L’épidémie Flambe dans le Tarn, le couvre-feu à 18h aurait accéléré la circulation du virus

Covid. L’épidémie flambe dans le Tarn, plusieurs communes enregistrent des taux d’incidence au-delà de 800 

Le Tarn fait partie des départements d’Occitanie où le virus circule le plus. Plusieurs établissements scolaires sont fermés. Le taux d’incidence sur l’ensemble du département s’approche des 300. Ce que disent les chiffres.Publié le 28/01/2021 à 19h04 •  Mis à jour le 29/01/2021 à 10h40

TarnAlbi

Partout en Occitanie, la circulation du virus s’accelère. L’ARS parle même d’un situation inquiétante dans son dernier bulletin publié le 26 janvier.

La Tarn enregistre une progression marquée et rapide de la diffusion du coronovarius depuis quelques semaines. Notamment dans les établissements scolaires. En Occitanie, l’accélération s’est accrue depuis le 22 janvier. Le 26 janvier, dix établissements sont fermés en raison d’un trop grand nombre d’élèves Covid + pour seize fermés sur l’ensemble de la région Occitanie.

Des taux d’incidence trés élevés dans certaines communes

Par ailleurs, plusieurs communes du nord et du sud du Tarn sont particulièrement impactées avec des taux d’incidence qui selon l’ARS dépassent les 700 et même les 900.

C’est le cas à Coufouleux où le taux d’incidence s’établit à 1158,3 pour 100 000, à Valence d’Albigeois à 864,8 et à Carmaux à 815,3.

Nous connaissons une évolution très défavorable du virus actuellement notamment chez les 30/45 ans et les 45/65 ans avec des taux de positivité en forte hausse cette semaine.Abderrahim Hammou-Kaddour

ARS Tarn

Le nombre de morts multiplié par 8 entre quatre mois

Autre indicateur de l’aggravation de la situation, le nombre de décès qui depuis le 26 janvier a dépassé la barre des 200 personnes. Le 5 octobre 2020, 25 personnes étaient mortes du covid. Cinq mois plus tard, il y en a 206.

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Hospitalisations, nombre de malades admis en réanimation également en forte hausse

Le 26 janvier, 161 personnes étaient hospitalisées et 17 se trouvaient en réanimation. L’observation de la courbe est sans appel. La situation se dégrade notamment dans des tranches de population qui jusque là étaient plus épargnées. Il s’agit des 30/45 ans et des moins de 65 ans. Jusqu’à présent 60% des lits occupés dans les services de réanimation en France concernaient des personnes de plus de 65 ans.

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Le taux d’incidence du Tarn, deuxième plus haut d’Occitanie

Devant le Tarn se trouve la Lozère particulièrement concernée par cette deuxième vague avec un taux de 319,8 pour 100 000. Le Tarn se trouve juste derière avec pour l’ensemble du département une valeur qui se situe non loin des 300, 292, 6 exactement le 24 janvier. Ce taux augmente de façon continue depuis plusieurs semaines avec une accélération ces derniers jours. Le taux de positivité est de 9%, soit le taux le plus élevé d’Occitanie après la Lozère. Celui de la région est de 6,8%.

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Pour des virologues toulousains, le couvre-feu à 18 heures censé freiner la propagation du COVID, a eu l’effet inverse

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Un couvre-feu à 18 heures contre-productif. C’est ce que révèlent  les chercheurs du laboratoire de virologie du CHU Toulouse. Selon eux, sur l’aire urbaine toulousaine, »le couvre-feu a eu l’effet inverse, il y a eu une augmentation du nombre de personnes testées positives ».

Publié le 29/01/2021 à 14h09 •  Mis à jour le 29/01/2021 à 14h25

Institut Fédératif de Biologie CHU Toulouse Purpan
Institut Fédératif de Biologie CHU Toulouse Purpan • © TFV

Haute-GaronneToulouse

Depuis mars 2020, les chercheurs de l’Institut Fédératif de Biologie du CHU Toulouse Purpan, modélisent l’évolution de la dynamique virale sur l’aire toulousaine. En fonction du pourcentage de tests positifs par jour, ils observent l’impact des mesures sanitaires mises en place. Dans cette étude ils ont mis en lumière que le couvre-feu imposé à 18 heures avait eu l’effet inverse de celui qui était attendu. Selon Chloë Dimeglio, biostatisticienne au laboratoire de virologie du CHU de Purpan, le couvre-feu à 18 heures a été contre-productif. Selon les derniers chiffres données ce jour par CHU de Purpan, le nombre d’hospitalisation en réanimation est passé de 125 à 159  en une semaine, dont 50 patients en soin critique. 

Le couvre-feu à 18 heures au lieu de décaler l’arrivée d’un pourcentage de tests positifs (seuil de 10%), ce seuil dans le temps a au contraire avancé. Cela signifie pour nous que l’effet du couvre-feu à 18 heures a été l’inverse de celui qui était attendu. Il y a eu une augmentation du pourcentage de personnes testées positives sur l’ensemble de l’aire urbaine.

L’étude a pris en compte les précédentes mesures mises en place lors de la période des fêtes de fin d’année et du relâchement sur l’ensemble de l’aire urbaine toulousaine. Début février, les chercheurs s’attendaient à atteindre 10%  de tests positifs. Ils comptaient aussi sur la mesure du couvre-feu à 18 heures, censée contraindre la diffusion du virus pour décaler ce seuil de 10% à la mi-février. En raison du couvre-feu, les gens se sont retrouvés plus nombreux sur des créneaux plus serrés dans les commerces et grandes surfaces.

Ce que l’on observe c’est que le taux de 10% de tests positifs a été atteint non pas plus tard mais entre le 20 et le 24 janvier sur Toulouse. Ce qui signifie qu’au lieu d’avoir un effet de contrainte sur la dynamique du SarsCOV2 dans  l’aire urbaine toulousaine, la mesure du couvre-feu a eu l’effet inverse.

Chloë Dimeglio, biostatisticienne laboratoire de virologie CHU Toulouse

Confinement et vaccination  : seules mesures pour casser la dynamique virale

Selon Chloë Dimeglio, biostatisticienne au laboratoire de virologie du CHU de Purpan, les deux précedents confinements mis en place et le port du masque obligatoire sont des mesures qui ont eu une incidence sur la diffusion du virus auprès de la population. Mais selon elle,

Les deux seules mesures qui permettraient de casser la dynamique virale, pas uniquement de contraindre, c’est un confinement. On l’a vu à deux reprises, avec les confinements, stricts ou plus légers comme en novembre dernier. Et puis il y a aussi la vaccination,  le vaccin à large échelle de la population permet de contraindre voir de casser la dynamique virale.

Les hôpitaux toulousains sont sous tension mais la cellule de crise permet au corps médical de s’adapter et d’ajuster le nombre de lits disponibles si une grosse vague de patients hospitalisé arrive.

Covid-19 : hospitalisations en hausse, multiplication de clusters, en Occitanie des chiffres préoccupants

Le Covid-19 et ses variants continuent de se propager dans notre région. Selon le dernier bulletin de l’Agence Régionale de Santé (ARS), en moyenne 1748 nouveaux cas sont détectés chaque jour, c’est 225 de plus que la semaine dernière. 

Publié le 27/01/2021 à 19h28

https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/herault/montpellier/covid-19-hospitalisations-en-hausse-multiplication-de-clusters-en-occitanie-des-chiffres-preoccupants-1926715.html

Le CHU de Montpellier est actuellement en situation de pré-saturation.
Le CHU de Montpellier est actuellement en situation de pré-saturation. • © MaxPPP – Guillaume BONNEFONT

HéraultMontpellier

Allons-nous être reconfinés ? C’est LA grande question. Le nombre élevé de contamination et surtout, la circulation active du variant britannique, font craindre la mise en place de nouvelles mesures restrictives. C’est en fin de semaine que la décision pourrait être prise, après avoir mesuré les effets du nouveau couvre-feu à 18h.

Le variant britannique, plus contagieux

Selon le dernier bulletin de l’ARS, la situation est préoccupante dans notre région. « Les indicateurs de surveillance épidémiologique actuels témoignent d’une circulation active du virus et de ses nouveaux variants », détaille le bulletin. Le variant anglais représentait environ 10% des cas dépistés en Ile-de-France entre le 11 et le 21 janvier. Pour la région Occitanie, les données n’ont pas encore été communiquées. 

Du côté de l’évolution des hospitalisations dans les établissements hospitaliers publics et privés de la région Occitanie, 1 714 hospitalisations sont actuellement en cours, soit 93 personnes de plus que vendredi dernier. 179 personnes se trouvent en service de réanimation et 82 décès supplémentaires ont été recensés sur les 4 derniers jours. https://flo.uri.sh/visualisation/4225957/embed?auto=1A Flourish chart

Taux d’incidence supérieur au seuil d’alerte fixé

D’après la courbe des hospitalisations,  nous sommes déjà au-dessus des chiffres enregistrés au début du 2 ème confinement. Elles étaient au nombre de 1493 au début du premier confinement. 

C’est dans les Pyrénées-Orientales (+47 hospitalisations), l’Aude (+36 hospitalisations), et la Haute-Garonne (+48 hospitalisations), que la situation est particulièrement préoccupante. 

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Par ailleurs, les taux d’incidence s’envolent également et dépassent même le seuil d’alerte fixé dans certains départements : l’Ariège, le Tarn, la Haute-Garonne, la Lozère, le Gard et les Pyrénées-Orientales. https://flo.uri.sh/visualisation/4937447/embed?auto=1A Flourish chart

Des clusters dans les Ehpad, les écoles….

L’ARS précise également que « le flux de patients pris en charge en secteur hospitalier augmente de façon régulière, le nombre de clusters s’accroît dans les Ehpad comme en milieu scolaire« .  

Dimanche dernier, l’ARS annonçait notamment un cluster du variant britannique dans un Ehpad de Toulouse, onze cas au total ont été confirmés. 

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Depuis le début de la semaine, de nouveaux clusters ont également été détectés. A l’école de police de Nîmes, 180 élèves ont été placés à l’isolement suite à la détection de 34 cas positifs. 

L’académie de Montpellier n’est également pas épargnée par le virus. L’école de Roquebrun a fermé ses portes suite à la contamination de quatre enfants et deux adultes. La crèche municipale de Saint-Jean-de-Védas est également fermée : trois agents ont été testés positifs.

La vaccination, un « levier crucial » mais aujourd’hui saturé

Dans ce contexte, l’agence régionale de santé d’Occitanie indique que « l’accélération de la vaccination est un levier crucial pour protéger les plus vulnérables face au virus« . Mais voilà que de nombreux centres de vaccination sont saturés.

C’est le cas par exemple des trois centres de vaccination déployés par le SDIS dans l’Hérault : Olonzac, Vailhauquès et Saint-Pons-de-Thomières. Il est désormais impossible de prendre un rendez-vous. Sur le site doctolib – qui permet normalement la prise de rendez-vous en ligne – il est inscrit : « en raison d’une très forte demande et d’un stock limité de vaccins, tous les rendez-vous ont déjà été pris. Des disponibilités apparaîtront prochainement. Réessayez dans quelques jours ou cherchez un autre centre« .

Pour l’instant, 117 357 personnes ont été vaccinées en Occitanie. 

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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