suite envoyé un journaliste. »
Noël Dubus assure aussi qu’il n’est pour rien dans l’interview, même s’il reconnaît ses rencontres avec l’intermédiaire à Beyrouth. À Libération, il déclare que Ziad Takieddine lui a « demandé de venir et d’assister à l’interview », mais qu’il a refusé.
« Noël était en quelque sorte le maestro de tout cela, poursuit la proche de Takieddine jointe par Mediapart. Ils ont convaincu Ziad qu’ils lui donneraient de l’argent. Une forte somme. Lisa m’a dit très clairement que Noël devait effectuer un voyage au Qatar, où il espérait toucher une commission devant lui permettre de payer Ziad. Nous nous sommes rencontrés la nuit après l’entretien et ils parlaient de tous les détails. Ils ont également mentionné sa maison [sa résidence à Paris – ndlr] en France. »
- Des (fausses) promesses, des factures douteuses et de l’argent offshore
Noël Dubus envoie aussi à l’intermédiaire « une capture d’écran d’un transfert d’un milliard de dollars ». Il s’agit d’un mégafinancement attendu par un marchand de biens avec lequel il essaie de travailler, Pierre Reynaud. Les amis de Takieddine pensent à une « arnaque ». Mais quelques mois plus tôt Dubus a déjà proposé à Pierre Reynaud d’acheter la propriété parisienne de Takieddine, avenue Georges-Mandel, bien qu’elle soit saisie par la justice (voir ci-dessous notre document).
Le marchand de biens reconnaît que la résidence lui a été proposée et qu’il avait suggéré de signer un bail à 99 ans pour être le premier acheteur lors de sa vente par l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (Agrasc). « J’ai fait une proposition à 3 millions actes en main, indique Pierre Reynaud. Il m’a dit que l’Agrasc pouvait libérer le truc. » L’affaire ne se fait pas. Mais Dubus continue de faire miroiter cette perspective à Takieddine.
En décembre 2019, Noël Dubus, dont l’alias est Pierre Noël de la Rosa, envoie une proposition d’achat de la propriété de Takieddine à Pierre Reynaud. © DR
Le 26 octobre dernier, l’intermédiaire de l’affaire libyenne est interpellé et écroué au Liban sur plainte de son ancien avocat Me Hani Murad. La publication de Paris Matchdoit être différée car, selon les amis de Takieddine, « personne ne croirait quelqu’un en prison ». L’intermédiaire passe 14 jours sous les verrous et Noël Dubus va alors s’engager à payer ses frais d’avocat. « Lisa m’a promis qu’ils le sortiraient de prison et paieraient les honoraires d’avocats », se souvient l’amie de Takieddine.
Joint par Mediapart, Dubus confirme. « Quand il est sorti de prison, il [Takieddine – ndlr] m’a appelé pour me demander si je pouvais payer ses avocats, parce qu’il fallait payer 40 000 dollars, ses avocats et sa caution, explique-t-il. Je l’ai dépanné de 8 000 euros. »
L’argent est envoyé aux avocats en plusieurs mandats Western Union, dont Mediapart a obtenu la copie. Lisa H. envoie elle-même l’une de ces sommes le 27 novembre. « Je suis bête et disciplinée, explique-t-elle à Mediapart. Ce n’est pas mon argent : Noël m’a donné 1 000 euros en espèces, que j’ai envoyés. Il n’a envoyé que 8 000 euros en tout aux avocats. »
Lors de la rencontre de Takieddine avec Dubus à Beyrouth en octobre, Lisa H. dit qu’elle est restée à l’écart à la terrasse d’un café. Elle affirme qu’elle ne sait rien des accords entre eux. « Par la suite, j’ai eu des échanges avec des personnes sur place, je traduisais entre les avocats et Noël, au moment de payer les sommes, pour savoir comment leur faire parvenir l’argent, combien il fallait. Les échanges se faisaient par WhatsApp entre les avocats et moi. »
Les voyages de Dubus et de sa collaboratrice ont été payés par le marchand de biens Pierre Reynaud à l’agence Alfort Voyages. Reynaud ne cache pas être « un ami d’Alexandre Djouhri » et se trouver en affaires avec Noël Dubus pour un mégafinancement immobilier, mais il nie avoir payé en connaissance de cause ses voyages à Beyrouth – il pensait que Dubus « allait à Hong Kong », soutient-il.
En tout cas, il fait un chèque de 9 281 euros à Alfort Voyages, pour les deux déplacements de Noël Dubus et de sa collaboratrice à Beyrouth, l’avion en classe business et trois nuitées d’hôtel – du 22 au 24 octobre au Radisson Blu, puis du 9 au 12 décembre au Kempinski.
« Ce n’est pas impossible qu’on trouve des virements au Liban »
Si le marchand de biens paye, c’est le communicant Arnaud de la Villesbrunne, aujourd’hui à son compte, qui commande les voyages au nom de sa société A and Co, basée dans la Sarthe. Du temps de l’agence Publics, il utilisait déjà Alfort Voyages. Le communicant établit deux factures, les 20 octobre et 30 décembre, pour un total de 320 000 euros, qu’il adresse à la société du marchand de biens pour une « intermédiation » et des « relations publiques ».
Pierre Reynaud déduit les voyages à Beyrouth de ces factures douteuses et paye le reste rubis sur l’ongle en trois virements et un chèque. Dès le 14 décembre, il règle 80 000 euros par virement du compte en banque viennois d’une offshore chypriote, Corbout Investments Limited, puis encore 170 000 euros, en janvier, cette fois via un compte en banque tchèque de la même coquille.
Le premier paiement de Pierre Reynaud à Noël Dubus à partir d’une société offshore chypriote. © DR
Le deuxième paiement de Pierre Reynaud à Noël Dubus via une banque tchèque. © DR
S’il reconnaît qu’il était parfaitement au courant des diligences de Dubus auprès de Takieddine – « il m’en a parlé 50 fois » –, il assure que ces factures rémunéraient Noël Dubus pour tout autre chose, des contacts avec les représentants d’un fonds d’investissement qui lui offraient des perspectives de financement colossales. « J’ai fait une réquisition bancaire pour savoir ce qu’ils ont fait de l’argent, déclare-t-il à Mediapart. Ce n’est pas impossible qu’on trouve des virements au Liban. »
En outre, Noël Dubus a deux cartes bancaires au nom d’A and Co, selon le marchand de biens, et il est donc possible aussi « qu’il ait fait des cartes », ou des paiements sur place. Pierre Reynaud confie qu’il a avancé 50 000 euros, dont 10 000 en espèces à Dubus – des sommes empruntées le 2 décembre à un avocat, joint par Mediapart.
Selon les proches de Takieddine questionnés à Beyrouth, de nouveaux fonds sont justement promis par Noël Dubus à l’intermédiaire, début décembre. Une somme de 40 000 euros aussi doit parvenir à ses avocats. Sur ce point, Dubus dément farouchement. « En décembre, j’ai vu Ziad pour boire un café, répond-il. Il m’a demandé 40 000 euros, mais je lui ai dit non. Je ne suis pas une banque pour ce monsieur. Je l’ai aidé de 8 000 euros mais ça s’arrête là. »
- Une seconde rétractation « devant notaire » qui fait pschitt
Le second voyage de Dubus à Beyrouth correspond en tout cas au moment où l’intermédiaire officialise sa rétractation. « Dubus est revenu en décembre, avec pour but de faire signer un papier à Takieddine et de le payer, mais ils ne lui ont donné que 20 000 dollars, et Takieddine était très mécontent », déclare Me Hani Murad à Mediapart.
Le 12 décembre, l’intermédiaire se rend chez un notaire, pour signer les 40 pages d’un texte, une « sommation interpellative », qui sera transmise aux juges français. Et, coïncidence, Paris Match est encore chez le notaire, pour immortaliser, en photos, la scène de la signature. Ces images seront publiées peu après et curieusement non signées.
L’article de Paris Match et les photos prises lors de la signature par Takieddine de sa rétractation chez le notaire. © DR
Le texte de cette rétractation paraît sorti de nulle part. Takieddine certifie que ni lui ni Nicolas Sarkozy n’ont été et « ne seront jamais des voyous ». Il assure qu’il a rencontré « en off » le juge Tournaire, qu’il a passé « un accord » avec lui, car les juges Tournaire et Van Ruymbeke lui ont « laissé sous-entendre » (sic) qu’il serait « en mesure de récupérer l’ensemble de [ses] biens saisis par la justice » s’il accusait Nicolas Sarkozy, qu’un journaliste de Mediapart serait venu à Beyrouth « dans les heures qui ont suivi son arrestation », accompagné d’un membre du Parquet national financier et d’un policier, ce qui est pure invention.
Lors de son interrogatoire du 14 janvier, Takieddine conteste l’essentiel du contenu de cette déclaration écrite. « Non, il n’y a pas eu de rencontres secrètes ni hors procédure »avec les juges. « Ni M. Tournaire ni M. Van Ruymbeke ne m’ont demandé d’incriminer Nicolas Sarkozy ou qui que ce soit », ajoute-t-il.
Les juges s’interrogent : « Pourquoi avoir décidé de participer à ces interviews et d’envoyer ce courrier dont la teneur permet d’affirmer que leur unique objet n’est pas de participer à la manifestation de la vérité mais d’ôter tout crédit à vos déclarations quelles qu’elles soient ? »
« C’est pas grave », répond seulement l’intermédiaire.
Les juges lui demandent aussi si l’interview dans Paris Match et le courrier du 12 décembre, qu’il leur a adressé ainsi qu’au PNF et « manifestement à Paris Match », n’est pas « la mise en œuvre des menaces formulées en août 2019 », « d’opter pour le zéro risque » et de « se retirer du dossier avec tous ses témoignages ». Il assure que non. « Je ne veux pas que le dossier aille dans le mur », conclut-il.
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Relancé à plusieurs reprises, Arnaud de la Villesbrunne n’a pas répondu à nos questions sur sa connaissance de l’opération Takieddine et ses facturations (lire notre Boîte noire).
Pierre Reynaud croit savoir que lorsqu’il était chez Bolloré, Arnaud de la Villesbrunne faisait des « petits trucs pour Sarkozy », sans en dire plus. En 2013, le communicant avait accompagné les enquêteurs de l’affaire libyenne lors de la perquisition des locaux de l’agence Publics dont il était l’un des associés.
Son directeur avait alors informé Brice Hortefeux et l’attachée de presse de Sarkozy, Véronique Waché, que la perquisition avait été « axée sur le boss ». Le nom de l’agence Publics avait été cité dans le scandale Bygmalion, mais elle avait été mise hors de cause par l’enquête judiciaire.
Devenu free lance, le communicant collabore occasionnellement avec l’agence ESL & Network – dont Jean-David Lewitte, ancien conseiller diplomatique et sherpa de Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012, est membre du directoire et senior policy advisor. En 2018, La Villesbrunne avait ainsi organisé avec Dubus, pour ESL, un voyage à Benghazi pour y rencontrer le général Haftar, en compagnie du général de corps d’armée Emmanuel Beth entré chez ESL – ancien directeur de la coopération militaire et de défense au ministère des affaires étrangères, il est aujourd’hui décédé. Mais les Libyens avaient découvert la dernière supercherie de Dubus, qui s’était fait passer pour un représentant de la Cour pénale internationale, et le voyage avait tourné court.
Joint par Mediapart, Ziad Takieddine nous a indiqué qu’il n’avait « pas envie » de nous parler.
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