La gestion gouvernementale du gouvernement sur la sellette au sénat: la question de la responsabilité de Jérôme Salomon dans l’impréparation de l’État à l’épidémie aura été l’objet du seul échange houleux entre olivier Véran et les sénateurs

Publié le 11/02/2021

Le Sénat fustige (encore) la gestion gouvernementale de la crise 

Paris, le jeudi 11 février 2021

https://www.jim.fr/medecin/actualites/pro_societe/e-docs/le_senat_fustige_encore_la_gestion_gouvernementale_de_la_crise__186406/document_actu_pro.phtml

– A l’occasion de la venue d’Olivier Véran devant la chambre haute ce mercredi, les sénateurs ont fait le bilan de la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement. Ils l’estiment calamiteux.
Les sénateurs remuent le couteau dans la plaie. Le 11 décembre dernier, la commission d’enquête du Sénat sur l’épidémie de Covid-19 avait rendu un volumineux rapport particulièrement accablant quant à la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement. Que ce soit sur les stocks de masque, les tests ou la gestion des hôpitaux, les sénateurs avaient fustigé l’impréparation du gouvernement et le manque de cohérence de sa réponse à l’épidémie. Deux hommes étaient particulièrement critiqués dans ce rapport : le directeur général de la Santé Jérôme Salomon et le ministre de la Santé Olivier Véran. Invité à répondre aux critiques de ce rapport ce mercredi, ce dernier a pu mesurer à quel point le mécontentement du Sénat était encore particulièrement fort.
Des communistes aux républicains en passant par les écologistes, tous les groupes politiques présents au Sénat (à l’exception de LREM !) ont tenus à exprimer leur appréciation très défavorable à la politique sanitaire du gouvernement. Déjà très largement abordée par le rapport de la commission d’enquête, la question de la gestion des stocks de masque en amont de l’épidémie à refait surface dans l’hémicycle ce mercredi. « Les choix de la DGS ont empêché la reconstitution du stock stratégique de masques qui ont cruellement manqué pendant plusieurs mois » a rappelé la sénatrice écologique Raymonde Poncet Monge, visant ainsi le rôle trouble joué par Jérôme Salomon dans la décision de ne pas reconstituer les stocks en 2018.

« Il est évident que nous n’étions pas prêts »

Sur la question du dépistage et du traçage, c’est le sénateur LR Alain Milon, président de la commission d’enquête, qui a mené la charge contre le gouvernement. Le déploiement des tests a été « hésitant et laborieux » selon l’élu, « sur le traçage, nous n’avons pas été meilleurs » avant de résumer « il est évident que nous n’étions pas prêts ». Sylvie Vermeillet, co-rapporteur de la commission d’enquête, abonde dans le même sens, notant « l’absence d’anticipation et de culture de la gestion de crise au ministère de la Santé ».
Les parlementaires ne se contentent pas de regarder vers le passé et se montre également particulièrement critique sur la politique sanitaire actuelle. Elus locaux, les sénateurs ne comprennent pas que le gouvernement ait mainte fois envisagé puis abandonné l’idée d’adapter les restrictions sanitaires aux situations locales. Le sénateur PS Bernard Jomier, également co-raporteur de la commission, appelle à « territorialiser les réponses », expliquant « qu’il y a des villages bretons qui depuis un an n’ont pas vu un cas de Covid ». Alors que l’épidémie dure et que la Covid-19 pourrait devenir une maladie chronique, ce médecin demande également au gouvernement de réfléchir à une vraie politique d’adaptation au virus, notamment dans le domaine de la culture.

Le Sénat, opposant numéro 1 du gouvernement

Sous le feu croisé des critiques, Olivier Véran a tenté tant bien que mal de défendre sa politique et celle du gouvernement. Il a surtout appelé les sénateurs à l’indulgence, alors que la France a dû faire face à « une crise, un évènement qui surgit, qui prend de court, nous dépasse d’abord et auquel nous nous adaptons ensuite ».

La question de la responsabilité de Jérôme Salomon dans l’impréparation de l’État à l’épidémie aura été l’objet du seul échange houleux de la journée. Visiblement agacée, le ministre de la Santé a tenu a rappelé « qu’il n’était pas devant une Cour de Justice à répondre d’accusations » et que Jérôme Salomon « avait toute sa confiance ». Réponse d’Alain Milon : « Nous ne tirerons des leçons de la crise qu’à condition d’accepter le débat».

Sur le sujet de l’épidémie comme sur d’autres, le Sénat n’est décidément pas prêt à se faire dicter sa conduite par le gouvernement, deux semaines après que celui-ci ait empêché la tenue d’une mission d’information sur la crise sanitaire à l’Assemblée Nationale.

Quentin Haroche

Voir aussi:

Covid-19 : les sénateurs critiquent l’« impréparation » du gouvernemt https://jeansantepolitiqueenvironnement.wordpress.com/2020/12/10/5261/

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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