NOVAVAX futur vaccin américain (technologie des protéines recombinantes comme SANOFI) moins actif avec le variant africain

Le variant sud-africain (mutant B.1.351.) affaiblit un premier vaccin contre le Covid-19, celui de Novavax

Les études conduites sur le candidat de la firme américaine NOVAVAX confirment que le mutant présent dans près de 30 pays peut diminuer l’efficacité vaccinale. 

Par Nathaniel HerzbergPublié aujourd’hui à 10h52, mis à jour à 13h05  

https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/01/29/covid-19-le-variant-sud-africain-affaiblit-un-premier-vaccin_6068052_3244.html

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Cette fois, le doute n’est plus permis : les variants constituent une menace sérieuse pour l’efficacité des vaccins. Les scientifiques avaient accumulé les indices, ils disposent désormais d’une preuve. La firme américaine Novavax a annoncé, jeudi 28 janvier, à l’issue de son essai de phase 3, que la protection offerte par son candidat vaccin chutait de façon importante en présence du mutant B.1.351., apparu en Afrique du Sud.

Les résultats de la jeune start-up, qui n’avait encore jamais commercialisé un produit pharmaceutique, étaient très attendus. Massivement soutenue par les pouvoirs publics américains, elle avait choisi la technologie des protéines recombinantes, la même que celle utilisée par le groupe Sanofi pour son candidat malheureux. Ce n’est pas du matériel génétique qui était donc injecté aux volontaires pour produire une réponse immunitaire contre le SARS-CoV-2, comme dans les vaccins à ARN messager, mais directement des portions de la protéine Spike du virus. Une méthode éprouvée pour d’autres pathologies, susceptible de fournir un produit facile à stocker et à transporter.

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L’efficacité annoncée de 90 % par les résultats préliminaires d’un essai de phase 3, réalisé sur 15 000 personnes âgées de 18 à 84 ans, constitue donc un succès majeur pour cette entreprise. L’analyse intérimaire a montré que, sur 62 personnes ayant contracté la maladie au terme de leurs deux injections, 56 avaient reçu un placebo, 6 seulement le NVX-CoV2373 de Novavax. Une nouvelle d’autant plus réjouissante que cette portion de l’essai avait été conduite au Royaume-Uni, et que 50 % des personnes analysées avaient été contaminées par le variant B.1.1.7, repéré dans le Kent, en décembre 2020, et désormais présent dans plus de 60 pays du monde.

« NVX-CoV2373 est le premier vaccin qui démontre non seulement une efficacité forte contre le Covid-19, mais aussi une efficacité significative contre les variants émergents britannique et sud-africain », a ainsi claironné la firme dans un communiqué.

Résultats « préoccupants »

Mais, aux Etats-Unis, où le variant sud-africain a été repéré pour la première fois jeudi, les résultats de Novavax ont été jugés au contraire « préoccupants », selon les termes de Florian Krammer, virologue à l’Icahn School of Medicine de l’hôpital du Mont-Sinaï, à New York. En effet, un second essai, conduit en Afrique du Sud sur un groupe de 4 400 volontaires, a relevé une efficacité de seulement 48 %.

Le laboratoire indique qu’une partie d’entre eux, atteints par le virus du sida, présentaient un système immunitaire affaibli. Mais, même en les écartant du panel, la protection plafonne à 60 %. « L’efficacité contre B.1.351 apparaît nettement diminuée, mais elle est encore présente », poursuit le docteur Krammer. Il ajoute enfin que ce résultat concerne l’ensemble des cas symptomatiques de Covid, et « il est très probable que l’efficacité contre les formes sévères sera beaucoup plus haute ».

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Ce constat d’un échappement de certains variants à la protection des anticorps confirme les soupçons apparus depuis le début de l’année. Plusieurs études avaient relevé que le variant sud-africain, mais aussi son cousin brésilien, avec qui il partage plusieurs mutations, restait presque insensible aux anticorps contenus dans le sérum de convalescents.

A Manaus, au Brésil, de nombreux cas de recontamination, relevés dans cette région où le variant flambe, nourrissaient les mêmes craintes. Mais beaucoup espéraient que la réponse immunitaire créée par les vaccins serait plus large et plus intense que celle des anciens malades. Ce n’est pas forcément le cas.

Les scientifiques attendent maintenant de nouveaux résultats. A commencer par celui du candidat-vaccin de Johnson & Johnson. Le géant américain doit publier, ces jours-ci, la conclusion de son essai de phase 3, conduit dans plusieurs pays, dont le Brésil et l’Afrique du Sud. Pfizer, Moderna et AstraZeneca ont déjà annoncé qu’ils travaillaient sur une version adaptée de leur propre produit. La course entre vaccin et variant a décidément bien lieu.Notre sélection d’articles sur les vaccins contre le Covid-19

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Nathaniel HerzbergContribuer

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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