Les idées claires: les Masques

Les idées claires sur le Covid-19 : les masques

Par  Assma Maad ,  Maxime Vaudano et  Adrien Sénécat

Publié hier à 17h00, mis à jour hier à 17h08

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2021/03/16/les-idees-claires-sur-le-covid-19-les-masques_6073352_4355770.html?xtor=EPR-32280629-%5Ba-la-une%5D-20210317-%5Bzone_edito_2_titre_5%5D

DÉCRYPTAGES

Que sait-on vraiment après un an de pandémie et de controverses ? Troisième épisode de notre série : à quoi servent vraiment les masques ?

Cet article a été publié le 16 mars 2021, sur la base de connaissances disponibles à cette date. Celles-ci peuvent évoluer.

Aux débuts de la pandémie de Covid-19, les connaissances dont nous disposions sur le virus n’étaient que parcellaires. Ce qui paraît évident aujourd’hui, à la lumière des connaissances accumulées, ne l’était pas toujours à l’époque. Cela étant rappelé, s’il y a bien un sujet sur lequel tout et son contraire a été dit, c’est le masque de protection faciale.

Confronté à une pénurie, notamment à cause de la destruction de ses stocks, le gouvernement a d’abord présenté le masque comme inutilepour la population générale. Quelques mois plus tard, le masque est devenu obligatoire dans les magasins, les écoles et une grande partie de l’espace public. Les masques artisanaux, en tissu, réalisés par des particuliers, ont tour à tour été proscrits, puis encouragés, puis de nouveau bannis début 2021. Alors, disposons-nous vraiment de certitudes sur cette question ?

Correctement utilisés, les masques sont efficaces

On sait aujourd’hui que le coronavirus se transmet souvent par les postillons et par les aérosols. Le masque peut réduire les risques de contagion en filtrant non seulement les fameuses gouttelettes, mais aussi les petites particules de virus, qu’il peut piéger par effet électrostatique. Il n’est pas juste un filet à virus, mais agit en partie comme un aimant.

Il faut remplir quelques conditions pour que le port du masque soit utile. D’abord, il doit être porté correctement, c’est-à-dire recouvrir non seulement la bouche, mais aussi le nez. Il faut également respecter quelques règles d’hygiène, notamment en se lavant les mains avant de manipuler son masque (uniquement par les élastiques), puis en évitant de le toucher pendant qu’on le porte. Si l’on porte un masque en tissu, il faut s’astreindre à le renouveler une fois le nombre d’utilisations conseillées atteint (en général indiqué sur les emballages).

On sait aussi que le masque réduit avant tout le risque de transmettre le coronavirus à d’autres personnes. Il n’offre pas de garanties de protection pour celui qui le porte, c’est d’ailleurs précisé sur certaines boîtes de masques chirurgicaux. Mais il atteint son plein potentiel lorsque tout le monde en porte un, correctement.

Toutefois, les masques n’empêchent pas toutes les contaminations, car le risque de transmission dépend de plusieurs facteurs extérieurs. Il augmente par exemple si le patient infecté est proche, s’il tousse, s’il crie, si le contact dure longtemps, si le lieu est clos et mal ventilé, etc. Porter un masque ne dispense pas des autres mesures de protection, ne serait-ce que parce que le virus s’attrape aussi par les mains.

Le « modèle de l’emmental », une métaphore pour décrire la complémentarité des mesures de lutte contre le virus. Ian M. MacKay (traduction : Nathalie Clot) 

Bien choisir son masque

Voilà pour la théorie. Sauf qu’en pratique les choses se corsent encore, ce qui peut expliquer la cacophonie sur le sujet. D’abord parce que tous les masques ne se valent pas. Ceux de confection artisanale ont eu une réelle utilité depuis le début de la pandémie, en particulier lorsqu’il était difficile de se procurer d’autres types de protection.

Mais, désormais, des masques en tissu qui répondent aux normes Afnorsont largement disponibles. Mieux vaut donc privilégier ces derniers, en particulier ceux de catégorie 1, dont la protection est estimée équivalente à celle des masques chirurgicaux. A l’inverse, d’autres types de masques, utilisés par exemple sur les chantiers, ne sont d’aucun intérêt dans la lutte contre le Covid-19.

Les masques anti-projection, pour protéger les autres

Les masques FFP, pour se protéger soi-même

Infographie : Audrey Lagadec & Maxime Vaudano/Le Monde

Débat sur le masque en extérieur

Autre débat : où et quand porter le masque ? En intérieur, cela ne fait aucun doute, selon l’immense majorité des spécialistes. La généralisation du masque dans les lieux clos aurait ainsi fortement contribué à casser la dynamique de l’épidémie dans la durée, pour un coût finalement limité et surtout sans véritable risque pour la population. Encore aujourd’hui, une marge de progression existe, notamment lors des rassemblements familiaux.

La question du port du masque en extérieur est plus compliquée. S’il semble s’imposer lors de rassemblements, par exemple festifs, certains spécialistes considèrent qu’il n’est pas utile de l’imposer pour toute sortie dans la rue. D’autres y voient un moindre mal, qui peut se justifier par le principe de précaution, ou par la simplicité de ne pas avoir à mettre, enlever, puis remettre son masque sans cesse. Les données manquent encore, semble-t-il, pour trancher ces points.

En résumé:

L’utilisation des masques dans la lutte contre le Covid-19 n’est pas allée de soi. Début 2020, le manque de connaissances sur le coronavirus, le risque d’aboutir à une pénurie de masques chirurgicaux et la crainte que ces protections soient mal utilisées ont, semble-t-il, freiné leur généralisation. Un an plus tard, ce débat ne semble finalement pas si complexe : de bons masques, correctement et massivement utilisés, contribuent fortement à la lutte contre le virus.

Nos réponses à vos questions : Peut-on porter un masque toute la journée ? A quelle température le laver ? A quel point protège-t-il ?

Les idées claires sur le Covid-19

Assma MaadMaxime VaudanoAdrien Sénécat

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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