« Dans les hôpitaux, catastrophe droit devant »


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Nathalie Raulin relaie dans Libération un « avis de tsunami sur les hôpitaux. Stimulée par un variant anglais, plus contagieux et plus dangereux que la souche historique du Sars-CoV-2, la pandémie met de nouveau le système de santé sous haute pression ».
La journaliste indique que « selon Santé publique France (SPF), avec 5072 malades du Covid hospitalisés mardi en soins critiques, les réanimations sont d’ores et déjà plus sollicitées qu’au pic de la deuxième vague. L’accélération de la circulation virale un peu partout sur territoire augure de difficultés à venir, y compris dans des régions jusque-là épargnées, comme la Bretagne ou l’Occitanie ».
« Mais là où le variant anglais est depuis début mars le principal vecteur d’infection, la catastrophe sanitaire est désormais imminente. C’est vrai dans les Hauts-de-France, où le taux d’incidence est dix fois plus élevé que le seuil d’alerte initialement fixé par le gouvernement (50), avec 515 contaminations hebdomadaires pour 100.000 habitants », continue Nathalie Raulin.
Elle observe que « l’emballement est plus net encore en Ile-de-France, où le taux d’incidence flirte désormais avec les 650 cas, contre 371 en moyenne nationale. En Seine-Saint-Denis ou dans le Val-d’Oise, les contaminations sont même galopantes chez les 20-50 ans, avec des taux d’incidence supérieurs à 800. Plus lentement que durant la première vague, mais avec une constance inquiétante, les malades en détresse respiratoire sévère affluent vers des établissements de santé au bord de la rupture ».
Un infectiologue parisien souligne ainsi : « Comme il n’y a pas eu de lock-out, les hôpitaux n’ont pas vu leur activité non Covid diminuer. Ils doivent continuer de prendre en charge les accidents de la route, les infarctus, les AVC, et ne peuvent plus repousser les chirurgies lourdes pour cancers ou autres. On ne peut pas s’étonner que la baignoire déborde quand on laisse tous les robinets ouverts ! ».
Nathalie Raulin continue : « Au 30 mars, le nombre de patients Covid et non Covid excédait déjà de 133% la capacité d’accueil ordinaire des réanimations des Hauts-de-France et de 145% celle de l’Ile-de-France (1525 lits de réanimation occupés mardi). Simple prélude à un désastre d’ores et déjà inscrit dans le marbre ».
La journaliste relève que « selon les projections de l’AP-HP, quand bien même l’exécutif décréterait un confinement strict à compter de ce jeudi, les réanimations d’Ile-de-France devraient prendre en charge quelque 3470 malades au 22 avril, soit plus qu’au pic de la première vague (2877 le 8 avril de l’année dernière) ».
Nathalie Raulin retient que « pour les hospitaliers franciliens, il est donc déjà trop tard pour espérer passer le cap sans casse », et cite notamment le Pr Jean-François Timsit, chef du service de réanimation de l’hôpital Bichat, qui « invite l’exécutif à injecter au plus vite toutes les doses vaccinales à disposition, sans plus se préoccuper de sécuriser les rappels ».
Le médecin déclare : « Dans les prochaines semaines, on va devoir pratiquer une médecine dégradée ».
Les Echos titre pour sa part : « L’épidémie de Covid dévore à nouveau la France ».
Le quotidien indique ainsi que « petit à petit, la carte de France vire à l’écarlate. L’épidémie de Covid dévore à nouveau le pays, après avoir couvé pendant 3 mois sur la diagonale reliant Lille à Marseille en passant par Paris et Lyon. Près de 37.000 nouvelles contaminations sont détectées chaque jour et, chez les jeunes de 10 à 29 ans, l’incidence est au-delà de 500 cas pour 100.000 habitants ».
Le journal souligne que « l’indicateur de tension hospitalière dans les services de soins critiques vient de dépasser 100% à l’échelle nationale. Il a explosé en Ile-de-France (133%) et dans les Hauts-de-France (149%). Avec plus de 5.000 patients Covid en réanimation, le pic de novembre a été dépassé ».
Les Echos note que « dans les hôpitaux, c’est l’affolement. […] La FHF rappelle que les confinements précédents ont mis respectivement 23 et 17 jours pour inverser la tendance à l’hôpital. Ce qui signifie que les deux prochaines semaines vont être dures, quoi qu’il arrive ».
Le quotidien indique en outre qu’« alors que l’ouest du pays avait bénéficié d’un répit en début d’année, les hôpitaux doivent remobiliser les troupes ». Yann Bubien, directeur du CHU de Bordeaux, fait savoir que « jusqu’à la semaine dernière, nous étions relativement préservés, quoique sur un plateau élevé. Mais depuis ce week-end, les patients Covid ont rempli 40% de nos lits de réanimation, contre 20 à 30% auparavant ».