Le rapport de l’OMS sur les origines du Covid-19, publié lundi 29 mars, ne fait pas toute la lumière sur la source de cette pandémie.

Rapport sur les origines du Covid-19 : le patron de l’OMS critique le manque d’accès aux données de la Chine

Tedros Adhanom Ghebreyesus a également réclamé qu’une enquête sur l’hypothèse d’une fuite du virus d’un laboratoire chinois, jugée « extrêmement improbable » par le rapport de l’OMS, soit diligentée. 

Le Monde avec AFPPublié aujourd’hui à 17h24, mis à jour à 18h57  

https://www.lemonde.fr/international/article/2021/03/30/rapport-sur-les-origines-du-covid-19-le-patron-de-l-oms-critique-le-manque-d-acces-aux-donnees-de-la-chine_6075003_3210.html

Comme attendu, le rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur les origines du Covid-19, publié lundi 29 mars, ne fait pas toute la lumière sur la source de cette pandémie, qui a fait au moins 2,79 millions de morts à travers le monde. Lors d’une présentation des résultats de cette enquête, mardi, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreysesus, a critiqué le manque d’accès aux données brutes autorisé par les autorités chinoises.

Il a souligné que les experts internationaux « avaient fait part de leurs difficultés à accéder aux données brutes » pendant leur séjour en Chine – une rare critique publique de la façon dont Pékin a géré cette enquête conjointe. De nombreux spécialistes considèrent aussi que les experts qui se sont rendus à Wuhan pendant quatre semaines n’ont pas eu assez de latitude pour travailler librement. La désignation des dix experts-enquêteurs avait notamment été au centre d’intenses tractations entre Pékin et l’OMS. La Chine avait obtenu de coopter les scientifiques en question et de restreindre leur marge de manœuvre.

L’enquête : Les silences de la Chine, un virus repéré dès 2013, la fausse piste du pangolin… Enquête sur les origines du SARS-CoV-2

Une enquête demandée sur l’hypothèse d’une fuite d’un laboratoire

« J’espère que de nouvelles études collaboratives seront basées sur un partage de données plus large et plus rapide », a ainsi conclu le directeur général de l’OMS. Le chef de la délégation des experts internationaux, Peter Ben Embarek, a voulu minimiser la chose en conférence de presse, affirmant qu’en Chine comme ailleurs, certaines données ne pouvaient pas être partagées pour des raisons de respect de la vie privée.

Le patron de l’OMS a par ailleurs réclamé que soit diligentée une nouvelle enquête, menée avec des experts spécialisés, sur l’hypothèse d’une fuite du coronavirus d’un laboratoire en Chine. Le rapport a pourtant estimé qu’une telle fuite était « extrêmement improbable ». Mais « cela demande d’enquêter plus avant, probablement avec de nouvelles missions, avec des experts spécialisés que je suis prêt à déployer », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus.

« Ce rapport est un début très important, mais ce n’est pas le mot de la fin », a fini par souligner le directeur général de l’OMS, ouvrant la voie à de nouvelles recherches. De son côté, l’Union européenne a également salué un « premier pas utile » mais « tout en regrettant le démarrage tardif de l’enquête, le retard dans le déploiement des experts [en Chine] et la disponibilité limitée des spécimens et données » remontant aux débuts de la pandémie.

L’analyse : Covid-19 : comment la Chine mène une guerre de l’information pour réécrire les origines de la pandémie

Les Vingt-Sept insistent cependant sur « la nécessité de poursuivre les investigations pour étudier les origines du virus et la façon dont il s’est frayé un chemin jusqu’à l’homme »« Cela impose d’avoir encore accès en temps utile à tous les lieux appropriés, et à toutes les données humaines, animales et environnementales disponibles », y compris concernant « les tout premiers cas détectés de Covid-19 », poursuivent-ils.

Dans le sillage européen, les Etats-Unis et treize pays ont exprimé leurs « préoccupations partagées sur le fait que l’étude d’experts internationaux sur l’origine du virus SARS-CoV-2 a été retardée de manière significative et n’a pas eu accès de manière exhaustive aux données et échantillons originaux », affirme le gouvernement américain, avec notamment le Royaume-Uni, Israël, le Canada, le Japon, l’Australie, le Danemark et la Norvège.

https://www.dailymotion.com/embed/video/x7u9twt?ads_params=&api=postMessage&autoplay=false&id=player-x7u9twt&mute=false&origin=https%3A%2F%2Fwww.lemonde.fr&queue-autoplay-next=false&queue-enable=false

Le Monde avec AFP

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

Laisser un commentaire