Commentaires postés en réaction à l’article « Je m’insurge contre la liberté d’installation » : le dernier cri d’un généraliste contraint de partir à la retraite sans successeur
« Seule une régulation de l’installation pour tous pourra modifier la donne »
Par Jean Scheffer le 12-03-2021

« Je connais le Dr Laine qui se bat dans les territoires pour l’accès aux soins. J’ajoute ma contribution en élargissant à tous les postes de médecins vacants à tous niveaux.
Pour un système de santé éfficient et accessible à tous: des solutions existent.
-Un clinicat-assistanat pour tous, la solution miracle et universelle
Plusieurs rapports démontrent que toutes les mesures pour inciter les jeunes médecins à s’installer dans les déserts médicaux, si elles ont pu ponctuellement être une solution, ont globalement échoué. Il en sera de même pour toutes ces propositions qui peuvent cependant être utiles ponctuellement. La multitude des aides n’a pas solutionné les déserts, sauf cas particulier, et la gabegie financière a été dénoncée par la Cour des comptes (cf la carte des installations en 2016, la quasi-totalité des installations a eu lieu en dehors des zones à pourvoir)
Seule une régulation de l’installation des généralistes et spécialistes avec l’augmentation du numerus clausus pourra, avec le maintien des mesures existantes d’aides aux installations, modifier la donne. Elle est réclamée depuis de nombreuses années, y compris par l’Ordre des médecins en août 2012 (qui s’est rétracté par la suite), par les Doyens de faculté, par les Maires des petites villes et des villes moyennes, par 90% des Français, par de multiples organismes.
Mais elle demeurera insuffisante pour résoudre les déserts hospitaliers et autres postes médicaux vacants dans tous les domaines d’exercice quelles que soient les spécialités.
Les déserts médicaux ne sont pas qu’en zone rurale ou dans les quartiers défavorisés des grandes villes, ils sont aussi dans nos hôpitaux y compris psychiatriques (plus de 40% de postes vacants) et c’est l’argument principal des fermetures de service en hôpital local, en centre hospitalier et même en CHU ! Les postes vacants sont aussi en nombre en PMI, en médecine scolaire et universitaire, dans les CMP, en médecine du travail, en santé publique… sans compter le manque de spécialistes pour les soins de proximité ambulatoires (dermatologie, pédiatrie, ophtalmologie, gynécologie, psychiatrie…).
Il faut donc résoudre la mauvaise répartition des médecins tant celle des spécialistes que celle des généralistes.
La moindre contribution en remerciement des études payées par la société, de la part de nos jeunes collègues, serait d’accepter une mission de service public de 2 ou 3 ans, généralistes, comme spécialistes et il n’y aurait ainsi aucune discrimination par l’argent comme c’est le cas actuellement avec les bourses données à ceux qui acceptent d’aller s’installer quelques années dans les déserts médicaux.
La solution c’est un clinicat-assistanat pour tous, en fin d’internat, obligatoire pour les futurs généralistes et les futurs spécialistes. Ainsi seront rapidement résolus déserts médicaux dans les quartiers et en milieu rural, mais aussi les 40% des postes vacants surtout dans les hôpitaux généraux, en PMI, en médecine scolaire, dans les CMP, en médecine du travail…. Les postes pourraient être partagés (assistants partagés) pendant les trois années entre gros et petits hôpitaux, entre villes et milieu rural, entre hôpital général ou CHU et PMI ou CMP, ou centre de santé et maison de santé, ou médecine scolaire, ou médecine du travail…Il faut résoudre l’ensemble des postes vacants avec une seule solution et chacun ne tirera plus la couverture à lui. Il n’y aura plus de ségrégation entre étudiants de milieu modeste acceptant une bourse pour aller en désert médical et les autres mieux nantis. Il n’y aura plus de lutte entre territoires de santé pour s’accaparer les quelques généralistes qui bien souvent ne resteront pas une fois les aides taries. C’est une excellente façon de découvrir autre chose que la ville universitaire et de prendre goût à une toute autre qualité de vie, et donner envie de la partager après son assistanat, comme moi Toulousain quand je suis arrivé en 1970 sur Albi pour mon internat de région sanitaire. J’y suis resté et je m’en félicite.
En qui concerne les articles du jour, il s’agirait d’assistanat partagé entre hôpitaux généraux, et centres de santé public ou maisons de santé libérales.
Cependant, améliorer l’accès au médecin généraliste, que ce soit en centre de santé public ou en maison de santé libérale pluri-disciplinaire, cela restera insuffisant pour améliorer l’accès aux soins de tous dans nos territoires. Il faudra recréer les services fermés dans nos hôpitaux (urgences, lignes SMUR, soins intensifs, chirurgie, maternités…). Mais aussi à ALbi rouvrir les lits fermés de longue durée (USLD), le service de soins de suite et de réadaptation, recréer les services indépendants de neurologie et de cardiologie..Il faut aussi réintroduire les spécialités abandonnées dans nos hôpitaux (par exemple à Albi, l’endocrinologie-diabétologie, l’urologie, la stomatologie, l’ophtalmologie, la chirurgie dentaire… Au Bon Sauveur rouvrir le laboratoire du sommeil, le CMP de Réalmont, les lits fermés en milieu ouvert et fermé…). Il faut supprimer les dépassements d’honoraires dans les cliniques lucratives pour toutes les familles en difficulté, ainsi que tous les forfaits et franchises, y compris les 15€ au service des urgences.
-Vers un 100% santé, ou une assurance santé universelle
Il faut restructurer la Sécurité sécurité sociale pour la faire évoluer ves un 100% santé. Martin Hirsch (directeur général de l’APHP) et Didier Tabuteau (chaire santé de SciencesPo) avaient proposé en 2017 une assurance santé universelle (https://www.lemonde.fr/idees/article/2017/01/14/creons-une-assurance-maladie-universelle_5062590_3232.html). On peut passer par une première étape en copiant le sytème en vigueur en Alsace-Moselle Ce dernier intègre l’assurance complémentaire dans l’assurance maladie, ce qui permet un reste à charge beaucoup moins élevé, des cotisations 30% moins élevées, une meilleure couverture et cerise sur le gâteau, un régime équilibré. Les complémentaires seraient cantonnées à des actions de prévention, d’éducation sanitaire et de soins de confort. C’est exactement l’inverse du 100% santé de Macron (véritable escroquerie intellectuelle) qui soustrait l’essentiel du remboursement des prothèses auditives et dentaires, ainsi que des lunettes, du champ de couverture de l’assurance maladie en le confiant aux complémentaires, le résultat étant l’augmentation de plus de 4% de nos cotisations mutualistes en 2021 !
Il ne manque plus que la volonté politique pour inverser une mécanique allant tout droit vers un clivage « médecine des riches et médecine des pauvres », avec des territoires abandonnés. »
« C’est pas à la veille de la retraite qu’on se préoccupe de l’avenir de son métier »
Par Zonard désertifié le 12-03-2021 https://www.egora.fr/actus-pro/ca-vous-a-fait-reagir/65744-c-est-pas-a-la-veille-de-la-retraite-qu-on-se-preoccupe-de-l#xtor=EPR-3-2%5BNews_a_la_Une%5D-20210313-%5B_1%5D

« C’est pas à la veille de la retraite qu’on se préoccupe de l’avenir de son métier. C’est trop facile de refiler les contraintes aux jeunes. Pendant que certains ferraillaient pour défendre la profession, d’autres « travaillaient » indifférents à l’avenir. Maintenant que la médecine générale est arrivée à ce que voulaient les décideurs et tutelles, une médecine monotone de tri et de renouvellement (fini la petite chirurgie, les surveillances de grossesse, les urgences et aucun équipement type ECG, écho, doctor test…) avec pour secrétariat Doctolib, faut pas être étonné que les jeunes désertent, surtout en campagne. Transmettre cette activité à un jeune médecin qualifié et hautement sélectionné est même malhonnête. »
« Je sais dire NON aux patients »
Par Par Docjeanot le 12-03-2021 https://www.egora.fr/actus-pro/ca-vous-a-fait-reagir/65745-je-sais-dire-non-aux-patients#xtor=EPR-3-2%5BNews_a_la_Une%5D-20210313-%5B_1%5D

« Ah pardon, j’ai 35 ans, je suis installé depuis trois ans en zone très rurale à un peu plus d’1h de l’hôpital. Je fais la petite chirurgie, la traumatologie/plâtres, j’ai deux ECG (un au cabinet, un pour les visites), un échographe ultra-portable (mais j’ai l’avantage d’être de la génération GameBoy), des ophtalmo/oto/dermato-scopes, je fais des gardes et suis médecin pompier.
PAR CONTRE :
– je finis rarement après 18h sauf garde, car j’ai des enfants en bas âge. Avec des créneaux dédiés aux urgences. Le reste est planifiable à l’avance. Ah oui, mais les patients qui travaillent ? Comme je le dis, on planifie à l’avance. Quand les patients prennent RDV pour le cardio ou un scanner, ils prennent le plus tôt possible et se débrouillent pour y être.
– je sais dire NON aux patients (contrairement à ce confrère qui déclare dire « oui » tout le temps)
– je fais des ordonnances de trois, voire six mois pour des patients très stables, là où certains de sa génération faisaient revenir tous les mois des patients de 50 ans pour renouveler une statine…
– je déboulonne les ordonnances surchargées des vieux
– les visites sont exclusivement réservées aux patients grabataires ou âgés n’ayant absolument aucun proche pour les amener; le gros de mon matériel et les dossiers sont au cabinet, c’est là que je travaille le plus efficacement. A domicile, on bricole. Et si je vois en visite des patients plus jeunes, c’est que j’arrive avec les pompiers.
Ceci dit ce qui me donne envie de me barrer ce sont tous les consultations de certificatite. Ras le bol des MDPH et autres… »
« Je suis parti pour une autre vie extraordinaire »
Par Philippe_K_2 le 12-03-2021 https://www.egora.fr/actus-pro/ca-vous-a-fait-reagir/65747-je-suis-parti-pour-une-autre-vie-extraordinaire#xtor=EPR-3-2%5BNews_a_la_Une%5D-20210313-%5B_1%5D

« J’avais la même vie que le Dr Laine, la même vie que mon père, lui aussi généraliste. Des vies admirables, mais épuisantes. Un métier extraordinaire dont la pratique s’est dégradée inéluctablement. A 48 ans, j’ai contracté un emprunt professionnel pour me sortir du piège dans lequel on s’enferme dès nos premières années d’installation. Avec cet emprunt, j’ai apuré mes charges de l’année suivante. Car aucun confrère n’a voulu prendre ma suite, même en désespoir de cause, gratuitement: ‘Vous avez trop de travail’, m’avait dit mon remplaçant à qui je donnais alors 100% de la recette pour me permettre de prendre des vacances et souffler sans pénaliser mes patients. Et puis je suis parti, salarié pour une entreprise internationale, pour une autre vie extraordinaire.
Quel drame pour nos patients âgés et dépendants. Mais on n’a qu’une vie et notre intelligence pour trouver le bonheur.
Bonne retraite cher collègue, ce que vous avez accompli est grand. »
« Les méthodes coercitives ne marcheront jamais »
Par Csala le 12-03-2021 https://www.egora.fr/actus-pro/ca-vous-a-fait-reagir/65748-les-methodes-coercitives-ne-marcheront-jamais#xtor=EPR-3-2%5BNews_a_la_Une%5D-20210313-%5B_1%5D

« Mon cher confrère,
Je suis parti en retraite tout comme vous allez le faire un 31 mars, l’année dernière et sans successeur… et pourtant un potentiel successeur aurait eu des conditions de travail idylliques, dans un village sympa, patientèle plutôt jeune, sans contrainte d’horaire ( moins de 8h par jour, sans samedi ni dimanche, PDS minimale (2 nuits par trimestre et 1/2 WE par semestre en maison médicale, sans visite à domicile, arrêt de la garde à 24h ) près de 2 CHU entre Lyon et Saint Etienne, à 8mn d’un CHG , à 2km d’une bretelle d’autoroute, avec écoles, collège et lycée tout proche (on pouvait y aller à pied!!) toutes les Universités possibles à moins de 20 mns en voiture, loisirs à foison (théatres cinémas, sports avec 2 équipes pros de foot (OL et ASSE), au pied du parc naturel du Pilat ; je laissais tout gratuit : patientèle, matériel, informatique …) Et malgrè cela en 1 an personne ne s’est manifesté ne serait-ce que pour avoir des renseignements !!!
Comment dans ces conditions, contraindre des jeunes confrères à s’installer dans le fin fond du trou du c.l du monde alors qu’ ils ne viennent même pas quand tout leur est offert sur un plateau dans un lieu qui n’a rien d’un désert médical …
Je suis convaincu d’une chose: les méthodes coercitives ne marcheront jamais ; ma grand mère disait : » On n’attrape pas des mouches avec du vinaigre ! »
Si on s’était arrété de charger la barque avec des contraintes administratives épuisantes, avec des honoraires méprisables (en comparaison de la moyenne européenne), avec des forfaits qui créent encore plus de contraintes et sont devenus illisibles, des MSP dont la base est constituée des « réunionites » à tous propos … et j’en passe, on en serait sans doute pas là !!
Pour ma part , je n’ai aucun regret d’avoir « quitté » un métier qui n’avait plus rien à voir avec celui de mon début de carrière … Mon seul regret : avoir laissé sur le carreau quelques patients même si j’ai eu à coeur de leur avoir, pendant 6 mois, recherché un médecin traitant qui accepterait de les prendre en charge. »
« Pour moi, le Covid a changé radicalement la donne »
Par Hippocrate le 12-03-2021 https://www.egora.fr/actus-pro/ca-vous-a-fait-reagir/65749-pour-moi-le-covid-a-change-radicalement-la-donne#xtor=EPR-3-2%5BNews_a_la_Une%5D-20210313-%5B_1%5D

« Votre témoignage, cher confrère, est des plus émouvants et hélas représentatif de la situation actuelle. Je me trouve à peu près dans la même configuration que la vôtre mais je n’ai pas encore réussi à décrocher. Déjà 43 années de pratique de la médecine générale et toujours le goût du métier.
Je fais partie de tous ceux qui comme moi n’arrivent pas à décrocher, tant la fonction du travail est co-constituante de notre identité, de notre ADN. « Co » car d’autres facteurs entrent en ligne de compte, en premier lieu celui de devoir abandonner nos patients en sachant qu’ils seront livrés à eux-mêmes faute de repreneurs.
Pourtant, exerçant en banlieue parisienne, nous sommes mieux lotis que vous, mais la pénurie des médecins généralistes se fait même ici désormais cruellement sentir et la jeune génération, nous ne pouvons la blâmer, ne veut pas travailler comme nous l’avons fait. Différemment de nous, ils veillent mieux à la qualité de leur vie privée.
Comme vous je ne compte plus les années où je quittais régulièrement mon cabinet vers 22- 23 heures. En cumul emploi-retraite depuis quelques années, j’ai bien entendu levé le pied, c’était l’objectif.
Mais la Covid a effectivement changé radicalement la donne. Deux confrères et amis en sont décédés. Cela, tout comme vous, m’a fait peur. Je viens de plus de le contracter et d’être hospitalisé, fort heureusement sans graves conséquences, mais cela n’a fait que renforcer mon sentiment qu’il était peut-être temps de mettre la clé sous la porte.
Voilà mon cher confrère ma réaction à votre témoignage. Je vous souhaite une retraite paisible et pleine des projets que votre épouse et vous avez envisagés. Sachez que ce ne sont pas vos seuls patients qui vous applaudissent mais nous tous, tous ces confrères anonymes qui nous sommes reconnus en vous, et j’espère aussi beaucoup d’autres ! »
« Un message misogyne et anti-jeunes »
Par Anne-sophie _I le 12-03-2021 https://www.egora.fr/actus-pro/ca-vous-a-fait-reagir/65750-un-message-misogyne-et-anti-jeunes#xtor=EPR-3-2%5BNews_a_la_Une%5D-20210313-%5B_1%5D

« Je suis attristée de voir encore un message misogyne et anti jeune (il n’y a pas que les femmes qui veulent une vie de famille, tous les hommes de ma promotion le veulent aussi).
C’est un discours ambivalent, vous reconnaissez que la vie est courte pourquoi en attendre la fin pour en profiter? Je suis médecin généraliste femme installée seule depuis 1 an et je travaille 12h par jour 4 jours pas semaine. Les jours où je ne suis pas là les patients vont consulter ailleurs et ne m’en veulent pas!
Personne n’est indispensable, les patients s’adaptent toujours. »
« Je suis pour un modèle social, avec des médecins fonctionnaires »
Par Romain_L_6 le 12-03-2021 https://www.egora.fr/actus-pro/ca-vous-a-fait-reagir/65752-je-suis-pour-un-modele-social-avec-des-medecins-fonctionnaires#xtor=EPR-3-2%5BNews_a_la_Une%5D-20210313-%5B_1%5D

« Hé oui c’est triste. Cependant, je trouve qu’il identifie mal le fond du problème. Moi je pense que le gros problème structural avec la médecine en France, c’est de vouloir appliquer un modèle libéral et un modèle social en même temps. Il faut choisir.
Soit on choisit un modèle libéral, à l’américaine, et les gens paient moins d’impôts mais se démerdent avec ou sans mutuelle privée. Soit on choisit un modèle social, à la française, et les médecins deviennent des fonctionnaires.
Moi je suis pour le modèle social (c’est un peu le modèle que j’ai connu à l’Armée, et au quotidien il avait la vertu de remettre la médecine au centre de nos préoccupations), et mon rêve serait que l’état crée un maillage territorial articulé et cohérent, avec de grosses structures hospitalières incluant médecine générale et paramédicaux, et petites structures de campagne sur le modèle des maisons de santé. Les professionnels de santé ne seraient plus rémunérés au forfait mais à l’heure (avec pourquoi pas des systèmes intelligents pour motiver les gens à faire de la qualité : sur le modèle de la Rosp par exemple).
En parallèle de ça, on pourrait garder une médecine libérale, mais NON remboursée.
Mais simplement dire « il faut faire sauter la liberté d’installation » sans rien changer à la schizophrénie actuelle, c’est tout simplement injuste. »
« Il suffit de passer la consultation a 50 Euros et il n’y aura plus de désert médicaux »
Par Liberty8 le 12-03-2021 https://www.egora.fr/actus-pro/ca-vous-a-fait-reagir/65753-il-suffit-de-passer-la-consultation-a-50-euros-et-il-n-y-aura#xtor=EPR-3-2%5BNews_a_la_Une%5D-20210313-%5B_1%5D

« Comme lui j’ai 37.5 ans d’installation, comme lui je fais des visites, je travaille à « l’ancienne » sans Doctolib et tutti quanti, comme lui j’ai une patientèle de 2500 patients traitants, comme lui je pars à la retraite en juin, comme lui j’ai eu le Covid en mars avec 4 jours sous O².
MAIS
Je ne demande pas aux jeunes médecins de payer pour l’incurie politique qui a mis la médecine libérale à genoux, il suffit de passer la consultation à 50 Euros et il n’y aura plus de désert médicaux. Le nombre de médecin inscrit au CO augmente tous les ans, alors où sont-ils ? Et bien là où ils peuvent travailler pour le même prix mais ni 60 heures par semaine, plombées par un administratif chronophage : postes salariés de tout genre avec l’administratif intégré qui suit.
C’est le système de la poule aux œufs d’or, si on contraint le peu de médecins qui veulent faire du libéral et bien ils iront ailleurs et il n’y aura plus personne … à moins bien sûr que l’on soit adepte du fouet, du collier électrique ou a pointes, bref un bon esclavagiste !
Enfin je pars a 63.5ans, la mairie a monté une maison médicale, plateau technique kiné-infirmières-podo-ortho a loyer hyper-modéré et cela a déjà attiré 2 médecins, sans aucune aide et donc obligation vis à vis de l’ARS, d’un secrétariat commun ou d’association entre eux. La vraie médecine libérale.
Je n’ai jamais travaillé au dépend de ma famille et de mon repos, j’ai profité de ma femme (en tout bien tout honneur bien sur 😉 et de mes enfants qui ont quitté le nid, j’ai choisi le secteur 2 a une époque difficile ou les médecins étaient pléthore, un pari oh combien réussi ! J’ai commencé à 26 ans et avait déjà souscrit à un contrat complémentaire retraite a 35 ans, donc je pars avec 5000 euros net par mois.
Et je pars sans état d’âme, sans culpabilité, sans regret et sans aigreur, content de ma carrière, de mon métier et surtout je ne vais pas donner des leçons ni des diktats, que nous n’avons pas eu, à mes jeunes confrères.
Bonne retraite cher confrère, la mienne sera parfaite je n’en doute point. »
« C’est à cause de médecins comme vous qu’on en est là »
Par Cessole le 12-03-2021 https://www.egora.fr/actus-pro/ca-vous-a-fait-reagir/65754-c-est-a-cause-de-medecins-comme-vous-qu-on-en-est-la#xtor=EPR-3-2%5BNews_a_la_Une%5D-20210313-%5B_1%5D

« C’est tout à votre honneur MAIS … c’est aussi à cause de médecins comme vous qu’on en est là !
Je suis installée depuis plus de 30 ans et je m’explique:
1/ non, le médecin n’est pas corvéable 24/24, pour pas un balle !
– cela fait presque 20 ans que je n’ai pas fait une visite de nuit, et mes patients n’en sont pas morts pour autant. Je réduis les visites au strict minimum. Une visite revient à gagner +/- 35€ de l’heure BRUT, vous trouvez ça normal ? Comment expliquez-vous qu’à l’instauration du forfait de déplacement « non médicalement justifié » les CMU ont été guéris instantanément la nuit et le WE ???
– une CS à 25€ en tiers-payant réclamé par les patients, mais qui vénèrent le grand Professeur qui demande 100 et plus, en cash … cherchez l’erreur.
– accepter 15h de travail par jour, 50 semaines par an, toute une carrière, en mobilisant son épouse bénévole ….. pas vraiment étonnant que personne ne veuille se confronter à cette promesse, non ?
Donc la médecine actuelle à 25 balles l’acte n’est pas viable et les jeunes l’ont bien compris, on en revient toujours au même problème de la valeur de notre métier, qui n’a plus rien d’attractif, que des contraintes administratives et du mépris.
2/ Basta de dire que nos études sont payées par l’Etat, voire l’aide sociale selon vos dires. Que les ignorants osent le prétendre,… mais de la part d’un médecin, c’est encore pire!
Faire le travail de la secrétaire, les entrées, les sorties, la mise à jour du dossier…. pour quelques centaines d’euros mensuels, et des horaires indécents, je n’appelle pas ça des études payées par l’Etat mais totalement l’inverse.
En conclusion, oui, vous avez fait votre métier honorablement, mais ne soyez pas étonné, et vos patients non plus, que personne ne veuille reprendre ce type de flambeau pour la gloire.
Bien confraternellement. »