Les élus locaux alertent sur la lente arrivée des vaccins
Maires et présidents de départements ou de régions prennent la parole un à un pour critiquer le trop faible nombre de doses livrées et le manque de transparence.
Par Sarah Belouezzane, Sylvia Zappi et Camille StromboniPublié aujourd’hui à 09h57, mis à jour à 10h51
https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/01/20/les-elus-locaux-alertent-sur-la-lente-arrivee-des-vaccins_6066904_823448.html

Après les masques, puis les tests, ce sont donc aujourd’hui les quantités de vaccin disponibles qui inquiètent. Un à un, les élus des grandes villes, mobilisés pour organiser la campagne de vaccination, montent au créneau pour déplorer le trop faible nombre de doses livrées ou le manque de transparence sur les procédures. Une fois encore, à droite comme à gauche, les maires jurent qu’ils ne cherchent pas la polémique, mais s’agacent d’être laissés dans l’ignorance et de ne pas être plus et mieux associés.
Dès le 16 janvier, François Rebsamen et Anne Vignot, respectivement maires de Dijon et de Besançon, ont vivement réagi en publiant un communiqué commun dénonçant « la carence de l’Etat dans la livraison des vaccins (…) alors même que nous sommes au cœur de la région de France la plus touchée par le Covid ». Précisant qu’ils avaient pourtant mobilisé services municipaux et professionnels de santé pour être prêts, le socialiste et l’écologiste déplorent le contingentement des doses de vaccin auquel ils sont confrontés. « Au rythme actuel de livraison, il faudra quatre mois et demi pour vacciner les seules personnes de plus de 75 ans », déplorent les deux élus.
Lundi 18 janvier, c’était au tour de Martine Aubry, lors d’une visite d’un centre de vaccination à Lille, de laisser paraître son agacement. « Là ce n’est plus possible ! », s’est emportée la maire socialiste de la ville, expliquant qu’elle avait ouvert deux centres de plus de 800 places et souhaitait en déployer davantage, notamment au Zénith, grande salle de concerts de la métropole, mais que le préfet l’en avait dissuadée.
« Ma conviction, c’est qu’on est vraiment en pénurie de vaccins », a affirmé l’ancienne ministre, faisant part d’une « grande inquiétude » devant la lenteur de la campagne et le nombre de personnes concernées. L’élue a réclamé plus de « transparence » : « Qu’on ne recommence pas la même histoire qu’avec les masques et les tests. Je comprends fort bien qu’on donne plus de doses aux zones qui sont largement infectées, mais qu’on nous le dise, qu’on ne nous fasse pas croire que toutes les personnes de plus de 75 ans peuvent s’inscrire alors qu’aujourd’hui, tout est bloqué. »
« Le rythme des livraisons ralentit »
« Aubry a raison, ce que nous voulons maintenant, c’est de la clarté et de la transparence. Savoir de combien de doses nous allons disposer et comment elles sont réparties suffisamment à l’avance », s’agace à son tour David Lisnard. Le maire Les Républicains de Cannes (Alpes-Maritimes) égrène les dates et les chiffres. Lui aussi dit s’être préparé : il a acquis très vite deux super-congélateurs pour stocker les doses et installé deux centres de vaccination avec une capacité de 1 000 injections par jour. Enfin, des médecins libéraux retraités ont été contactés afin d’assurer la vaccination.
Il dit ne plus attendre que la livraison de l’Etat. Le 11 janvier, l’agence régionale de santé lui apprend qu’il aura droit à 300 doses par jour. Le 14, le chiffre est revu à la baisse. Le 15, on lui demande de ne plus accepter de rendez-vous dans les centres de vaccination après le 14 février. « Le rythme des livraisons ralentit : la semaine du 25 janvier, les Alpes-Maritimes, département qui enregistre le taux d’incidence le plus élevé de France, ne disposeront, d’après les autorités, que de 4 775 doses, soit 100 de moins que cette semaine », a-t-il affirmé, lundi 18 janvier, sur Facebook.
Lire auss*i Numéros saturés, rendez-vous annulés : les plus de 75 ans se ruent sur la vaccination contre le Covid-19
En Seine-Saint-Denis, territoire très durement éprouvé par les premières vagues de l’épidémie, on peine aussi à comprendre. « C’est une prouesse collective d’avoir réussi cette course contre la montre pour ouvrir 17 centres de vaccination. Mais on vient à peine de lancer cette machine et on craint déjà la panne sèche », souligne Stéphane Troussel, président socialiste du département. Dans les deux centres portés par le département, les autorités lui avaient demandé un calibrage à 100 vaccinations par jour, mais l’élu a appris vendredi qu’ils ne disposeraient que de moitié moins de doses.
Lundi, il n’était déjà plus possible d’y prendre le moindre rendez-vous, et ce jusqu’au 13 mars, dernière date proposée pour l’instant. « Je ne suis pas en mesure de dire le critère utilisé, s’énerve l’élu. Pourquoi telle ville a-t-elle reçu plus de doses que telle autre, tel centre a-t-il vu son approvisionnement divisé par deux, tel autre par trois ? A quoi cela correspond-il ? »
Pénurie de seringues
Mardi matin, Olivier Véran a répondu à ces critiques. « Quelques élus ont ouvert plein de créneaux de rendez-vous, pensant “on me filera bien plus de doses”, mais cela n’est pas possible, a expliqué le ministre de la santé sur France Inter. D’abord, nous n’avons pas de stocks cachés au niveau national, et nous avons le principe d’équité territoriale pour permettre à chaque centre de fonctionner. » M. Véran a également promis « de publier en toute transparence le nombre précis de doses dont chaque centre de vaccination – il y en a plus de 900 – dispose ».
Sujet connexe, la pénurie de seringues. Passablement énervée par le passage de M. Véran sur France Inter qui accusait la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse de raconter « une fable » au sujet du manque d’aiguilles, Florence Portelli, maire de Taverny (Val-d’Oise), a publié sur Twitter, mardi 19 janvier, un message où elle brandit des factures pour des seringues. « Nous avons payé aiguilles, seringues et autres matériels. Nous ne polémiquons pas mais merci au moins d’avoir la pudeur de vous taire et de ne pas mentir ! », a-t-elle déclaré.Lire aussi la tribune : « De toute évidence, la stratégie vaccinale française se fracasse contre le mur du réel »
Au-delà des maires, les présidents de région aussi se sont joints à l’inquiétude générale. « Le gouvernement doit nous dire la vérité : combien de doses ont été commandées par la France ? Quand pourront être vaccinés les 50 % de Français qui veulent l’être ? La doctrine ne doit pas être fixée par la pénurie ! », avait déclaré, le 5 janvier sur France Inter, le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand.
Plus récemment, c’est Valérie Pécresse qui regrettait « un bazar » en Ile-de-France, sur BFM-TV, lundi 18 janvier. La campagne des régionales n’est sûrement pas pour rien dans ces déclarations. Reste que l’apaisement entre les élus locaux et l’exécutif n’est toujours pas à l’ordre du jour.Le ministère de la santé détaille les chiffres des livraisons de doses
Où sont les 1,6 million de doses qu’avait reçues la France au 18 janvier ? Le ministère de la santé a tenu à préciser, mardi 19 janvier, le détail du déploiement des vaccins sur le territoire, source de nombreuses interrogations.Outre les 480 000 doses déjà injectées, 430 000 doses se trouvaient dans les six plateformes qui approvisionnent les officines chargées des Ehpad privés. De leur côté, la centaine d’hôpitaux responsables des vaccins des soignants, de certains Ehpad et des centres de vaccination pour les plus de 75 ans, comptabilisait 638 000 doses – 69 000 autres se trouvaient dans les différents centres de vaccination, tandis que seules 8 000 sont conservées au niveau national, en cas d’urgence. Cette semaine, avec les retards annoncés par le laboratoire Pfizer, 383 000 doses supplémentaires doivent être livrées, au lieu des 500 000 prévues.Notre sélection d’articles sur les vaccins contre le Covid-19
Retrouvez tous nos articles sur les vaccins contre le Covid-19 dans notre rubrique.
- Nos réponses à vos questions : Combien de vaccins ? Quand seront-ils disponibles ? Seront-ils obligatoires ? Peuvent-ils mettre fin à l’épidémie de Covid -19 ?
- Décryptage : Comment les futurs vaccins fonctionnent-ils ?
- Zoom : Ce que l’on sait de la sûreté des vaccins à ARN messager et notre récit de la saga des vaccins à ARN messager
- Vidéo : Pourquoi la livraison des vaccins est un immense défi logistique
- Tribune : « L’exemplarité des professionnels est cruciale pour l’adhésion des patients à la vaccination anti-Covid »
Sarah Belouezzane, Sylvia Zappi et Camille Stromboni
Numéros saturés, rendez-vous annulés : les plus de 75 ans se ruent sur la vaccination contre le Covid-19
Depuis lundi, de nombreuses personnes rapportent le stress et les difficultés qu’elles ont rencontrés à prendre rendez-vous pour se faire vacciner contre le Covid-19.
Par Delphine Roucaute et Camille StromboniPublié aujourd’hui à 03h38, mis à jour à 12h01
Temps de Lecture 6 min.

« En raison d’une très forte demande et d’un stock limité de vaccins, tous les rendez-vous ont déjà été pris. » Mardi 19 janvier, le message s’affiche sur de nombreuses pages du site Doctolib, qui permet de prendre rendez-vous en ligne pour se faire vacciner contre le Covid-19. Depuis le début de la semaine, la campagne vaccinale s’est ouverte aux personnes de plus de 75 ans vivant à leur domicile et à celles présentant des pathologies à « très haut risque », soit plus de 6 millions de personnes. Alors que 54 % de Français déclarent désormais vouloir désormais se faire vacciner, selon un sondage IFOP publié lundi, les centres de vaccination sont débordés par l’afflux de demandes. Les familles témoignent de leur impatience, leur stress et leur inquiétude, pour décrocher au plus vite une place pour leurs aînés.
« Vendredi, j’ai téléphoné à plusieurs centres d’Aix-en-Provence. Oui, je n’ai eu personne au bout du fil, et alors ? Rien d’exceptionnel, puisque tout le monde faisait comme moi. »Patient, Jean-Jacques Leguay, retraité de 76 ans, a réessayé plus tard « après sa sieste postprandiale » et finalement trouvé son bonheur en ligne. De nombreux Français ont réussi à obtenir un créneau horaire à leur convenance dès l’ouverture des réservations, jeudi 14 janvier. Le lendemain, 500 000 personnes avaient déjà pu prendre un rendez-vous.
« Réessayer dans quelques jours »
Mais pour beaucoup d’autres, la recherche d’une place pour se faire inoculer une dose du vaccin s’apparente à une journée sans fin, à jongler entre un téléphone qui sonne dans le vide et des sites Internet comme Doctolib, Keldoc ou Maiia incitant à « réessayer dans quelques jours ». Mardi, 90 % des quelque 800 centres de vaccination recensés par le site officiel Santé.fr ne proposaient plus de rendez-vous en ligne, selon un recensement de BFM-TV qui n’inclut pas les centres consacrés à la vaccination du personnel de santé.
Premier obstacle ? La fracture numérique d’une génération pas toujours à l’aise avec la prise de rendez-vous en ligne, obligée de s’en remettre à son entourage. Pour venir en aide à ses beaux-parents bloqués sur les musiques d’attente téléphoniques en boucle, Emilie (la plupart des personnes interrogées n’ont pas souhaité donner leur nom de famille), Parisienne de 40 ans, est passée directement à une stratégie « en ligne ». « Pour eux qui ne sont pas de la génération Internet, ça paraissait vraiment compliqué, souligne-t-elle. Moi, ça m’a pris un quart d’heure de leur créer des comptes sur une plate-forme et trouver un rendez-vous. » Seul « petit stress » qui demeure dans la famille : avec les retards de livraison, est-ce que leur vaccination pourra bien être honorée ? Parce que le temps semble long, depuis mars 2020. « Ils ont fait le choix de se vacciner pour pouvoir respirer un peu, décrit-elle. Si ce n’est pour retrouver une vie normale, au moins pour pouvoir un jour refaire une fête de famille… »
Même souci pour Antoine Korady, 61 ans : « Mon père a 90 ans dans quelques jours. Il ne sait pas utiliser l’informatique, il est sourd et a un gros accent slovaque, ce qui complique la compréhension au téléphone. Prendre un rendez-vous, pour lui, c’est compliqué. Alors je lui ai proposé de l’aider. » Antoine parvient à ses fins assez vite et obtient un rendez-vous au centre hospitalier de Melun, par le biais du site Keldoc. Une fois sur place, on lui annonce que le nom de son père est introuvable dans la liste du jour. Père et fils repartent sans solution de remplacement. D’après l’hôpital, cette mésaventure a déjà concerné dix personnes ayant pris par mégarde rendez-vous pour un dépistage et non une vaccination. La lisibilité a depuis été améliorée dans Keldoc, assure le directeur de l’hôpital, Dominique Peljak.
« Le préfet n’a pas donné assez de vaccins »
Plus que l’inquiétude strictement médicale de se mettre à l’abri de ce virus si dangereux pour les plus âgés, c’est le stress administratif qui a surtout touché les parents de Laurent, 85 et 86 ans. « Mon père n’est pas très patient », euphémise-t-il, en racontant qu’il s’est très vite énervé après n’avoir pas réussi à prendre rendez-vous par téléphone. « Pour des gens qui n’ont plus l’habitude, les démarches administratives, c’est toujours un stress, souligne l’informaticien de 60 ans. Ils se sentent très vite débordés, c’est aussi ça la perte d’autonomie, et on sera pareils à leur âge. »
Même une fois le rendez-vous obtenu, la vaccination n’est pas toujours assurée. Yves, Toulonnais de 80 ans, a encore du mal à cacher sa colère. Sa fille, pressée qu’il se fasse vacciner, avait pris rendez-vous pour lui en ligne sur Maiia, ce lundi. Arrivé au centre de vaccination, au gymnase du Port Marchand, il a vu son rendez-vous annulé, comme une dizaine de personnes qui avaient également pris rendez-vous sur cette plate-forme. « On nous a dit que le préfet du Var n’avait pas donné assez de vaccins », rapporte le retraité, qui a rebroussé chemin. La semaine dernière, le Var avait dû faire appel aux hôpitaux universitaires de Marseille (AP-HM) pour obtenir des doses supplémentaires. Après un coup de fil à la mairie, le centre lui a proposé un rendez-vous le 18 mars, pour lui et son épouse. « Ça ne va pas changer grand-chose, relativise le retraité, qui souffre de diabète et reste fortement confiné. Enfin, sauf si je l’attrape entre-temps… »
Ce genre de mauvaises surprises ne semble pas si rare. A Colmar, les parents de Mathieu, tous deux anciens médecins, devaient être vaccinés lundi. Le matin même, pourtant, ils reçoivent un mail leur apprenant que leurs rendez-vous ont été annulés faute de doses disponibles. Inquiets, ils se sont malgré tout rendus sur place, mais la salle de vaccination était tout simplement fermée. Mardi, ils ont finalement reçu une convocation dans un autre centre de vaccination de Colmar, tout comme d’anciens collègues à eux. « C’est bizarre et stressant, raconte leur fils, Mathieu, neurologue à Strasbourg. Mais ils vont quand même se faire vacciner, c’est l’essentiel. » Au cas où, ils ont malgré tout pris un rendez-vous de secours à Strasbourg dans quelques semaines, où aucun problème de stock n’a été relevé jusqu’ici.
« Je préférerais embrasser mes petits-enfants »
Face à l’inquiétude qui monte, le ministre de la santé, Olivier Véran, s’est engagé à une meilleure transparence dans les jours à venir. Pour les personnes ne parvenant pas à obtenir de rendez-vous, il a demandé à ce qu’« avant la fin de semaine, lorsque vous êtes en contact téléphonique avec un centre (…) ou que vous allez sur Internet et qu’il n’y a pas de créneau disponible, on enregistre vos coordonnées et que ce soit nous qui vous rappelions quand des créneaux seront disponibles pour la vaccination ».
Une promesse de taille pour certains qui, face à la difficulté, ont préféré abandonner et mettre en sursis la promesse d’un futur proche aux côtés de leur famille. Depuis le 14 janvier, Jean-François Noyes, Marseillais de 80 ans présentant plusieurs comorbidités – diabète, rétrécissement de la valve aortique… –, essaye en vain de prendre rendez-vous, d’abord sur Internet, puis par téléphone. « Mais je ne trouve aucune place de vaccination sur Marseille », regrette-t-il. Avec sa femme, ils restent la plupart du temps chez eux, dans le 12e arrondissement, et ne sortent que deux fois par semaine pour faire les courses. Le vaccin s’est toujours présenté comme une évidence, seul moyen de sortir de cette situation sans issue. « Je sais bien que je suis en âge de mourir, mais je ne suis pas pressé, et plutôt que de me terrer, je préférerais embrasser mes petits-enfants », dit-il tristement.
Depuis son village cévenol, Bernard a, lui aussi, dû renoncer à la vaccination en raison, cette fois, de la distance. Le seul rendez-vous qu’il a réussi à décrocher se situe à Bédarieux (Hérault), à près de 100 kilomètres de chez lui. « Je voudrais être vacciné près de chez moi », avance cet ancien ingénieur nucléaire de 84 ans, qui ne s’imagine pas transporter sa femme, atteinte d’une forme très avancée de la maladie d’Alzheimer, aussi loin.
Dans son village de 350 habitants, ils sont 35 à être éligibles au vaccin, alors pourquoi ne pas imaginer une journée de vaccination sous la supervision de son voisin, médecin à la retraite, avec seulement sept flacons de cinq doses en provenance de Montpellier ? « Ça me paraissait une solution toute simple, mais j’ai cru comprendre qu’il y avait des réticences pour respecter la chaîne du froid », regrette-t-il. Son seul espoir est désormais de passer par une amie gériatre pour trouver un rendez-vous dans un centre plus proche. « Je sais qu’il ne me reste pas beaucoup de temps à vivre, mais je veux le vivre quand même. »Notre sélection d’articles sur les vaccins contre le Covid-19
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