Ce qui se passe à Nice ou Dunkerque n’est que le signe précurseur de ce qui risque d’arriver un peu partout sur le territoire si on laisse le variant vivre sa vie ».

« Contre le Covid, « l’ouest de la France n’est en rien immunisé » »

Libération

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Libération publie un entretien avec Pascal Crépey, enseignant-chercheur en épidémiologie et biostatistiques à l’Ecole des hautes études en santé publique de Renne, qui « se dit favorable à un durcissement national des restrictions sanitaires, la situation de la façade Atlantique, jusqu’ici épargnée, n’étant en rien immuable ».
Le journal souligne ainsi que « le chercheur estime que les localités actuellement préservées sont tout aussi en danger face au variant britannique, et devraient faire partie intégrante d’un potentiel nouveau tour de vis ».


Pascal Crépey évoque les 20 départements sous « surveillance renforcée » : « On continue d’observer une hausse des taux d’incidence […], avec un variant anglais de plus en plus présent. Je ne vois pas comment ces départements pourraient échapper à des mesures complémentaires. L’épidémie de ce variant n’est plus du tout contrôlée ».


« Bien sûr, tous ces territoires ne présentent pas encore une courbe de nouvelles contaminations totalement à la verticale, tel un mur, comme cela a pu être le cas à Mayotte fin janvier. Mais la dynamique du variant anglais est bien sur une exponentielle. Sans restrictions supplémentaires, il y a toutes les raisons de penser que la croissance épidémique va exploser. Car la vaccination n’est pas encore en mesure à elle toute seule d’atténuer le fardeau hospitalier et, par extension, le fardeau de la mortalité », 
souligne l’épidémiologiste.


Libération remarque : « L’ouest de la France semble pour l’heure relativement épargné par les flambées comparé à l’est du pays. C’était déjà le cas en mars dernier. Y a-t-il des explications sur cette hétérogénéité ? ».


Pascal Crépey indique qu’« il existe des éléments, oui, mais rien de définitif. Par exemple, on sait qu’il y a une combinaison température-humidité qui a tendance à favoriser la survie du Sars-CoV-2 et à renforcer sa capacité de se déplacer plus loin par les aérosols : il est possible que l’Ouest présente des conditions d’humidité et de température qui, au contraire, réduisent le potentiel de transmissibilité du virus. Rien n’est tout à fait acté à 100%, mais c’est un des facteurs qui pourraient peser dans la balance ».


« De même, on s’interroge sur l’impact géographique et la centralité des régions de l’est de la France par rapport au reste de l’Europe. En termes de flux de populations et donc de nombres potentiels de contacts, la façade Atlantique est plus préservée que les départements frontaliers »,
 ajoute le spécialiste. 


Il note en outre que « le comportement des gens et l’acceptabilité des mesures à l’échelle locale pourraient aussi jouer un rôle, mais aucune étude ne s’est penchée sérieusement sur cette question, donc cela reste dans le domaine de la pure hypothèse. Dans tous les cas, l’ouest de la France n’est en rien immunisé. Loin de là ».


L’épidémiologiste souligne ainsi que « le variant britannique est présent partout sur le territoire. Dans certains endroits, il avance encore masqué car il n’est pas encore majoritaire, mais il suffit d’observer le nombre de nouveaux cas à l’échelle nationale grimper pour se rendre compte du mouvement de fond. On assiste pour le moment à une hétérogénéité de sa circulation, sauf qu’il ne s’agit que d’un décalage temporel. Ce qui se passe à Nice ou Dunkerque n’est que le signe précurseur de ce qui risque d’arriver un peu partout sur le territoire si on laisse le variant vivre sa vie ».


Il indique que « si on renforçait les mesures partout, cela permettrait aux départements les moins touchés de sauvegarder un certain nombre de réserves de lits hospitaliers pour épauler les voisins complètement saturés ».

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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