Publié le 11/01/2021
L’arrêt de travail « immédiat » provoque la colère des médecins généralistes

Paris, le lundi 11 janvier 2021 –
Présentée comme une mesure permettant de lutter contre l’épidémie de Covid-19 car promouvant un isolement rapide, la simplification de la procédure d’arrêt de travail a suscité l’ire des syndicats de généralistes. À la suite des annonces du gouvernement à l’occasion de la conférence de presse du 7 janvier, les salariés peuvent depuis le 10 janvier « se prescrire » eux-mêmes un arrêt de travail automatique sur le site de leur caisse d’assurance maladie en cas de symptômes évocateurs de la Covid-19 ou s’ils sont cas contact.
Pour le Premier Ministre, ce dispositif a pour objectif de «gagner en efficacité ». Concrètement, le patient présentant des symptômes de Covid-19 est désormais dispensé de se rendre chez son médecin, en procédant lui-même à la déclaration en ligne. Une fois la situation déclarée, les salariés pourront télécharger un justificatif et l’adresser à leur employeur. A noter que sont écartées de ce dispositif les personnes en télétravail ou qui peuvent effectuer leurs tâches à domicile.
Colère des généralistes
Mais cette mesure « simplificatrice » provoque la colère d’un certain nombre d’acteurs économiques. Peu de temps après l’annonce, la Confédération des petites et moyennes entreprises a dit craindre « un absentéisme incontrôlé ». Matignon affirme toutefois que des contrôles seront organisés, avec notamment des tests de dépistage obligatoires. L’Assurance maladie réalisera en outre un suivi systématique « avec deux à trois appels téléphoniques » au cours de la période d’isolement. À partir du 20 janvier, une visite à domicile par un infirmier sera également proposée à la personne qui s’est auto-déclarée positive.
Mais la plus vive opposition provient sans doute des syndicats de médecins face à cette responsabilité confiée aux patients.
Dans un communiqué, l’Union française pour une médecine libre (UFML) rappelle que l’arrêt de travail « n’est en rien une formalité administrative ». En effet, il constitue un « acte thérapeutique » destiné à un patient dont l’état de santé le requiert. Rappelons que le vocabulaire employé par l’Ordre des médecins ne fait pas de doute sur la nature de l’acte : les arrêts de travail sont « prescrits » par les médecins.
Le risque de la perte de chance
Au-delà de la question juridique, l’UFML dénonce également le risque pesant sur les patients, rappelant que déjà un certain nombre de personnes « coupent les ponts avec leurs médecins par peur des contaminations ou de gêner leur activité ».
Confier la surveillance des patients Covid-19 à des infirmières « risque fort d’aboutir au même résultat et de créer des pertes de chance face aux besoins de soins » insiste l’UFML.
C.H.