Islamo-Gauchisme: confusion dans le domaine de la recherche, confusion dans le monde politico-médiatique – « des événements locaux, marginaux et minoritaires sont livrés à l’opinion publique comme s’ils étaient majoritaires »

The Conversation L’expertise universitaire, l’exigence journalistique

Polémique sur l’« islamo-gauchisme » : revenir à l’esprit de la recherche

« L’éthique du chercheur n’est pas celle du militant.« 

24 février 2021, 20:15 CET

https://theconversation.com/polemique-sur-l-islamo-gauchisme-revenir-a-lesprit-de-la-recherche-155889

A l’origine de la polémique sur l’islamo-gauchisme, Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, ici lors d’une séance de questions à l’Assemblée nationale; le 19 janvier. AFP/Stéphane de Sakut

AuteurPatrick Charaudeau Professeur émérite en Sciences du langage, chercheur au Laboratoire de communication politique (CNRS), Université Sorbonne Paris Nordpage1image274208

N’ajoutons pas la confusion à la confusion.

Si l’on considère la polémique actuelle autour de « l’islamo-gauchisme », il convient de lever quelques confusions : confusion dans le domaine de la recherche, confusion dans le monde politico-médiatique.

Cette dernière, on la connaît bien. Elle se trouve au croisement de deux enjeux. Le premier est un enjeu politique d’ordre tactique, servant les intérêts de leurs acteurs, qu’ils appartiennent au gouvernement, aux Parlements, aux partis ou aux mouvements militants, et qui emploient pour ce faire des formules plus ou moins heureuses mais se voulant impactantes (« karcher », « sauvageon », hier ; « gangrène », « islamo-gauchisme », aujourd’hui).

Le second enjeu est médiatique d’information, dont on sait qu’il est tiraillé entre la mise à la une et en débat des événements suscitant émotion et polémique, afin d’attirer lecteurs, auditeurs et téléspectateurs, et des explications qui reposent sur des enquêtes journalistiques sérieuses, principalement dans la presse écrite, le tout alimenté par des réseaux sociaux dont on sait qu’on y trouve le meilleur et le pire, ce qui n’est pas fait pour clarifier les débats.

Ainsi circulent à l’envi les mots flous qui apparaissent selon les modes du moment, comme
« décolonialisme », « racialisme », « indigénisme », « intersectionalisme ». L’effet malheureux est que des événements locaux, marginaux et minoritaires sont livrés à l’opinion publique comme s’ils étaient majoritaires.

De la confusion universitaire

L’autre confusion, celle qui concerne le monde universitaire [est celle qui nous intéresse aujourd’hui]. Elle mérite qu’on y apporte quelques éléments de clarification, sans prétendre à la clarté absolue, tant la situation est complexe.

Rappelons d’abord que, sans remonter dans le lointain passé, les conflits existant dans la société, sur des affaires nationales ou internationales, ont toujours traversé l’université française avec des moments de grande violence. Il suffit de se référer, depuis les années soixante, aux règlements de compte sur fond de guerre d’Algérie, aux affrontements musclés entre groupes d’extrême droite et d’extrême gauche, à l’explosion de Mai 68 avec ses exactions, attaques de personnalités du corps académique (Paul Ricœur), aux perturbations de cours dans l’après 68, aux grèves avec occupations de locaux, aux mises en cause disciplinaires avec foisonnement de cours dissidents et d’excommunications quand on ne suivait pas telle ou telle doctrine. L’université de Vincennes fut un de ces hauts lieux de contestation.

Et pourtant, ces conflits politiques et sociétaux dans l’université n’ont pas empêché les chercheurs de continuer à faire de la recherche. J’en suis un des témoins.

Il est vrai qu’à l’heure actuelle se produisent, ici et là, des interpellations, des appels à censure (l’affaire des Suppliantes d’Eschyle), ou à se réunir entre partisans d’un même groupe selon des critères de sexe ou d’ethnie. J’ai été moi-même amené à écrire un texte dans Le Monde en ligne, en mai 2019, essayant d’expliquer que ces actions semblent être le symptôme d’une société en perte de repères identitaires.

Mais il ne faut pas confondre ce qui se passe dans les réunions, les meetings, les assemblées générales d’étudiants avec quelques professeurs, les manifestations militantes, et ce qui se passe dans les laboratoires de recherche, ce qui s’écrit dans les revues scientifiques, ce qui se discute dans les colloques.

Il est vrai aussi qu’on assiste parfois à des invectives entre collègues via les courriers électroniques, et des mises en cause de certains écrits sans argumentation, au nom d’un positionnement strictement idéologique. Mais ce qui se passe maintenant dans les universités françaises, et qui concerne plus particulièrement les sciences humaines et sociales, mérite d’être pris au sérieux de deux points de vue : celui qui concerne ce que doit être l’attitude du chercheur par rapport à ses objets de recherche, autrement dit l’activité de recherche ; celui qui concerne la position à adopter entre celle de chercheur et celle de citoyen, voire de militant, autrement dit la position éthique.

Enjeux d’interprétation

Au regard de l’activité de recherche, le problème n’est pas celui qu’on entend dans la plupart des commentaires à savoir le choix des sujets d’étude. Les chercheurs sont libres de choisir leur sujet dès lors que celui-ci représente une question de société complexe qui a besoin d’être expliquée.

Ainsi donc, le racisme, le sexisme, l’islamisme, sont des objets d’étude tout aussi légitimes que ceux concernant les inégalités sociales, le populisme, l’histoire des mouvements sociaux, la manipulation, la post-vérité, les effets de la technologie, la validité des politiques économiques de croissance ou décroissance, l’environnement, et autres sujets qui témoignent des préoccupations sociales.

La question qui se pose ici est plutôt celle de la façon d’aborder et d’analyser ces sujets. Et là, on sait qu’on ne peut pas faire n’importe quoi. On analyse en fonction des présupposés théoriques et de la méthodologie qu’offre chaque discipline, ce qui n’empêche pas d’interroger d’autres disciplines dans un esprit d’interdisciplinarité.

L’analyse n’est donc pas le lieu de l’expression d’une opinion personnelle. Il faut commencer par labourer un terrain, fouiller les archives, construire un objet d’étude, structurer un corpus, opérer un premier classement des observables, puis procéder à la description détaillée de ce qui a été recueilli sur le terrain ou constitué en corpus, voire procéder à des expérimentations, puis établir de nouveaux classements selon des critères discriminants (ce qui se ressemble, ce qui se différencie), et enfin s’engager dans des interprétations.

L’interprétation est l’un des moments le plus délicat et le plus angoissant pour un chercheur. Il doit, dans une démarche de va-et-vient constant entre raisonnement inductif et déductif, se livrer à des interprétations internes, celles qui se font dans le cadre théorique de la discipline (ce qui peut aboutir à une remise en cause de celui-ci), et à des interprétations externes en fonction de ce que d’autres disciplines peuvent dire sur le même sujet.

Engagements en question

En tout état de cause, ces interprétations ne sont que des hypothèses, et leur vérité n’est que vérité jusqu’à preuve du contraire. On voit que faire de la recherche n’est pas une mince affaire. Il y faut du temps. Non seulement du temps pour réaliser une recherche, mais aussi du temps par rapport à l’objet qui a lui-même besoin de temps pour se stabiliser et pouvoir être observé sans précipitation.

C’est une activité qui exige rigueur dans la méthode, rigueur dans les protocoles d’enquête et d’entretiens, rigueur dans le montage des expérimentations, rigueur dans l’argumentation explicative, et ce dans le cadre d’un corps disciplinaire, de ses différents courants théoriques, activité à la fois singulière et collective qui doit être soumise en permanence à discussion avec les spécialistes d’une même discipline ou de disciplines différentes, activité génératrice de controverse, point de polémique.

C’est ce qui se produit dans les laboratoires de recherche, lors de colloques, d’articles dans des revues spécialisées et de soutenances de thèse. C’est à cette aune que doivent être jugés les travaux de recherche et non point à celle des commentaires et autres déclarations intempestives qui sont lancées à la cantonade, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’université.

Cela nous amène au second point : le rapport entre le rôle du chercheur et celui du militant. Il y a là, en effet, un impensé que l’on devrait essayer de mettre au jour et de débrouiller. Il est évident que toute personne, tout individu a plusieurs identités et plusieurs façons d’agir selon le milieu dans lequel il se trouve et le rôle qu’il y joue. En l’occurrence se pose ici la question de savoir si le rôle du militant peut interférer sur celui du chercheur.

Cela doit faire l’objet de débat à l’intérieur de la communauté universitaire et des laboratoires de recherche, car c’est là une question d’éthique. Il est évident que l’éthique du chercheur n’est pas celle du militant. Cette dernière est toute tournée vers une dénonciation, une revendication et une action. Celle du chercheur est tournée vers la recherche d’une vérité (serait-elle provisoire) – que celle-ci lui plaise ou non –, et qui l’oblige à mettre entre parenthèses, ou à distance, ses propres opinions. Il peut travailler sur des questions de racisme, sexisme, colonialisme, islamisme, parce qu’il estime que ce sont de vrais problèmes qui taraudent les sociétés contemporaines, et qui même le scandalisent, mais, entrant en recherche, son état d’esprit ne peut être de dénonciation ; il doit être d’explication, voire de préconisation, mais de préconisations qui sont autant de scénarios possibles selon des hypothèses interprétatives. Reconnaissons que la position du chercheur n’est pas aisée sur le plan éthique, car il a des obligations en tant que chercheur et des opinions en tant que citoyen.

Voilà ce qui me semble devoir être débattu à l’intérieur de la communauté des chercheurs. Pour autant que les ministères de tutelle soient nécessaires au fonctionnement administratif et financier des institutions de recherche, ils n’ont pas à s’immiscer dans ce qui relève de la responsabilité des chercheurs eux-mêmes. Aucun ministre (viendrait-il de la recherche) n’a compétence pour cela.

Alors, à nous chercheurs de faire le ménage intellectuel dans nos lieux de travail, d’avoir le courage de poser les vrais problèmes et d’en débattre, au lieu de se lancer dans des pétitions, tribunes et manifestes qui révèlent, a contrario, une certaine incapacité à discuter et entretiennent une polémique délétère.

POLÉMIQUE 

Islamo-gauchisme : trajectoire d’une notion fumeuse 

RÉGIS MEYRAN22/02/2021 

https://www.alternatives-economiques.fr/islamo-gauchisme-trajectoire-dune-notion-fumeuse/00098246

Sans aucun sens ni fondement scientifique, l’« islamo-gauchisme » est surtout devenu un slogan politicien haineux. Explications.

La controverse hautement inflammable allumée par la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, à propos de l’islamo-gauchisme, ne s’éteint pas. « L’islamo-gauchisme gangrène la société dans son ensemble »déclarait Frédérique Vidal le 14 février, sur CNews. Le même jour à l’Assemblée nationale, elle annonçait avoir demandé à l’alliance Athena, rattachée au CNRS, le lancement d’une enquête pour « observer les mouvements postcolonialistes » à l’université. Des propos aussitôt salués par le Rassemblement national.

Avant cela, il y a eu ceux du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, affirmant le 6 octobre que La France insoumise (LFI) était liée à un « islamo-gauchisme » qui « détruit la République ». Et ceux du ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer estimant, le 22 octobre sur Europe 1, que « l’islamo-gauchisme fait des ravages à l’université », les universitaires supposés membres de ce courant « très puissant » étant accusés d’être « en quelque sorte les auteurs intellectuels » de l’attentat meurtrier contre Samuel Paty.

S’en est suivie une tribune de 100 intellectuels dans Le Monde, le 31 octobre, dénonçant la « réticence » des chercheurs à incriminer l’islamisme dans cet attentat, et le danger des « idéologies indigénistes, racialistes et décoloniales à l’université », prêchant « une haine des Blancs et de la France », importée depuis les campus américains.

La sortie de Frédérique Vidal est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. A l’Assemblée nationale, la députée LFI Bénédicte Taurine lui a répondu, dénonçant une « police de la pensée ». Le 16 février, un communiqué de presse de la Conférence des présidents d’université évoque une « polémique stérile » à propos d’un mot « dont on chercherait en vain un commencement de définition scientifique ». Le 17 février, un communiqué officiel cinglant du CNRS précise que le « slogan » d’islamo-gauchisme ne correspond à « aucune réalité scientifique ».

L’historien Pap Ndiaye, nouveau directeur du Musée national de l’histoire de l’immigration (MNHI), estime que c’est là une manière de « stigmatiser certains courants de recherche »Le sociologue Michel Wieviorka, pour qui cette notion hasardeuse traduit la droitisation du discours de la ministre, se demande si nous sommes « dans la Hongrie d’Orban ».

Le 17 février, Emmanuel Macron lui-même, en conseil des ministres, recadreFrédérique Vidal en enterrant ladite enquête avant qu’elle n’ait lieu et en se disant « profondément attaché » à l’indépendance des enseignants-chercheurs.

Mais dimanche, dans un entretien au Journal du dimanche, la ministre rétropédalait tout en appelant à « relever le débat ». Et de souffler sur les braises : « Nous avons besoin d’un état des lieux sur ce qui se fait en recherche en France sur ses sujets ». Tandis qu’une tribune de 600 chercheurs publiée dans Le Mondeappelle à sa démission et que les réseaux sociaux continuent de s’enflammer…

De Chris Harman à Pierre-André Taguieff

Mais de quoi parle-t-on précisément ? Le mot « islamo-gauchisme » désigne, de façon indistincte et floue, la cécité, la complaisance, voire l’alliance objective de l’extrême gauche avec l’islamisme ou même l’islam. Les promoteurs du terme, tels Pascal Bruckner, lui trouvent une origine dans un article de 1994, rédigé par le leader d’un parti anglais trotskyste, le Socialist Workers Party (SWP), intitulé « Le prophète et le prolétariat ».

En réalité, dans ce texte assez complexe, Chris Harman affirme que le SWP ne peut pas apporter son soutien à l’Etat contre les islamistes, tout en affirmant qu’il ne peut « pas plus » soutenir les islamistes.

Le militant politique, également historien et journaliste, renvoie en fait dos-à-dos deux explications : d’un côté, l’assimilation de l’islam politique au fascisme, incorrecte car l’islam politique revêt des formes très différentes ; de l’autre, le fait de voir l’islam politique comme un mouvement anti-impérialiste et progressiste, pas plus acceptable, puisqu’en général il lutte contre la laïcité, les femmes, les minorités ethniques et la gauche.

C’est donc avec une grande mauvaise foi que Pascal Bruckner écrit en 2017 que Chris Harman prône « une alliance entre militants de gauche et associations musulmanes radicales qu’on aurait tort, selon lui, de qualifier de rétrogrades ». Même si cette intox circule, Chris Harman n’emploie pas dans son texte le terme d’« islamo-gauchiste ».

On doit en réalité ce néologisme au politiste Pierre-André Taguieff. En 2002, celui-ci, dont les travaux sur le racisme font autorité, vient d’entrer au think tankchevénementiste Fondation du 2-mars. Dans son livre La Nouvelle judéophobie, il vitupère contre les militants altermondialistes, dont une partie, au nom de l’« antisionisme », tombe dans l’antisémitisme : « Des Juifs, écrit-il, peuvent être tolérés, voire acceptés dans cette mouvance islamo-gauchiste, à condition qu’ils fassent preuve de palestinophilie inconditionnelle et d’antisionisme fanatique. »

Le mot va connaître une heureuse fortune. En 2003, l’islamologue controversé Tariq Ramadan est invité à débattre avec José Bové et Daniel Bensaïd au Forum social européen de Saint-Denis. L’année suivante, le journaliste Claude Askolovitch dénonce, dans Le Nouvel Observateur, les « gauchistes d’Allah », soit une collusion entre altermondialistes et islamistes.

Courant imaginaire

Puis, en 2015-2016, le mot acquiert un deuxième sens, associé à la défense de la laïcité et de l’identité nationale. On le trouve parmi les tenants de la gauche « républicaine ». Elisabeth Badinter affirme, en avril 2016, dans les pages du Monde qu’« islamophobe » est un mot « inventé par les islamo-gauchistes », dans le but de « tétaniser les citoyens ». Le mot est dès lors utilisé à tout bout de champ par des personnalités marquées à l’extrême droite : Eric Zemmour, Alexandre Deveccio, Yvan Rioufol… voire flirtant avec elle, comme Michel Onfray.

A partir de 2017, le mot devient un stigmate : il est à la fois repris par la gauche « républicaine », chez Manuel Valls, Caroline Fourest ou le Printemps républicain, et tourne en boucle sur les médias et blogs d’extrême droite (Boulevard Voltaire, Riposte laïque, Egalité et réconciliation, Valeurs actuelles). L’islamo-gauchiste, c’est désormais l’ennemi intérieur dont il faut se débarrasser.

L’expression prend une ampleur supplémentaire au lendemain de l’assassinat de Samuel Paty, et débouche sur une mise en cause des sciences sociales à l’université, où sévirait majoritairement la « peste intersectionnelle »dixit Raphaël Enthoven.

Pourtant, le mot n’est pas un concept sociologique et pose de nombreux problèmes. Parler d’alliance stratégique globale entre l’extrême gauche et l’islamisme n’a aucun sens, étant donné la multiplicité des collectifs associés aux mots « gauche » et « islamisme », sans parler de l’usage très flou du terme d’islamisme. Et l’existence d’un antisémitisme à l’extrême gauche ne donne pas pour autant une pertinence à cette notion.

Par ailleurs, à l’université, les opinions étant extrêmement variées et opposées, l’existence d’un unique courant « islamo-gauchiste » est purement imaginaire. Et s’il existe des études postcoloniales, des recherches sur l’intersectionnalité ou la race, elles sont extrêmement minoritaires à l’université et aucune ne défend l’islamisme. Enfin, il n’y a pas d’importation d’idées depuis les campus américains, mais une circulation internationale des idées qui ne date pas d’aujourd’hui.

« Islamo-gauchisme » est un slogan politicien et haineux, qui vise à décrédibiliser la gauche et les universitaires, et à incriminer l’islam et les musulmans. Le mot est donc à rapprocher indéniablement, et même si c’est dans un autre contexte historique, du « judéo-bolchévisme », élément central de la propagande des nationalismes et des fascismes européens de l’entre-deux-guerres.

Charriant avec lui une théorie conspirationniste, l’« islamo-gauchisme » sert à présenter la République et la laïcité comme menacées par un ennemi omniprésent et insaisissable. Son succès traduit une victoire idéologique de l’extrême droite qui impose désormais bon nombre de ses idées dans le débat public.

Voir aussi:

https://jeansantepolitiqueenvironnement.wordpress.com/2021/02/24/les-macronistes-rattrapes-par-le-clivage-gauche-droite-a-travers-lislamo-gauchisme/

https://jeansantepolitiqueenvironnement.wordpress.com/2021/02/24/desaccords-de-lequipe-gouvernementale-dans-le-debat-sur-lislamo-gauchisme/

Réactions:

« mieux vaut être un libéral qu’un marxiste aujourd’hui pour avoir un poste« 

J’y ai trouvé quelques idées intéressantes notamment sur la différence entre militant et chercheur, idées dont parle Frédéric Pierru. Mais la situation est bien plus complexe. D’abord, une chose est de dire que tous les objets d’étude sont légitimes, une autre chose est de constater que tout objet d’étude n’est autorisé que par l’attribution de postes (qui décide?) ou par l’accord d’un directeur de thèse(qui donc influe, non?). Et donc à un moment donné, le choix d’un doctorant peut-être facilement accepté ou pas. Nous voyons cela sur des objets d’étude en économie, en sociologie,en psy, etc.. Il y a donc bien à un moment donné plus de facilités pour les uns que pour les autres. Voir en psy, en histoire, en sociologie, en économie(mieux vaut être un libéral qu’un marxiste aujourd’hui pour avoir un poste ). Bien évidemment , la course au financement donne là un élément d’accélération! Il est donc erroné de dire qu’il y a une liberté académique totale. Mieux vaut être aujourd’hui dans le courant dominant d’une université pour vivre sa recherche. Sinon, beaucoup de jeunes souhaitant faire de la recherche bifurquent vers d’autres types de métiers car l’ « embauche » dans ces autres métiers est moins liée aux présupposés idéologiques ou militants de ceux qui décident l' »embauche ».

Bernard Teper

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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