L’état du parc nucléaire préoccupant et la sureté de l’enfouissement des déchets problématique, sans compter les coûts

Nucléaire : « L’état du parc français est préoccupant »

Pour le physicien critique du nucléaire Bernard Laponche, EDF n’a pas les moyens d’assurer la prolongation de la durée de vie des plus vieux réacteurs du parc français. 

Propos recueillis par Nabil Wakim et Perrine Mouterde

Publié hier à 02h27, mis à jour hier à 18h33  

https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/01/22/nucleaire-on-demande-a-une-personne-malade-de-courir-un-marathon_6067145_3244.html

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Un homme travaille dans le cœur du réacteur nucléaire du Tricastin, le 27 juin 2019.
Un homme travaille dans le cœur du réacteur nucléaire du Tricastin, le 27 juin 2019. PHILIPPE DESMAZES/AFP

La France doit-elle prolonger la durée de vie de ses réacteurs nucléaires les plus anciens ? C’est la volonté du gouvernement et d’EDF, qui a repoussé à 2035 la baisse de la part de l’atome dans la production d’électricité. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a lancé en décembre 2020 une consultation pour encadrer cette possible prolongation des réacteurs.

Pour Bernard Laponche, physicien nucléaire, ancien du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives et cofondateur de l’association de scientifiques Global Chance, EDF n’a pas la capacité d’assurer dans les temps ces améliorations nécessaires à la sûreté. Il appelle à une fermeture anticipée de certains réacteurs pour pouvoir continuer à assurer le bon fonctionnement des autres.

EDF assure que l’état du parc actuel est bon et que prolonger la durée de vie des réacteurs existants ne pose pas de problème majeur. Partagez-vous cette analyse ?

Si les 32 réacteurs les plus anciens étaient en bon état, on pourrait fixer les conditions de la poursuite de leur fonctionnement et juger ensuite s’il est possible de les mettre en œuvre. Mais ce n’est pas le cas : l’état du parc français est préoccupant. Il suffit de lire le dernier rapport de l’ASN pour le comprendre.

Elle écrit que « la rigueur d’exploitation des centrales d’EDF est en recul » et que le nombre d’événements significatifs « augmente régulièrement depuis plusieurs années ». On peut citer le problème de la fragilité des diesels de secours face au risque de séismes : l’ASN parle d’une anomalie générique – c’est-à-dire qui peut concerner tous les réacteurs –, du mauvais état ou de mauvais montage des ancrages de ces systèmes. Or, si le diesel qui assure l’alimentation en électricité ne démarre pas, c’est l’accident grave.

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Il y a aussi des phénomènes de corrosion liés à des défauts de maintenance, des tuyauteries qui se dégradent. EDF aurait intérêt à se dire qu’il vaut mieux avoir 20 réacteurs qui fonctionnent bien et ont été bien réparés, et à arrêter rapidement les autres, plutôt que de tous les laisser fonctionner au-delà de quarante ans.

Pour l’ancien président de l’autorité de sûreté nucléaire américaine, Gregory Jaczko, vouloir absolument moderniser ces réacteurs conçus dans les années 1950 pour qu’ils atteignent un niveau acceptable, c’est mettre du sparadrap sur du sparadrap. C’est comme demander à une personne malade de courir un marathon !

L’ASN recommande à EDF de tendre vers le niveau de sûreté requis pour le réacteur de troisième génération EPR, le réacteur européen à eau pressurisée. Cela vous semble-t-il possible ?

C’est possible pour certains points. Dans l’EPR, les bâtiments qui contiennent le combustible irradié, les piscines, seront « bunkérisés » pour être protégés en cas d’agression extérieure, comme la chute d’un avion par exemple. L’ASN aurait pu demander de « bunkériser » aussi les bâtiments des réacteurs plus anciens, mais ne l’a pas fait parce que ça coûte trop cher. Je pense que c’est une décision critiquable.

EDF assure être capable de mener à bien ces travaux, vous n’y croyez pas ?

Ces travaux sont colossaux. Pour la première visite décennale à Tricastin [Drôme],EDF a mobilisé 5 000 travailleurs pendant six mois, pour un seul réacteur.

Il y a des doutes sur le fait que l’entreprise ait la capacité de faire cela pour toutes les visites décennales, alors qu’il pourrait y en avoir jusqu’à six par an dans les prochaines années. EDF ne pourra pas le faire ou le fera mal.

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En conséquence, il va y avoir un décalage de calendrier des visites décennales de trois, quatre, cinq ans. Des réacteurs vont fonctionner bien au-delà de quarante-cinq ans avant de voir leur durée de vie prolongée au-delà de quarante ans.

Les responsables politiques ont-ils manqué d’anticipation ?

Ni EDF, ni l’ASN, ni les décideurs n’ont suffisamment anticipé. Les responsables politiques se défaussent sur l’ASN, ils ne veulent pas entendre parler de la question de la sûreté.

La feuille de route énergétique de la France, qui prévoit l’arrêt de douze réacteurs d’ici à 2035, n’aborde pas cette question, et affirme que le principe général sera l’arrêt des réacteurs à l’échéance de leur cinquième visite décennale, soit à 50 ans. Le fait que l’on dépende complètement du nucléaire pour notre approvisionnement électrique pose un problème de fond et fait peser une pression folle sur l’ASN.

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Les experts de Global Chance contestent par exemple le fait que les cuves des réacteurs puissent encore fonctionner dix ans. Imaginons que l’on ait raison et qu’il y ait un problème générique concernant tous les réacteurs de première génération, qu’est-ce qu’on fait ?

L’ASN n’est-elle pas à même de jouer son rôle de garante de la sûreté ?

Tout le système de sûreté repose sur les déclarations d’EDF. Or, deux exemples récents ont mis à mal ce principe : l’expérience des dossiers barrés [des irrégularités et des fraudes constatées dans la forge du Creusot, en Saône-et-Loire]et celle de la cuve de l’EPR [de Flamanville, dans la Manche, dont le couvercle, jugé non conforme, devra être remplacé en 2024]. EDF signale parfois les problèmes avec du retard ou ne les signale pas du tout. Pour les quatrièmes visites décennales, il faudrait une présence permanente de l’ASN sur les sites. Il lui faut davantage de moyens humains.

La consultation publique sur la prolongation de la durée de vie des réacteurs les plus anciens vient de s’achever. Qu’en attendez-vous ?

Ce processus est très hypocrite. La consultation n’a duré qu’un mois, et les prescriptions de l’ASN sont illisibles. Qui a pu avoir le temps de s’y intéresser ?

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Le fait qu’il y ait davantage de débats devrait être considéré comme une victoire mais, au lieu d’être vues comme un véritable outil de prise de décision, ces consultations servent à se donner bonne conscience. Le plus grave est que même les politiques ne s’y intéressent pas.

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Plus largement, estimez-vous que le risque d’accident grave n’est pas suffisamment pris au sérieux en France ?

A l’époque de la construction des réacteurs les plus anciens, cette notion d’accident grave n’a pas été prise en compte dans les études de sûreté. S’il y avait perte de refroidissement et fusion du cœur, aucune parade n’était prévue, la probabilité que ce type d’accident arrive ayant été considérée comme trop faible.

Ce n’est qu’après Fukushima, en 2011, qu’il y a eu une prise de conscience du risque lié aux événements extérieurs. Tous les présidents de l’ASN ont reconnu qu’un accident comme celui du Japon pouvait se produire en France. Mais on a l’impression que ce n’est pas vraiment compris.

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Le nucléaire français a-t-il encore un avenir ?

Les difficultés financières d’EDF et les dérapages de la construction de l’EPR, mis en avant par le rapport de Jean-Martin Folz, remis le 28 octobre, ont relancé le débat sur la pérennité du modèle économique de la filière.

Nabil Wakim et  Perrine Mouterde

Le gendarme du nucléaire français appelle à « prendre des décisions » concernant la gestion des déchets radioactifs

L’Autorité de sûreté nucléaire a répété, dans son bilan de l’année 2020, son inquiétude concernant le « déficit d’anticipation et de précaution » de la filière. 

Par Perrine MouterdePublié hier à 10h29  

https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/01/22/le-gendarme-du-nucleaire-francais-appelle-a-prendre-des-decisions-concernant-la-gestion-des-dechets-radioactifs_6067190_3244.html

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Une galerie du site de Bure (Meuse), où seront stockés les déchets les plus dangeureux et radioactifs, le 9 avril 2018.
Une galerie du site de Bure (Meuse), où seront stockés les déchets les plus dangeureux et radioactifs, le 9 avril 2018. FRANÇOIS NASCIMBENI/AFP

Le bilan de santé complet des 56 réacteurs français pour l’année 2020 ne sera publié qu’au printemps, mais l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) en a donné un premier aperçu, le 21 janvier. Globalement, les installations conservent un niveau de sûreté « satisfaisant », a-t-elle salué, en soulignant que la « rigueur d’exploitation » avait progressé chez EDF, et que l’ensemble des exploitants s’étaient bien adaptés aux contraintes liées à la crise sanitaire.

Bernard Doroszczuk, le président de l’autorité indépendante, a toutefois fait part de plusieurs « régressions » et de points de vigilance. Parmi les sujets de préoccupation figure la capacité d’EDF, qui exploite les 18 centrales nucléaires du parc, à mener à bien les chantiers colossaux prévus lors de la prochaine décennie. Les 32 réacteurs les plus anciens doivent faire l’objet d’un réexamen approfondi en vue d’une éventuelle prolongation de leur durée de vie au-delà de quarante ans, ce qui va conduire à une augmentation considérable des travaux à effectuer au moins jusqu’en 2026. L’entreprise dispose-t-elle des moyens humains et financiers nécessaires pour les mener à bien et dans les temps ?

« Défaillances et insuffisances »

« L’ensemble des modifications doivent être réalisées dans un calendrier contraint, a averti une nouvelle fois l’ASN. Ce volume de travaux est sans comparaison depuis dix ans : cela représente aussi une opportunité pour la filière, qui a souffert de l’absence de projet industriel permettant un maintien des compétences. » L’ASN a demandé à l’entreprise de lui fournir un état des lieux annuel de ses capacités à conduire ces travaux.

Parmi les autres points de vigilance, l’ASN relève un « recul » de la prise en compte des mesures destinées à protéger les travailleurs du nucléaire des rayonnements ionisants. Des conditions d’intervention dans les zones contrôlées – où le risque d’exposition potentielle à ces rayonnements est le plus fort – qui ne sont pas respectées ; des employés qui ne portent pas systématiquement leur appareil de mesure de la dose radioactive ; des chantiers insuffisamment préparés ; des prestataires pas toujours suffisamment surveillés… Le gendarme du nucléaire affirme avoir observé sur plusieurs sites, en 2019 et encore davantage en 2020, ces « défaillances » et « insuffisances » en matière de radioprotection.

Capacité de stockage

L’Autorité de sûreté nucléaire a enfin martelé un message très clair, cette fois-ci à l’intention des responsables politiques, à propos de la gestion des déchets radioactifs. Alors que la cinquième édition du plan national de gestion des matières et déchets radioactifs, qui couvrira la période 2021-2025, est en cours d’élaboration, elle appelle à prendre des décisions pour l’ensemble des filières. « Il y a déjà eu beaucoup d’études et de débats, et des options existent, rappelle Bernard Doroszczuk. Mais si aucun choix n’est fait dans les cinq ans, il n’y aura pas de capacité de stockage pérenne à l’horizon 2035-2040. Nous espérions ces décisions lors du plan précédent mais elles n’ont pas vu le jour. »

La structure où sont entreposés les déchets très faiblement radioactifs, tels que des ferrailles ou des gravats, située dans l’Aube, devrait par exemple arriver à saturation à l’horizon 2028-2030. A Bure, dans la Meuse, doivent au contraire être stockés les déchets les plus dangereux, qui seront radioactifs pendant des centaines de milliers d’années. « On a vu la complexité de ce dossier, note Bernard Doroszczuk. C’est un sujet redoutable, mais l’option du stockage en couche géologique profonde reste l’option privilégiée au niveau international pour ce type de déchets. Il est nécessaire d’avancer. »

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Concernant l’entreposage des combustibles usés, la saturation des piscines d’Orano (ex-Areva) à La Hague (Manche) est également prévue à l’horizon 2030. Malgré les alertes répétées de l’ASN depuis plus d’une décennie sur ce sujet, crucial pour l’avenir de la filière, EDF a fait savoir en octobre que son projet de nouvelle piscine centralisée à La Hague ne pourrait être mis en service avant 2034. Un exemple qui illustre parfaitement, selon le président de l’ASN, le « déficit d’anticipation et de précaution » de la filière nucléaire.

Perrine Mouterde

Déchets nucléaires : l’Autorité environnementale livre son avis sur le projet de stockage à Bure

Pour les opposants, ce document confirme les critiques qu’ils formulent de longue date à l’égard du projet d’enfouissement des déchets les plus dangereux. 

Par Perrine Mouterde

Publié hier à 18h35, mis à jour à 10h01  

https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/01/22/dechets-nucleaires-l-autorite-environnementale-livre-son-avis-sur-le-projet-de-stockage-a-bure_6067278_3244.html

Temps de Lecture 4 min. 

Faut-il y voir un mauvais signal pour le projet de stockage souterrain des déchets radioactifs ou, au contraire, des pistes destinées à améliorer encore la conception du site ? L’avis de l’Autorité environnementale (AE) sur le Centre industriel de stockage géologique (Cigéo), publié le 18 janvier, a relancé les critiques concernant ce dossier contesté de longue date. A Bure, dans la Meuse, doivent être enfouis à 500 mètres de profondeur les déchets nucléaires les plus dangereux, qui resteront radioactifs pendant des centaines de milliers d’années.

L’AE le précise d’emblée : elle ne délivre pas une opinion favorable ou défavorable et ne se prononce pas sur l’opportunité de Cigéo. Son avis vise en revanche à apprécier la qualité de l’évaluation environnementale faite par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) – qui porte le projet – et qui figure dans la demande de déclaration d’utilité publique remise en août 2020 au gouvernement. Un dossier « très détaillé et didactique » et d’une « ampleur peu commune » (3 000 pages et une vingtaine de pièces), souligne l’AE.

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Au-delà de cette appréciation positive, l’AE regrette que « de façon générale », la prise en compte des enjeux environnementaux n’apparaisse « pas toujours suffisante »« Incertitudes » quant aux incidences du projet sur les sites Natura 2000 et sur les milieux aquatiques, interrogations sur la composition chimique du sous-sol, nécessité de « vérifier » le caractère asismique du site et de « reprendre » les études du potentiel géothermique, analyse « limitée » des accidents pouvant avoir lieu dans le laboratoire souterrain… Le document de 56 pages aborde une grande variété de sujets.

Réversibilité et roche argileuse

Parmi ceux-ci figure l’un des points clés du projet : celui de la réversibilité, c’est-à-dire la possibilité de récupérer les déchets enfouis. La loi prévoit qu’il soit envisageable de retirer un conteneur durant la période d’exploitation du site, avant sa fermeture définitive au bout d’un siècle. Mais les opposants critiquent un principe complexe, hypothétique et qui ne s’exercera que sur quelques générations.

Dans son avis, l’AE relève que la réversibilité n’est prévue que pendant une phase assez courte au regard de la longue durée de vie et de la nocivité des déchets radioactifs. « Même pendant cette période, des incertitudes demeurent », ajoute-t-elle. L’Andra assure toutefois que cet enjeu est bien pris compte. « La réversibilité sera vérifiée lors de l’instruction, par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), de la demande d’autorisation de création de Cigéo, explique Sébastien Crombez, directeur de la sûreté et de l’environnement à l’Andra. Elle sera ensuite testée lors de la phase industrielle pilote, pendant laquelle on pourra faire des essais sur la récupération des colis. »

A Cigéo, c’est dans une couche argileuse que ces déchets nucléaires doivent être confinés. L’AE estime que le choix de la roche à favoriser s’est trouvé, in fine, « extrêmement réduit », alors que l’importance des enjeux aurait mérité que plusieurs sites fassent l’objet d’expérimentations. Pour l’Andra en revanche, des options alternatives ont bien été étudiées, notamment celle de rechercher un site granitique pour y implanter un second laboratoire. Elle rappelle que cette piste a été écartée en 2006 par l’ASN qui ne l’a pas jugée prioritaire du point de vue de la sûreté.

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L’AE interroge également le choix de privilégier le développement économique et l’attractivité du territoire autour de Cigéo. « Il serait rationnel, en application du principe de précaution, de chercher à limiter durablement la population exposée à l’aléa, même si celui-ci est très faible », écrit l’instance, qui suggère de mettre en place un espace naturel préservé autour du site. « En situation normale ou accidentelle, il n’y a pas de risque qui nécessite de limiter le développement du territoire, répond Sébastien Crombez. Au vu de l’échelle de temps, on postule nécessairement un oubli de la présence du stockage ! » Autrement dit, puisqu’il est impossible de garantir l’absence d’activité sur ce territoire à long terme, Cigéo doit inévitablement être compatible avec les activités humaines, estime l’Andra.

« Doutes sur la maturité du projet »

Les opposants voient dans cet avis « explosif » une confirmation des critiques qu’ils formulent depuis des années concernant les fondements mêmes du projet. « Sûreté, choix de l’argilite de Bure, sismicité, impacts sur l’eau, schéma de transports, retour sur les accidents dans le laboratoire, risques pour les populations riveraines et l’environnement, développement économique du territoire et même géothermie, tout y passe et ce n’est pas bon du tout pour l’Andra », a commenté le collectif Meuse contre l’enfouissement des déchets radioactifs.

« L’AE ne se contente pas de mettre en doute la maturité du projet, soulignant que la possibilité de récupérer les déchets n’est toujours pas démontrée ; elle met également en évidence un nombre très important d’informations manquantes sur des sujets cruciaux », a également réagi le réseau Sortir du nucléaire.

L’Andra, qui fait une lecture différente de ce document, assure qu’elle va examiner l’ensemble des propositions de l’AE. Sa réponse doit être publiée d’ici à l’ouverture de l’enquête publique sur le dossier de demande de déclaration d’utilité publique, prévue cette année. « L’objet même de Cigéo est de protéger l’homme et l’environnement, ces recommandations sont cohérentes avec notre démarche d’amélioration de la conception du site », insiste Sébastien Crombez.

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En parallèle de la déclaration d’utilité publique, qui permettrait de reconnaître l’intérêt général de Cigéo, l’Andra prévoit également de déposer en 2021 sa demande d’autorisation de création. Le président de l’ASN, Bernard Doroszczuk, a appelé, jeudi 21 janvier, les responsables politiques à « prendre des décisions »concernant les différentes filières de gestion des déchets pour aboutir à un stockage pérenne.

Perrine Mouterde

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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