Publié le 29/12/2020
Vaccination : pourquoi la France est-elle si lente ?

Paris, le mardi 29 décembre 2020
– Seul une cinquantaine de personnes ont été vaccinés en France lors des deux premières journées de vaccination contre la Covid-19.
La France a déjà pris un retard important sur les autres pays occidentaux.
Le début de la fin ou en tout cas la fin du commencement. Ce dimanche, comme dans la plupart des pays de l’Union Européenne, la campagne de vaccination contre la Covid-19 a débuté en France. Si cette opération a été lancée en grande pompe et a bénéficié d’une importante couverture médiatique, elle est pourtant d’une ampleur très modeste : une poignée d’Ehpad et de maisons de retraite sont concernés et seulement 50 personnes ont reçus le vaccin élaboré par le laboratoire Pfizer et la firme BionTech en 48 heures.
Un démarrage lent, très lent, qui contraste avec celui observé dans les autres pays européens. En Allemagne, où des centres de vaccination et des équipes mobiles ont été mises en place, ce sont 21 000 personnes qui ont été vaccinés depuis samedi. Le Danemark, qui compte une population 11 fois inférieur à la nôtre, a vacciné 4 800 personnes en 48 heures. Le différentiel avec la France est encore plus saisissant si l’on se tourne vers des pays qui ont débuté leur campagne de vaccination depuis plusieurs semaines. Plus de 2,1 millions d’Américains ont déjà reçu une dose des vaccins Pfizer ou Moderna en deux semaines tandis qu’Israël a déjà vacciné 5,7 % de sa population en 10 jours (492 000 personnes vaccinés) !
Malheureusement, aucune accélération de la campagne de vaccination n’est prévue à court terme en France et ce retard ne risque donc que de s’accentuer. Cette semaine, la vaccination va être étendue à 23 Ehpad sur les…7 000 établissements pour personnes âgés que compte notre pays et dont les résidents représentent 44 % des morts de l’épidémie en France. La campagne de vaccination ne devrait s’accélérer qu’à partir du 15 janvier. Les autorités françaises espèrent avoir vacciné 1 million de personne, soit 1,5 % de la population d’ici février. La France fera donc en deux mois ce qu’Israël a fait en…quatre jours.
La lenteur de la campagne française déroute commentateurs scientifiques et politiques et ce d’autant plus qu’elle semble voulue par les autorités françaises. Officiellement, cette prudence s’explique par une volonté de s’assurer du consentement des personnes vaccinées. La France est ainsi le seul pays à recueillir le consentement des individus de manière formelle et ce 5 jours avant la vaccination, un consentement d’autant plus difficile à recueillir chez des personnes très âgés qui ont parfois perdu une partie de leur discernement. Une politique qui serait liée à la méfiance historique des Français contre la vaccination : selon les derniers sondages, seuls 44 % des Français sont prêts à se faire vacciner contre la Covid-19, contre 65 % des Allemands et 81 % des Britanniques.
Mais derrière cette explication officielle et cette volonté affichée de ne pas vouloir braquer les Français méfiants face à la vaccination, se cache peut-être une réalité moins avouable. Celle de l’incapacité des autorités à mettre en place rapidement une campagne de vaccination massive et efficace. Notre administration a peut-être été prise de court par la rapidité avec laquelle les laboratoires occidentaux ont élaboré un vaccin et les autorités sanitaires européennes et françaises l’ont validé. Après les masques et les tests, le gouvernement est-il en train de faire face à un nouvel échec logistique : celui de la vaccination ?
Nicolas Barbet
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