Le ministre des transports souhaite « une dizaine » de lignes de trains de nuit en 2030
Jean-Baptiste Djebbari est persuadé qu’avec les enjeux écologiques, la gêne de prendre l’avion et la pandémie qui redessine notre manière de voyager, « le train de nuit a tout pour séduire ».
Le Monde avec AFPPublié aujourd’hui à 12h17, mis à jour à 12h55

Le ministre des transports, Jean-Baptiste Djebbari, croit en leur potentiel. « Il y a une clientèle pour les trains de nuit », a assuré le ministre dans une interview au Parisien publiée dimanche 31 janvier.
« Mon ambition, c’est une dizaine de trains de nuit en 2030 » organisés autour de quatre grands « corridors » (Bordeaux-Marseille, Dijon-Marseille, Tours-Lyon via l’Ile-de-France, et Paris-Toulouse), a-t-il fait savoir, avant de préciser que « ce sont des hypothèses qu’il faut affiner ». Ces « corridors » s’articuleraient autour des liaisons européennes en projet, des deux lignes restantes en France et des deux autres récemment annoncées dans le plan de relance.
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« Avec les enjeux écologiques, le “flygskam” [terme suédois qui désigne la honte de prendre l’avion] et la pandémie qui redessine notre manière de voyager, le train de nuit a tout pour séduire », est persuadé le ministre, qui rappelle qu’il existe 28 lignes en Autriche. « En France, le développement du TGV a mangé les trains de nuit et l’offre s’est dégradée. Il faut changer tout ça », dit encore Jean-Baptiste Djebbari.
Un Paris-Vienne dès décembre 2021
Ces propositions sont issues d’un rapport aux parlementaires sur les Intercités de nuit qui doit être rendu public prochainement, affirme le journal.
La France ne compte plus actuellement que deux liaisons de trains de nuit – Paris-Briançon (Hautes-Alpes) et Paris-La-Tour-de-Carol (Pyrénées-Orientales) –, contre huit en 2015. Le plan de relance, annoncé en septembre, prévoit la relance des lignes Paris-Nice et Paris-Tarbes, grâce à un financement de 100 millions d’euros, pour la rénovation de 50 voitures d’ici à 2022. Ces deux lignes devraient ouvrir « en avril et décembre 2021 », précise le ministre.
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Au-delà de 2022, « compte tenu des travaux importants à réaliser sur le réseau, il sera compliqué d’en ouvrir beaucoup d’autres jusqu’en 2025 », admet M. Djebarri, qui compte sur des financements dans le cadre du pacte vert européen (« green deal ») pour financer le reste des lignes.
L’Union européenne a fait de la relance des trains de nuit une de ses priorités, avec la signature à la fin de 2020 d’un accord de coopération entre les compagnies nationales ferroviaires allemande, autrichienne, française et suisse. Dans ce cadre, au départ de la France, un Paris-Vienne nocturne devrait notamment circuler dès décembre 2021.
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