Un risque de réinfection chez les soignants ayant un contact fréquent avec le Sars-CoV-2, justifiant le maintien des gestes barrières (Baisse rapide des anticorps en 2 à 3 mois).

Covid : baisse rapide des anticorps neutralisants après l’infection, d’après une étude française 

Par Anaïs Bocher le 09-02-2021 

https://www.egora.fr/actus-medicales/infectiologie/65300-covid-baisse-rapide-des-anticorps-neutralisants-apres-l#xtor=EPR-3-1%5BNews_En_Bref%5D-20210209-%5B_1%5D

D’après une étude menée conjointement par l’AP-HP, l’Institut Pasteur, l’Université de la Sorbonne et l’Inserm, l’immunité protectrice précoce acquise après une infection au Sars-CoV-2 serait de courte durée et baisserait rapidement après 2 à 3 mois.

Cette étude a été menée auprès d’un groupe de 26 soignants ayant contracté une forme modérée du Covid-19. Il s’agissait d’évaluer la durabilité de leur protection immunitaire acquise après qu’ils aient contracté la maladie. Cette population est en effet particulièrement exposée au Covid-19 avec un risque de réinfection et de transmission aux patients. Pour se faire, les chercheurs ont mesuré les taux d’anticorps neutralisants.

Au cours de cette étude, tous les soignants ont développé des anticorps entre 2 et 4 semaines après le début des symptômes. Cette réponse neutralisante précoce était médiée par les anticorps de type IgA et IgG, dirigés contre la protéine S du virus et plus particulièrement, le receptor binding domain, (RBD) responsable de l’interaction avec l’angiotensin converting enzyme 2 (ACE2), le récepteur cellulaire du virus. Cependant le taux d’IgA, indispensable à la protection des muqueuses, a décliné rapidement, dès deux mois après le début des symptômes, et a même disparu chez 15% des professionnels. Par la suite les IgG, habituellement considérés comme protecteurs et à longue durée de vie, prenaient le relai ; leur taux se maintenait entre 2 et 3 mois après le début des signes.

Ces données suggèrent un risque de réinfection chez les soignants ayant un contact fréquent avec le Sars-CoV-2, justifiant le maintien des gestes barrières. Cependant, « les résultats de cette étude portent exclusivement sur l’immunité humorale et ne prennent pas en compte l’immunité cellulaire générée en réponse à l’infection par le Sars-CoV-2 », rappellent les organismes à l’origine de cette étude, dans un communiqué.

L’étude évoque aussi la possibilité que la protection associée aux vaccins soit de courte durée, nécessitant une vaccination périodique.

Sources : Nature communication, 8 février 2021.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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