Publié le 26/03/2021
Emmanuel Macron n’a « aucun remords »

Paris, le vendredi 26 mars 2021 – Intervenu ce jeudi soir de l’Elysée à l’issue d’un conseil européen (en vidéo),
Il s’était fait discret depuis quelques temps. Il avait délégué à son Premier Ministre Jean Castex et à Olivier Véran le soin d’annoncer les nouvelles mesures sanitaires et parfois aussi l’absence de nouvelles mesures. Mais face à l’aggravation de la situation sanitaire et aux critiques de plus en plus importantes de certains scientifiques et de l’opposition, le Président de la République a finalement décidé de prendre la parole ce jeudi soir à l’issue d’un conseil européen pour évoquer l’évolution de l’épidémie en France. Et n’en déplaise à ses critiques, le chef de l’État estime qu’il a fait les bons choix ces derniers mois.
« De nouvelles mesures dans les prochains jours et semaines »
Ainsi, sur sa décision très polémique de ne pas avoir confiné le 29 janvier dernier, comme beaucoup de scientifiques le lui avaient conseillé, Emmanuel Macron estime qu’il a « eu raison » et « qu’il n’y a pas eu l’explosion qui était prévue par tous les modèles ». « Je peux vous affirmer que je n’ai aucun mea culpa à faire, aucun remords, aucun constat d’échec » a insisté le Président de la République. Si en effet l’aggravation de la situation sanitaire n’a pas eu lieu au moment où la plupart des épidémiologistes l’annonçaient, elle est cependant aujourd’hui palpable. Le nombre de contaminations et d’hospitalisation a ainsi fortement augmenté ces derniers jours (mais pas le nombre de décès, en baisse depuis le mois de janvier).
Emmanuel Macron ne nie d’ailleurs pas que la donne a changé par apport à la fin janvier. Il a ainsi annoncé que « ces semaines qui viennent seront difficiles » et n’exclut pas que l’exécutif prenne de « nouvelles mesures, dans les prochains jours et semaines ». Quelques heures avant cette intervention, le ministre de la santé Olivier Véran a d’ailleurs annoncé l’extension du semi-confinement à trois autres départements : la Rhône, la Nièvre et l’Aube.
Cette intervention surprise du chef de l’État était également l’occasion pour lui de faire le point sur la stratégie vaccinale française et européenne. S’il a reconnu (mais il serait difficile de ne pas le reconnaitre) que l’Union Européenne avait pris du retard sur les pays anglo-saxons et Israël) sur ce terrain, il estime cependant que le rythme de vaccination annoncé pourra être tenu. Selon lui, d’ici la fin de l’été, tous les Français adultes qui le souhaitent auront été vaccinés.
« Une course de vitesse entre la troisième vague et la vaccination »
« Nous sommes dans une course de vitesse entre la troisième vague et la vaccination » a résumé Emmanuel Macron. Et pour gagner cette course, l’Union Européenne a mis en place diverses mesures. Les 27 se sont ainsi engagés à accélérer la production de vaccins, afin de faire de l’Europe « le continent qui produit le plus de vaccins dans le monde d’ici l’été » (sic). Le chef de l’État a également annoncé la mise en place par la Commission européenne de mécanismes de contrôle des exportations des vaccins hors de l’Union, même s’il s’est dit opposé à un blocage total des exportations.
« Il s’agit éviter que d’autres pays développés ne se servent sur le dos de l’Union Européenne » a expliqué le chef de l’État, évoquant sans le nommer le Royaume-Uni, accusé par Bruxelles de garder par devers soi des doses de vaccins destiné au continent. Emmanuel Macron s’est également montré très critique envers le laboratoire AstraZeneca, qui n’aurait pas respecté ses engagements de livraisons et a reconnu que l’Europe avait été trop « naïve » sur ce point.
On pourra au moins reconnaitre à Emmanuel Macron une certaine constance : qu’importe l’aggravation de l’épidémie ou la lenteur de la vaccination, il restera toujours convaincu d’avoir raison. Qui aurait pu en douter ?
Quentin Haroche