En Île-de France,les réanimations sont saturées, manquent de personnel,découragées et n’en peuvent plus

 En Île-de-France, des « réas » découragées »

Le Figaro
Les Echos
La Croix

 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=6fd9e97a52d11b7ff302ba5c0ab950b8&id_newsletter=14516&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=14516&from=newsletter

 C’est ce que constate Anne-Laure Frémont dans Le Figaro. La journaliste observe que « tandis que les Franciliens «en sursis» attendent de savoir à quelle sauce ils vont être confinés, la pression s’accentue sur les hôpitaux de la région déjà saturés. Le nombre de personnes admises en réanimation y a dépassé le pic de l’automne (1157 patients contre 1136 en novembre), et le taux d’occupation de ces services atteint 101% ».


L’ARS Ile-de-France, « qui recense en moyenne 100 entrées par jour en soins critiques, contre 70 mi-février », précise que « l’augmentation a été amorcée il y a 9 semaines, avec une accélération depuis 3 semaines ».


Anne-Laure Frémont souligne que « dans les hôpitaux, le reflux de cette troisième vague n’est pas prévu de sitôt vu le niveau de circulation du virus en Île-de-France. En Seine-Saint-Denis ou dans le Val-d’Oise, le taux d’incidence frôle en effet les 500 cas par semaine pour 100.000 habitants, soit le double du seuil d’alerte maximale. À Paris, il approche des 400 cas ».


La journaliste explique que « les variants, prépondérants et plus contagieux, aggravent la situation dans une région où le taux de couverture vaccinale est le plus faible de France (seuls 6,56% des habitants ont reçu au moins une dose). Résultat, si l’on reste dans la même dynamique, fin mars, «on aura entre 1700 et 2100 patients. Et si je mets une semaine de plus, on passe entre 2000 et 2800 patients en réanimation», a calculé le directeur général de l’AP-HP, Martin Hirsch ».


Yves Cohen, chef du service de réanimation à l’hôpital Avicenne de Bobigny, indique pour sa part : « Nous sommes passés de 16 à 40 lits de soins critiques/réanimation, dont 24 sont occupés par des patients Covid+. Nous avons tout de même voulu garder des lits non-Covid pour ne pas réitérer l’erreur de la première vague et ses conséquences délétères ».


Anne-Laure Frémont rappelle que « la semaine dernière, l’ARS a donné «l’ordre ferme» de déprogrammer 40% des activités médicales et chirurgicales pour augmenter les capacités à 1577 lits de soins critiques, tout en «sanctuarisant les activités de cancérologie». En fin de semaine dernière, les 30% de déprogrammation étaient atteints, selon l’Agence régionale qui indique que «les cellules de régulation de l’offre de soin ont été réactivées mi-février afin d’accompagner les établissements» dans cette stratégie ».


La journaliste note que « l’autre levier pour limiter la saturation, ce sont les transferts de patients vers d’autres régions. Mais alors que le gouvernement en espérait «des dizaines, voire des centaines», seuls 10 ont été transférés en 3 jours. Martin Hirsch met en avant l’état des patients – «à peine plus de 10% » seraient «suffisamment stables» pour être déplacés – mais les médecins doivent surtout composer avec les réticences des familles qui refusent de voir leurs proches se faire soigner à des centaines de kilomètres ».


Anne-Laure Frémont indique par ailleurs que « dans les «réas», le profil des patients a évolué. Le Pr Cohen note une baisse de l’âge moyen, passé de 63 à 57 ans ». Ce dernier remarque : « Habituellement les plus jeunes faisaient aussi de l’hypertension ou du diabète ; aujourd’hui des personnes arrivent dans notre service avec du surpoids ou de l’obésité sans autres comorbidités, ce qui est étonnant ».


« En outre, la part des femmes a tendance à augmenter. Enfin selon l’ARS, les patients ont tendance à rester plus longtemps en réanimation. L’effet variant ? À confirmer, selon l’agence. Quoi qu’il en soit, cela n’aide pas à l’organisation des services »
, continue la journaliste.
Les Echos relaie de son côté « le cri d’alarme du patron des hôpitaux d’Ile-de-France ».
Solveig Godeluck explique ainsi que Martin Hirsch « tire le signal d’alarme. «Le virus n’est pas sous contrôle, le taux d’incidence est supérieur à 400, a-t-il alerté ce mercredi […]. Il y a autant de malades en réanimation aujourd’hui qu’il y en avait au pic de la deuxième vague» (1.177 mardi soir). Selon lui «on est plutôt dans une phase d’accélération», et le niveau de la première vague pourrait être atteint le 6 avril ».


La journaliste indique qu’à cette date, « selon les projections sur lesquelles se base l’AP-HP, il y aurait 2.000 à 2.800 patients en hospitalisation réanimatoire. Un nombre de malades «qu’on a eu du mal à prendre en charge il y a un an», a rappelé Martin Hirsch, […] en soulignant aussi que «pendant plusieurs semaines on n’a pas pris en charge autre chose que le Covid». Les déprogrammations sont aujourd’hui plus progressives, mais elles n’en restent pas moins risquées pour la santé des Français ».


Solveig Godeluck ajoute que « la situation a fondamentalement changé depuis un an, puisqu’il n’y a plus de renforts possibles venus d’autres régions. Et les hospitaliers sont épuisés par un an de crise sanitaire. «Les soignants vont travailler 48 heures par semaine sans congé dans les 2 ou 3 semaines», a signalé Martin Hirsch. Heureusement, après une phase de flottement, «les cliniques prennent leur part autant que l’hôpital public et autant qu’en première vague», selon lui ».


La Croix titre pour sa part : « Reconfinement : a-t-on tout essayé pour éviter la saturation des hôpitaux ? ».
Le journal souligne aussi que « les transferts de patients, les déprogrammations d’opérations et les renforts de personnel ne suffisent plus à soulager les hôpitaux situés dans les régions les plus touchées ».
Le quotidien relève que « les moyens humains, surtout, manquent. Selon Frédéric Valletoux, président de la FHF, «le problème n’est pas tant d’ouvrir plus de lits de réanimation que de trouver suffisamment de personnels pour les encadrer». À la différence de la première vague, le transfert des personnels entre hôpitaux n’est plus vraiment envisageable. […] Quant à la réserve sanitaire, elle ne peut faire face à la demande. Et les soignants fatiguent ».


La Croix note de plus que « les professionnels du secteur privé sont eux aussi moins disponibles, comme l’explique Thierry Chiche, le directeur d’Elsan, qui regroupe une centaine de cliniques et d’hôpitaux privés sur le territoire. Pendant la première vague, 600 soignants du groupe avaient prêté main-forte aux établissements privés et publics des régions les plus touchées. Mais un an après, les renforts sont moindres ».
Le responsable explique : « On manque de personnels partout. Malgré les précautions, ils sont régulièrement contaminés ou cas contact, sans compter tous ceux mobilisés par la campagne de vaccination ».Date de publication : 18 mars 2021

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

Laisser un commentaire