Une fermeture des écoles qui ne dit pas son nom

« L’éducation de nos enfants n’est pas négociable. » Emmanuel Macron a insisté hier soir sur la priorité donnée à l’école, que l’exécutif n’a cessé de marteler ces dernières semaines. Dans les faits, entre enseignement à distance et vacances (les mêmes pour tous, du 12 au 25 avril), les élèves ne reprendront le chemin des classes qu’à partir du 26 avril pour les écoles maternelles et élémentaires, et du 3 mai pour les collégiens et lycéens.

Depuis la mise en oeuvre des nouvelles règles sanitaires, qui prévoient la fermeture d’une classe dès qu’un élève est positif au Covid, la situation était devenue très compliquée, avec des fermetures de classes en cascade.

Cette mise sous cloche des établissements scolaires et des crèches, même si elle s’étale sur une durée limitée, risque de déstabiliser… les entreprises. Le confinement du printemps 2020 avait mis leur organisation sous tension, les parents devant s’arranger pour garder les enfants à la maison, avec une multiplication des arrêts de travail pour ce motif. 

Les entreprises devraient s’appuyer sur le chômage partiel pour traverser l’orage. Si aucun des deux parents ne peut télétravailler, l’un d’eux pourra avoir recours au dispositif, comme c’était déjà le cas la semaine dernière en cas de classe fermée. La perspective de revivre le télétravail avec les enfants dans les pattes risque de provoquer des sueurs froides chez certains…

Covid : Macron se résout à fermer les écoles pour une durée qu’il espère limitée

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Les élèves de maternelle et d’élémentaire ne reprendront le chemin de leur école qu’à partir du 26 avril. Pour les collégiens et les lycéens, il faudra attendre le 3 mai. La période de quatre semaines qui s’ouvre mixera vacances – les mêmes pour tous, du lundi 12 au dimanche 25 avril – et enseignement à distance, afin de freiner l’épidémie.

« L'éducation de nos enfants n'est pas négociable, l'école n'est pas négociable », a déclaré le chef de l'Etat, mercredi soir.
« L’éducation de nos enfants n’est pas négociable, l’école n’est pas négociable », a déclaré le chef de l’Etat, mercredi soir. (SYSPEO/SIPA)

Par Marie-Christine CorbierPublié le 31 mars 2021 à 20:44Mis à jour le 31 mars 2021 à 20:55

« Fermer les écoles, collèges et lycées », mais « préserver l’éducation et l’apprentissage » : c’est le nouvel équilibre promis par Emmanuel Macron. « L’éducation de nos enfants n’est pas négociable, l’école n’est pas négociable », a déclaré le chef de l’Etat, ce mercredi soir.

Pour freiner l’épidémie qui galope, tous les élèves, quel que soit leur niveau et leur zone, seront en distanciel après le week-end de Pâques, autrement dit à partir du mardi 6 avril et jusqu’à la fin de la semaine. Tous seront ensuite en vacances pour deux semaines. Les élèves de primaire reprendront en présentiel le 26 avril. Ceux du secondaire (collèges et lycées) feront une nouvelle semaine de distanciel avant de retrouver des cours en présentiel, à partir du 3 mai, « le cas échéant avec des jauges adaptées ». « Les étudiants pourront continuer à se rendre à l’université pour une journée de cours par semaine », comme c’est déjà le cas.

VIDEO. Les écoles fermées pour 3 semaines, les restrictions étendues

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« La première des priorités »

Avec ces annonces, l’exécutif « continue dans [la] voie » de la priorité à l’école qu’il n’a eu de cesse de marteler. Pour éviter, comme insistait encore Jean-Michel Blanquer, au Sénat, mercredi après-midi, que les jeunes ne soient « les premières victimes » de la crise. « Nous décidons dans l’intérêt des enfants, bien entendu l’école est la première des priorités », a-t-il répété.

Avec des écoles, collèges et lycées sans élèves en avril, l’exécutif espère néanmoins mettre un coup d’arrêt à une épidémie galopante , indiquait ce mercredi matin le généticien Axel Kahn, sur France Info, en faisant référence à certains lycées. Il réclamait « d’augmenter un peu les vacances, pendant un mois plein, pour faire rebaisser la tension », regrettant que cela n’ait pas été fait en février.

L’épidémie de Covid dévore à nouveau la France

DECRYPTAGE > De nouvelles restrictions qui mettent les entreprises sous tension

Sur le terrain, depuis la mise en oeuvre des nouvelles règles sanitaires qui prévoient la fermeture d’une classe dès qu’un élève est positif au Covid, la situation est devenue très compliquée, avec des fermetures de classes en cascade . « Les écoles doivent être fermées parce que c’est une désorganisation très grande aujourd’hui »,avait déclaré mercredi matin la maire de Paris, Anne Hidalgo , en faisant état d’environ 20.000 élèves et 850 classes fermées, tous niveaux confondus.

Le cas des enfants de soignants

Dans les rangs de l’exécutif, on s’inquiétait surtout de la situation des enfants de soignants dont les classes sont fermées, et qui ne peuvent pas être accueillis dans leur école dès lors qu’ils sont cas contacts d’un autre élève. Ce qui a des répercussions directes sur la présence des soignants dans les hôpitaux. Ils seront accueillis, ainsi que ceux de « quelques autres professions » et les enfants en situation de handicap la semaine prochaine.

Dans les collèges et lycées, les proviseurs évoquaient, ce mercredi, une multiplication « par deux ou trois » du nombre de classes fermées. « Les fermetures de classes, les absences de personnels, les rotations permanentes d’élèves positifs ou cas contacts qui rentrent et qui sortent désorganisent complètement les établissements, expliquait Philippe Vincent, à la tête du principal syndicat de chefs d’établissement (SNPDEN), sur France Info. Il ne faudrait pas camper sur un dogme écoles, collèges ou lycées ouverts alors que les établissements sont tellement désorganisés qu’ils ne fonctionnent vraiment plus. »

Marie-Christine Corbier

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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