La France et la protection de la biodiversité: pas mal mais peut mieux faire !

Protéger 30 % des aires marines ou terrestres : l’ambitieuse stratégie de la France pour préserver sa biodiversité

Annoncé par Emmanuel Macron lors du One Planet Summit le 11 janvier, le texte confirme également l’objectif de placer 10 % du territoire sous protection forte d’ici à 2022. Mais le flou persiste sur les moyens. 

Par Martine Valo et Perrine MouterdePublié aujourd’hui à 06h28, mis à jour à 11h28  

https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/01/14/la-france-adopte-une-strategie-ambitieuse-pour-ses-aires-protegees_6066199_3244.html

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Une aire protégée près du lac de Madine, à Nonsard-Lamarche, dans la Meuse, le 2 juillet 2020.
Une aire protégée près du lac de Madine, à Nonsard-Lamarche, dans la Meuse, le 2 juillet 2020. JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

C’est un document qui fixe le cap pour la prochaine décennie et qui doit permettre de démontrer l’exemplarité de la France sur la scène internationale.

Attendue depuis plusieurs mois, la publication de la stratégie nationale des aires protégées a finalement été annoncée par le président de la République, Emmanuel Macron, lui-même, lors du One Planet Summit réuni lundi 11 janvier à l’Elysée, et le texte rendu public le lendemain – quelques jours avant ce qui était prévu.

https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/DP_Biotope_Ministere_strat-aires-protegees_210111_5_GSA.pdf

Cette feuille de route, qui vise à enrayer la perte de biodiversité d’ici à 2030, constitue la première stratégie globale intégrant à la fois la métropole et les outre-mer ainsi que les enjeux terrestres et maritimes. Elle se décline en sept grands objectifs et dix-huit mesures visant non seulement à développer le réseau d’aires protégées – qui couvre aujourd’hui 29,5 % des terres et 23,5 % des mers –, mais aussi à renforcer sa cohérence. Ce maillage doit s’efforcer de représenter une diversité d’écosystèmes, d’habitats et d’espèces dans l’ensemble des régions et des principes de gestion et de mesures de l’efficacité sont énoncés.

La stratégie rappelle aussi la « responsabilité » que porte le pays, qui abrite environ 10 % des espèces connues et 7 millions d’hectares de forêts tropicales. La France est particulièrement attendue sur le front des mers et des océans : elle dispose du deuxième plus vaste espace maritime au monde, qui inclut notamment 55 000 km2 de récifs coralliens et de lagons.

Protéger un tiers de la surface de la Terre d’ici à 2030

Forte de ce poids particulier, la France affiche l’ambition de faire adopter l’objectif de protéger un tiers de la surface de la Terre d’ici à 2030 lors de la 15conférence mondiale sur la biodiversité prévue en fin d’année en Chine. Au niveau national, elle ira donc encore plus vite.

Emmanuel Macron l’avait annoncé en mai 2019 après la publication d’un rapport annonçant qu’un million d’espèces étaient menacées d’extinction« D’ici à 2022, nous porterons à 30 % la part de nos aires marines et terrestres protégées, dont un tiers d’aires protégées en pleine naturalité », disait-il alors. Depuis, la notion de pleine naturalité a été remplacée par celle de protection forte : dans ces zones, les pressions engendrées par les activités humaines seront « supprimées ou significativement limitées », affirme la stratégie.

Ce point a fait débat au cours des quinze mois de concertations et ne convainc toujours pas totalement les grandes ONG de défense de l’océan (Bloom, Greenpeace, Oceana, Pew…). Onze d’entre elles ont exprimé leur déception au sujet de cette définition qui revient, à leurs yeux, à réduire « une zone de protection forte à la française » au rang de simple aire marine protégée au niveau international.

Lire aussi : La stratégie des aires protégées contestée pour son manque d’ambition

« L’objectif d’une aire protégée est déjà de réduire les pressions, on aurait préféré qu’une protection forte les supprime », abonde Sébastien Moncorps, le directeur du comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature. « La formule “significativement limitée” n’a rien de scientifique et ouvre la voie à toutes les interprétations », regrette aussi le vice-président de France Nature Environnement, Jean-David Abel, qui salue par ailleurs un texte complet et ambitieux.

Si près d’un tiers du pays est déjà protégé, moins de 1,8 % du territoire métropolitain terrestre est sous protection forte – contre 1,2 % il y a dix ans. Une étude récente montre aussi que seulement 1,6 % des espaces marins sont strictement protégés, c’est-à-dire exempts de toute pêche et d’autres types d’extraction. Comment, alors, réussir à passer à 10 % – soit environ 1 million de km2 – d’ici à deux ans ? « La marche est haute mais nous allons y arriver », assure la secrétaire d’Etat à la biodiversité, Bérangère Abba.

Ambitions qualitatives

La stratégie donne de premiers éléments de réponse, en annonçant la création ou l’extension de vingt réserves naturelles nationales et la création éventuelle d’un nouveau parc national des zones humides. Elle évoque également « le renforcement des zones de protection dans les îles Eparses ou dans les Terres australes », où se concentre l’essentiel des eaux protégées par la France. Anne-Gaëlle Verdier, directrice scientifique des Terres australes et antarctiques françaises, confirme la création probable d’une zone de protection renforcée autour des îles Saint-Paul et Amsterdam dans l’océan Austral et l’annonce imminente d’une réserve naturelle nationale autour des Glorieuses, dans l’océan Indien.

Le premier plan triennal d’actions accompagnant la stratégie – qui n’a pas encore été publié – devrait également prévoir la protection forte de 250 000 hectares de forêt, de 6 000 hectares du littoral, de 75 % des récifs coralliens ou encore la création de deux parcs naturels régionaux.

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« Avec une approche globale qui comprend les terres, les mers, la métropole et l’outre-mer, on devrait arriver aux 10 %, estime Sébastien Moncorps. Parvenir à 10 % de protection forte juste pour la partie terrestre ou juste pour la métropole d’ici 2022 serait plus compliqué. » « Il y a une sorte de pari sur le fait que les choses vont bouger sous l’impulsion d’autorités autres que l’Etat en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie,précise François Gauthiez, directeur de l’appui aux stratégies pour la biodiversité à l’Office français de la biodiversité. Mais, à terme, il faudra décliner ça par région biogéographique, à partir de diagnostics territorialisés. »

Au-delà de la dimension quantitative, la stratégie affiche bien des ambitions qualitatives en termes de cohérence et de connectivité du réseau d’aires protégées, de formation des personnels, d’une meilleure évaluation des modes de gestion ou encore d’une implication des citoyens. « Ces volets sont très importants, souligne François Gauthiez. Il est par exemple crucial que les aires protégées soient complètement intégrées dans les politiques sectorielles et dans les projets de territoire. Cela implique qu’elles soient représentées dans davantage d’instances de décision, dans des commissions économiques, dans les décisions sur les fonds européens… »

Des annonces insuffisantes pour les ONG

Pour réaliser ces objectifs, le ministère de la transition écologique et solidaire rappelle que la loi de finances 2021 a prévu une augmentation de 10 millions d’euros en faveur des aires protégées et que le plan de relance prévoit 60 millions d’euros d’investissements pour rénover les structures d’accueil ou mieux gérer la fréquentation de certains sites. Lors du One Planet Summit, Emmanuel Macron a également promis un renforcement des moyens d’ici trois ans.

Des annonces clairement insuffisantes aux yeux des ONG. « Pour mettre en place des plans de gestion efficaces, un suivi scientifique ou une meilleure gouvernance régionale, il faut du temps et des moyens, insiste Jean-David Abel. Les responsables politiques et la haute administration n’ont toujours pas compris qu’il était légitime de mettre des moyens dans les politiques de biodiversité : protéger la nature ne devrait plus être vu comme une charge, mais comme un investissement pour l’avenir. »

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« Pour l’instant, nous n’avons pas de réponse sur la mise en place d’un modèle financier pérenne », regrette aussi Charlotte Meunier, la présidente des Réserves naturelles de France. Celles-ci ont bénéficié d’une enveloppe de 6 millions d’euros dans le cadre du 
projet de loi de finances. « C’est un bon signal, mais qui est insuffisant par rapport à l’ensemble des aires protégées », ajoute-t-elle.

Les parcs nationaux ont, eux, perdu en moyenne 14 % de leurs effectifs en dix ans et l’Office français de la biodiversité, qui sera au cœur de la mise en œuvre de cette stratégie, devrait perdre vingt postes en 2021.

Martine Valo et  Perrine Mouterde

Biodiversité : un plan de protection mais toujours pas d’argent

La Convention sur la diversité biologique se réunit en Inde pour donner forme à l’accord signé en 2010. 

Par Catherine Vincent Publié le 08 octobre 2012 à 13h41 – Mis à jour le 15 octobre 2012 à 07h26  

Temps de Lecture 4 min. 

https://www.lemonde.fr/planete/article/2012/10/08/biodiversite-un-plan-de-protection-mais-toujours-pas-d-argent_1771740_3244.html

La onzième Conférence des parties (COP11) de la Convention sur la diversité biologique (CDB), qui se tient du 8 au 19 octobre à Hyderabad (Inde), confirmera-t-elle le succès engrangé à Nagoya il y a deux ans ? Les 193 pays participant à la Conférence, organisée au Japon en octobre 2010, y avaient conclu un accord qualifié d’« historique ». Et doté la communauté internationale – à l’exception notable des Etats-Unis, qui n’ont jamais ratifié la Convention sur la diversité biologique signée en 1992 au lendemain du Sommet de la Terre de Rio – d’une nouvelle stratégie pour la protection du vivant.

La réponse dépendra de la façon dont les différents pays parviendront à avancer sur ce qui est resté le « maillon faible » de l’accord de Nagoya : l’absence d’argent pour donner corps aux engagements. « Ce qui a été décidé à Nagoya a le pouvoir de stopper l’érosion de la biodiversité et de nous permettre de s’attaquer à ses facteurs de destruction, estime Lasse Gustavsson, directeur des programmes de conservation au WWF International. Les gouvernements doivent maintenant prouver que Nagoya n’était pas qu’une plateforme d’échange de vaines promesses. »

Le Plan stratégique pour la préservation de la biodiversité à l’horizon 2020 se décline en vingt objectifs appelés « les cibles d’Aichi ». Il propose notamment de réduire le rythme actuel d’appauvrissement de tous les habitats naturels (forêts, savanes, récifs coralliens, etc.). Il prévoit de porter les zones protégées terrestres à 17 % de la surface (contre 13,5 % aujourd’hui), les aires maritimes protégées à 10 % de la superficie des océans (contre 1 % actuellement) et de restaurer 15 % des écosystèmes dégradés.

LES RÉSULTATS « RESTENT APPROXIMATIFS »

Si neuf pays signataires de la convention sur dix disposent d’un plan d’action pour protéger la biodiversité, seuls quatorze ont révisé leur stratégie pour prendre en compte les cibles d’Aichi. Jusqu’à présent, les pays industrialisés sollicités pour assurer le financement avaient beau jeu d’affirmer qu’il fallait au préalable évaluer précisément les flux déjà affectés à la biodiversité et l’ampleur des besoins.

Ils ne pourront plus se retrancher derrière cet argument. Pour la première fois, à Hyderabad, des chiffres vont être mis sur la table. A la demande du secrétariat de la CBD, un groupe d’experts a planché pendant près d’un an.

« Pour effectuer cette évaluation, nous avons estimé le coût de toutes les opérations nécessaires pour atteindre les cibles d’Aichi, en les déclinant selon trois scénarios d’ambition », explique Gilles Kleitz, chef de projet Biodiversité-ressources naturelles à l’Agence française de développement, qui figure parmi les cinq experts. Les résultats, il le concède, « restent approximatifs ».

L’exercice a été réalisé pour les 155 pays entrant dans le champ d’intervention du Fonds mondial pour l’environnement, principal instrument financier de la CBD. Le résultat, calculé pour la période 2014-2018, donne un ordre de grandeur du montant à investir dans les pays en développement : entre 74 milliards (scénario bas) et 191 milliards de dollars (scénario haut) – 57 milliards à 147 milliards d’euros. Soit, sur quatre ans, un budget trois à huit fois supérieur au financement que l’on estime aujourd’hui être consacré à la biodiversité par les bailleurs de fonds publics et le mécénat.

L’Inde, pays hôte de la conférence, et pour qui l’enjeu est d’obtenir un engagement financier des pays du Nord, a aussi fait travailler ses experts. Ils ont estimé le besoin à environ 100 milliards de dollars par an pour 192 pays.

« MARCHANDISATION » DU VIVANT

Si approximatifs soient-ils, ces chiffres vont servir de base de discussion. Face à un besoin d’une telle ampleur, quelle sera l’attitude des pays du Nord confrontés à une grave crise économique ? Les négociations menées depuis 2009 pour constituer le Fonds vert pour le climat et le doter d’une somme assez comparable – 100 milliards de dollars à l’horizon 2020 – invitent à se garder de trop d’optimisme. Pour l’instant, face à des budgets publics exsangues et à une réflexion sur les mécanismes de financement innovant toujours timorée, aucune solution n’a été trouvée.

A Hyderabad, l’Union européenne pourrait toutefois proposer une augmentation annuelle de 10 % de son aide publique au développement (APD) consacrée à la biodiversité. Ce débat sur le volume des engagements financiers devrait être pimenté par une autre question : dans quelle proportion public-privé viendront ces fonds ?

Pour des raisons à la fois idéologiques et pragmatiques, les débats risquent d’être vifs autour de la notion de « marché » appliqué à la nature. Emmenés par le Venezuela et la Bolivie, plusieurs pays d’Amérique latine rassemblés dans l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA) sont particulièrement hostiles aux mécanismes de financement par le marché qui conduisent, selon eux, à une « marchandisation » du vivant.

La Conférence d’Hyderabad sera aussi l’occasion de rappeler que la protection de la biodiversité, au-delà des processus de négociation internationaux, est étroitement liée au choix de nos modèles économiques. Comme le souligne Gilles Kleitz, « le coût de la conservation serait quasiment réduit à néant si nous adoptions globalement un modèle de développement durable ».

Catherine Vincent

« Inscrire la préservation de la biodiversité dans la Constitution est discutable »

TRIBUNE

Laurent Simon- professeur de géographie physique, humaine, économique et régionale à l’université Paris-I

Alors qu’Emmanuel Macron s’est engagé à organiser un référendum pour intégrer la protection de l’environnement à l’article premier de la Constitution, le professeur de géographie Laurent Simon estime, dans une tribune au « Monde, la mesure irréaliste voire dangereuse.

Publié le 23 décembre 2020 à 06h00    Temps de Lecture 3 min. 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/12/23/inscrire-la-preservation-de-la-biodiversite-dans-la-constitution-est-discutable_6064290_3232.html

Tribune. En mars 2018, Nicolas Hulot, alors ministre de la transition écologique et solidaire, déclarait à l’Assemblée nationale : « La biodiversité, tout le monde s’en fiche. »Deux ans et demi plus tard, il est fortement question de l’introduire à l’article premier de la Constitution « La République garantit la préservation de la biodiversité, de l’environnement et lutte contre le dérèglement climatique. » Un tel chemin témoigne incontestablement d’une prise de conscience dont on ne peut que se féliciter vu l’ampleur des défis face au déclin toujours accéléré de la biodiversité. Faut-il pour autant se réjouir d’une telle perspective ? Trois réflexions nous conduisent à en douter.

Garantir la préservation de la biodiversité suppose d’être en mesure de l’évaluer de manière incontestable pour attester d’une possible diminution. Or, une telle évaluation est non seulement très difficile, pour ne pas dire impossible (aucun indicateur ne permet de quantifier l’ensemble de la biodiversité), mais elle est en outre dangereuse car elle envisage la biodiversité comme un état, un stock à conserver, une liste à préserver alors qu’il s’agit de bien autre chose.

La diversité du vivant, c’est d’abord et avant tout une création continue, un faisceau d’interactions éminemment complexes. Dès lors, vouloir la préserver revient à la figer au travers de listes, d’indicateurs bien pauvres au regard de cette dynamique créative.https://www.youtube.com/embed/704UQ0vd20g?autoplay=0&enablejsapi=1&origin=https%3A%2F%2Fwww.lemonde.fr&widgetid=1

Bien des hauts lieux de biodiversité actuels sont le fruit d’interventions humaines passées qui ont, au départ, porté atteinte à la biodiversité : l’un des plus grands sites protégés par la convention relative aux zones humides d’importance internationale (dite convention de Ramsar), le lac du Der-Chantecoq, en Champagne, est un lac artificiel ; les hautes chaumes des Vosges sont le fruit du déboisement ; les mosaïques méditerranéennes, le fruit de la mise en valeur agricole.

La dynamique du vivant n’est pas linéaire. Ne l’envisager que sous l’angle de la préservation, c’est en réduire la part créative et incertaine…

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Droit fictif

L’inscription dans la Constitution est-elle bien pertinente et constitue-t-elle, comme le pense Barbara Pompili, ministre de la transition écologique, « un acquis que l’on n’éliminera pas » ? Là encore, rien n’est moins sûr.

« Il existe pour chaque problème complexe une solution simple, directe et fausse », disait le journaliste et essayiste H. L. Mencken (1880-1956). C’est bien le cas ici. Car, si l’article 1 tel que proposé est appliqué, alors c’en est fini de tout projet d’aménagement, de toute infrastructure (au motif qu’ils porteront inévitablement atteinte à la biodiversité). C’est par exemple rendre impossible tous les efforts entrepris en faveur de la transition énergétique fondés sur les énergies renouvelables : les éoliennes mais aussi les parcs photovoltaïques ont des impacts sur la biodiversité. Au titre de l’article 1, il faudrait y renoncer.

On aboutit ainsi à un droit fictif (car inapplicable), source de conflits, de ressentiments et possédant la même efficacité que les textes internationaux relatifs aux droits de l’homme pour protéger les migrants en Méditerranée. L’acquis risque bien d’être provisoire, le jour où ces contradictions deviendront trop évidentes.

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C’est enfin penser qu’une solution venue « d’en haut », émanant d’un Etat tout-puissant, capable de gouverner le vivant, soit une bonne chose. Cet Etat-là n’existe pas (pas encore du moins)… et fort heureusement.

La prise en charge du vivant, de sa dynamique, de sa puissance créative doit bien davantage s’appuyer sur les collectifs, les associations, les gestionnaires qui œuvrent au quotidien, dans des contextes chaque fois particuliers. Ces collectifs sont « la nature qui se défend », comme l’ont exprimé les zadistes de Notre-Dame-des-Landes. Une nature au plus près de sociétés humaines qui, si elles ont souvent détruit, sont aussi capables de trésors d’initiatives et d’engagements à condition de ne pas les corseter dans un futur fait de contraintes.

S’il est indispensable que le droit nous rappelle les règles du vivre-ensemble, inscrire la préservation de la biodiversité dans la Constitution est singulièrement réducteur et potentiellement dangereux.

Laurent Simon, professeur de géographie physique, humaine, économique et régionale à l’université Paris-I, est codirecteur du master « bioterre ». Il a été directeur de l’UFR de géographie de l’université de Paris-I. Il participe à plusieurs programmes de recherche sur la biodiversité. Il est l’auteur d’une trentaine de publications sur les questions de biodiversité depuis 2010.

Laurent Simon(professeur de géographie physique, humaine, économique et régionale à l’université Paris-I)

Voir le plan national diversité 2019:

https://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=&ved=2ahUKEwjtzaCKpJvuAhUpx4UKHYXbAr4QFjAEegQIBxAC&url=https%3A%2F%2Fwww.actu-environnement.com%2Fmedia%2Fpdf%2Fnews-31626-plan-biodiversite.pdf&usg=AOvVaw0JSm8jb2agURBS1huicKyO

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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