« Le vaccin AstraZeneca est-il dénué d’efficacité chez les plus de 65 ans ? »




https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=f26f4689b3c6ef774aab84776f236cf9&id_newsletter=14315&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=14315&from=newsletter
C’est ce que titre Libération, qui indique qu’« une partie de la presse allemande a fait état d’une efficacité du vaccin de seulement 8% dans cette classe d’âge. Le laboratoire a vigoureusement démenti. Avant cette polémique, les autorités françaises envisageaient déjà de ne pas pouvoir utiliser ce vaccin chez les plus de 65 ans ».
Le journal explique ainsi : « Alors que les premières livraisons du vaccin d’AstraZeneca (le troisième autorisé après ceux de Pfizer-BioNTeck et Moderna) pourraient arriver mi-février, l’annonce d’une efficacité limitée à 8% chez les personnes âgées de plus de 65 ans est venue des quotidiens allemands Handelsblatt et Bild, qui affirment détenir l’information de sources gouvernementales ».
Le quotidien note que « la publication de l’information a aussitôt été suivie d’un vif démenti du laboratoire, affirmant que «les rapports selon lesquels l’efficacité du vaccin AstraZeneca/Oxford n’est que de 8% chez les adultes de plus de 65 ans sont complètement faux». AstraZeneca souligne que l’approbation d’urgence de l’Agence de réglementation des médicaments et des produits de santé (MHRA) du Royaume-Uni incluait les personnes âgées et assure qu’une étude publiée dans The Lancet avait montré que le vaccin avait également provoqué une forte réponse immunitaire chez les personnes âgées ».
Et l’université d’Oxford, « qui participe au développement du vaccin », réagit : « Les allégations de très faible efficacité du vaccin Oxford-AstraZeneca qui ont circulé dans les médias ne sont pas fondées. Les résultats des essais cliniques ont déjà été publiés de manière transparente dans cinq publications scientifiques évaluées par des pairs, montrant des réponses immunitaires similaires chez les jeunes adultes et les adultes plus âgés, un bon profil de sécurité et une grande efficacité chez les jeunes adultes. En outre, les données préliminaires d’efficacité chez les adultes plus âgés confirment l’importance de ce vaccin pour cette population ».
Libération relève que « le ministère fédéral de la Santé, loin de confirmer les chiffres du Handelsblatt et de Bild, a suggéré que leurs journalistes s’étaient en fait emmêlé les pinceaux. Refusant de confirmer les récents rapports faisant état d’une efficacité réduite du vaccin AstraZeneca, le ministère a signalé : «A première vue, il semble que deux choses aient été confondues dans les rapports : environ 8% des sujets de l’étude d’efficacité d’AstraZeneca avaient entre 56 et 69 ans, et seulement 3 à 4% avaient plus de 70 ans (rapport d’évaluation public approuvé par la MHRA). Mais cela n’implique pas une efficacité de seulement 8% chez les personnes âgées» ».
Le journal note toutefois que « les essais cliniques du vaccin AstraZeneca ont enrôlé très peu de volontaires âgés de plus de 56 ans : 4155 personnes, soit 17,5% des 23.745 participants. Seuls 1460 participants (6,2%) avaient plus de 70 ans. Environ la moitié ont reçu le vaccin, les autres faisant partie du groupe contrôle. […] Cette sous-représentation pourrait fragiliser l’indication vaccinale pour plusieurs raisons. Premièrement, parce que la taille du groupe peut être jugée insuffisante en nombre pour attester de l’efficacité du vaccin, mais aussi pour assurer de sa sécurité et de l’absence d’effets secondaires sur la population en question. De fait, les analyses statistiques sur des cohortes de petite taille sont généralement assorties d’importantes marges d’erreur, et donc d’une forte incertitude », poursuit Libération.
La Croix titre pour sa part : « Covid-19 : l’efficacité du vaccin d’AstraZeneca sème le doute ».
Le journal relève également qu’« une confusion dans la presse allemande a jeté le doute sur l’efficacité de ce vaccin suédo-britannique qui pourrait être autorisé sur le marché européen vendredi 29 janvier. De fait, les essais cliniques sont émaillés d’approximations ».
Le quotidien souligne que « les essais cliniques d’AstraZeneca montrent effectivement des lacunes sur les personnes âgées. Le premier, lancé au Royaume-Uni en avril 2020, ne concernait que des personnes en bonne santé âgées de 18 à 55 ans. «Il est assez normal et même éthique de préférer tester un produit totalement inconnu sur des personnes en bonne santé», nuance Morgane Bomsel, de l’Institut Cochin. Sauf que sur le terrain, cela n’aide pas vraiment pour vacciner en priorité les personnes âgées et fragiles ».
« Les plus de 55 ans ont donc été rajoutés dans les trois essais suivants. Mais lors de la publication des premières études intermédiaires en décembre, les chercheurs reconnaissaient déjà une trop faible part des seniors », continue La Croix.
Le journal évoque un « deuxième problème : le dosage. Durant le deuxième essai clinique, toujours au Royaume-Uni, une première partie de la cohorte a reçu une demi-dose à l’occasion de la première injection, puis une deuxième dose complète. L’autre moitié des volontaires vaccinés a, elle, reçu les deux doses complètes ».
« Sauf qu’au final, le vaccin s’est avéré plus protecteur chez ceux qui n’avaient reçu qu’une demi-dose en première injection. Le taux d’efficacité dans cette cohorte tourne autour de 90% alors qu’il n’est que 60% chez ceux qui ont reçu les deux doses entières […]. Un résultat pour le moins mystérieux, tant il semblerait logique que plus on reçoit de vaccin, plus on fabrique d’anticorps. Mais qui peut s’expliquer si l’on regarde l’âge des volontaires et le délai entre les doses », précise le quotidien.
Il explique que « la première cohorte, celle de la demi-dose, ne comprenait personne de plus de 55 ans. Elle était donc naturellement moins à risque face au Covid. La cohorte avec deux doses entières comprenait au contraire des personnes âgées ».
La Croix poursuit : « Concernant l’espacement entre les doses, la première cohorte a reçu la deuxième injection parfois jusqu’à 12 semaines après la première, là où les deux doses complètes ont été administrées avec un écart médian de 7 semaines. Concrètement, ces données préliminaires semblent donc montrer une efficacité accrue du vaccin lorsque la deuxième injection a lieu plus tardivement que le minimum de 4 semaines prévu ».
Les Echos explique aussi « pourquoi AstraZeneca suscite la méfiance de l’Europe » : « Présentation confuse des résultats cliniques, incapacité à respecter ses engagements contractuels sur le nombre de doses livrées au premier trimestre 2021, la communication du groupe anglo-suédois manque de transparence ».
Et Le Figaro retient que « les rumeurs sur le manque d’efficacité sont infondées ». Le journal remarque que « l’affirmation [des journaux allemands] a fait mauvais effet, alors que le fabricant vient d’annoncer aux autorités européennes qu’il ne pourrait livrer toutes les doses attendues d’ici la fin mars en raison de problèmes de production. […] Le doute demeure toutefois sur le niveau de protection conférée chez les plus de 65 ans. À cet âge, le système immunitaire répond d’ordinaire moins bien à la stimulation vaccinale ».Date de publication : 27 janvier 2021
Un avis sur « Les plus de 65 ans moins répondeurs avec le vaccin d’Astra-Zeneca »