La pandémie aggrave le fossé économique entre le Nord et le Sud de l’Europe

La pandémie de Covid-19 creuse le fossé en Europe, entre le Sud dépendant du tourisme et le Nord

Par  Marie Charrel

Publié aujourd’hui à 04h42, mis à jour à 11h21

https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/02/07/la-pandemie-de-covid-19-creuse-l-ecart-economique-entre-le-sud-et-le-nord-de-l-europe_6069060_3234.html

DÉCRYPTAGES

Tous les pays de la zone euro ne sont pas affectés de la même façon par la crise sanitaire. Les déséquilibres déjà existants entre l’Italie, le Portugal, l’Espagne ou la Grèce, et un Nord plus industriel, sont exacerbés.

C’est le symbole du luxe à l’italienne. Le « quadrilatère d’or » au centre de Milan, la capitale de la mode et du design, concentre un florilège de bijouteries haut de gamme, boutiques made in Italy et grands noms du chic – Gucci, Prada, Versace. « Nos clients sont des touristes internationaux ou de passage pour affaires, leur ticket moyen dans nos boutiques dépasse les 2 000 euros », se targue Guglielmo Miani, le président de MonteNapoleone District, l’association qui regroupe les 150 marques du quartier.

Mais depuis le début de la pandémie, à l’exception du rebond de l’été, les rues du quadrilatère sont presque désertes. D’après le cabinet Deloitte, le nombre de visiteurs y transitant a chuté de 8 à 3,4 millions entre 2019 et 2020. Et les touristes chinois ont disparu. « C’est une grosse perte pour Milan », se désole M. Miani. Il dirige la marque de confection Larusmiani, fondée en 1922 par son grand-père. « Les grands groupes compensent avec les ventes en ligne, mais pour les petits groupes familiaux comme le mien, où tout est fait main, c’est un peu plus difficile. »Contexte :Coronavirus : visualisez l’évolution de l’épidémie en France et dans le monde

Le Sud touristique sinistré

Algarve, dans le sud du Portugal. En 2020, le tourisme régional a enregistré sa pire année de l’histoire, avec un nombre de nuitées tombé à 8,7 millions, contre 24 millions en 2019. « J’ai l’impression de revivre la crise de 2008 », confie Miguel Costa, 38 ans, cuisinier dans un restaurant dans la région. A l’époque, il avait choisi d’émigrer au Royaume-Uni, le temps que l’économie portugaise se relève. Il est rentré en 2015, alors que le tourisme décollait dans son pays. « Aujourd’hui, je songe à repartir. Les fins de mois difficiles, c’en est trop. »

Italie, Portugal, mais aussi Espagne, Grèce, Malte, Chypre : le sud de la zone euro, très dépendant du tourisme, est frappé de plein fouet par la pandémie et, surtout, par les restrictions de déplacements liées aux mesures sanitaires. « Le Covid-19 va aggraver les divergences déjà existantes entre le sud et le nord de la zone euro, c’est très préoccupant »,souligne Patrick Artus, économiste chez Natixis.

Même s’ils sont eux aussi affectés, l’Allemagne, l’Autriche, les Pays-Bas et les pays nordiques tels que la Finlande ont enregistré une récession moins violente en 2020. Parce que leurs économies dépendent moins du tourisme international. Mais aussi parce qu’ils sont entrés dans la crise avec des finances publiques bien plus saines, leur permettant de déployer des plans d’urgence et de relance plus ambitieux que dans le Sud – celui de l’Allemagne dépasse 8 % du produit intérieur brut (PIB), contre 5 % en France, 4,3 % en Espagne et 3,4 % en Italie.

Au printemps 2020, ce fossé s’est cristallisé autour du plan de relance européen de 750 milliards d’euros, en partie financé par des dettes communes : pendant de longues semaines, les pays dits « frugaux » – Suède, Pays-Bas, Autriche, Danemark, auxquels s’est associée la Finlande – ont refusé de mettre au pot commun pour l’Italie, le Portugal ou la Grèce, les jugeant trop dépensiers. Face à l’aggravation de la pandémie, ils se sont néanmoins résolus à l’accepter. « Mais dans mon pays, l’idée que le Sud ne fait pas assez d’efforts est toujours très ancrée, souligne Philipp Heimberger, de l’Institut viennois des études économiques internationales (WIIW), en Autriche. Ces tensions risquent de ressurgir lorsque le débat sur les règles budgétaires européennes, pour l’instant suspendu, sera de nouveau sur la table. » Ce qui devrait arriver d’ici l’automne.Article réservé à nos abonnés Lire aussi Le plan de relance européen de 750 milliards d’euros est très loin de faire l’unanimité

Modèles de croissance très différents

En pénalisant les services plus que l’industrie, en accélérant la transition numérique et écologique, la crise jette les bases d’une Europe où l’Allemagne sortirait plus puissante encore de la récession. Car la pandémie a agi comme un électrochoc outre-Rhin. Berlin a pris conscience des fragilités de son modèle industriel, trop dépendant de la Chine, et de son retard en matière d’innovation face à l’Asie. « La leçon du Covid-19 est que nous devons investir plus dans les usines du futur »,explique Rolf Najork, membre du directoire de Bosch, dans une tribune publiée par le géant industriel allemand. Et tout le secteur s’y est mis. « Notre tâche est désormais que l’industrie 4.0 devienne la norme du secteur. Voilà pourquoi nous investirons 500 millions d’euros dans la digitalisation de nos opérations industrielles ces cinq prochaines années. »

La Grèce et l’Espagne, luttant pour la survie de leur secteur touristique et dont l’industrie est spécialisée sur le moyen de gamme, sont loin de telles réflexions. « L’Espagne n’a aucune grande entreprise sur les créneaux d’avenir, le sud de l’Europe est en train de perdre la bataille de l’intelligence artificielle, loin derrière l’Allemagne », déplore Antonio Roldan, directeur du think tank EsadeEcPol, à Madrid. « L’industrie italienne est minée par une productivité stagnante et des investissements trop faibles », ajoute Nicola Borri, économiste à l’université Luiss Guido Carli, à Rome.

C’est qu’à bien des égards, en dépit des nuances régionales, les économies du nord et du sud de l’Europe ont choisi, dans les grandes lignes, des modèles de croissance très différents. « Le Sud repose plutôt sur la demande des ménages et les services, avec des institutions parfois déficientes », détaille Pawel Tokarski, spécialiste de la zone euro à l’Institut allemand pour les affaires internationales et de sécurité (SWP), à Berlin. Ce à quoi s’ajoutent un chômage structurel élevé et un niveau d’éducation de la population active relativement faible au regard de la moyenne européenne.

« A l’inverse, l’Allemagne ou les Pays-Bas sont tournés vers l’offre et l’export, avec de forts excédents extérieurs et des services publics plus efficaces », complète Pawel Tokarski. Une des illustrations de ce modèle est le fameux Mittelstand, le tissu de PME allemandes. « Celles-ci sont très réactives et fonctionnent en réseau pour coller toujours au plus près à la demande internationale, sans rien attendre de l’Etat », illustre Patrick Brandmaier, DG de la chambre franco-allemande de commerce et d’industrie.

La France, elle, est dans une position intermédiaire. Ses institutions et ses administrations fonctionnent bien, la rapprochant du Nord, souligne Pawel Tokarski. Mais les faiblesses de son industrie, son déficit commercial préoccupant et sa dette publique élevée (116,5 % du PIB fin 2020 contre 70 % en Allemagne) la font basculer du côté du Sud…

Si la crise du Covid-19 met douloureusement en lumière ces différences, elles ne datent pourtant pas d’hier. Elles ont des racines anciennes, liées aux cultures nationales, à la construction des Etats, à la géographie. « Elles étaient déjà présentes lors de la révolution industrielle du XIXe siècle, lorsque l’industrie s’est concentrée sur la dorsale européenne courant de la mer du Nord au nord de l’Italie, au détriment de la périphérie », détaille Laurent Chalard, docteur en géographie à Paris-IV-Sorbonne. Cette concentration a dessiné une carte de l’Europe où, au-delà des frontières nationales, certaines régions s’en tirent mieux que d’autres. En Italie, le fossé est ainsi vertigineux entre le Nord industriel, très connecté à l’Allemagne, et le Mezzogiorno du sud, plus pauvre.

Déséquilibres longtemps masqués

Lorsque, à l’après-guerre, les Européens se sont attelés à la construction du marché unique, ils savaient que l’intégration européenne était susceptible d’accentuer ces divergences, en favorisant les économies les plus productives.

« C’est précisément pour limiter les divergences que les fondateurs du marché unique ont très vite instauré les politiques de cohésion », rappelle Shahin Vallée, chercheur au Conseil allemand pour les affaires étrangères (DGAP)

« C’est précisément pour les limiter qu’ils ont très vite instauré les politiques de cohésion », rappelle Shahin Vallée, chercheur au Conseil allemand pour les affaires étrangères (DGAP). Ce sont les fonds structurels, visant à soutenir le développement des infrastructures, des institutions et des entreprises des régions européennes les moins riches.

Lorsque l’euro a été introduit, en 1999, les pères de la monnaie unique espéraient être allés suffisamment loin dans la convergence. Et que les règles budgétaires communes contribueraient à approfondir encore celle-ci. « Ce n’est pas exactement ce qui s’est passé », résume M. Vallée. Au contraire, en supprimant le risque de change, l’euro a accentué la spécialisation productive des pays – tourisme dans le Sud, industrie sur la dorsale européenne.Article réservé à nos abonnés Lire aussi L’euro, une construction encore inachevée

Longtemps, ces déséquilibres ont été masqués par le creusement de l’endettement extérieur en Espagne, en Grèce, au Portugal et dans une moindre mesure en France. Jusqu’à la crise de 2008, qui les fit exploser au grand jour. Face aux fragilités locales, les spéculateurs se déchaînèrent sur les dettes grecque, italienne, portugaise, jusqu’à ce que la BCE intervienne pour y mettre un terme. « Les politiques de rigueur qui ont suivi, dans le Sud, ont accentué encore les divergences, alimentant précarité et stagnation des niveaux de vie », ajoute M. Heimberger.

Les profondes réformes menées en Grèce ou en Espagne, le boom du tourisme et la politique de taux bas de la BCE ont néanmoins permis à ces économies de renouer avec la croissance à partir de 2015. Sans pour autant résoudre le problème de divergence : les Grecs et les Italiens n’ont toujours pas retrouvé leur niveau de richesse de 2007… « Les exemples historiques montrent qu’une forme d’hétérogénéité est inévitable au sein d’une union monétaire, précisément du fait des spécialisations locales différentes », observe Laurent Chalard.

C’est notamment ce que l’on observe aux Etats-Unis, où la richesse par habitant varie plus que du simple au double entre les Etats les plus pauvres, comme le Mississippi, et les plus riches, comme New York. « Mais le budget fédéral, qui est de l’ordre de 23 % du PIB, compense ces écarts, explique Patrick Artus. Dans l’UE, le budget commun n’est que de 1,1 % hors plan de relance. »

« Il ne faut pas se résigner »

Est-ce à dire que la zone euro est condamnée à voir l’hétérogénéité se creuser entre ses membres ? Au risque que celle-ci se traduise par des tensions politiques croissantes, voire par la tentation d’une sortie de la monnaie unique, comme observé en Grèce, ou en Italie, lors de la dernière crise ? « Pas nécessairement, il ne faut pas se résigner », assure Shahin Vallée. Il estime qu’il convient d’aller plus loin dans les transferts budgétaires entre membres : Bruxelles en a pris la voie avec son plan de relance de 750 milliards, versé en partie sous forme de subventions.

Mais aussi, de poursuivre une politique industrielle commune, susceptible de profiter à tous les Etats membres. Comme l’UE a commencé à le faire, là encore, avec la construction d’une filière européenne des batteries électriques, par exemple. « Avec cette crise, les PME allemandes ont compris que de telles collaborations sont nécessaires, qu’il est parfois pertinent de construire des champions européens, tant qu’ils sont portés par une vraie logique économique », souligne Patrick Brandmaier.Article réservé à nos abonnés Lire aussi Guerre commerciale : l’Europe s’arme enfin

Mais dans le Sud également, la pandémie a déclenché une prise de conscience. « Il est vrai que jusqu’ici, nos entreprises investissaient moins qu’au nord dans le numérique, mais elles s’y sont mises massivement ces derniers mois : des verrous ont sauté », constate Alessandro Cattani, PDG d’Esprinet. Implanté en Espagne et en Italie, son groupe aide des entreprises, en particulier des commerces, à déployer des solutions informatiques, notamment pour la vente en ligne. « Dans les deux pays, la demande a augmenté de plus de 10 % l’an passé, 2020 a été l’une de nos meilleures années, explique-t-il. On assiste à une petite révolution culturelle, et cela me rend optimiste pour l’avenir. »

Voir aussi:

https://jeansantepolitiqueenvironnement.wordpress.com/2021/02/06/le-cocktail-des-mesures-sanitaires-en-europe-au-cours-des-deux-vagues-et-leurs-resultats-travail-interessant-du-site-ultra-liberal-ifrap/

Le cocktail des mesures sanitaires en Europe au cours des deux vagues et leurs résultats: travail intéressant du site ultra-libéral iFRAP

Europe et Covid : des stratégies sanitaires différentes pour quels résultats économiques ? 

04 février 2021 • François Saint-CastRéagir

https://www.ifrap.org/europe-et-international/europe-et-covid-des-strategies-sanitaires-differentes-pour-quels-resultats

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Dès le début de la première vague de la pandémie, les stratégies des différents pays n’ont pas été les mêmes. La Suède a par exemple opté pour une stratégie fondée sur la responsabilité individuelle alors que la France optait pour un confinement strict et administré. En ce début d’année il convient sans doute de regarder l’état des différents pays en Europe. En premier lieu la mortalité en 2020 par rapport aux années 2019 et 2018 puis, l’impact économique en termes de PIB et de dette publique.

La mortalité

La première question qui se pose est de savoir si la mortalité en Europe a été très supérieure à celle enregistrée les années précédentes, ici la moyenne des décès hebdomadaires 2019 et 2018

L’avant et le début de la première vague sont assez similaires. La crise de la première vague frappe plus durement l’Italie, l’Espagne, la Belgique et le Royaume-Uni. La sortie de crise est plus rapide en France, en Italie, en Espagne, en Belgique sans doute grâce au confinement strict et aux gestes barrières imposés à la population. Seuls l’Espagne, le Royaume-Uni, la Belgique, les Pays-Bas, la France, l’Italie, connaissent une surmortalité supérieure à 50% sur plusieurs semaines. Pour les autres le taux est entre 5 et 15%. L’été est calme à part quelques pointes au Portugal et en Belgique. L’automne voit repartir l’épidémie en France, en Espagne, en Italie, mais avec des taux plus faibles autour de 35%. La seconde vague est plus tardive en Suède et en Allemagne, d’où le durcissement des mesures. Ce sont des pays peu touchés par la première vague qui sont le plus affectés : Pologne, Bulgarie, Slovénie, Lituanie, République tchèque, pour lesquels les taux de surmortalité dépassent les 50%.

Confinement ou mesures de restrictions lors de la première vague

Source.

On remarque que les pays les plus touchés lors de la première vague sont ceux qui ont mis en place des mesures de confinement strictes alors que les autres ont opté pour des restrictions et des mesures sanitaires sans confinement.

Les mesures de la seconde vague sont elles aussi assez variées par pays.

Les mesures de la seconde vague sont elles aussi assez variées par pays.

France (couvre-feu de 18h à 6h) : les cafés, bars, restaurants et salles de sport restent fermés, ainsi que les cinémas, théâtres et musées. Des protocoles spécifiques sont prévus dans les Ehpad et les lieux de culte. A partir du 1er février, fermeture des commerces non-alimentaires d’une surface supérieure à 20 000 mètres carrés.Allemagne (confinement du 2 novembre au 14 février) : Déplacements limités, commerces non essentiels fermés, bars et restaurants fermés, écoles, établissements secondaires et supérieurs fermés, rassemblements limités à une personne hors du foyer, masque FFP2 obligatoire dans les lieux publics.

Autriche (confinement du 26 décembre au 7 février) : couvre-feu nocturne déjà imposé étendu à la journée, masque obligatoire FFP2 dans les lieux publics, distance de 2 mètres à respecter, tests hebdomadaires pour les travailleurs au contact du public, commerces non essentiels ouverts, restaurants et bars fermés, ouverture des stations de ski et des remontées mécaniques laissée à l’appréciation des autorités locales.

Belgique (confinement depuis le 2 novembre jusqu’au 15 février inclus et couvre-feu  de 22h à 6h en Wallonie et région de Bruxelles, 00h à 5h en Flandres) : certains commerces non-essentiels restent ouverts, les hôtels aussi, bars et restaurants fermés, écoles ouvertes, secondaire et supérieur en ligne, un seul contact avec une personne extérieure au foyer autorisé en intérieur, masque obligatoire dans les lieux publics.

Danemark (confinement jusqu’au 7 février) : rassemblements limités à 5 personnes, masque obligatoire dans les lieux publics, fermeture des commerces, bars, restaurants et des établissements scolaires.

Grèce (confinement et couvre-feu de 21h à 5h) (18 à 5h dans certaines régions) : déplacements limités, commerces non essentiels fermés, bars et restaurants fermés, écoles ouvertes, établissements secondaires et supérieurs en distanciel, masque obligatoire dans les lieux publics. 

Hongrie (confinement partiel et couvre-feu entre 20h et 5h jusqu’au 1er mars) : déplacements limités, bars et restaurants fermés, commerces ouverts jusqu’à 19h, écoles ouvertes, établissements secondaires et supérieurs en distanciel, rassemblements publics interdits, évènements privés et familiaux limités à 10 personnes, masque obligatoire dans les lieux publics.

Espagne (couvre-feu de 22h à 6h pour l’ensemble du pays) : à l’exclusion des îles Canaries – commerces ouverts, bars et restaurants ouverts, rassemblements limités à six personnes, masque obligatoire dans l’espace public, confinements locaux en fonction des situations épidémiques.

Bulgarie : fort niveau de restrictions jusqu’au 30 avril – fermeture des restaurants et des bars, enseignement en distanciel, petits commerces ouverts avec limitations, masque obligatoire dans les lieux publics, géolocalisation imposée pour les personnes en quarantaine.

Croatie : rassemblements limités à 25 personnes et interdits après 22h, masque obligatoire dans les lieux publics et à l’extérieur lorsqu’il n’est pas possible de respecter une distance d’1,5 mètre, fermeture des salles de sport, des casinos, des clubs culturels et sportifs.

Estonie : bars ouverts à 50 % de leur capacité, limite de 10 personnes par groupe dans les restaurants, les restaurants et bars ferment de minuit à 6h, événements rassemblant jusqu’à 500 visiteurs en plein air ou 400 visiteurs en intérieur, port du masque obligatoire en extérieur. Les lieux sportifs culturels sont fermés dans la région de Tallinn, la capitale.

Finlande : Les rassemblements peuvent, selon les régions, être limités à 10 personnes, et les horaires d’ouverture des bars et restaurants réduits.

Italie : couvre-feu de 22h à 5h, fermeture des services de restauration à 18h, rassemblements limités à 2 personnes. Dans les zones où le virus circule le plus (zones rouge et orange), mesures supplémentaires telles que des restrictions de déplacements et la fermeture de bars et restaurants. Bars et restaurants ainsi que les musées rouverts dans la majeure partie du pays le 1er février, avec levée des restrictions de déplacement entre communes mais pas entre régions.

Pays-Bas (confinement du 4 novembre au 9 février et couvre-feu de 21h à 4h30) : fermeture des commerces non essentiels, des bars et des restaurants, commerces essentiels fermés à 20h, rassemblements limités à 2 en intérieur, masque obligatoire dans les lieux publics.

Pologne (confinement partiel) : commerces ouverts avec des capacités d’accueil restreintes, bars et restaurants fermés, écoles, établissements secondaires, enseignement supérieur en ligne au moins jusqu’au 14 février, rassemblements limités à 5 personnes, masque obligatoire dans les lieux publics. Du lundi au vendredi (semaine scolaire) les enfants de moins de 16 ans ne peuvent pas sortir tous seuls de la maison entre 8h et 16h.

Portugal (confinement  général depuis le 15 janvier – a priori pour un mois) : fermeture des commerces non essentiels, bars et restaurants, rassemblements interdits, masque obligatoire dans les lieux publics. Crèches, écoles, universités fermées.

République tchèque (couvre-feu de 21h à 5h) : déplacements limités, commerces non essentiels fermés, bars et restaurants fermés, écoles, établissements secondaires et supérieurs fermés, rassemblements limités à 2 personnes, masque obligatoire. Exploitation de téléskis et de téléphériques interdite.

Royaume-Uni (confinement total) fermeture des commerces non essentiels, pubs, restaurants, musées et écoles, rassemblement interdits.

Roumanie (couvre-feu de 23h à 5h depuis le 9 novembre) : les commerces doivent fermer à 21h, bars et restaurants fermés (dans quelques villes, où le taux d’incidence dépasse le seuil de 3 pour 1 000 habitants, les terrasses restent ouvertes) rassemblements limités à 6 personnes, tous les enseignements en distanciel, port du masque obligatoire dans les lieux publics.

Slovaquie (confinement partiel jusqu’au 7 février) : bars et restaurants fermés, commerces non essentiels ouverts avec restrictions, rassemblements limités à 6 personnes, enseignement à distance pour les collèges, lycées et universités. Depuis le 27 janvier, à l’exception des moins de 15 ans et des plus de 65 ans, tout le monde doit avoir la confirmation d’un résultat négatif d’un test PCR ou antigénique, pour se rendre à certains endroits (exemple : lieu de travail).

Slovénie (couvre-feu de 21h à 6h) : déplacements interdits hors de la municipalité de résidence, commerces non essentiels fermés, bars et restaurants fermés, rassemblements à l’extérieur d’une famille ou d’un foyer interdits, masques obligatoires à partir de 6 ans dans les lieux publics.

Lettonie (couvre-feu le week-end de 22h à 5h) : commerces non essentiels, bars et restaurants fermés, rassemblements limités à 2 personnes hors d’un même foyer.

Lituanie (confinement du 7 novembre au 28 février) : déplacements limités, commerces non essentiels fermés, bars et restaurants fermés, rassemblements en extérieur limités à 2 personnes n’appartenant pas au même foyer, masque obligatoire dans les lieux publics. 

Luxembourg (couvre-feu de 23h à 6h jusqu’au 21 février) : déplacements limités, bars et restaurants fermés, commerces ouverts, rassemblements de plus de 100 personnes interdits (à l’intérieur comme à l’extérieur, port du masque obligatoire et distance minimale de 2 mètres entre chaque personne dès 4 participants, tous les participants assis à partir de 11 personnes), masque obligatoire dans les lieux publics.

Malte : commerces ouverts avec capacité réduite, rassemblements limités à 6 personnes, masque obligatoire dans les lieux publics.

Suède : Contacts avec les personnes extérieures à la famille fortement déconseillés. Tablées limitées à 4 personnes dans les restaurants. Incitation au télétravail jusqu’au 7 février. Port du masque dans les transports en commun aux heures de pointe. Limitation des rassemblements publics à 8 personnes pour tout évènement qui requiert une autorisation. Lycées en enseignement distanciel (ou hybride) jusqu’au 1er avril. (Source : https://www.touteleurope.eu/)

Au total, la surmortalité en 2020 a été en France par rapport à 2018-19 de 9% ; en comparaison la Suède qui a été le pays avec le moins de contraintes sanitaires enregistre une surmortalité de 8.2%.

 Le graphique montre le classement des pays de l’échantillon en fonction de la surmortalité enregistrée en 2020 par rapport à la moyenne 2018-19

L’économie

La seconde question qui se pose est celle de l’impact économique des stratégies mises en œuvre. Cette question est analysée en observant l’évolution du PIB et celle de la dette.

Indubitablement l’activité économique en Suède est restée beaucoup plus dynamique que celle de la France ou de l’Espagne qui ont connu de sévères confinements sur l’année 2020. Les pays les plus touchés économiquement sont ceux qui ont mis en place de très strictes mesures de confinement notamment lors de la première vague, on retrouve France, Espagne, Italie, Royaume-Uni, Portugal.

La stratégie de soutien à l’économie a contribué suivant son ampleur au creusement des déficits et donc à un alourdissement de la dette.

Au total l’endettement des pays est le suivant au troisième trimestre 2020 :

Que conclure si ce n’est que les mesures de confinement strictes adoptées par certains pays n’ont pas eu un effet décisif sur la surmortalité. En revanche l’impact économique est sans surprise plus important pour ces derniers. L’ajout d’autres paramètres (système de santé, dépistage et quarantaine, densité de population…) permettraient sans doute de mieux comprendre les écarts entre les pays. Le rythme de vaccination déterminera en grande partie la sortie de crise au cours de cette année.Publié parjscheffer81Publié dansNon classéModifierLe cocktail des mesures sanitaires en Europe au cours des deux vagues et leurs résultats: travail intéressant du site ultra-libéral iFRAP

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d’Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d’associations de cardiologues hospitaliers Cofondateur du Pacte Ecologique pour l’Albigeois en 2006 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d’EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Voir plus d’articles

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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