Extraits d’un article de Doctissimo: les médecins et les vaccins
Environ 8 % des médecins ne font pas confiance aux vaccins
Au final, les auteurs dressent trois profils de médecins selon leurs perceptions des risques et de l’utilité des vaccins :
- Les médecins « confiants » : ils représentent la majorité (76 %). Composés surtout d’hommes, ils sont plutôt jeunes et ont eu accès à une formation médicale continue au cours des douze derniers mois.
- Les médecins « modérément confiants » (16 %). Souvent âgés de plus de 50 ans, ils expriment davantage de doutes quant à l’utilité de la vaccination, accréditent les thèses mettant en cause certains vaccins ou composants dans la survenue de maladies graves et se sentent moins à l’aise pour informer leurs patients, étant eux-mêmes sceptiques à l’égard des sources d’information.
- Une minorité (8 %) fait partie des médecins « peu confiants » à l’égard de la vaccination, remettant en cause son utilité et affirmant même ses liens avec certaines pathologies. Ils ne font pas confiance aux sources d’information, quelles qu’elles soient, et sont, du coup, mal à l’aise pour en parler avec leurs patients. Il s’agit plutôt de femmes, âgées, adeptes des médecines douces et qui ont été plus souvent que leurs confrères confrontées à une maladie grave parmi celles ayant provoqué des polémiques sur la vaccination.
Près d’1/4 des médecins ont des doutes sur les risques et l’utilité de certains vaccins
Au total, ce sont près d’un quart des médecins généralistes qui ont des doutes vis-à-vis des risques et de l’utilité de certains vaccins, rapportent les auteurs de l’étude qui trouvent très préoccupante cette attitude, « vu leur rôle pivot dans la vaccination de la population« .
S’ils respectent globalement les recommandations vaccinales pour eux-mêmes (DTP et hépatite B), seul un tiers des généralistes recommandent systématiquement le vaccin contre le méningocoque C en rattrapage chez les 2-24 ans, alors qu’ils sont la moitié à le faire pour les nourrissons à 12 mois.
La vaccination contre le papillomavirus, dont le Président François Hollande s’était lui-même donné pour ambition d’en doubler la couverture auprès des jeunes filles lors de la présentation du 3ème Plan Cancer, ne fait l’objet d »un conseil médical que de la part de 45 % des médecins.
Des attitudes hétérogènes selon les vaccins et la population cible, mais qui reflètent une certaine cohérence entre les comportements personnels et professionnels des médecins, notent les auteurs de l’étude.
In fine, les auteurs s’inquiètent de ce scepticisme, susceptible de contribuer dans une certaine mesure à l’insuffisance de certaines couvertures vaccinales en France. « La vaccination est en quelque sorte victime de son efficacité, contribuant à un effacement de la mémoire individuelle et collective des maladies qu’elle participe à prévenir, dans la population mais aussi chez les professionnels de santé« , analysent-ils.
Un avis sur « 8% des médecins ne font pas confiance aux vaccins »