Vaccin de Johnson & Johnson : un changement de paradigme ?

Amsterdam, le jeudi 11 mars 2021 –
L’Agence européenne du médicament rendra son avis aujourd’hui sur le vaccin du laboratoire Johnson & Johnson (développé par sa filiale Belge Janssen). Il ne fait que peu de doute qu’après l’autorisation de la FDA, le produit sera validé par les autorités européennes (à tel point que certains s’interrogent sur l’opportunité de mettre en place une validation mondiale des vaccins) et que la France et sa Haute Autorité de santé (HAS) emboiteront le pas de l’Union dans les jours à venir. Aussi, les premières doses sont déjà prévues à la livraison pour « fin mars, début avril » selon la ministre déléguée à l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher.
Changement de paradigme ?
Outre-Atlantique, ce nouveau vaccin à adénovirus génétiquement modifié (comme celui d’AstraZeneca) est présenté comme un « game changer » ou une « magic bullet » : la solution miracle qui permettra de changer le paradigme de l’épidémie, d’autant qu’il semble conserver la même efficacité contre les formes graves liées aux variants présentant la mutation E484k (comme celui découvert en Afrique du sud, au Brésil ou encore en Écosse).
Le vaccin Johnson & Johnson est séduisant : il ne nécessite qu’une seule dose, il est moins coûteux (7 €, contre 15 € pour le vaccin Pfizer-BioNTech) que les vaccins à ARNm et est conservable trois mois dans un réfrigérateur classique.
« Lors d’une vaccination massive, éviter de faire revenir les gens simplifie le processus et permet de vacciner deux fois plus de monde. Pour les publics précaires, que l’on peine à atteindre, c’est un atout majeur. En plus, le vaccin est conditionné en dose unique, c’est beaucoup plus pratique » détaille Odile Launay (pathologies infectieuses, Cochin, Paris) dans Le Monde.
Mais les plus sceptiques restent prudents : le vaccin Johnson & Johnson permet « seulement » une réduction du risque de contracter une forme sévère de 84 % contre 95% pour les vaccins à ARNm.
Une autre incertitude demeure : les approvisionnements seront-ils suffisants ? La firme a ainsi déjà prévenu qu’elle aura des difficultés à honorer ses commandes pour l’Union européenne.
Ainsi, l’engagement contractuel de livraison de 55 millions de doses au deuxième trimestre semble compromis.
Xavier Bataille