Une virulence plus forte (en plus d’une contagiosité accrue) du variant anglais explique des entrées en réanimation exponetielles avec des hospitalisations stables

« Covid-19 : pourquoi les réanimations augmentent alors que les hospitalisations restent stables ? »

Libération
Le Parisien

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Luc Peillon remarque dans Libération que « les tendances sont, en apparence, contradictoires : alors que le nombre de patients Covid-19 en réanimation ne cesse de croître depuis deux mois, le nombre de personnes hospitalisées pour la même maladie, lui, est, étonnamment stable ».
Le journaliste note en effet que « depuis le début de la deuxième vague cet été, le nombre de malades en réanimation (en réalité en soins critiques) a atteint un pic le 16 novembre (4903 personnes), avant de redescendre à un point bas le 7 janvier (2573). Il n’a cessé depuis d’augmenter, pour atteindre 3849 personnes le 8 mars, soit une hausse de 50% en deux mois ».
« Parallèlement, le nombre de personnes hospitalisées pour Covid-19 est monté jusqu’à 33.466 le 16 novembre, est redescendu à 24.488 le 7 janvier, et se situe désormais, le 8 mars, à 25.195. Soit
une progression d’à peine 3% sur les 8 dernières semaines », ajoute-t-il.


Luc Peillon explique que « la population hospitalisée à cause du Covid-19 est certes restée stable dans son ensemble, mais ses composantes, par classes d’âge, ont évolué. Le nombre de plus de 80 ans hospitalisés, peu placés en réanimation, a ainsi baissé de 14,3% ces deux derniers mois (1747 personnes de moins), tandis que les 50/79 ans, qui représentent l’essentiel de la population en réanimation (80%), ont augmenté de 16,7% (1816 personnes de plus) sur la même période ».
Le journaliste résume ainsi : « Au sein d’une population hospitalisée stable, la hausse des classes d’âge davantage orientées en réanimation a été compensée par une baisse équivalente des plus de 80 ans, peu concernés par ce service ».
« Une hausse des hospitalisations des 50/79 ans a un impact direct sur le nombre de places occupées en réanimation, tandis qu’une baisse des hospitalisations des plus de 80 ans, du fait de leur faible part dans ce service, passe quasiment inaperçue », 
poursuit-il.
Luc Peillon relève en outre que « cette hausse de 50% des entrées en réanimation du 7 janvier au 8 mars est due à une hausse du nombre de cas. En prenant en compte l’incidence une semaine plus tôt, puisqu’il s’écoule 7 jours en moyenne entre la réalisation d’un test et une éventuelle hospitalisation, on observe ainsi, entre le 31 décembre et le 1er mars, une hausse de 49,7% de l’incidence quotidienne, tous âges confondus. Mais surtout +48% chez les 50/59 ans, +38% chez les 60/69 ans et +19 % chez les 70/79 ans, tandis que les plus de 80 ans connaissent une baisse de leur incidence de 18,6% ».


Il note enfin que « si la hausse des réanimations ces deux derniers mois est équivalente à la hausse de l’incidence des 50/59 ans, elle reste supérieure à la progression de l’incidence des 60/69 ans et des 70/79 ans, deux classes d’âges qui représentent plus de 60% de la population en réa ».
« Soit une orientation plus importante de ces personnes vers les services de réanimation, ce qui confirmerait la thèse d’une virulence plus forte (en plus d’une contagiosité accrue) du variant britannique, qui représente désormais plus de 65% des souches circulant en France »,
conclut le journaliste.


De son côté, Le Parisien titre : « Covid-19 en Ile-de-France : l’inexorable hausse des patients en réanimation ».
Le journal constate que « le nombre de malades dans les services de réanimation a atteint son niveau de la deuxième vague du mois de novembre avec 1032 patients et continue à augmenter. Dans les hôpitaux, c’est la veillée d’armes ».
Le quotidien souligne qu’« il a fallu 10 jours pour que le nombre de patients Covid en réanimation passe de 805 à 900 (du 24 février au 5 mars). Mais cinq petits jours seulement pour que la courbe s’envole et atteigne aujourd’hui 1032 malades en urgence vitale ».
Le Parisien remarque que « si le nombre de malades Covid est aujourd’hui très proche du pic de la 2e vague (1138 le 5 novembre), rien ne dit qu’il s’apprête à redescendre, au contraire. Avec le variant anglais, ultra-contagieux, la progression s’affole ».


David Heard, directeur de la communication de l’ARS d’Ile-de-France, indique qu’« au regard des courbes, on arrive à estimer, notamment à partir de l’incidence, les besoins à 15 jours. D’où la nécessité de disposer de 1500 lits de réanimation pour les patients Covid d’ici 15 jours ».
« Il faut donc «aller chercher des lits ailleurs», en déprogrammant encore des interventions non urgentes, aujourd’hui fixées à 40% »
, continue le journal.

 

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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