Une brève exposition à la pollution de l’air (PM2,5, PM10,dioxyde d’azote) augmente le risque d’infarctus du myocarde

Publié le 10/03/2021

Mortelle pollution

La brève exposition à une pollution de l’air ambiant a été associée à la possible survenue d’un infarctus du myocarde (IDM) ; cependant très peu d’études, aux résultats d’ailleurs contradictoires, ont analysé les effets de cette courte exposition sur la survenue d’un IDM mortel.

Cette incertitude a conduit Liu et coll. à   tenter de déterminer l’association entre une courte exposition, à différents niveaux de pollution de l’air ambiant, et la mortalité liée à un IDM.
L’étude a porté sur 151 608 cas de décès secondaire à un IDM survenus entre 2013 et 2018 dans la province de Hubei en Chine. A partir de l’adresse du domicile de chaque patient décédé, il a été possible d’évaluer l’exposition à un certain nombre de particules d’un diamètre ≤ 2,5 μm (PM2,5) et d’un diamètre ≤ 10 μm (PM10) mais également l’exposition au dioxyde de souffre, au dioxyde d’azote, au monoxyde de carbone et à l’ozone. La concentration en ces éléments le jour de l’infarctus et les autres jours a été déterminée à partir des taux enregistrés dans les plus proches stations de surveillance de la qualité de l’air.

Une brève exposition à la pollution atmosphérique augmente le risque de décès par IDM

L’exposition aux PM2,5, PM10 et au dioxyde d’azote (à savoir, les taux moyens mesurés le jour et la veille de l’accident cardiaque) a été associée significativement à une augmentation du risque de décès par IDM.
Le risque associé à une exposition aux PM2,5, et PM10 a augmenté fortement et rapidement jusqu’à un point de rupture (PM2,5 : 33,3 μg/m3; PM10 : 57,3 μg/m3) au-delà duquel (donc  pour des concentrations plus élevées) la pente de la courbe s’est ensuite stabilisée; l’association du risque avec l’exposition au dioxyde d’azote est cependant restée pratiquement linéaire.
Chaque augmentation de 10-μg/m3 de l’exposition aux PM2,5 (< 33,3 μg/m3), PM10 (< 57,3 μg/m3) et au dioxyde d’azote s’est trouvée associée de façon significative à un risque de décès par IDM respectivement égal à 4,14 % (intervalle de confiance [IC] 95 % : 1,25 % à 7,12 %) ;  2,67 % (IC 95 % : 0,80 % à 4,57 %) ; et 1,46 % (IC 95 % : 0,76 % à 2,17 %).
L’association entre l’exposition au dioxyde d’azote et la mortalité par IDM a été significativement plus élevée chez les sujets âgés.

Dr Robert Haïat

RÉFÉRENCE

Liu Y et coll. : Short-Term Exposure to Ambient Air Pollution and Mortality From Myocardial Infarction. J Am Coll Cardiol., 2021 ; 77 : 271-281.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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