Publié le 02/04/2021
Pour SPF, la France est en pleine flambée épidémique

Paris, le vendredi 2 avril 2021 https://www.jim.fr/medecin/actualites/pro_societe/e-docs/pour_spf_la_france_est_en_pleine_flambee_epidemique_187099/document_actu_pro.phtml
– La dernière livraison du bulletin hebdomadaire Covid-19 de Santé publique France (SPF) est édifiante et éclaire les derniers choix politiques.
La douzième semaine de 2021 (du 22 au 28 mars 2021) a ainsi été marquée par une nette augmentation de tous les indicateurs (tableau), en particulier le taux d’admission en services de soins critiques (+ 13 %) qui se traduit par l’accroissement du nombre de personnes hospitalisées dans ces services avec 5 109 patients le 1er avril 2021 (vs 4 709 le 25 mars).

Cette dégradation est observée dans toutes les régions métropolitaines et marquée par une aggravation de la tension sur les services hospitaliers. Or, avec la dynamique actuelle (taux de reproduction de 1,18), cette tension devrait encore s’aggraver (nonobstant les dernières mesures prises par le chef de l’État).
Reprise de l’épidémie chez les plus de 75 ans
Un des signes les plus inquiétants de cette troisième vague est la reprise, après plusieurs semaines de baisse grâce à la campagne de vaccination, de l’épidémie chez les plus de 75 ans. Ainsi, après une amélioration visible depuis la semaine 5, les indicateurs sont de nouveau en augmentation depuis deux semaines. Pour cette classe d’âge, le taux d’incidence ainsi que les passages aux urgences pour suspicion de COVID-19 ont augmenté depuis S10, et le taux d’hospitalisation depuis S11.
On note également une montée de l’incidence dans la population des 0-14 ans (+ 31 %) toutefois bien corrélée avec celle du taux de dépistage (+ 30 %).
En outre, en semaine 11, après sept semaines consécutives de diminution, les décès toutes causes et tous âges confondus sont supérieurs à l’attendu et la courbe reprend une évolution défavorable.
| Évolution des taux d’incidence selon les classes d’âge, depuis la semaine 23-2020, France (données au 1er avril 2021) |
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Mondor et Breton : des variants sous surveillances mais pas encore préoccupants
L’analyse des résultats des tests de criblage des « variants préoccupants » montre encore une augmentation de la proportion de suspicions de variant 20I/501Y.V1 (Britannique), qui représentait 79,8 % des cas et une stabilisation des variants 20H/501Y.V2 (Sud-Africain) et 20J/501Y.V3 (Brésilien) à 4,4%.
SPF s’est également penchée sur le variant 20C (Breton) et sur le variant 19B/501Y (Mondor).
Concernant le variant breton, un cluster a été détecté dans un hôpital des Côtes d’Armor, avec des cas survenus entre janvier et mars 2021. La particularité associée aux premiers cas confirmés d’infections à ce variant est la possibilité de présenter des symptômes évocateurs de la COVID-19 avec une RT-PCR négative sur les prélèvements naso-pharyngés habituels. Le virus est néanmoins détectable par les techniques de PCR dans les voies aériennes basses. « À ce jour, il n’est pas démontré que ce variant serait plus transmissible ni qu’il entraînerait de formes plus sévères » notent les épidémiologistes, qui ne relèvent pas non plus « de transmission communautaire, en dehors des chaînes de transmission identifiées et reliées à l’hôpital des Côtes d’Armor ».
Le variant Mondor, lui, serait détecté dans 0,2 % des cas de Covid-19 en France.
Dans ce contexte dégradé, les épidémiologistes concluaient sur la nécessité de : « mesures supplémentaires de réduction des contacts (…) sur l’ensemble du territoire », cette fois-ci, le Président de la République semble les avoir écoutés et entendus.
F.H.