Plus personne ne peut douter que le capitalisme est en train de rendre la planète inhabitable; quel communisme désirable pour le remplacer ?

FACE AU DÉSASTRE QUI VIENT : LE COMMUNISME DÉSIRABLE (Interview à propos du livre de Frédéric Lordon)

87 216 vues•Sortie le 18 mars 20213,7 K188

Le Média

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FACE AU DÉSASTRE QUI VIENT : LE COMMUNISME DÉSIRABLE (Interview à propos du livre de Frédéric Lordon)

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ttps://youtu.be/sBLwC6BQX-s?t=724

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Le nouveau livre de Frédéric Lordon, Figures du communisme,

est directement tourné vers l’action, ici et maintenant. Face à l’inhumanité du néolibéralisme, face aux désastres engendrés par un capitalisme dont plus personne ne peut douter qu’il est en train de rendre la planète inhabitable, que faire ? Telle est la question à laquelle F. Lordon s’efforce de répondre. Par un exercice de méthode et de conséquence – à rebours du règne du déni et de l’inconséquence. Dans cette discussion avec Julien Théry, F. Lordon revient sur « les impératifs directeurs d’une autre organisation sociale » qu’il s’est efforcé de définir. Il s’agit de relever chacun de la précarité, de l’inquiétude de la subsistance, en créant une « garantie économique générale », selon l’idée de « salaire à vie » proposée par Bernard Friot. Il s’agit aussi d’abolir la subordination au travail. Il s’agit enfin de déterminer collectivement et se tenir à des limites quantitatives et qualitatives de la production à même de permettre la préservation de l’environnement tout en maintenant une qualité de vie acceptable pour tous. Mais pour faire advenir ce régime politico-économique tout autre que celui du capitalisme, auquel il n’y a pas d’autre nom à donner que celui de communisme, encore faut-il que la nouvelle organisation soit vue comme « collectivement désirable » – sans quoi elle n’a aucune chance d’être « politiquement viable ». Les « figures du communisme » que Frédéric Lordon présente dans son livre et dans cet entretien, parce qu’elle renouent avec l’objectif de la politique, qui est de vivre bien, sont propres à « défaire l’imaginaire négatif dont l’idée de sortir du capitalisme, pour ne rien dire du mot communisme lui-même, a été surchargée ». Certes, il faudra déterminer ensemble ce qui est réellement nécessaire, de façon à ne plus abandonner la production « à la croissance spontanée et anarchique de la division du travail sous la conduite aveugle et folle de la valeur d’échange ». Mais en perdant les « colifichets » par lesquels le fétichisme de la consommation fait un peu oublier la pauvreté de l’existence en régime néolibéral, (« Iphone 15, etc. »), on peut gagner « la tranquillité matérielle pour tous, de vastes services collectifs gratuits, une nature restaurée, et, peut-être par-dessus tout, le temps ». Soustraire la production à la dictature de la croissance, du taux de profit et des dividendes, cela n’implique en rien d’empêcher les libres propositions privées, bien au contraire. Le vrai luxe, celui que seul un virage communiste peut offrir à tous, c’est celui d’être en mesure de faire les choses que l’on désire faire – tout en faisant bien, et pour le bien commun, celles que les nécessités de l’économie (de la reproduction matérielle) continueront de contraindre à faire.

Frédéric Lordon : « Le communisme se doit de faire valoir ses contenus propres, positifs »

Vendredi 19 Mars 2021Pierre Chaillan

https://www.humanite.fr/frederic-lordon-le-communisme-se-doit-de-faire-valoir-ses-contenus-propres-positifs-701660

ENTRETIEN. Dans son dernier ouvrage, Figures du communisme, le philosophe et économiste montre en quoi la sortie du capitalisme, de son mode de développement et de ses modes de production est devenue un enjeu vital. Le directeur au CNRS avance les contours d’une « société humaine » s’inscrivant dans un « communisme luxueux ».

Dans Figures du communisme (1), vous montrez l’urgence de refermer « la longue parenthèse de la préhistoire du capitalisme ». Pourquoi « sortir » de ce système et de son mode de développement est-il « à ce point » vital ?

FRÉDÉRIC LORDON Pour une raison des plus simples et, me semble-t-il, des plus impérieuses : le capitalisme détruit l’humanité. Il la détruit du dehors, en lui rendant la planète inhabitable. Il la détruit du dedans, en démolissant la vie concrète des individus, poussés par l’exploitation, à bout de souffrance, de dépression, d’épuisement – parfois jusqu’à se tuer eux-mêmes –, en libérant chez les dominants des tendances sadiques inhumaines, en détruisant les liens sociaux par la marchandisation de tout, en faisant régner partout dans la société la misère intellectuelle, culturelle et morale de l’entreprise, spécialement dans les start-up, dont la langue dégénérée dit à elle seule de quelle forme de vie effondrée elles sont le « joyau ». Nous savions tout ça depuis un moment, et voilà maintenant qu’il y a les épidémies, dont le Covid-19 n’est que la première. Bien sûr, le discours hégémonique s’empresse de nous le faire voir comme un événement malheureux et surtout totalement exogène. Malheureusement, il y a des raisons de plus en plus sérieuses de penser que le déchaînement viral a tout à voir avec la dévastation environnementale dont le capitalisme est le véritable agent. Le Covid-19, comme bon nombre des saloperies qui suivront, est le produit même du capitalisme. La crise du Covid  est une crise du capitalisme. Survenant sur un commencement de prise de conscience, à la fois tardive et alarmée, à propos de la destruction, en voie d’être irréversible, des conditions de l’habitabilité terrestre, le phénomène pandémique, pourvu qu’on le rapporte à ses vraies causes, devrait aider à « concentrer les esprits ». Et à faire cheminer l’idée que, désormais, le capitalisme est un péril pour l’humanité.

La démonstration est implacable : «  Les certitudes du désastre  » sont devant nous. Mais cette invalidation ne se traduit pas nécessairement par une construction alternative. Pour vous, le nœud actuel de cette sortie du capitalisme réside dans le communisme. De quelle façon l’est-il ?

FRÉDÉRIC LORDON Je crois qu’on en est revenu des téléologies marxistes qui promettaient le communisme comme issue « nécessaire » (au sens du déterminisme) d’un capitalisme lui-même voué à sa « crise finale ». Il n’y a pas de sens préétabli de l’histoire, celle-ci n’est… (Suite abonnés)

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https://1drv.ms/b/s!Amn0e5Q-5Qu_rm51ENfqPaGq9NlI?e=h8TZxL

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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