Covid-19 : les professeurs Didier Raoult et Christian Perronne visés par une plainte de l’ordre des médecins
Le conseil national s’associe à l’action lancée en octobre dans les Bouches-du-Rhône contre Didier Raoult, visé notamment pour « charlatanisme ». Christian Perronne a, lui, été démis de ses fonctions de chef de service par l’AP-HP à la suite de déclarations polémiques sur le Covid-19.
Le Monde avec AFP
Publié le 22 Décembre 2020và 00h47, mis à jour à 15h15
Temps de Lecture 1 min.

Le conseil national de l’ordre des médecins a porté plainte début décembre contre six médecins, dont les professeurs Didier Raoult et Christian Perronne, à cause de propos jugés controversés sur l’épidémie de Covid-19, a-t-il fait savoir lundi 21 décembre au soir. Contacté par l’Agence France-Presse (AFP), le conseil de l’ordre (CNOM) a confirmé ces informations, révélées par l’agence de presse médicale APMnews, sans plus de précision.
L’instance a examiné début décembre une série de plaintes ou de signalements visant des médecins, pour des faits ou propos tenus publiquement à propos de la pandémie due au coronavirus. Elle a décidé de saisir les chambres disciplinaires de première instance de plaintes, ou de s’associer à une plainte en cours à l’égard de six médecins, détaille l’agence spécialisée.
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Propos polémiques
Parmi les médecins visés figurent le professeur Didier Raoult, de l’institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée, défenseur controversé de l’hydroxychloroquine, et l’infectiologue Christian Perronne.
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Le conseil départemental de l’ordre des médecins des Bouches-du-Rhône avait saisi la chambre départementale disciplinaire de première instance le 12 octobre, pour des « manquements à la déontologie médicale telle que la définit le code de santé publique », expliquait alors Me Philippe Carlini, qui a diligenté l’action. Parmi ces entorses, l’accusation de « charlatanisme » : le recours à un « remède ou un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé ». Le CNOM a choisi de s’associer à cette action.
Le professeur Perronne démis de ses fonctions
Concernant le professeur Perronne, l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) avait annoncé jeudi avoir mis fin à ses fonctions de chef de service, après qu’il eut notamment affirmé que les malades du Covid-19 représentaient une aubaine financière pour les médecins, et tenu des propos polémiques concernant l’hydroxychloroquine.
Le médecin était jusqu’ici chef de service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine).
Portrait : Qui est vraiment Christian Perronne, médecin référent des complotistes ?
Les plaintes du CNOM visent également le professeur Henri Joyeux, cancérologue à la retraite, la docteure Nicole Delépine, ancienne oncologue pédiatrique à Garches, le docteur Nicolas Zeller, médecin généraliste, et le docteur Rezeau-Frantz, également généraliste.Notre sélection d’articles sur le coronavirus
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« Propos controversés » : l’Ordre porte plainte contre six médecins dont les Prs Raoult et Perronne
Par L.C. le 22-12-2020

Le conseil national de l’Ordre des médecins a annoncé ce lundi soir avoir porté plainte début décembre contre six praticiens après des propos jugés controversés sur l’épidémie de Covid-19. Dans son viseur notamment : les Prs Raoult et Perronne.
Le Cnom a déclaré hier soir à l’AFP avoir porté plainte début décembre contre six praticiens après avoir étudié une série de signalements les visant. En cause : des faits et des propos jugés « controversés » tenus publiquement au cours de l’épidémie de Covid-19. Cette annonce vient confirmer une information révélée par APMNews.
Parmi les médecins dans son viseur, on retrouve notamment le Pr Didier Raoult, déjà poursuivi par le conseil départemental de l’Ordre des médecins des Bouches-du-Rhône pour violation de la confraternité, information erronée du public, exposition à un risque injustifié, ou encore charlatanisme. Suite à cette première plainte, le directeur de l’IHU Meditérannée avait décidé de contre-attaquer en portant plainte auprès de l’Ordre des médecins des Bouches-du-Rhône contre le vice-président chargé de la déontologie, pour « non-confraternité ».
L’infectiologue Pr Christian Perronne fait lui aussi l’objet de poursuites. Jeudi dernier, le professeur avait par ailleurs été démis de ses fonctions de chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (AP-HP), dans les Hauts-de-Seine, après avoir tenu des propos jugés « indignes » au cours de l’épidémie de Covid-19. Il avait notamment affirmé que les malades du Covid représentaient une aubaine financière pour les médecins.[EXCLU] Affaire Salomon : des médecins appellent Véran à saisir l’Ordre
Sont également visés par une plainte de l’Ordre, le Pr Henri Joyeux, cancérologue à la retraite, le Dr Nicole Delépine, ancienne oncologue pédiatrique à Garches, et les Drs Nicolas Zeller et Rezeau-Frantz, médecins généralistes.
[avec AFP et BFMTV]
Publié le 22/12/2020
Les professeurs Raoult et Perronne visés par une procédure de l’Ordre des médecins

Paris, le mardi 22 décembre 2020
– De controverses en controverses, les figures médiatiques d’hier se retrouvent désormais au cœur d’une tempête procédurale. Lundi 21 décembre, le Conseil national de l’Ordre des médecins a indiqué avoir porté plainte début décembre contre six médecins, dont les professeurs Didier Raoult et Christian Perronne, confirmant ainsi l’information révélée par l’agence de presse médicale APM News.
L’instance a examiné début décembre une série de plaintes ou de signalements visant des médecins, pour des faits ou propos tenus publiquement à propos des traitements, mais aussi de la gestion de l’épidémie de Covid-19 en France. Elle a décidé de saisir les chambres disciplinaires de première instance de plaintes, ou de s’associer à une plainte en cours à l’égard de six médecins, détaille l’agence spécialisée.
Le professeur Raoult dans le viseur
Pour le très médiatique infectiologue marseillais, il ne s’agit surement pas de la première péripétie judiciaire. En novembre dernier, Le Parisien révélait l’ouverture d’une procédure disciplinaire engagée devant l’Ordre des Médecins des Bouches-du-Rhône. Quelques mois auparavant, en juillet, la Société de pathologie infectieuse de langue française (SPILF), association de 700 membres, avait également opéré un signalement pour ses prises de positions controversées en faveur du traitement par hydroxychloroquine (HCQ).
Si le CNOM n’a pas transmis à la presse les griefs formulés à l’encontre du professeur, les plaintes d’ores et déjà enregistrées reprochent, outre la promotion de l’HCQ en dépit d’absence de preuves scientifiques, le fait d’avoir propagé de fausses informations, en affirmant notamment la fin de l’épidémie en juin dernier et en assurant que les médecins parisiens avaient refusé de soigner des patients.
Perronne licencié et désormais poursuivi
Autre personnalité désormais dans le collimateur du CNOM, le professeur Christian Perronne. Le 17 décembre, la direction de l’AP-HP avait annoncé le licenciement du Professeur de son poste de chef de service, lui reprochant notamment d’avoir affirmé «qu’un médecin généraliste qui déclarait un test Covid positif touchait de l’argent » évoquant jusqu’à un « jackpot » pour les services de réanimation. Surexposé médiatiquement à l’occasion de la sortie d’un livre controversé (rédigé en un temps record) il avait affirmé que l’hydroxychloroquine aurait pu permettre de sauver quelques 25 000 vies lors de la première vague !
Anti-vaccins et anti-masques dans le viseur
Quelques jours avant le lancement de la campagne nationale de vaccination contre la Covid-19, le CNOM a également fait savoir qu’une procédure était en outre engagée à l’encontre du Professeur Henri Joyeux, qui s’est fait connaitre pour ses nombreuses déclarations anti-vaccins. Ce dernier fait d’ailleurs l’objet d’une poursuite préalable pour avoir conduit des expérimentations non autorisées sur des patients atteints de maladies de Parkinson ou d’Alzheimer.
Enfin, les procédures engagées sont dirigées contre les docteurs Delépine, Zeller et Rezeau-Frantz. Le premier se voit notamment reproché ses prises de positions contre le port du masque mais aussi d’avoir contesté l’efficacité du confinement national engagé en mars.
Le docteur Zeller est ciblé pour avoir prescrit à plus de 200 patients de l’azithromycine à des porteurs du virus (décision qui avait fait l’objet d’une médiatisation à l’époque).
Marathon en perspective
A ce stade, il est difficile de préjuger du prononcé des sanctions qui peuvent aller du simple avertissement à la radiation définitive. La procédure risque toutefois de prendre un certain nombre de mois avant d’arriver à son terme (étant précisé que les parties ne manqueront surement pas de contester devant la justice les décisions retenues par le CNOM).
C.H.
Le Pr Christian Perronne démis de ses fonctions de chef de service
Par A.M. le 17-12-2020

Le directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) vient de mettre fin aux fonctions de chef de service du Pr Christian Perronne, à qui il est reproché d’avoir tenu des « propos indignes » ces derniers mois. Dans un communiqué, l’institution annonce également qu’une plainte a été déposée devant l’Ordre des médecins à l’encontre de l’infectiologue.
L’information vient de tomber. A compter de ce jour, le Pr Christian Perronne n’est plus le chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (AP-HP), dans les Hauts-de-Seine. Martin Hirsch, directeur général de l’institution, vient en effet de mettre fin à ses fonctions « après avoir recueilli l’avis favorable du président de la commission médicale d’établissement de l’AP-HP, celui du président de la commission médicale du groupe hospitalier AP-HP Université Paris-Saclay et après avoir consulté le directoire de l’AP-HP », annonce l’institution dans un communiqué. « Pour assurer la continuité du service, un nouveau chef de service – à titre intérimaire – est nommé aujourd’hui », précise l’AP-HP.
Cette décision fait suite à l’adoption, le 1er décembre, d’une motion de la CME, condamnant « les attaques ad hominen » du Pr Perronne à l’encontre d’un jeune confrère de l’AP-HP. En parallèle, le doyen de la faculté de médecine de la Sorbonne avait engagé une procédure de retrait de l’agrément de formation de l’infectiologue.« Un médecin généraliste qui déclare un test Covid positif touche de l’argent » : le Pr Perronne dans le collimateur de l’Ordre
« Depuis plusieurs mois, dans un contexte de crise sanitaire, le Pr Christian Perronne a tenu des propos considérés comme indignes de la fonction qu’il exerce, justifie la direction générale de l’AP-HP dans son communiqué. Le collège de déontologie avait été saisi et l’avait souligné dans un avis qui avait été remis à l’intéressé qui n’en a pas tenu compte. »
L’AP-HP annonce par ailleurs qu’une plainte sera déposée auprès du conseil départemental de l’Ordre des médecins contre le Pr Perronne.
Propos controversés sur le Covid : le Pr Perronne écarté par la Fédération sur la maladie de Lyme
Par L.C. le 21-10-2020

La Fédération française contre les maladies vectorielles à tiques (FFMVT) a annoncé, ce lundi 19 octobre, avoir démis de ses fonctions l’infectiologue suite à ses multiples prises de parole controversées sur l’épidémie de Covid-19.
Il semblerait que le chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine) subissent le retour de bâton de ses propos controversés à propos de l’épidémie de Covid-19. L’infectiologue vient, en effet, d’être écarté par la Fédération française contre les maladies vectorielles à tiques (FFMVT), a-t-elle annoncé dans un communiqué rendu public ce lundi 19 octobre.
La Fédération lui reproche ses propos tenus jeudi 15 octobre au micro de Sud Radio. Le Pr Perronne y avait notamment affirmé que certains de ses médecins hospitaliers et libéraux déclaraient des cas de Covid, souvent à tort, pour leur propre bénéfice; mais aussi que les tests de dépistage étaient inutiles. “Elle considère que ceux-ci relèvent d’opinions toutes personnelles qui n’engagent en rien la FFMVT”, a-t-elle écrit.Les opposants à l’hydroxychloroquine « achetés par l’industrie pharmaceutique » : une pétition lancée contre le Pr Perronne
La Fédération a, par ailleurs, souhaité se “démarquer sans ambigüité” de l’engagement du Pr Perronne “ouvertement exprimé” au profit d’une association BonSens, dont les “valeurs” sont “étrangères à l’éthique de la FFMVT”. Elle note également que ses multiples occupations récentes ont rendu l’infectiologue “indisponible au travail effectué par notre Fédération”, ajoutant qu’il l’avait lui-même reconnu.
Sans “réponse sérieuse” à la demande de clarification sur sa position et ses choix, et “malgré les tentatives répétées de renouer le dialogue”, le conseil d’administration a pris la décision d’écarter le Pr Perronne de ses responsabilisations au sein de la Fédération.
Didier Raoult poursuivi par l’ordre des médecins des Bouches-du-Rhône pour sa promotion de l’hydroxychloroquine
Il est accusé par la Société de pathologie infectieuse d’avoir fait la promotion d’un traitement dont l’efficacité n’a pas été prouvée. Son avocat dénonce une opération de « communication ».
Le Monde avec AFPPublié le 12 novembre 2020 à 12h48 – Mis à jour le 12 novembre 2020 à 14h48
Temps de Lecture 2 min.
Sa promotion effrénée de l’hydroxychloroquine pour lutter contre le Covid-19 n’a pas été du goût de tous ses confrères. Figure contestée de l’épidémie due au coronavirus en France, Didier Raoult est poursuivi par l’ordre des médecins des Bouches-du-Rhône, qui lui reproche plusieurs entorses au code de déontologie, liées à la promotion de cette molécule, qui n’a toujours pas fait la preuve de son efficacité, a appris l’Agence-France presse (AFP) jeudi 12 novembre auprès de son avocat, qui dénonce une opération de « communication ».
Depuis le début de l’épidémie, la défense de l’hydroxychloroquine par le professeur Didier Raoult, qui dirige l’institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection, à Marseille, a suscité de nombreuses polémiques dans le monde scientifique, en France et au-delà.
La Société de pathologie infectieuse de langue française avait notamment saisi en juillet l’ordre des médecins des Bouches-du-Rhône contre le médecin, qu’elle accuse d’avoir indûment promu l’hydroxychloroquine. Les poursuites engagées par le conseil de l’ordre des médecins font suite à cette saisine, mais aussi à plusieurs signalements de patients et de médecins, selon Le Parisien-Aujourd’hui en France, qui a révélé ce nouveau rebondissement dans les polémiques entourant le Pr Raoult et l’hydroxychloroquine.
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Comparution prochaine devant une chambre disciplinaire
« Tout ça n’est pas du droit, mais de la communication », a réagi auprès de l’AFP Me Fabrice Di Vizio, qui estime que la relaxe de son client sera « une évidence ».
L’ordre des Bouches-du-Rhône avait convoqué le professeur le 6 octobre, avant de décider en assemblée plénière de porter plainte, rapporte le quotidien. Didier Raoult devrait donc comparaître devant la chambre disciplinaire régionale de l’ordre « dans quelques mois », selon Me Di Vizio. Cette chambre, présidé par un magistrat administratif, peut décider de sanctions allant d’un simple avertissement à une radiation.Lire notre éditorial du 1er juin : Didier Raoult, les leçons d’une ascension
« Le conseil de l’ordre des médecins n’a rien de mieux à faire alors que les médecins manquent de tout ? », s’est interrogé l’avocat auprès de l’AFP. Dans un communiqué distinct, il déclare que les institutions ordinales « se sont illustrées par leur silence et leur abstention depuis le début de la crise ».
« L’ordre joue-t-il encore son rôle principal de corps représentatif des médecins ou est-il devenu un gendarme de la pensée unique ? »
Le professeur Raoult mène des essais cliniques depuis plusieurs mois avec son équipe à Marseille sur un traitement à base d’hydroxychloroquine, peu coûteux et couramment utilisé contre le paludisme, et affirme qu’il est efficace. Mais de nombreux scientifiques et l’Organisation mondiale de la santé ont critiqué les études du professeur Raoult, estimant qu’elles n’avaient pas été menées selon les protocoles scientifiques standards
Lire aussi « Didier Raoult, symptôme du malaise démocratique »
Le Monde avec AFP