Covid-19 : le point sur la situation sanitaire « inquiétante » en Moselle, où des variants circulent
Le ministre de la santé, Olivier Véran, se rend sur place vendredi. Certains élus réclament la fermeture des écoles, ou même un reconfinement « local ».
Le Monde avec AFPPublié aujourd’hui à 09h08, mis à jour à 13h15
Temps de Lecture 4 min.

Le ministre de la santé, Olivier Véran, a alerté, jeudi 11 janvier, sur la « situation inquiétante » en Moselle, où un nombre important de cas de variants sud-africain et brésilien du SARS-CoV-2 ont été détectés, risquant de mettre à mal la relative stabilité du pays sur le plan épidémiologique.
Le ministre se rend vendredi dans ce département afin d’« y mener une concertation ». Soulignant qu’il faut être « prêt à agir si nécessaire » dans un « territoire qui a déjà payé un lourd tribut à la pandémie » de Covid-19, il doit rencontrer dans l’après-midi à Metz les responsables locaux, partagés sur les mesures à prendre.Article réservé à nos abonnés Lire aussi Covid-19 : les variants de plus en plus présents, la situation sanitaire en France est en sursis
- 300 cas de variants sud-africain et brésilien détectés
En Moselle, « plus de 300 cas de mutations évocatrices de variants sud-africains et brésiliens » ont été identifiés au cours des quatre derniers jours, a annoncé Olivier Véran jeudi lors d’un point de presse hebdomadaire sur la crise sanitaire. « Il y avait déjà 200 cas supplémentaires identifiés les jours précédents », a-t-il ajouté.
« Nous n’avons pas d’explication à cet élément », a déclaré le ministre. Les cas en Moselle ne peuvent pas tous être reliés à des foyers de contagion groupés (clusters), à des voyages à l’étranger ou à des contacts avec des personnes ayant voyagé, ce qui pourrait indiquer un début de diffusion non maîtrisée de ces variants dans la population, a-t-il précisé.
Les autres départements français sont beaucoup moins touchés par ces deux variants, avec entre zéro et « près de 40 cas » (en Dordogne), et une proportion « de l’ordre de 4 % à 5 % » de l’ensemble des cas positifs à l’échelle du pays. Il s’agit de cas suspectés d’être des variants après analyse par test PCR de criblage, une méthode plus poussée que les PCR classiques, qui doit ensuite être confirmée par un séquençage génétique.
Dans le même temps, le variant britannique, suspecté de représenter 15 % du total des cas de contamination il y a encore une semaine, est probablement « responsable de 20 % à 25 % des infections » aujourd’hui sur le territoire national, a estimé Olivier Véran.Article réservé à nos abonnés Lire aussi Covid-19 : le séquençage des variants du SARS-CoV-2 à la peine
Au-delà de la présence des deux variants, la Moselle est également l’un des départements métropolitains avec le taux d’incidence le plus élevé : 290 cas positifs pour 100 000 habitants entre le 2 et le 8 février, contre une moyenne de 201 pour la France.La carte de l’épidémie en FranceSurvolez les départements pour obtenir plus d’informations, données mises à jour le 11 févrierHospitalisationsRéanimationsMortsPar habitantouvaleur bruteParis& petite couronneGuadeloupeMartiniqueGuyaneLa RéunionMayotteSource :Santé Publique France
Le ministre de la santé se rendra vendredi dans le département. Ses objectifs : « Evaluer la situation, échanger avec l’ensemble des élus du territoire, les acteurs de santé, le préfet, les responsables de l’agence régionale de santé, et mener une concertation afin d’anticiper les réponses qu’il nous faudra trouver collectivement ». « Rien n’est exclu », a souligné le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, vendredi sur Europe 1.
Le maire (Les Républicains) de Metz, François Grosdidier, s’est prononcé jeudi sur BFM-TV en faveur d’un reconfinement local. A la question de savoir s’il y avait urgence à reconfiner la Moselle, l’ancien sénateur a répondu : « Je pense que oui, hélas. » « Si ça se confirme avec ces centaines de cas et en plus avec les variants africains, brésiliens, sur lesquels le vaccin est manifestement inopérant, oui il faut prendre ces mesures, a-t-il ajouté. Même sur un plan économique, social et moral, il vaut mieux des mesures fortes, mais courtes, que des mesures qui se prolongent dans le temps et qui sont sans effet. »
Plusieurs scénarios ont été discutés jeudi soir à la préfecture du département en amont de la venue du ministre de la santé, dont un couvre-feu avancé le week-end et la fermeture, dès ce vendredi, des établissements scolaires, ce qui reviendrait à avancer d’une semaine les vacances, censées débuter dans cette zone le samedi 20 février.
Patrick Weiten (Union des démocrates et indépendants), le président du département de la Moselle, a estimé vendredi sur BFM-TV que « le confinement ne suffira pas ». Il plaide plutôt pour une vaccination massive : « Confiner veut dire qu’on a une attitude qui conduit à “hermétiser” le département, alors que je pense qu’il est important de mettre en œuvre une action dynamique et combattante qui est celle de la vaccination. »
- Des variants qui cristallisent les inquiétudes
Les variants brésilien et sud-africain sont particulièrement surveillés car, outre le fait qu’ils semblent être plus contagieux, comme celui qui a émergé au Royaume-Uni, ils pourraient occasionner des réinfections chez des personnes ayant déjà contracté le coronavirus et sont moins sensibles à certains vaccins disponibles.
Détectés il y a une quinzaine de jours en France, ces variants ont des niveaux de pénétration faibles sur le territoire métropolitain : sur 17 000 tests positifs réalisés ces derniers jours, 4 % à 5 % présenteraient des mutations évocatrices de ces deux variants. Dans le même temps, la part du variant britannique, environ 40 % plus contagieux, ne cesse de croître. Sa proportion parmi les cas positifs augmente de 50 % toutes les semaines, et il concerne désormais un malade du Covid-19 « sur quatre ou cinq », selon Olivier Véran.
La plupart des épidémiologistes présument que le variant britannique sera majoritaire dans certaines régions aux alentours de début mars. Une situation qui entraînera de facto une hausse du nombre de reproduction et des indicateurs d’incidence.
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Le Monde avec AFP
Covid-19 : dépistage et vaccination renforcés en Moselle face à la flambée des nouveaux variants
En déplacement dans le département, Olivier Véran a exclu, à ce stade, de nouvelles mesures de restriction, comme le réclamaient certains élus.
Le Monde avec AFPPublié aujourd’hui à 09h08, mis à jour à 19h15
Temps de Lecture 4 min.

Face à une situation « inquiétante », la campagne de dépistage et de vaccination va être renforcée en Moselle, a annoncé vendredi 12 février Olivier Véran. Le ministre de la santé s’est rendu dans ce département de l’est de la France où les autorités soupçonnent plusieurs centaines de cas de contamination par le variant d’origine sud-africaine du SARS-CoV-2, risquant de mettre à mal la relative stabilité du pays sur le plan épidémiologique.
- Dépistage et vaccination renforcés en Moselle
Le coronavirus « circule en Moselle avec une incidence plus élevée que dans le reste de la région Grand-Est, proche de 300 [cas] pour 100 000 habitants sur une semaine », a rappelé devant la presse M. Véran à l’issue d’entretiens à l’agence régionale de santé (ARS) et à la préfecture de Metz.
« Des cas suspects de variants sud-africain et brésilien ont émergé ces derniers jours. Les premiers séquençages tendent à attester l’hypothèse qu’il s’agit de variants d’origine sud-africaine », a-t-il ajouté. « Le nombre de cas de variant augmente, il est désormais de 100 nouveaux cas par jour », a encore déclaré le ministre, précisant que la thèse la plus probable était celle d’une « diffusion communautaire » de ce variant.
M. Véran a annoncé que les autorités allaient intensifier la politique du « tester, tracer, isoler » dans le département :
« Tout cas positif sera désormais considéré comme suspect de variant jusqu’à preuve du contraire. »
La campagne de vaccination sera aussi renforcée. Deux mille doses supplémentaires du vaccin de Moderna seront ainsi mises à disposition, notamment pour les personnes de 75 ans et plus.
- « S’il y a des mesures à prendre au niveau local, elles seront prises »
En revanche, le ministre de la santé a exclu à ce stade de nouvelles mesures de restriction en Moselle, comme le réclamaient certains élus, tels que le maire Les Républicains de Metz, François Grosdidier. Concernant des mesures de protection supplémentaires, aucun consensus ne s’est dégagé, a dit M. Véran :
« Certains élus ont plaidé pour un confinement sans délai de tout ou partie du territoire lorrain, d’autres ont plaidé pour une fermeture anticipée des écoles, à une semaine des vacances scolaires dans la région. »
Le ministre va poursuivre ses consultations à Paris, avec son homologue de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, notamment. « Des annonces seront faites lorsque j’aurai terminé cette concertation », a insisté M. Véran, sans préciser de calendrier. « S’il y a des mesures à prendre au niveau local, elles seront prises », a, pour sa part, prévenu sur Europe 1 le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal.
Au-delà de la présence des deux variants, la Moselle est également l’un des départements métropolitains avec le taux d’incidence le plus élevé : 290 cas positifs pour 100 000 habitants entre le 2 et le 8 février, contre une moyenne de 201 pour la France.