Emmanuel Macron sur le divan
Quatre psychanalystes – Michel Schneider, Jean-Pierre Winter, Ali Magoudi et Roland Gori – se sont penchés sur le cas Macron.
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En 1973, l’Association américaine de psychiatrie ajoutait à son code de déontologie une règle baptisée Goldwater, du nom de l’ancien candidat à la présidentielle de 1964 qui avait fait l’objet d’un diagnostic par voie de presse et avait porté plainte. Qu’édictait-elle ? Qu’aucun psychiatre ne donnerait son avis sur la « santé mentale » d’un patient qu’il n’aurait pas allongé sur son divan. C’est cette règle que certains ont invoquée pour décliner notre proposition de soumettre Emmanuel Macron à leur sagacité. Mais nous ne sommes pas aux États-Unis, et il sera ici moins question de santé mentale que d’éclairages sur une personnalité fuyante.
Quatre ans après son élection, malgré les pleins feux des microscopes médiatiques, le sujet Macron échappe. Voilà pourquoi il était bon, et temps, de solliciter une parole fine et décentrée. On se tromperait en réduisant les psys à des créatures ânonnant Freud et Lacan. Partout, dans leurs séminaires, il est question d’affects politiques, de populisme, de réflexion sur l’autorité ou le devenir de l’identité à l’ère des réseaux sociaux. Trois d’entre eux ont fourbi leur plume pour circonscrire un patient dont ils reconnaissent les qualités hors du commun. Narcisse se mirant dans son intelligence, contradiction vivante, haine suscitée… Il se dégage un portrait convergent qui fouille autant l’être profond que les symptômes qu’il incarne et les effets qu’il produit sur les Français.