Les conséquences sanitaires de la radioactivité pour les habitants de Fukushima sont étonnament très faibles

Fukushima : « Pas de hausse du nombre de cancers de la thyroïde »

Le Figaro

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Le Figaro publie une enquête sur la catastrophe de Fukushima, survenue il y a 10 ans, et indique notamment que « les études menées au Japon ne constatent pas de surmortalité liée à la radioactivité, même si cela pourrait encore survenir plus tard ».
Marc Cherki explique ainsi que « 10 ans après la catastrophe, le décompte macabre est sans appel. Le séisme et le raz-de-marée ont provoqué 18.500 morts. Tandis que le compte post-accidentel, lié à la centrale nucléaire, s’élève au total à 2317 morts dans la préfecture de Fukushima, selon un bilan récent. Mais, contrairement aux idées reçues, ces décès ne sont pas liés à une exposition des populations à la radioactivité ».
Dominique Laurier, épidémiologiste à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), précise qu’« il y a moins d’une dizaine de salariés de Tepco dont la maladie a été reconnue en lien possible avec l’accident nucléaire et qui ont donné droit à une indemnisation. Une étude a évalué entre 1500 et 2500 le nombre de morts induits par l’accident nucléaire. Il s’agit de décès précoces dans la population déplacée, après des dépressions, des suicides, le développement de l’alcoolisme ou de morts prématurées pour des personnes âgées dans des maisons de retraite ou des malades hospitalisés ».
Marc Cherki observe que « ce bilan n’a rien à voir avec les estimations de dizaines de milliers de cancers de la thyroïde provoqués en Ukraine, en Biélorussie et en Russie par l’accident de Tchernobyl, en 1986. Les émissions radioactives n’ont pas été du même ordre de grandeur ».
Florent de Vathaire, chercheur à l’Inserm et épidémiologiste à l’Institut Gustave Roussy, remarque pour sa part qu’« il est beaucoup trop tôt pour tirer des conséquences de l’accident de Fukushima sur la santé, en particulier sur les cancers induits par les rayonnements ionisants, comme ceux de la thyroïde, du sein ou digestifs. On mesure généralement une hausse de l’incidence sur ces cancers au moins une dizaine d’années après l’exposition, selon la dose reçue ».
Le journaliste note que l’« expert confirme que les études scientifiques publiées, «bien faites», reflètent «une hausse du nombre de cas, du fait d’une surveillance renforcée». C’est l’effet dit de «screening», lié à un dépistage beaucoup plus poussé après l’accident, particulièrement important pour les cancers de la thyroïde. Au Japon, en juin 2020, 252 cas de ces cancers ont été suspectés, et 202 confirmés. Ces cas reflètent des études régulières, conduites initialement sur 300.000 jeunes de moins de 18 ans au moment de l’accident, testés tous les 2 ans dans la préfecture de Fukushima ».
Marc Cherki observe que « les ONG antinucléaires contestent l’absence de lien entre ces cancers de la thyroïde et la catastrophe. […] L’accident de Tchernobyl a montré que l’incidence de nombreux cancers pouvait se révéler 20 à 30 ans après l’accident. Et les opposants au nucléaire, en particulier au Japon, mettent bien en avant les cancers de la thyroïde pour engager des poursuites contre le gouvernement, réclamer des indemnisations pour les personnes contaminées et la poursuite du suivi médical des populations ».
« Les épidémiologistes soulignent qu’il est essentiel de continuer la surveillance après dix ans. Car, au-delà des cancers, certains signaux peuvent encore émerger. Une étude passée sous le radar, publiée en juillet 2020 dans Environnemental Health, considérée «de qualité» par Florent de Vathaire, montre notamment une augmentation du nombre de naissances de faible poids (inférieure à 2,5 kg) dans les zones les plus contaminées. […] Cet effet pourrait être lié à une exposition de la mère aux rayonnements ionisants, même si le stress pourrait également jouer un rôle »,
 relève le journaliste.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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