La mission de l’OMS en chine à la recherche de l’animal hôte intermédiaire entre la chauve-souris et l’homme, a fait « choux blanc », la Chine grande gagnante

Covid-19 : ce qu’il faut retenir des premières conclusions de l’OMS sur l’origine du virus

L’équipe internationale d’experts chinois et de l’OMS, qui ont enquêté à Wuhan en Chine sur le Covid-19, ont livré leurs premières conclusions ce mardi.

Des membres de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) lors d'une mission d'investigation pour décourvrir l'origine du virus, à Wuhan (centre de la Chine) le 2 février 2021.

publié le 09/02/2021 à 12:41 , mis à jour à 19:03

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Des membres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) lors d’une mission d’investigation pour décourvrir l’origine du virus, à Wuhan (centre de la Chine) le 2 février 2021.

Des questions restées sans réponse depuis plus d’un an vont-elles enfin trouver une explication ? C’était la mission d’une équipe d’experts chinois et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui enquête à Wuhan sur les origines du Covid-19, responsable d’une pandémie et de la mort de plus de 2,3 millions de personnes dans le monde.  

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Après un séjour de quatre semaines dans la ville chinoise, un temps à l’épicentre de l’épidémie et où les premiers cas de Covid-19 ont été rapportés, les premières conclusions ont été dévoilées ce mardi. Les experts se cantonnent toutefois à des hypothèses. 

La transmission du virus par un animal intermédiaire, hypothèse « la plus probable »

Une transmission du coronavirus depuis un premier animal puis un deuxième avant une contamination à l’homme est l’hypothèse « la plus probable », a indiqué Peter Ben Embarek, chef de la délégation de l’OMS qui vient de mener une enquête à Wuhan. Cette piste demande toutefois « des recherches plus spécifiques et ciblées », a-t-il ajouté. 

Reste à savoir quel animal : celui-ci n’a « pas encore été identifié », a pour sa part déclaré Liang Wannian, le chef de la délégation de scientifiques chinois. 

Pas d’indication de la présence du virus à Wuhan avant décembre 2019

« Il n’y a pas assez de preuves […] pour déterminer si le Sars-CoV-2 s’est propagé à Wuhan avant décembre 2019 » a-t-il encore indiqué, lors d’une conférence de presse. Une thèse écartée dès jeudi dernier par Peter Ben Embarek. 

La théorie d’une fuite d’un laboratoire « hautement improbable »

L’hypothèse de la fuite du coronavirus d’un laboratoire est « hautement improbable », a ajouté le chef de la délégation de l’OMS à Wuhan. 

L’administration de l’ancien président américain Donald Trump avait accusé l’institut de virologie de Wuhan d’avoir laissé s’échapper le coronavirus, volontairement ou non. 

Il faudra encore être patient

Cette mission sur les origines de la transmission du virus à l’homme, jugée extrêmement importante pour tenter de mieux lutter contre une possible prochaine épidémie, a eu du mal à se mettre en place, la Chine semblant très réticente à laisser venir ces spécialistes mondiaux de diverses disciplines comme l’épidémiologie mais aussi la zoologie. Sur le même sujet

L’OMS avait auparavant prévenu qu’il faudrait s’armer de patience avant de trouver une éventuelle réponse. « Nous sommes dans un processus et nous avons besoin de temps et d’efforts pour comprendre » ce qui s’est passé, a expliqué le docteur Hung Nguyen-Viet, co-directeur du programme sur la santé humaine et animale à l’Institut international de recherche sur l’élevage à Nairobi. 

La Chine, grande gagnante de la mission d’enquête de l’OMS sur les origines du Covid-19

Les autorités chinoises et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont présenté, mardi 9 février, les résultats de la mission commune mandatée pour enquêter sur les origines du SARS-CoV-2. 

Par Frédéric Lemaître(Pékin, correspondant) et Stéphane Foucart

Publié aujourd’hui à 11h10, mis à jour à 11h12  

https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/02/10/covid-19-la-chine-grande-gagnante-de-la-mission-d-enquete-de-l-oms_6069444_3244.html

Liang Wannian, chef des scientifiques chinois, et Peter Ben Embarek, chef des experts de l’OMS, lors de la conférence de presse du mardi 9 février 2021 présentant les conclusions de la mission commune mandatée pour enquêter sur les origines du SARS-CoV-2.
Liang Wannian, chef des scientifiques chinois, et Peter Ben Embarek, chef des experts de l’OMS, lors de la conférence de presse du mardi 9 février 2021 présentant les conclusions de la mission commune mandatée pour enquêter sur les origines du SARS-CoV-2. HECTOR RETAMAL/AFP

Peu de réponses, beaucoup de questions et un triomphe pour la Chine. Les autorités chinoises et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont présenté, mardi 9 février, les résultats de la mission commune mandatée pour enquêter sur les origines du SARS-CoV-2. Leur communication au public a été un exercice d’équilibrisme entre science et diplomatie, dont Pékin sort grand gagnant.

A Washington, le porte-parole du département d’Etat, Ned Price, a réagi le jour même, estimant qu’« au moins jusqu’à présent, les Chinois n’ont clairement pas fait preuve de la transparence dont nous avons besoin ». « Nous travaillerons avec nos partenaires et nous nous appuierons aussi sur nos propres services de renseignement, a-t-il ajouté, plutôt que de nous précipiter sur les conclusions qui pourraient être motivées par d’autres [considérations] que la science. »

Storytelling chinois

Composée de dix chercheurs internationaux désignés par l’OMS, de scientifiques chinois mais aussi d’experts de l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) et de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), la mission ne ferme la porte qu’à la théorie de l’accident de laboratoire – ce dernier étant jugé « extrêmement improbable » –, et recommande une intensification de la recherche dans certaines directions. Pour tenter d’identifier l’espèce intermédiaire qui pourrait avoir permis au virus de passer à l’homme, par exemple, mais aussi pour élucider les mécanismes possibles de sa diffusion par le biais de produits surgelés.Article réservé à nos abonnés Lire aussi  La Chine pointe les importations alimentaires comme une source de contamination possible

Très peu considérée par la communauté scientifique internationale, cette dernière hypothèse est fortement promue par le pouvoir chinois. Elle permet d’élaborer un scénario dans lequel le virus serait arrivé en Chine de l’étranger au travers de la chaîne du froid, avant de se transmettre localement à la population. Après avoir rejeté l’hypothèse la plus embarrassante pour Pékin, la mission laisse donc un espace de crédibilité au storytelling de la Chine sur la genèse de la maladie, en recommandant plus de recherches sur l’implication éventuelle du commerce de produits surgelés dans sa propagation.

La presse officielle ne s’y est pas trompée. Le China Daily estime ainsi que ces conclusions prouvent que « le virus est apparu dans d’autres pays avant d’être détecté à Wuhan ». Le quotidien du Parti communiste estime que des enquêtes de terrain « peuvent également être menées en Italie et en Espagne, où il y a eu des infections bien avant celles détectées à Wuhan ». De même qu’aux Etats-Unis, ajoute le quotidien, où des infections ont été notées « plusieurs semaines avant l’épidémie ne soit identifiée en Chine ». De nombreux Chinois sont convaincus que le nouveau coronavirus trouve son origine aux Etats-Unis.

La recherche d’un animal intermédiaire

La mission enfonce le dernier clou dans le cercueil de l’hypothèse faisant du célèbre marché de Huanan, à Wuhan, le point de départ de l’épidémie. Selon les informations distillées au cours de la conférence de presse, la présence d’un cluster sur ce grand marché est probable. Mais parmi les premiers patients identifiés dans la ville, « certains avaient un lien avec d’autres marchés [que celui de Huanan], et d’autres n’avaient de lien avec aucun marché ». La question de l’introduction du virus à Wuhan demeure donc ouverte.

Et ce d’autant plus que, selon les données mises à la disposition de la mission, « aucun signe de circulation soutenue du virus à Wuhan n’a été mis en évidence avant le mois de décembre », a déclaré la Marion Koopmans, virologue du centre médical Erasme à Rotterdam, aux Pays-Bas, et membre de la mission. Un constat surprenant puisque des analyses rétrospectives ont de fait montré, notamment en Italie et en France, une circulation du virus à bas bruit dès les mois de novembre ou d’octobre 2019.

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De même, a affirmé Liang Wannian, chef des scientifiques chinois associés à la mission commune, aucune trace du SARS-CoV-2 n’a été relevée sur plusieurs milliers d’échantillons prélevés sur de nombreuses espèces d’animaux sauvages ou domestiques au cours de campagnes conduites dans trente et une provinces chinoises.

La mission commune n’en recommande pas moins une poursuite des prélèvements, notamment dans les fermes et les élevages ayant approvisionné les marchés de Wuhan en décembre 2019. L’hypothèse la plus probable, pour expliquer l’introduction du virus dans l’espèce humaine, reste en effet, selon la mission, la transmission à l’homme par le biais d’un animal intermédiaire plus proche des humains que les chauves-souris, qui en sont le probable réservoir. Là encore, l’identification précise du réservoir viral nécessite plus de recherches, a plaidé Peter Ben Embarek, le chef des experts de l’OMS, précisant que celles-ci ne devaient pas se cantonner à la Chine – où les plus proches cousins du SARS-CoV-2 ont été identifiés sur des chauves-souris rhinolophes –, mais aussi à d’autres pays.

Tractations et quarantaine

Quant à la théorie d’un accident de laboratoire intervenu dans l’un des établissements de Wuhan connus pour travailler à la collecte et à la manipulation de coronavirus de chauves-souris, la mission la juge « extrêmement improbable ».Elle ne recommande pas la poursuite d’investigations sur le sujet. Interrogé au cours de la conférence de presse sur les éléments de preuve à l’appui de cet avis, Peter Ben Embarek a évoqué la visite des laboratoires, en particulier le laboratoire P4 de l’Institut de virologie de Wuhan, l’examen satisfaisant des procédures de sécurité, la consultation des antécédents médicaux des personnels et « des discussions longues et franches avec les chercheurs et leur encadrement »« Ils sont les mieux placés pour rejeter ces allégations et fournir des réponses aux questions », a justifié M. Ben Embarek.

Outre les laboratoires de virologie de Wuhan, les experts de la mission ont eu accès aux hôpitaux de la ville et au marché de Huanan. Ce n’était pas acquis : les experts étrangers ont été d’abord accueillis avec une franche hostilité par les autorités chinoises. A l’issue de longues tractations et après d’ultimes déboires pour l’obtention de leurs visas, ils ont dû passer deux semaines en quarantaine dans un hôtel de Wuhan avant de pouvoir commencer leur travail. Nul doute que le rapport détaillé de la mission sera scruté à la loupe. Non encore rendu public, il devrait être disponible « dans les prochains jours », selon l’OMS.

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Frédéric Lemaître(Pékin, correspondant) et  Stéphane Foucart

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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