Pourquoi le conseil scientifique alerte sur une possible « reprise incontrôlée de l’épidémie » en 2021
Quatre régions inquiètent particulièrement l’exécutif : le Grand-Est, la Bourgogne-Franche-Comté, l’Auvergne-Rhône-Alpes et la Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Publié hier à 22h33, mis à jour à 09h47
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Les fêtes de fin d’année font planer l’incertitude sur l’évolution de l’épidémie de Covid-19 en France. « Nous sommes sur un plateau depuis trois semaines, avec en moyenne 15 000 contaminations » quotidiennes détectées, a fait valoir le ministre de la santé, Olivier Véran, mardi 29 décembre au soir, sur le plateau du « 20 heures » de France 2. « Nous sommes trop haut, ça n’augmente pas mais ça reste très élevé », a-t-il alerté.
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Les taux d’incidence, qui correspondent au nombre de nouveaux cas positifs détectés pour 100 000 habitants sur sept jours, augmentent en effet dans l’ensemble des régions métropolitaines, parallèlement à la diminution des taux de positivité, c’est-à-dire le nombre de tests positifs rapporté au nombre total de tests réalisés.
Des tendances en apparence contradictoires qui s’expliquent par la forte augmentation du nombre de tests réalisés la semaine de Noël : plus de 3,5 millions contre quelque 2 millions habituellement. Ces données rendent les indicateurs plus difficiles à lire, mais elles n’expliquent pas à elles seules l’augmentation de l’incidence.
En effet, le nombre de personnes hospitalisées à cause du Covid-19 stagne à un niveau élevé depuis deux semaines. Quelque 2 700 malades sont toujours en service de réanimation, atteints de formes graves de la maladie. La courbe du nombre d’entrées à l’hôpital croise désormais celle du nombre de sorties, empêchant de libérer des places pourtant nécessaires pour accueillir les nouveaux malades. Dans le Grand-Est et en Bourgogne-Franche-Comté, la situation hospitalière reste particulièrement tendue.
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Situation différenciée selon les territoires
Le taux de reproduction du virus, quant à lui, est en augmentation et dépasse désormais la valeur de 1, ce qui signifie que la circulation du virus est à nouveau active sur le territoire national. Sur la base de ces indicateurs, le conseil scientifique alerte, dans un avis daté du 22 décembre, sur « une possibilité de reprise incontrôlée de l’épidémie en janvier 2021 ». « Depuis début décembre, (…) on constate une légère dégradation », soulignent les auteurs, en conseillant de « mieux cibler les mesures de restrictions ».
En effet, la situation est différenciée selon les territoires, suivant un gradient Est-Ouest fortement marqué. Les régions du Grand-Est, de Bourgogne-Franche-Comté, d’Auvergne-Rhône-Alpes, ainsi que de Provence-Alpes-Côte d’Azur observent une envolée de leurs taux d’incidence. Le record est atteint à Nice (Alpes-Maritimes) avec 321 nouveaux cas par semaine pour 100 000 habitants, suivi par Nancy (Meurthe-et-Moselle, 245), Dijon (Côte-d’Or, 206) et Grenoble (Isère, 186). C’est pourquoi ces territoires sont visés par d’éventuelles restrictions dans les premiers jours de 2021.
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La chute des températures dans les régions de l’Est, marquées par un climat semi-continental ou sous influence montagnarde, peut expliquer en partie cette sévérité accrue de l’épidémie. « Il est également possible que les conditions anticycloniques des mois d’octobre et de novembre aient favorisé la pollution atmosphérique de ces régions et l’explosion épidémique que l’on y observe », souligne, par ailleurs, Antoine Flahault. L’épidémiologiste a, en effet, montré, dans une étude menée par l’université de Genève, que la pollution de l’air par les particules fines était un facteur favorisant la circulation du SARS-CoV-2.
« Cette situation est également observée, souvent de façon plus marquée, dans la plupart des pays européens, ce qui a conduit plusieurs d’entre eux à prendre des mesures restrictives plus strictes », rappelle le conseil scientifique. Ces mesures seront clarifiées en France le 1er janvier.
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Covid-19 : le Conseil scientifique juge « probable » une « reprise incontrôlée de l’épidémie » en janvier
Dans cet avis remis au gouvernement le 23 décembre mais rendu public seulement mardi soir, l’instance propose « trois options » en réponse « à ce risque possible, mais non certain ».
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franceinfo avec AFPFrance TélévisionsPublié le 29/12/2020 19:41Mis à jour le 29/12/2020 20:01 Temps de lecture : 1 min.

Une « reprise incontrôlée de l’épidémie » de Covid-19 en janvier est « probable », à cause du « surcroît de contaminations » provoqué par les fêtes de fin d’année, avertit dans son dernier avis le Conseil scientifique, qui guide le gouvernement.
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Dans cet avis remis au gouvernement le 23 décembre mais rendu public seulement mardi 29 décembre dans la soirée, l’instance propose « trois options » en réponse « à ce risque possible, mais non certain ».
Réponse plus ou moins tardive
Première option, une action immédiate, « dès le 28 décembre » : un « confinement strict« , mais seulement dans les régions ou les villes les plus touchées, « tout en laissant la possibilité de retour aux vacanciers qui s’y trouvent ». Elle a été écartée.
Deuxième option, une réponse « différée » à début janvier, et « adaptée au surcroît de contaminations intervenues en fin d’année ». « Cette option vise à réagir après coup, mais rapidement, en ralentissant début janvier la circulation du virus », selon le Conseil scientifique. Cela passe par la « limitation d’activités sociales ou économiques pouvant favoriser des contaminations en s’appuyant sur les données scientifiques issues des différentes enquêtes sur les lieux de contamination pour mieux cibler les mesures de restrictions ».
Troisième et dernière option, « une réponse plus tardive », fondée notamment sur le nombre de nouvelles hospitalisations et comprenant « des mesures de restriction accrues, pouvant aller jusqu’à un confinement prolongé ». Le Conseil scientifique met toutefois un gros bémol : cette troisième option « présente le risque d’intervenir trop tardivement et de conduire ensuite à des mesures plus sévères, plus longues et/ou restrictives que celles entrant en vigueur plus tôt ».
« Il est possible qu’un surcroît de contaminations intervienne en fin d’année, notamment à l’occasion des fêtes, propices à des rassemblements familiaux et amicaux », écrit le Conseil pour justifier ces trois scénarios.