Les licenciements et la mobilisation sociale anesthésiée

La mobilisation sociale anesthésiée par la violence de la crise

Entre le confinement, le chômage partiel ou le télétravail, les salariés, qui ont intégré la dureté de la récession, semblent tétanisés, malgré la vague de suppressions de postes. 

Par Aline Leclerc et Raphaëlle Besse DesmoulièresPublié le 07 décembre 2020 à 00h08 – Mis à jour le 11 décembre 2020 à 16h52  

https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/12/07/la-mobilisation-sociale-anesthesiee-par-la-violence-de-la-crise_6062422_3234.html

Des ouvriers de Bridgestone protestent devant leur usine contre la fermeture du site, à Béthune (Pas-de-Calais), le 27 novembre.
Des ouvriers de Bridgestone protestent devant leur usine contre la fermeture du site, à Béthune (Pas-de-Calais), le 27 novembre. DENIS CHARLET / AFP

Ils ont suspendu leurs tee-shirts orange siglés « LMT Belin » à la barrière qui fait le tour de l’entreprise à Lavancia-Epercy dans le Jura. Sur chacun, à l’encre noire, un dessin ou slogan résumant le désarroi des salariés : le groupe allemand détenant cette PME met fin à l’activité malgré ses bons résultats. Beaucoup ont choisi des métaphores morbides, des croix ou, comme sur une pierre tombale, leur prénom accompagné de deux dates : celle de leur embauche et celle de leur licenciement. A l’autre bout du département, chez Jacob Delafon qui ferme son usine de Damparis, les maillots étaient blancs. Avant l’été, ceux des salariés de La Halle, dans l’Indre, étaient bleu marine. Autant de symboles qui surgissent, ici et là, ces derniers mois dans l’Hexagone.

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Si le chômage partiel et autres dispositifs de soutien aux entreprises mis en place par l’Etat depuis mars permettent, actuellement, de limiter la casse sociale, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Depuis le 1er mars, plus de 67 000 ruptures de contrat de travail ont été annoncées en France, contre 27 000 sur la même période en 2019 selon la Dares, service statistique du ministère du travail. Et tous les observateurs s’accordent pour dire que le pire est à venir.

Les difficultés à retrouver du travail rencontrées par les salariés de luttes emblématiques, comme celles des Continental ou des Goodyear, sont dans toutes les têtes

Pour l’heure, tout, ou presque, se passe à bas bruit. Pas de mobilisation spectaculaire ou de longue occupation d’usine avec tentes et brasero comme on a pu en voir à l’hiver 2008-2009. Chez LMT Belin, qui fabrique des outils de découpe pour l’industrie, les bûches n’ont brûlé que quelques heures dans un baril éventré, vendredi 27 novembre, le temps des discours d’un élu CFTC et de la députée LR de la circonscription. Leur première mobilisation « visible de l’extérieur », alors qu’ils savent le site menacé depuis le 31 janvier, et que le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) a été lancé le 2 octobre. « On a été trop gentils », regrette un ouvrier. « On espérait qu’en restant professionnels, en travaillant même pendant le confinement, le groupe changerait d’avis ou qu’un repreneur verrait qu’on était des gens biens… Mais non », se désole Isabelle Courtet, élue CFDT.

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Le même espoir que l’entreprise soit rachetée a retenu les salariés de l’usine de sanitaires Jacob Delafon. « Si aucun repreneur ne se présente, il va nous falloir retrouver du boulot derrière, que les gens aient envie de nous embaucher », anticipe Jean-Claude, 41 ans, matriceur. « Je veux que mon CV reste clean », insiste son collègue Frédéric. Les difficultés à retrouver du travail rencontrées par les salariés de certaines luttes emblématiques, comme celles des Continental à Clairoix (2009) ou des Goodyear à Amiens (qui a fermé en 2014), sont dans toutes les têtes.

« Mobiliser dans un tel contexte est difficile »

« Mobiliser dans un tel contexte est difficile, rappelle Baptiste Giraud, maître de conférences en science politique à l’université d’Aix-Marseille. Lors des grandes crises économiques, où l’on annonce des conséquences durables, les salariés adhèrent à un raisonnement économique qui les prédispose à une forme d’inéluctabilité de ce qu’ils traversent. »

Chez Jacob Delafon, il fut question d’organiser une manifestation dans les rues de Damparis (Jura). « Quelque chose de familial, dans le calme, sans drapeau syndical », insistaient les représentants des salariés. Le maire de la ville les en a dissuadés. « On aurait eu l’impression d’un enterrement, il n’aurait manqué qu’un cercueil et le curé devant », confiait alors l’élu, Michel Giniès. « Quand on fait une marche blanche, c’est qu’il y a un décès. Ce n’est pas une stratégie de lutte, renchérit Richard Dhivers, secrétaire de la CGT du Jura. Ce n’est pas en marchant le samedi qu’on crée un rapport de force. »A

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Comme à Béthune (Pas-de-Calais), où l’on a défilé en vain contre la fermeture de Bridgestone, chaque territoire a connu sa marche du week-end, réunissant salariés menacés de licenciement, leur famille et élus de tous bords, écharpe bleu-blanc-rouge en bandoulière. Dernièrement, des commerçants puis des professionnels de la montagne ont donné ponctuellement de la voix contre les décisions gouvernementales.

Climat atone

Mais globalement, « le climat est à l’atonie », reconnaît le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez. « Il y a une certaine résignationMais nous sommes dans une période très anxiogène, avec à la fois une pression forte sur l’emploi et un risque sanitaire. Donc, pour les salariés, il est difficile de lutter s’ils ne voient aucune alternative aux licenciements. En tant que syndicat, on doit travailler avec eux sur des projets alternatifs. »

La crise du Covid-19 pèse de tout son poids sur le mouvement social. « Il y a comme un couvercle assourdissant avec le confinement ou encore l’activité partielle », concède Yves Veyrier, numéro un de FO. Comment en effet mobiliser alors que les gestes barrières limitent les rassemblements ? Que les collectifs de travail sont éclatés avec des salariés bloqués chez eux, en télétravail ou en chômage partiel depuis des mois ? Comment construire un rapport de force ? Chez le voyagiste TUI, Lazare Razkallah, secrétaire CGT du CSE, aurait aimé que la contre-offensive soit à la hauteur de la violence symbolique de l’annonce du plan social. C’est en visioconférence, depuis le Maroc, que le PDG néerlandais a annoncé en juin le projet de supprimer jusqu’à deux tiers des effectifs en France, soit 583 postes.

« Il y a comme un couvercle assourdissant avec le confinement ou encore l’activité partielle »concède Yves Veyrier, numéro un de FO

Peu adepte des outils de réunion à distance, M. Razkallah s’y est finalement converti – la seule façon de s’adresser au maximum de salariés dont la plupart, au chômage partiel, n’ont plus mis les pieds au travail depuis mars. Mais cela a ses limites. « C’est positif pour informer les gens mais ça n’a pas de poids vis-à-vis de la direction, juge M. Razkallah. Si le siège avait été ouvert, ça se serait passé autrement. Là, ça a permis à la boîte de dérouler son plan. »

« Le confinement ne laisse aucune latitude aux salariés de porter leur combat sur la place publique, renchérit Timothée Esprit, délégué CGT chez Toray CFE, spécialiste de la fibre carbone, dans les Pyrénées-Atlantiques. Or, ça concerne tous les citoyens de savoir que des entreprises qui ont reçu des aides publiques pour créer de l’emploi en détruisent. »

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Le 25 novembre, il était convoqué avec les délégués CGT et FO de la société devant le tribunal de Pau, la direction ayant fait un recours devant le juge des référés pour « grève illicite ». « L’usine est à 30 km, donc hors du périmètre autorisé par le confinement. Certains salariés avaient peur de s’exposer à des amendes en venant nous soutenir », relate l’élu mobilisé contre la suppression de 42 postes. Toray CFE est une des rares entreprises à avoir fait face à de multiples journées de grève.

Ses salariés ont reçu le soutien de la CGT de la raffinerie Total de Grandpuits, en Seine-et-Marne. Dans une vidéo vantant que « l’avenir appartient à ceux qui luttent » et que « seul le rapport de force paye », elle a appelé à soutenir financièrement la mobilisation chez Toray CFE. Les raffineurs sont eux aussi en lutte contre un projet de suppression de 150 postes contre lequel les salariés ont fait quatre journées de grève.

D’autres mouvements ont émergé très récemment : chez Verallia à Cognac (Charente), la tentative de suicide d’un salarié a décidé ses collègues à cesser le travail depuis le 24 novembre, alors que 80 postes sont menacés. Depuis douze jours, un petit tiers des 470 salariés de General Electric de l’établissement de Villeurbanne (Rhône) sont, eux, « en grève totale et illimitée » pour protester contre un projet qui prévoit jusqu’à 250 destructions de postes, selon Pascal Gentelet, délégué syndical central CFDT. « C’est dur de sensibiliser tous les salariés, souligne-t-il. Environ la moitié des effectifs est en télétravail, ils sont détachés de l’établissement et se sentent moins concernés par notre action. »

« Les débrayages, je veux bien en faire, mais les journées de grève, ça fait perdre du salaire, moi je ne peux pas me le permettre », Virgile, 34 ans, opérateur chez Jacob Delafon

A quoi bon aussi cesser le travail quand on est au chômage partiel ? « C’est compliqué car ça n’a pas d’impact sur le portefeuille de l’employeur », se désole M. Razkallah, de TUI, qui juge avoir dû faire « sans les salariés pour faire bouger les lignes dans la négociation » du PSE. Certains ouvriers au budget serré rappellent aussi qu’une grève coûte cher. « Avec le prêt pour la maison et celui pour la voiture, on est dans le rouge le 15 du mois, témoigne Virgile, 34 ans, opérateur chez Jacob Delafon. Donc les débrayages, je veux bien en faire, mais les journées de grève, ça fait perdre du salaire, moi je ne peux pas me le permettre. »

Pour Baptiste Giraud, les militants syndicaux, quand ils sont présents, « sont pris dans un dilemme » : « Ils ont intérêt à se mobiliser pour attirer l’attention des élus et des médias et construire un rapport de force. Mais cela renforce le coût lié à la mobilisation pour les salariés. Dans une période de chômage de masse, la principale crainte est de se retrouver sans emploi. »

Avec ses collègues, Lazare Razkallah ne peut se résoudre à voir chacun se battre dans son coin. Il y a quelques semaines, « l’appel des TUI » a été lancé pour tenter de fédérer les luttes. Une deuxième réunion – par visioconférence – a regroupé, le 29 novembre, des représentants d’« une cinquantaine d’entreprises avec des Cargill, des Bridgestone, des Auchan mais aussi des petites boîtes », et une manifestation nationale est prévue le 23 janvier 2021 à Paris. « Nous ne sommes pas des victimes, on va continuer à se bagarrer », assure-t-il.

« On sent une colère rentrée qui ne va peut-être pas s’exprimer tout de suite, met en garde Yves Veyrier. Mais si, en sortie de crise, on laisse les salariés sur le carreau, l’explosion sociale pourrait ne pas être circonscrite à tel ou tel endroit. »

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Aline Leclerc et  Raphaëlle Besse Desmoulières

La France frappée par la vague des licenciements

Par  Béatrice Madeline

Publié le 02 décembre 2020 à 04h16 – Mis à jour le 09 décembre 2020 à 15h44

https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/12/02/la-france-frappee-par-la-vague-des-licenciements_6061854_3234.html

DÉCRYPTAGES

Malgré les aides massives de l’Etat, plus de 35 000 destructions de postes ont été annoncées depuis septembre dans l’Hexagone, selon les données compilées par Trendeo pour « Le Monde ». Les experts s’alarment d’une explosion des faillites en 2021.

35 664 postes supprimés

au 30 novembreThe Gill Corporation (Anglet, Pyrénées-Atlantiques), 65 postes. Syscobat (Aucamville, Haute-Garonne), 10 postes. Evaneos (Paris), 50 postes. Sandvik Materials Technology (Orléans, Loiret), 81 postes. Procter Gamble Health France (Dijon, Côte-d’Or), 27 postes. CITF – Conception Industrielle Technologies Futures (Saint-Cybardeaux, Charente), 20 postes. Auchan Retail France (Croix, Nord), 728 postes. Alten (Toulouse) (Toulouse, Haute-Garonne), 134 postes. CNB – Construction Navale Bordeaux (Bordeaux, Gironde), 46 postes. Arcadie Sud-Ouest Produits Elaborés (Sainte-Geneviève-sur-Argence, Aveyron), 120 postes. Jouve (Ormes) (Ormes, Loiret), 23 postes. Jouve (Mérignac) (Mérignac, Gironde), 10 postes. Flow control technologies (FCT) (Saint-Juéry, Tarn), 43 postes. Danone (Rueil-Malmaison, Hauts-de-Seine), 400 postes. Special Machines – Spema (Issoudun, Indre), 13 postes. Penn Ar Bio (Brest, Finistère), 15 postes. Play Media – PlayTv (Paris), 10 postes. Survitec (Chevanceaux, Charente-Maritime), 89 postes. The Gill Corporation – France (Anglet, Pyrénées-Atlantiques), 65 postes. Team Plastique (Châteaubriant, Loire-Atlantique), 42 postes. Alinea (Villars) (La Mézière, Ille-et-Vilaine), 52 postes. Elis Services (Saint-Cloud) (Saint-Cloud, Hauts-de-Seine),52 postes. Delaplace (Étreillers, Aisne), 20 postes. Hyatt Regency Paris Étoile (Paris), 218 postes. Hôtel Martinez (Cannes, Alpes-Maritimes), 29 postes. Marine Harvest Kritsen(Châteaulin, Finistère), 26 postes. Liebherr Aerospace Toulouse (Toulouse, Haute-Garonne), 100 postes. Dresser-Rand SA (Le Havre, Seine-Maritime), 300 postes. Hutchinson (Joué-lès-Tours, Indre-et-Loire), 97 postes. Hutchinson (Sougé-le-Ganelon, Sarthe), 55 postes. Maison pour tous (Calais, Pas-de-Calais), 17 postes. Kingfisher France (Templemars, Nord), 159 postes. Finsa France (Morcenx, Landes), 66 postes. Etablissements Paul Toupnot Conserves Viandes (Lourdes, Hautes-Pyrénées), 80 postes. Jacob Delafon – Kohler France (Damparis, Jura), 151 postes. Jacob Delafon – Kohler France (Reims, Marne), 29 postes. Hexcel Composites (Bouguenais, Loire-Atlantique), 70 postes. VOA – Verrerie d’Albi (Albi, Tarn), 25 postes. La Première (Pontarlier, Doubs), 20 postes. Luderix International SAS – PicWicToys (Saint-Fargeau-Ponthierry, Seine-et-Marne), 51 postes. CLL transports (Éragny, Val-d’Oise), 36 postes.CNB – Construction Navale Bordeaux (Bordeaux, Gironde), 70 postes. L’Amy (Morez, Jura), 30 postes. Espera (Auchan) (Lieusaint, Seine-et-Marne), 57 postes. L’Amy (Paris) 30 postes.Spherea Test&Services (Toulouse, Haute-Garonne), 90 postes. Grid Solutions (Puteaux, Hauts-de-Seine), 287 postes. Verallia (Chalon) (Chalon-sur-Saône, Saône-et-Loire), 41 postes.Brodard et Taupin (La Flèche, Sarthe), 3 postes. Imprimerie Helio Corbeil (Corbeil-Essonnes, Essonne), 80 postes. GE Hydro France (Boulogne-Billancourt, Hauts-de-Seine), 46 postes.GE Hydro France(Belfort, Territoire de Belfort), 89 postes. Solystic (Bagneux, Hauts-de-Seine), 16 postes. Solystic (Alixan, Drôme), 44 postes. Gerbe (Saint-Vallier, Saône-et-Loire), 33 postes. Mister Auto (Corbas, Rhône), 100 postes. Auto Ecole Maurice (Tours, Indre-et-Loire), 7 postes. Groupe Royer (Javené, Ille-et-Vilaine), 200 postes. Alliance One (Saint-Ouen, Seine-Saint-Denis), 20 postes. MKAD (Varilhes, Ariège), 50 postes. Alinéa (Aubagne, Bouches-du-Rhône), 323 postes. Rehau Industrie (Morhange, Moselle), 91 postes. Jtekt Automotive Lyon (Irigny, Rhône), 219 postes. Norauto (Gauchy, Aisne), 14 postes. Gifrer-Barbezat (Décines-Charpieu, Rhône), 125 postes. SKF Aeroengine (Lons-le-Saunier, Jura), 123 postes. Bridgestone France (Béthune, Pas-de-Calais), 863 postes. Schneider Electric France (Lattes, Hérault), 80 postes. GE Grid Solutions (Villeur(banne, Rhône), 175 postes. GE Grid Solutions (Saint-Priest, Rhône), 156 postes. Fauchon (Paris), 77 postes. Makeen Energy Technology Center (Buzançais, Indre), 20 postes. Top Office (Villene(uve-d’Ascq, Nord), 105 postes. Merlin Gérin Loire (Saumur, Maine-et-Loire), 74 postes. Caddie – Les Ateliers Réunis (Drusenheim, Bas-Rhin), 50 postes. 3M France (Cergy, Val-d’Oise), 36 postes. Gravotech Marketing (La Chapelle-Saint-Luc, Aube), 60 postes. Gravotech Marketing (Rillieux-la-Pape) (Rillieux-la-Pape, Rhône), 40 postes. Expleo Régions (Toulouse, Haute-Garonne), 626 postes. La Montoise du Bois (Mont-de-Marsan, Landes), 43 postes. Sud Ouest Etalages (Brive-la-Gaillarde, Corrèze), 46 postes. Decathlon France (La Trinité, Alpes-Maritimes), 11 postes. Decathlon France(Pierry, Marne), 14 postes. Promod (Marcq-en-Baroeul, Nord), 41 postes. Promod (Wattrelos, Nord), 42 postes. TIP Trailer Services (Le Plessis-Pâté, Essonne),15 postes. Best Of Assistance (Torigni-sur-Vire, Manche), 6 postes. Douce Hydro (Albert, Somme), 5 postes. Parashop (Paris), 123 postes. Skis Rossignol (Saint-Jean-de-Moirans, Isère),19 postes. Skis Rossignol (Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs, Isère), 6 postes. Skis Dynastar (Sallanches, Haute-Savoie), 52 postes. C’Services – C Services (Forbach, Moselle), 49 postes.PP Yarns Co (Neuville-e(n-Ferrain, Nord), 125 postes. Permaswage (Les Clayes-sous-Bois, Yvelines), 73 postes. KaliStrut Aerospace (Saint-Vallier, Drôme), 80 postes. Autoliv France(Gournay-en-Bray, Seine-Maritime), 51 postes. Lorans Robinetterie (Rennes, Ille-et-Vilaine), 130 postes. Geismar (Neuilly-sur-Seine, Hauts-de-Seine), 11 postes. Geismar (Colmar, Haut-Rhin), 39 postes. AGC France (Boussois, Nord), 86 postes. AGC Automotive France (Aniche, Nord), 50 postes. BASF France (Breuil-le-Sec, Oise), 40 postes. Lisi Aerospace Structural Components (Marmande, Lot-et-Garonne), 197 postes. Netto (Pontivy, Morbihan), 12 postes. Golf de la Valdaine – Domaine de la Valdaine (Montboucher-sur-Jabron, Drôme), 20 postes.Deltisol (Le Pontet, Vaucluse), 5 postes. Latecoere (Toulouse, Haute-Garonne), 345 postes. Eiffage Construction Nord-pas-de-Calais (Calais, Pas-de-Calais), 60 postes. Innovative Water Care (Amboise, Indre-et-Loire), 16 postes. Mister Fly (Paris), 56 postes. Auchan Retail Logistique (Cournon-d’Auvergne, Puy-de-Dôme), 44 postes. Auchan Hypermarché (Aubière, Puy-de-Dôme), 12 postes. Frequent Flyer Travel Paris (Paris), 70 postes. Laboratoires Boiron (Pérols, Hérault), 14 postes. Mecachrome (Vibraye, Sarthe), 74 postes. Mecachrome (Aubigny-sur-Nère, Cher), 120 postes. Auchan Hypermarché (La Chapelle-Saint-Aubin, Sarthe), 41 postes. Mecachrome France (Amboise) (Amboise, Indre-et-Loire), 110 postes. Auchan Hypermarché (Saint-Étienne, Loire), 15 postes. Auchan Hypermarché (Villars, Loire), 10 postes. Société Fontenaisienne d’ameublement – Self Créations (Fontenay-le-Comte, Vendée), 30 postes. Les Laboratoires Servier (Gidy, Loiret), 287 postes. Bucher Vaslin (Chalonnes-sur-Loire, Maine-et-Loire), 16 postes.Cora (Longeville-l(es-saint-avold) (Longeville-l(ès-Saint-Avold, Moselle), 19 postes. Daher Aerospace (Saint-Julien-de-Chédon, Loir-et-Cher), 40 postes. Sacem (Neuilly-sur-Seine, Hauts-de-Seine), 170 postes. Hippocampe (Caen, Calvados), 90 postes. Carnaval Artifices Événementiels (Mesnil-Panneville, Seine-Maritime), 3 postes. Peugeot Japy (Valentigney, Doubs), 100 postes. SigFox (Labège, Haute-Garonne), 47 postes.Auchan Hypermarché( Dieppe, Seine-Maritime), 13 postes. BBDO Paris – CLM BBDO (Boulogne-Billancourt, Hauts-de-Seine), 57 postes. Elior Restauration et Services (Courbevoie, Hauts-de-Seine), 1888 postes. Thales AVS France (Mérignac, Gironde), 129 postes. Diva Salon (Le Coteau, Loire), 64 postes. Spherea Test&Services (Elancourt) (Élancourt, Yvelines), 121 postes. Thello (Nice, Alpes-Maritimes), 38 postes. Maury Imprimeur (Malesherbes, Loiret), 8 postes. Faure-Express (Valencin, Isère), 51 postes. United Biscuits France – Biscuiterie Nantaise (Vertou, Loire-Atlantique), 37 postes. Hexcel Reinforcements (Les Avenières, Isère), 42 postes. ExxonMobil Chemical France (Courbevoie, Hauts-de-Seine), 174 postes. Société Annic (Laguépie, Tarn-et-Garonne), 61 postes. Simair (Colomiers) (Colomiers, Haute-Garonne), 49 postes. Simair (Rochefort) (Rochefort, Charente-Maritime), 11 postes. Cauquil(Mondouzil, Haute-Garonne), 35 postes. Mécanique Aéronautique Pyrénéenne – MAP (Serres-Castet, Pyrénées-Atlantiques), 106 postes. L’Occitane en Provence – M&L Distribution(Manosque, Alpes-de-Haute-Provence), 110 postes. Genfit (Loos, Nord), 36 postes. Aequs Aerospace Aubigny (Aubigny-sur-Nère, Cher), 27 postes. Blizzard Entertainment (Versailles, Yvelines), 266 postes. Leach International (Sarralbe, Moselle), 51 postes. Leach International (Niort) (Niort, Deux-Sèvres), 28 postes. Courtepaille (Dammarie-les-Lys, Seine-et-Marne),10 postes. BWB (Guipavas, Finistère), 16 postes. Selecta (Le Bourget, Seine-Saint-Denis), 459 postes. Radisson Blu 1835 Hotel Thalasso (Cannes, Alpes-Maritimes), 26 postes. Jaulin Paysages (Carquefou, Loire-Atlantique), 120 postes. LATelec (Labège, Haute-Garonne), 130 postes. SKF Aeroengine (Rouvignies, Nord), 130 postes. Auchan Hypermarché (Englos, Nord), 8 postes. Auchan Hypermarché( Dury, Somme), 14 postes. Auchan Retail Logistique (Amiens, Somme), 39 postes. Capgemini Technology Services(Cherbourg-Octeville, Manche),67 postes. Inteva Products France (Saint-Dié-des-Vosges, Vosges), 252 postes. OFW Ships (La Garenne-Colombes, Hauts-de-Seine), 35 postes. Roxlor (La Ciotat, Bouches-du-Rhône),11 postes. Société Nouvelle Distripac (Somain, Nord), 8 postes. Baker Hugues – Dresser Produits Industriels (Condé-sur-Noireau, Calvados), 58 postes. Saint Louis Sucre (Nassandres, Eure), 30 postes. Inteva Products France (Sully-sur-Loire) (Sully-sur-Loire, Loiret), 42 postes. Société du Figaro (Paris), 43 postes. Modul’Innov (Giroussens, Tarn), 10 postes. Howmet Fixations Simmonds (Saint-Cosme-en-Vairais, Sarthe), 158 postes. Howmet Fixations Simmonds (Cergy) (Cergy, Val-d’Oise), 9 postes. Aquarese Industrie (Billy-Berclau, Pas-de-Calais),20 postes. Artus (Avrillé, Maine-et-Loire), 23 postes. Etablissements Paul Paulet – Petit Navire (Douarnenez, Finistère), 7 postes. Ouest Pyro (Pluméliau, Morbihan), 6 postes. Signify France (Miribel, Ain), 17 postes. Mathieu SA (Toul, Meurthe-et-Moselle), 32 postes. Séréna (Angers, Maine-et-Loire), 33 postes. Jules (Châteauroux, Indre), 5 postes. Sandvik Materials Technology (Chârost, Cher), 51 postes. Art-Tech (Vineuil, Loir-et-Cher), 16 postes. Toray Carbone Fibers Europe (Lacq, Pyrénées-Atlantiques), 30 postes. Contitrade France – BestDrive (Le Meux, Oise), 195 postes. Nespoli (Orange, Vaucluse), 25 postes. Ascometal – Asco Industries (S+B) (Leffrinckoucke, Nord), 69 postes. Bonilait (Belleville-s(ur-Vie, Vendée), 25 postes.Lord Solutions France (Pont-de-l’Isère, Drôme), 8 postes. Verescence France (ex-SGD) (Puteaux, Hauts-de-Seine), 70 postes. Accor (Paris), 350 postes. Verescence France (Puteaux, Hauts-de-Seine), 5 postes. Verescence France (Le Tréport, Seine-Maritime), 45 postes. Gap France (Paris), 500 postes. XLM Services (Toulouse, Haute-Garonne), 90 postes. Thales AVS France (Châtellerault, Vienne), 258 postes. Salvatori (Les Attaques, Pas-de-Calais), 23 postes. Thales AVS (Toulouse, Haute-Garonne), 196 postes. Dellalui (Miserey-Salines, Doubs), 20 postes. Thales AVS France (Vendôme, Loir-et-Cher), 136 postes. La Provence (Marseille, Bouches-du-Rhône), 18 postes. Thales Avionics (Valence, Drôme), 36 postes.Thales AVS France (Mérignac, Gironde), 251 postes. Coca-Cola European Partners France (Villeju(st, Essonne), 40 postes. Le Quotidien (Saint-Denis, La Réunion), 30 postes. Portes-eo (Lézat-sur-Lèze, Ariège), 27 postes. Sodexo (Issy-les-Moulineaux, Hauts-de-Seine), 2083 postes. Dufieux (Échirolles, Isère), 40 postes. Odéolis (Paris), 7 postes. Saci Atlantique(Carquefou, Loire-Atlantique), 30 postes. Hôtel d’Assezat – fondation Georges Bemberg (Toulouse, Haute-Garonne), 16 postes. Teletech International (Chantepie, Ille-et-Vilaine), 24 postes. Teletech International (Vendôme, Loir-et-Cher), 20 postes. Caromar Techno (Bidart, Pyrénées-Atlantiques), 47 postes. Kloeckner Metals France (Dieppe) (Dieppe, Seine-Maritime), 10 postes. Contitrade France – BestDrive (Privas, Ardèche), 5 postes. Maxam Tan (Mazingarbe, Pas-de-Calais), 84 postes. Sonoco IPD France (Cernay, Haut-Rhin), 40 postes.All Metal Services (Losse, Landes), 20 postes. Imprimerie Mordacq (Aire-sur-la-Lys, Pas-de-Calais), 5 postes. Cooptalis (Marcq-en-Baroeul) (Marcq-en-Baroeul, Nord), 56 postes. SFEP(Suresnes, Hauts-de-Seine), 17 postes. HB Publications (Suresnes, Hauts-de-Seine), 4 postes. Football club des Girondins de Bordeaux (Le Haillan, Gironde), 30 postes. FTI Voyages(Blotzheim, Haut-Rhin), 15 postes. Akka Technologies (Blagnac, Haute-Garonne), 1150 postes. Books (Paris), 6 postes. Les Jeunes Pousses (Briançon, Hautes-Alpes), 28 postes.Cerinnov (Limoges, Haute-Vienne), 13 postes. Roady – Fougauto (Lécousse, Ille-et-Vilaine), 9 postes. Nespoli France (Orange) (La Capelle, Aisne), 16 postes. PSA Peugeot Citroën(Chartres-de-Bretagne, Ille-et-Vilaine), 500 postes. Société Générale (Paris), 580 postes. HJC (Crème de Gâtine) (Parthenay, Deux-Sèvres), 2 postes. PPG Coatings (Gonfreville-l(‘Orcher, Seine-Maritime), 18 postes. Camus La grande Marque (Cognac, Charente), 13 postes. Repetto (Saint-Médard-d’Excideuil, Dordogne), 31 postes. Repetto(Paris), 20 postes.Société Générale (Nantes, Loire-Atlantique), 60 postes. Stic M (Loué, Sarthe), 85 postes. Micro Mécanique Pyrénéenne (Gurmençon, Pyrénées-Atlantiques), 9 postes. Fege (Vouziers, Ardennes), 27 postes. Hospitavet (Givet, Ardennes), 5 postes. Monde wok (Bourges, Cher), 4 postes. Société Perrot Travaux Publics (Saint-Germain-du-Puy, Cher), 8 postes. Ciments Calcia (Guerville, Yvelines), 38 postes. Euronews (Lyon, Rhône), 30 postes. Vallourec (Boulogne-Billancourt, Hauts-de-Seine), 17 postes. Vallourec Tubes France (Déville-l(ès-Rouen, Seine-Maritime), 200 postes. Vallourec Tubes France (Saint-Saulve, Nord), 90 postes. Vallourec Tubes France (Aulnoye-Aymeries, Nord), 43 postes. Ciments Calcia (Cruas, Ardèche), 66 postes. Ciments Calcia(Gargenville, Yvelines), 58 postes. Hendrix Genetics (Plouguenast, Côtes-d’Armor), 90 postes. Mécaprec (Lavelanet, Ariège), 9 postes. Saint-Brieuc Expo Congrès(Saint-Brieuc, Côtes-d’Armor), 5 postes. Constantin (Mérignac, Gironde), 22 postes. Constantin (Barbezieux-Saint-Hilaire, Charente), 40 postes. Qualipac Chartres (Nogent-le-Phaye, Eure-et-Loir), 85 postes. Colin Industries – LMJ Grande Dimension (Joué-lès-Tours, Indre-et-Loire), 9 postes. Ingéliance Technologies (Le Havre, Seine-Maritime), 32 postes. Ingéliance(Mérignac, Gironde), 28 postes. Camelin (Besançon, Doubs), 8 postes. J.Vanywaede (Cappelle-la-Grande, Nord), 37 postes. Total (Courbevoie, Hauts-de-Seine), 700 postes. Dorel France (Cholet, Maine-et-Loire), 25 postes. O-I France(Gironcourt-sur-Vraine, Vosges), 51 postes. Wrigley France Confectionery (Haguenau, Bas-Rhin), 216 postes. Cogevi (Ay, Marne), 8 postes. coopérative céréalière Axéréal, (Olivet, Loiret), 205 postes. Eolane Montceau (Montceau-les-Mines, Saône-et-Loire), 77 postes. Etudes et Productions Schlumberger (Clamart, Hauts-de-Seine), 400 postes. Fonderie du Poitou Fonte (GFG Alliance) (Ingrandes, Vienne), 248 postes. Reims Events (Reims, Marne), 8 postes. GE Steam Power Systems (Boulogne-Billancourt, Hauts-de-Seine), 60 postes. GE Steam Power Systems (Belfort, Territoire de Belfort), 240 postes. Ghestem (Quesnoy-sur-Deûle, Nord), 12 postes. Lebronze Alloys (Dangu)(Dangu, Eure), 30 postes. Auchan Hypermarché (Chassieu, Rhône), 23 postes. Barbot CM (Descartes, Indre-et-Loire), 36 postes. Barbot CM (Maxilly-sur-Saône, Côte-d’Or), 4 postes.Kidiliz (Saint-Chamond, Loire), 919 postes. Centrales d’achats Kidiliz (Saint-Macaire-en-Mauges, Maine-et-Loire), 54 postes. Centre de Keraudren (Brest, Finistère), 14 postes. Société de Traitement Chimique des Métaux (Toulouse, Haute-Garonne), 69 postes. FAMAT (Saint-Nazaire, Loire-Atlantique), 100 postes. Kidiliz (Saint-Chamant, Cantal), 160 postes. Total Raffinage France (Grandpuits-Bailly-Carrois, Seine-et-Marne), 150 postes. Auchan Hypermarché (Aubagne, Bouches-du-Rhône), 23 postes. Auchan Hypermarché (Marseille, Bouches-du-Rhône), 9 postes. Auchan Hypermarché( Martigues, Bouches-du-Rhône), 12 postes. Celio France (Saint-Ouen, Seine-Saint-Denis), 383 postes. Nestlé Waters Supply Sud (Vergèze, Gard), 250 postes. Paragon Transaction (Romorantin-Lanthenay, Loir-et-Cher), 33 postes. Paulstra (Segré) (Segré, Maine-et-Loire), 86 postes. Printemps (Paris), 214 postes.Printemps (Metz, Moselle), 110 postes. Printemps( Strasbourg, Bas-Rhin), 75 postes. Qualipac Aurillac (Aurillac, Cantal), 40 postes. Mirion Technologies (Loches, Indre-et-Loire), 37 postes. Ipsen Pharma (Dreux, Eure-et-Loir), 102 postes. Compagnie IBM France (Bois-Colombes, Hauts-de-Seine), 1180 postes. ExxonMobil Chemical France (Notre-Dame-de-Gravenchon, Seine-Maritime), 56 postes. MSD France (Riom, Puy-de-Dôme), 232 postes. Gazel Energie (Colombes, Hauts-de-Seine), 230 postes. Chevron Oronite (Gonfreville-l(‘Orcher, Seine-Maritime), 78 postes. Lindt Sprüngli (Oloron-Sainte-Marie, Pyrénées-Atlantiques), 100 postes. Auxitrol (Bourges, Cher), 124 postes. Sealants Europe (Bezons, Val-d’Oise), 208 postes. Saviel France (Estillac, Lot-et-Garonne), 130 postes. Axiane Meunerie (Semblançay) (Maure-de-Bretagne, Ille-et-Vilaine), 15 postes. SKF France (Saint-Cyr-sur-Loire, Indre-et-Loire), 110 postes. Collins Aerospace – Goodrich Actuation Systems (Saint-Ouen-l’Aumône, Val-d’Oise), 85 postes. Collins Aerospace – Goodrich Actuation Systems (Saint-Marcel, Eure), 75 postes. Auchan Hypermarché (Vedène, Vaucluse), 40 postes. Akebono Europe (Monchy-le-Preux, Pas-de-Calais), 100 postes. Fromageries Rambol (Saint-Arnoult-en-Yvelines, Yvelines), 83 postes. Printemps (Le Havre, Seine-Maritime), 29 postes. RKS – SKF Slewing Bearings (Avallon, Yonne), 153 postes. Essilor International(Allonnes, Sarthe), 56 postes.Essilor International (Vaulx-en-Velin, Rhône), 100 postes. Essilor International (Antony, Hauts-de-Seine), 100 postes. Essilor International( Saint-Martin-sur-le-Pré, Marne), 35 postes.société laitière de Retiers (Retiers, Ille-et-Vilaine), 177 postes. Disneyland Paris (Chessy, Seine et Marne), 1000 postes. O-I Manufacturing (Puy-Guillaume, Puy-de-Dôme), 30 postes.Verrerie du Languedoc (Vergèze, Gard), 16 postes. Merck Santé (Meyzieu, Rhône), 50 postes. Amphenol Air LB (Carignan, Ardennes), 8 postes. Etudes et Productions Schlumberger(Clamart, Hauts-de-Seine), 400 postes. Fonderie du Poitou Fonte (GFG Alliance) (Ingrandes, Vienne), 248 postes. Reims Events (Reims, Marne), 8 postes. Hospitavet (Givet, Ar,dennes) 5 postes. Intermarché – ITM Logistique Alimentaire International (Chaulnes, Somme) 133 postes.

« L’un de mes clients, un commerçant, a déjà consommé la totalité de son prêt garanti par l’Etat [PGE]. Il ne sait pas comment il va passer décembre. Il fait partie de ces chefs d’entreprise qui auraient dû se rapprocher des tribunaux de commerce depuis plusieurs mois déjà, car plus on prend les difficultés en amont, plus on a de solutions à disposition. En distribuant de l’argent gratuit, on a tout fait pour éviter les faillites, mais on a créé une bombe à retardement. »

Etienne Charbonnel, associé au sein du cabinet Vivaldi Avocats et spécialiste des procédures collectives, est formel : après les deux vagues épidémiques de 2020, « la troisième vague sera économique ». Et les faillites risquent alors de se compter par dizaines de milliers.

Danone, Sodexo, Bridgestone, Disney ou, dans une moindre mesure, Jacob Delafon dans le Jura… Quelle que soit l’ampleur des plans de restructuration ou de licenciements déjà annoncés ou dans les tuyaux –la société Trendeo a recensé plus de 35 000 suppressions de postes au cours des seuls trois derniers mois –, tous les experts s’accordent à dire que le pire est encore à venir.

Fin novembre, la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) décomptait 657 restructurations engagées, représentant 67 605 emplois depuis le 2 mars. Un chiffre bien supérieur à celui de 2019 (369 procédures pour 26 987 emplois sur cette période), mais en retrait par rapport à la crise de 2008-2009.

« Il y aura de la casse »

Car si les défaillances d’entreprise n’ont pas encore explosé, c’est parce qu’elles sont toujours « sous perfusion », comme l’explique Me Nicolas Morelli, avocat associé du cabinet Bird & Bird, dont il a fondé le pôle « restructuring ».

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« Il y a eu énormément de liquidités injectées dans le marché via les PGE », rappelle l’avocat. Ceux-ci ont atteint 125 milliards d’euros à la fin novembre, au bénéfice de plus de 600 000 entreprises. Parallèlement, les sociétés ont bénéficié de reports de charges fiscales et sociales, tandis que les salaires étaient pris en charge par le chômage partiel.

« Certains de nos clients, comme des commerces ou des hôtels, ont encore de la trésorerie grâce aux PGE et aux mesures de soutien, alors que l’activité est à un niveau catastrophique. Mais une fois qu’ils auront gratté les fonds de tiroir, en mars ou en avril, il y aura de la casse »,s’inquiète Raymond Dorge, associé au sein du cabinet d’expertise-comptable GMBA. Et de citer l’exemple d’un client, un commerçant spécialisé installé dans le 8e arrondissement parisien, qui, depuis les « gilets jaunes », n’a jamais connu un exercice « normal ». « Depuis trois ans que la boutique existe, ils n’ont toujours pas réussi à savoir si leur business tient la route », relève-t-il. Et pourtant la boutique n’a pas baissé le rideau…

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Les grands groupes ne sont pas épargnés. Selon une enquête réalisée par Rexecode pour l’Association française des trésoriers d’entreprise (AFTE), la situation s’est dégradée en novembre. Ces derniers sont 16 % à évoquer des difficultés de liquidité.

Qu’en sera-t-il quand les aides cesseront et qu’il faudra honorer les échéances ? « Cette dette que l’on a créée a vocation à être remboursée, ne l’oublions pas, poursuit Me Morelli. Il faudra faire face aux échéances en 2021 avec un chiffre d’affaires qui n’aura pas forcément retrouvé son niveau de 2019, particulièrement dans des secteurs comme le tourisme ou l’hôtellerie ». Il fauda aussi s’acquitter des échéances fiscales et sociales.

Dans certains cas, il sera possible de restructurer la dette, notamment en organisant des reports d’échéances coordonnés, le cas échéant à la faveur de procédures préventives adaptées, à savoir le mandat ad hoc ou la conciliation. Au risque toutefois que le pronostic vital de l’entreprise soit déjà engagé. « Le problème des petites entreprises tient en ce qu’elles ignorent ce type d’outil et que bien souvent elles réagissent malheureusement trop tardivement », poursuit l’avocat.

Plongeon

Michel Bessière, président du Centre d’information sur la prévention des difficultés des entreprises (CIP) de l’Essonne, juge, lui, que l’avalanche des mesures de soutien, si elle est louable dans l’absolu, ne contribue pas à faciliter la tâche des chefs d’entreprise. « Les annonces changent de jour en jour, en termes de pilotage c’est très compliqué, souligne-t-il. Par exemple, le chômage de longue durée, une mesure qui me paraît bonne dans sa conception, est difficile à mettre en œuvre. »

« Ce qui angoisse beaucoup nos clients, c’est de ne pas voir la fin de la crise et de ne pas savoir jusqu’à quand ils vont être soutenus », souligne de son côté Céline Chicot, également expert-comptable au sein du cabinet GMBA.

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Si les professionnels de l’accompagnement des entreprises craignent une explosion des licenciements et des défaillances en 2021, ils observent aussi avec inquiétude le plongeon du moral des chefs d’entreprise. Le redoutable triptyque « DDD » (dépôt de bilan, divorce, dépression) guette les commerçants, hôteliers ou petits patrons épuisés par une annus horribilis, commencée avec les manifestations contre la réforme des retraites et qui devrait s’achever entre jauge de clientèle, protocole sanitaire et couvre-feu. « Il y aura aussi de la casse de ce côté-là », prédit Raymond Dorge.Comment les données ont été compilées

En seulement trois mois, 35 664 emplois ont été supprimés ou sont menacés de l’être en France. Soit près de 400 par jour. Une vague qui touche l’ensemble du territoire. Ce chiffre indicatif, correspondant aux annonces réalisées entre le 1er septembre et le 30 novembre, est issu de l’Observatoire de l’emploi et de l’investissement, une base de données collectées par Trendeo depuis 2009. Pour réaliser ce tableau de bord, Trendeo recueille les informations publiées dans la presse économique, la presse régionale et différents sites d’information en ligne. Il ne s’agit donc pas d’une liste des plans sociaux en tant que tels, ce qui correspond à une approche juridique, mais des annonces faites par les entreprises elles-mêmes (réductions d’effectifs, départs non remplacés, fermetures de sites…). Le nombre d’emplois supprimés ou menacés peut varier à l’issue de négociations, restructurations, accompagnement de l’entreprise concernée. Les suppressions et créations d’emplois dans des petites entreprises sont moins faciles à recenser, ce qui peut rendre moins visible des secteurs comme l’hôtellerie-restauration, les spectacles ou le tourisme, même si ces derniers sont bien représentés. Dans l’ensemble, il y a une bonne corrélation entre les tendances enregistrées par Trendeo et les données emplois de l’Insee. 
Concernant les groupes, la localisation indiquée correspond parfois au siège de l’entreprise lorsque les emplois menacés peuvent appartenir à plusieurs établissements, voire être répartis sur la France entière sans que l’entreprise n’en ait donné la localisation exacte. C’est notamment le cas pour les entreprises de services, comme Sodexo par exemple.Voir plus

*Modification réalisée le 3.12.2020 : Essilor souhaite regrouper ses entités du Mans de Vaulx-en-Velin et d’Antony dans un site unique en région parisienne, à horizon 2024, avec maintien de l’emploi. Béatrice Madeline

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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